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BioMérieux en grève depuis 19 jours : la direction ne lâche rien, les grévistes non plus !

Une grève pour gagner décemment sa vie

Les salariés de production de l’entreprise pharmaceutique BioMérieux de Craponne et de Marcy-l’Étoile en région lyonnaise sont en grève depuis le 9 février. Ils revendiquent 300 euros d’augmentation, de quoi répondre à la hausse continue du coût de la vie et permettre à tous de boucler les fins de mois. Marre de courir après les heures supplémentaires qui pèsent sur la fatigue, la vie sociale et familiale pour gonfler un peu la paie ! Marre aussi des doubles emplois que cumulent certains : faire des ménages après s’être levé à 4 heures du matin et avoir fait huit heures d’usine, ça suffit ! Si la grève tient, c’est que les grévistes sont déterminés à changer réellement leurs conditions d’existence pour les mois à venir.

Côté direction : mépris et fausse manip’

D’autant plus que ça ne fait aucun doute : avec les centaines de millions d’euros de bénéfices engrangés ces dernières années, l’entreprise aurait largement les moyens d’augmenter les salaires. Mais depuis le début du mouvement la direction n’a distribué… que son mépris.

Mépris pour les bas salaires d’abord. Des responsables de l’entreprise n’ont pas hésité à dire aux salariés que s’ils avaient des problèmes pour boucler les fins de mois, c’est « qu’ils ne savent pas gérer leur budget ».

Mépris pour la vérité ensuite. La propagande de la direction ne manque pas une occasion, dans la presse et auprès des salariés encore au travail, de minimiser le nombre de grévistes et l’impact de la grève sur la production tout en soutenant que BioMérieux a une « politique salariale avantageuse ». Pour rappel, les dernières négociations annuelles obligatoires avaient accouché d’une augmentation générale de 40 euros brut, soit 30 euros net… Pas tellement « avantageux »…

Depuis le début du conflit, la direction fait la sourde oreille. Lors des rencontres avec des grévistes, elle a proposé l’avancement des négociations uniquement sur la prime transport et une hypothétique « revoyure », en juin, pour examiner au cas par cas la situation des salariés qui seraient en difficulté. Mais c’est maintenant que les grévistes exigent que la boite examine les difficultés salariales… de tous !

Si la grève dure chez les grévistes, certains signes montrent bien que ce bras de fer ne laisse pas non plus la direction indemne. Comme ce mail de la DRH France, adressé à son équipe et envoyé par erreur à certains délégués syndicaux grévistes : « ils veulent nous faire craquer… mais on va résister. Je vais aller faire mon cours de yoga avant de répondre. »

Côté grévistes : détermination sans faille et actions coups de poing

Les grévistes ne relâchent pas la pression. Ils ont multiplié les actions pour se faire voir et entendre et rétablir la vérité sur l’image de marque de BioMérieux, qui se présente comme une entreprise philanthrope, régulièrement décorée par des prix de « bien-être au travail ». Ainsi, le piquet de grève, toujours aussi ambiancé, s’est déplacé de Craponne à Marcy.

Puis les grévistes sont allés s’adresser directement aux dirigeants de l’entreprise en s’installant à l’entrée du « Campus », un bunker de verre où siège la direction. Ils ont offert aux dirigeants qui s’y réfugiaient un spectacle de son et lumière visible de loin et digne d’un 14 juillet !

Vendredi 25, les grévistes se sont invités à la Fondation Mérieux, siège de la philanthropie de la famille dirigeante aux cris de « La philanthropie, c’est beau ! Nous on veut juste remplir notre frigo ! », « Les bénéfices sont en croissance, nous on veut un plein d’essence ! » ou encore « Faites pas les Zorros, on veut 300 euros ! »

L’école de la grève

Ce conflit qui dure est une véritable école de la lutte pour les grévistes. De plus en plus de personnes osent prendre la parole dans les assemblées générales quotidiennes qui débattent des problèmes et décident des actions à mener. Sont ainsi régulièrement discutées les questions de l’embauche des intérimaires grévistes, de l’utilisation de la caisse de grève, de l’attitude à avoir face à la direction, de la composition des délégations, et, bien sûr, des futures actions. Tout est discuté et voté. Cette capacité à décider collectivement, c’est ce qui fait la force des grévistes et leur permettra de durer encore… jusqu’à satisfaction des revendications !

Correspondants locaux

(Article paru dans l’Anticapitaliste no 605)

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