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« Attaquer l’un d’entre nous, c’est nous attaquer tous ! »

11 juin 2020 Article Entreprises

Le 10 juin, plus de 200 militants sont venus soutenir Ahmed, chauffeur de bus au dépôt de Flandres à Pantin, délégué CGT, convoqué en conseil de discipline. Un air de retrouvailles entre grévistes du mois de décembre : électriciens, enseignants, cheminots, postiers, égoutiers, étudiants, une vraie « interpro » pour protester contre l’acharnement de la RATP.

Après Yassine et Patrick de Vitry, qui ont pris deux mois de suspension, après François, muté d’office et qui avait attenté à ses jours sous la pression de la direction, et avant Alex dont le conseil a été reporté de quelques semaines, les intimidations se multiplient. Elles visent spécifiquement des militants syndicaux combattifs, de la CGT, élus au CSE pour la plupart, et qui ont joué un rôle moteur dans la grève de cet hiver contre la retraite par points. À travers eux, la RATP menace en réalité tous les travailleurs qui osent relever la tête et se battre contre sa politique et celle du gouvernement.

Ahmed échappe à la révocation grâce à la mobilisation. Mais deux mois de suspension, cela reste inacceptable. Il est accusé d’avoir orchestré le blocage de son dépôt : mais c’est bien la grève qui a impacté le trafic des bus. Et ce ne sont pas les « machinations » d’un machiniste-receveur qui ont organisé le blocage du dépôt mais la manifestation d’une solidarité interprofessionnelle dans la lutte contre cette sale réforme !

Alex risque gros lui aussi puisque la direction, juge et partie, alourdit son dossier à charge à chaque étape – dans une procédure disciplinaire qui a tout de la chasse aux sorcières. Dernier reproche en date, il aurait organisé une heure d’information syndicale (HIS) sans égard pour le port du masque et les gestes barrières. Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! L’inspection du travail a rappelé à l’ordre la RATP à plusieurs reprises pour la mise en application de mesures élémentaires contre la propagation de la Covid. Et la même direction qui relativisait la nécessité du port du masque quand elle n’avait pas de stocks, qui a imposé la vente de tickets à bord jusqu’au 18 mars, va maintenant empêcher les HIS pour raisons sanitaires ?

Ces mêmes équipes militantes ont révélé ces dernières semaines que la direction de la RATP bus procédait à un fichage systématique de tous ses salariés – et pas seulement les militants syndicaux. D’abord découvert au dépôt de Bord-de-Marne (93), puis à Ivry (94), on apprend aujourd’hui que les centre bus de Croix-Nivert et Point-du-Jour (Paris Sud-Ouest) seraient aussi touchés. Une politique systématique même si tout à fait illégale visant à trier les grévistes, les malades, etc.

Les attaques contre des militants syndicaux, grévistes de la première et dernière heure, font partie d’une offensive d’ensemble contre tous les salariés, non seulement de la RATP mais aussi des autres secteurs qui avaient regardé avec admiration les grévistes franciliens mener le combat contre Macron. Notre camarade Éric Bezou, cheminot, est lui aussi menacé de licenciement, fondamentalement pour les mêmes raisons. Mardi 16 juin au matin, un nouveau rassemblement est organisé à 11 heures sur le parvis de la gare Saint-Lazare pour exiger l’annulation de la procédure avant de rejoindre la manifestation des hospitaliers.

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