Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2004 > juin > 28

Sécu, EDF-GDF, licenciements, ripostons tous ensemble

En ce début de semaine, électriciens et gaziers comptent multiplier leurs actions. Et plusieurs syndicats, CGT, FO, FSU et G-10 appellent à des manifestations mardi 29 contre le projet de réforme de la sécurité sociale. La semaine pourrait être « chaude sur le front social » écrit la presse.

Ce serait bien nécessaire en effet ! Car c’est ce mardi que le gouvernement entend boucler au Parlement le vote de la réforme du statut d’EDF-GDF, première étape de sa privatisation, et ouvrir le débat sur son projet de réforme de la Sécurité sociale.

Electriciens et gaziers n’ont aucune raison de cesser leurs actions au jour du vote de la réforme d’EDF-GDF. Bien au contraire. C’est de leurs luttes et du soutien de l’ensemble du monde du travail, que dépendent leur sécurité d’emploi, leurs conditions de travail, ainsi que l’avenir du service public.

De même pour la Sécurité sociale : ce n’est pas du débat d’un Parlement à la botte du gouvernement que les travailleurs peuvent attendre la moindre inflexion aux attaques contre le droit à la santé. Les quelques milliers d’amendements que va opposer la gauche au projet – elle qui au pouvoir avait déjà réduit les remboursements et inventé le forfait hospitalier et la CSG que le gouvernement Raffarin augmente aujourd’hui – n’y feront rien.

Ceux d’EDF-GDF font depuis quelques semaines la démonstration de ce qu’est la force réelle des travailleurs : Un Premier ministre peut parader au parlement et se voir privé d’électricité dans sa résidence, pendant que, « Robins des bois », les électriciens en colère vont rétablir le courant à des chômeurs ou des pauvres, privés d’électricité pour défaut de payement. Ce sont, par contre, le siège du Medef ou même l’Elysée, qui peuvent être privés de jus, quand ceux qui le produisent et en assurent l’acheminement le décident. Privées de courant aussi, quelques heures, des entreprises qui ont annoncé des plans de licenciements, pendant que les électriciens le livrent gratuitement à plusieurs hôpitaux...

Ces actions spectaculaires ne suffisent pas à elles seules. Mais elles donnent une petite idée de ce que pourrait être notre force à nous travailleurs, si nous nous y mettions tous ensemble.

Au niveau des directions syndicales, y compris de la CGT qui assume – mais pas toujours – ces interventions, il n’est cependant pas question d’aller plus loin, pas question de préparer une véritable grève reconductible de tous les électriciens et gaziers. Pour elles ces actions ponctuelles seraient « moins coûteuses » sur le plan salarial que la grève, et « plus pénalisantes » pour les employeurs. Mais les prétendues luttes à l’économie, ou par catégories, les uns après les autres, c’est bien ce qui nous coûte finalement le plus cher. Car l’objectif ne saurait se limiter à « pénaliser » le gouvernement et le patronat quand il est vital de les faire reculer !

La privatisation d’EDF-GDF nous concerne tous. C’est la même volonté de favoriser les intérêts privés au détriment des services publics qui préside aux suppressions de lits et de services dans les hôpitaux publics ou à l’annonce de la suppression de 17 000 fonctionnaires l’an prochain.

Quant à la loi Douste-Blazy sur la Sécurité sociale, elle représente plus de 10 milliards d’économies sur la santé, pendant qu’on maintient les dégrèvements de charges au patronat, près de 20 milliards par an, soit deux fois le prétendu trou de la Sécu, et qu’on décide de cinq milliards de prélèvements supplémentaires dans nos poches. Insuffisant encore, surenchérit le ministère des Finances ! Cette « cacophonie » gouvernementale est destinée à préparer le terrain aux autres mesures de réduction des dépenses de Santé que le gouvernement entend faire prendre ensuite, par les nouveaux organismes de gestion de la Sécurité sociale prévus dans sa loi. Là aussi, si la riposte immédiate est indispensable, la bataille ne doit pas s’arrêter pas au vote de la loi, prévue pour la mi-juillet, avec les départs en vacances.

Les travailleurs produisent tout dans cette société, sans eux rien ne peut fonctionner, ils ont les moyens de paralyser gouvernement et patrons, et de les faire reculer. C’est une riposte d’ensemble du monde du travail qu’il faut préparer.

Imprimer Imprimer cet article