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Archives > Éditos L’Étincelle > 2015 > mai > 25

Après le succès du 21 mai, les hospitaliers retournent dans la rue ce jeudi

Jeudi dernier, plus de 8 000 hospitaliers, venus des 37 hôpitaux de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ont battu le pavé parisien. Une mobilisation, inédite depuis 27 ans (lors du vaste mouvement de 1988 à l’initiative des coordinations des infirmières et personnels de santé), qui a redonné le moral à tous les participants. C’est la décision du directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch, de supprimer des jours de RTT qui a fait exploser une colère plus générale contre les conditions de travail qui se dégradent.

Moins de soignants, plus de malades, plus de galères

Martin Hirsch prétend que sa nouvelle réforme des 35 heures dans les hôpitaux parisiens vise à ce que le personnel travaille moins. La bonne blague ! La réforme annonce la réduction du nombre d’heures hebdomadaires, pour pouvoir piquer en échange des jours de repos.

La charge de travail n’en serait que plus lourde : les effectifs sont déjà tellement insuffisants que le personnel ne parvient pas à faire le travail dans le temps imparti.

Les heures supplémentaires s’accumulent sans être ni payées ni récupérées.

Alors « comment faire en 7 heures, ce qu’on n’arrive déjà pas à faire en 7 heures 36 ? », interrogent les grévistes à juste titre.

Comment croire Martin Hirsch, qui affirme agir pour le bien du personnel, quand le but affiché est d’économiser 20 à 25 millions d’euros sur le dos des salariés ?

Avec 75 000 agents concernés à Paris, les RTT qui seraient ainsi volées représentent l’équivalent de plusieurs milliers d’emplois. Martin Hirsch n’hésite d’ailleurs pas à utiliser le chantage : suppression des RTT ou de 4 000 emplois. Et la Fédération hospitalière de France attend que les hôpitaux parisiens aient ouvert la brèche pour généraliser l’attaque dans l’ensemble des hôpitaux publics en France, avec des dizaines de milliers de suppressions d’emplois à la clé. Autant dire que tous les travailleurs des hôpitaux, voire au-delà, sont concernés par la lutte des hospitaliers parisiens.

Contre les travailleurs, le gouvernement donne l’exemple

La mise en place des 35 heures dans les hôpitaux en 2002 n’a jamais donné lieu à des embauches. Bien au contraire, le gouvernement n’a cessé de tailler depuis dans les effectifs : 4 000 emplois supprimés ces trois dernières années dans les seuls hôpitaux de la région parisienne de l’Assistance publique. On ferme des lits et on restructure les services, tandis que les soignants sont régulièrement déplacés d’un service à l’autre, voire rappelés sur leurs congés, pour combler le sous-effectif. Et nous tous en subissons les conséquences, avec notamment les queues légendaires dans les urgences, qui causent parfois des drames.

Le coup de trop

Alors l’annonce de Hirsch ressemble à un coup de trop. Dès les premiers jours, dans plusieurs hôpitaux, le personnel s’est réuni nombreux dans des assemblées générales ou même a, sur le champ, manifesté sur place. Le succès de la journée de grève de jeudi dernier a renforcé la détermination. Une nouvelle journée est prévue ce jeudi 28 mai. Ce n’est, on peut l’espérer, qu’un début.

D’autant que l’idée de s’en prendre aux 35 heures et aux jours de repos ne vient pas du seul directeur des hôpitaux parisiens et du ministère de la Santé : elle vient directement du Medef et du patronat qui, depuis des années, demandent « l’assouplissement » de la loi des 35 heures, avec des chantages à l’emploi ou à la fermeture, dans de nombreuses entreprises privées.

Cette fois, dans les hôpitaux, c’est l’État lui-même qui donne l’exemple. Tous les travailleurs ont de quoi se mettre en colère et ont toutes les raisons de lutter aux côtés des hospitaliers.


Lire aussi : Vive la lutte des travailleurs de Bursa !, Editorial de bulletins L’Etincelle du 25 mai 2015 du secteur de l’automobile

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