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Accueil > Éditos de bulletins > 2000 > septembre > 18

OUI à l’augmentation des salaires, NON à celle de l’essence, M… à la consultation bidon !

Hausse du prix de l’essence, qui remplit les caisses des trusts pétroliers et celles de l’Etat. Augmentations records des profits patronaux : les « stocks options » françaises distribuées aux dirigeants des grandes entreprises ont fait un bond de 84,5 % en un an, ce qui les place au deuxième rang dans le monde. La fameuse cagnotte de l’Etat, elle aussi liée aux “ bons résultats économiques ”, n’a nullement profité aux salaires des fonctionnaires, ni aux pensions, retraites, minima sociaux. Elle a seulement permis de dégager des cadeaux fiscaux, surtout aux plus riches. Les prix grimpent eux aussi comme on ne l’a pas vu depuis longtemps.

Un seul domaine semble être oublié dans cette sarabande de hausses : les salaires. Selon Le Parisien, les intentions des patrons pour les hausses de salaires 2000 sont encore inférieures à celles de 1999 : 32 % d’entre eux envisagent même de réduire les augmentations générales, voire de les réduire à zéro !

De nombreuses catégories sociales comme les petits patrons du transport, du bâtiment, des hôtels et restaurants, des auto-écoles ou les agriculteurs viennent de manifester pour obtenir leur part ou pour compenser les dépenses dues à la hausse de l’essence. Ce serait plus que le moment pour les salariés d’en faire autant, eux qui paient au prix fort cette hausse de l’essence. Patrons, petits et grands, auront souvent obtenu gain de cause. Mais les salariés, qui leur propose donc de lutter ?

Certes, il y a eu quelques discours syndicaux et des appels à des journées d’action… en ordre dispersé : le 28 septembre à la SNCF ; la CGT appelle par ailleurs à une semaine d’actions « diversifiées », au goût de chacun, du 2 au 6 octobre ; FO pour le 7 octobre, histoire de dire que les syndicats font un petit quelque chose. Mais surtout pas de quoi gêner le gouvernement ni contraindre les patrons à céder.

Quant au gouvernement, non seulement il ne veut pas rendre immédiate la hausse prévue des salaires des fonctionnaires mais il est l’un des responsables du blocage, avec les clauses antihausse prévues avec les accords “ 35 heures ”. Ses fameux emplois jeunes lui permettent non pas de créer des emplois, mais avant tout de baisser les salaires d’embauche et d’aller vers la suppression progressive du SMIC revendiquée par les patrons.

Il n’y a aucun automatisme économique à ce que les bonnes affaires patronales entraînent des bons salaires. C’est une question de rapport de forces, et le gouvernement, de ce point de vue, se situe dans le camp patronal : il se garde bien de donner le signal d’un coup de pouce sur les salaires. Ce n’est donc que sur nos luttes que nous pouvons compter pour obtenir des augmentations générales, même si celles-ci écorcheraient à peine les profits supplémentaires des patrons.

Ce n’est certainement pas le référendum du 24 septembre qui va nous permettre d’exprimer nos revendications ! Plus de 80 % des Français, disent les sondages, se fichent pas mal de la question du quinquennat. Et pour cause. Ce n’est pas cette petite affaire politicienne qui va changer notre sort. Montrons que nous ne sommes pas dupes de cette opération en nous abstenant. Mais préparons notre propre consultation, celle des travailleurs en colère, qui se jouera non pas dans les urnes mais dans la grève et dans la rue !

1500 F minimum pour tous, salariés, chômeurs et retraités, voilà le thème sur lequel on veut s’exprimer. Et tous dans la rue pour l’imposer aux patrons et au gouvernement, ça c’est une consultation ouvrière !

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