Postiers, hospitaliers… partout le même ras le bol !
24 janvier 2000 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Grèves à la Poste, dans les hôpitaux, aux impôts… ras-le-bol à la Sécurité Sociale. Il manque des effectifs partout. Les travailleurs des services publics ne savent plus où donner de la tête.
Partout, 35 heures ou pas, le but n’est pas d’embaucher, mais de réduire le personnel, d’augmenter la charge de travail, de rogner sur les temps de pause, bref d’intensifier l’exploitation.
L’économie va très bien, nous dit-on. Les caisses de l’Etat sont pleines. Les revenus des 28 000 dirigeants d’entreprises auraient augmenté de 60 % depuis un an. L’injustice sociale n’a jamais été aussi profonde depuis plusieurs décennies. L’argent, il y a en a. Mais pas pour l’hôpital, ni pour l’éducation, les transports publics, la poste, le logement social, la réhabilitation des banlieues, la véritable protection sociale.
Ce n’est pas la combativité des salariés qui manque. Une multitude de mouvements et de grèves ont eu lieu ces derniers mois dans toutes les branches de l’économie, notamment à l’occasion de la prétendue loi sur les 35 heures qui se révèle une escroquerie pure et simple à l’encontre des salariés dès qu’elle est mise en application. Tous les travailleurs sont mécontents, tous ressentent l’injustice, s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants, tous tentent de résister ici et là, mais tous isolément, chacun dans son coin.
Evidemment, quand ce sont des patrons qui râlent, comme les patrons routiers tout récemment, du côté des ministères, cela s’agite, cela s’empresse. On voit même un ministre prétendument communiste leur donner immédiatement satisfaction au détriment des chauffeurs routiers, sans même prendre la peine de consulter les syndicats ouvriers ! Car dans ce système, on ne prête, on ne donne et on n’écoute que les riches et les possédants, même quand on se dit ministre de gauche.
Que faut-il donc pour que les travailleurs se fassent entendre et obtiennent justice ? Qu’ils ébranlent les certitudes de ce petit monde patronal et gouvernemental en montrant véritablement leur force, celle de leur nombre, de leur unité dans la protestation et la lutte.
Difficile ? Impossible ? Mais les luttes ne manquent pas. Cela fait par exemple des semaines que les postiers mènent des mouvements un peu partout. Face à la surcharge du courrier des grèves ont éclaté, à commencer par Nantes, où les postiers réclament une compensation générale de quatre heures pour tous dans leur temps de travail, et la création de nouvelles tournées. La grève s’est ensuite étendue à Saint-Nazaire. Des bureaux de la région de Saint-Nazaire ont suivi. La grève est active dans d’autres régions, comme à Deauville, à Villeurbanne, en Gironde ou dans la région de Montpellier. A Besançon, les facteurs du bureau principal ont décidé de se mettre eux-mêmes aux 35 heures, en travaillant quarante minutes de moins chaque jour. Ils sont allés au commissariat pour porter plainte « pour vol de temps libre » : motif qui n’a pas été retenu par la police ! A Paris, dans certains bureaux, la direction fait appel à des volontaires pour des heures supplémentaires, ce qui a aussi provoqué des débrayages.
Partout c’est l’absence d’embauches malgré les 35 heures et la volonté de la direction de la poste de supprimer des tournées qui sont en cause.
On ne serait pas forcément très loin d’un grève générale à la poste. Et ce qui est vrai pour les postiers, l’est aussi pour le personnel des hôpitaux, qui lui aussi mène des mouvements encore dispersés un peu partout dans le pays. C’est vrai pour les cheminots ou les enseignants qui ont mené de nombreuses luttes au cours de l’année 1999, et c’est vrai pour tous les travailleurs, du secteur public comme du secteur privé.
Les caisses de l’Etat sont pleines ? Embauches massives dans tous les services publics ! Les poches des patrons débordent ? Augmentation générale des salaires en même temps qu’une véritable réduction du temps de travail, sans flexibilité, avec embauches correspondantes !
Tous ensemble, pour les mêmes revendications !

