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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > novembre > 19

À quand les gilets rouges ?

Et si c’était le début de la bagarre sociale générale contre les riches, du monde du travail contre le capital ? Justement, sans laisser le champ libre aux politiciens de droite et d’extrême droite. Ce samedi 17 novembre, bien des colères se sont exprimées. De façon brouillonne, et même parfois contradictoire ? Peut-être. Il n’empêche, les membres invisibles de la société ont su, avec leurs gilets de haute visibilité, montrer aux yeux de tous qu’ils relèvent la tête et refusent de se laisser écraser par Macron.

Et ce n’était sans doute qu’un début. Des 287 000 manifestants du samedi, il restait plusieurs dizaines de milliers le lendemain. L’intervention des CRS n’a pas toujours réussi à évacuer les blocages. À Quimper, elle a même provoqué une véritable petite émeute.

Contre les taxes… et tout le reste

Pour l’instant, ce sont les taxes de toutes sortes qui focalisent la colère. À juste titre : qu’on soit smicard, voire chômeur, on paie autant que le millionnaire. Aussi, quand le gouvernement joue les écologistes du dimanche en augmentant la taxe sur le carburant TICPE, il condamne de fait les pauvres à rester chez eux ou marcher à pied, et réserve le droit de polluer aux riches.

Mais sur les blocages, le prix du gasoil n’est que la goutte d’eau de trop dans un océan d’injustices. On y dénonce aussi le coût exorbitant du logement, les hivers chauffés au minimum, bref la vie chère. Confusément ou non, c’est l’augmentation des salaires, des retraites, des allocations chômage qui est mise à l’ordre du jour. « Vivre, pas survivre », reprennent plusieurs banderoles. Comment y arriver, sinon en portant tous les revenus à un minimum de 1 800 euros net par mois ?

Comment continuer ?

« Samedi, par une grande manifestation à Paris », affirment les uns, et puis tous les week-ends ensuite. « En bloquant toute la semaine », répondent les autres. Certains disent même : « les 3×8 à l’usine, on est habitués ; il faut faire les 3×8 de la lutte : 8 heures de boulot, 8 heures de repos et 8 heures de blocage ».

Ce lundi, bien des gilets jaunes espèrent que les routiers se joindront au mouvement en mettant les camions en travers des routes. Mais si les patrons du secteur dirigent la manœuvre, ils pourront tout à fait s’entendre avec le gouvernement sur une exonération de taxes renforcée pour eux, et lâcher le mouvement. Certains gilets jaunes évoquent ouvertement ce risque. Avec raison car c’est ce que tente la ministre des Transports, Élisabeth Borne. En revanche, si les chauffeurs salariés se mettaient en grève pour leurs salaires, ils pourraient se trouver dans la même vague ouvrière qui pourrait déferler sur bien des entreprises. La grève, c’est aussi ce qui donne du temps pour s’organiser, préparer et mener des actions. C’est ce qui touche le système capitaliste là où cela lui fait le plus mal : le profit. Oui, la contestation des gilets jaunes doit déboucher sur une lutte de tous les travailleurs, celle précisément dont ne veulent surtout pas les défenseurs du patronat comme Wauquiez ou Le Pen.

Pour ne pas laisser l’extrême droite parader, aux travailleurs de s’organiser pour gagner

Le gouvernement fustige avec mépris un prétendu manque d’organisation du mouvement. Ce qui le gêne en fait, c’est l’absence de leader identifié avec qui négocier un compromis pourri. Et ça, on ne peut que s’en féliciter. Mais pour remporter la victoire, aux travailleurs de prendre la tête et d’organiser la colère. C’est le seul moyen d’empêcher les démagogues de droite et d’extrême droite de dévoyer la contestation et d’en faire leur marchepied électoral.

Aux travailleurs, en particulier dans les entreprises, là où se joue l’exploitation quotidienne, de s’organiser et de prendre des initiatives. Si des comités contre la vie chère y fleurissaient, ils pourraient tout à la fois prendre la tête des blocages filtrants et des rassemblements en organisant des relais avec les collègues mais aussi les travailleurs des autres entreprises, ou isolés, tout en incitant ceux qui ne bougent pas encore à participer et préparer la grève. En gilets rouges.

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