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Accueil > Éditos de bulletins > 2004 > mars > 1er

Avec LO et la LCR, contre le chômage et la précarité

Le gouvernement prétend avoir enfin une bonne nouvelle à annoncer aux travailleurs : les chiffres du chômage ont baissé. En janvier, il y aurait eu 1,1 % de chômeurs inscrits en moins. Le ministre des Affaires sociales Fillon a de suite annoncé qu’« il se passait quelque chose sur le front de l’emploi », et que « la reprise commençait à faire ses effets ».

Sauf que cette bonne nouvelle est en fait une mauvaise blague ! Le ministère de l’Emploi a lui-même prévenu : « La baisse du nombre de demandeurs d’emploi est due pour l’essentiel aux sorties pour absence de contrôle, plus nombreuses qu’habituellement, qui peuvent s’expliquer en partie par les modifications du régime d’indemnisation ». En clair, s’il y a moins de chômeurs recensés, c’est parce qu’ils ont été massivement rayés des listes, pour ne plus rien toucher des Assedic. La diminution des délais d’indemnisation a en effet envoyé 180 000 chômeurs au RMI le 1er janvier dernier. Derrière les derniers chiffres, c’est donc + 27 % de sortie des listes par radiation, et + 4 % seulement de chômeurs ayant retrouvé un emploi. Bref, il faut vraiment tout le culot du gouvernement pour se vanter de l’allure donnée aux courbes du chômage suite à des charrettes entières de chômeurs poussés vers la misère !

Fillon ne manque pas de cynisme et continue de plus belle. Il annonce maintenant la mise en place d’un « système d’indemnisation gradué en fonction des efforts faits pour retrouver un emploi  ». Les chômeurs qui n’accepteraient pas n’importe quel boulot verraient leur maigres revenus encore diminués. Le ministre justifie ces mesures de contrainte en prétendant que certains secteurs, la restauration notamment, auraient du mal à recruter. Rien là d’étonnant vu les conditions de travail et de rémunération qui y règnent… Pour résoudre le problème, le gouvernement aurait pu imposer aux patrons de ces secteurs d’augmenter les salaires ! Mais au contraire, Raffarin sort de nouveaux cadeaux pour ces patrons, et pas symboliques : après un amuse-gueule de 1,5 milliards d’euros en baisse de charges, ils auront droit au double tous les ans avec la baisse de la TVA à 5,5 %.

Pendant que le gouvernement soigne ainsi les riches, sa politique contre les travailleurs et les pauvres a des effets visibles. Les Restos du cœur ont enregistré une hausse de 10 % de fréquentation en 2003 ; 3 700 000 personnes vivraient aujourd’hui en France au-dessous du seuil de pauvreté, soit 700 000 de plus en un an ; et un rapport récemment publié par l’INSEE parle d’un million d’enfants de moins de 18 ans vivant sous le seuil de pauvreté.

Les élections régionales approchent, et la politique révoltante du gouvernement Chirac-Raffarin donne mille raisons de vouloir le sanctionner. Les partis de la gauche plurielle, qui les ont précédés au pouvoir, montent le ton et tentent de se faire valoir dans le rôle d’opposants. Mais sur quelle grande mesure anti-sociale de la droite le PS ou ses acolytes se sont-ils engagés à revenir ? Ni sur l’augmentation de cotisation pour les retraites, ni sur la réforme de l’assurance-chômage, ni sur le saccage en cours ou à venir de la Sécurité sociale. Ce n’est pas de la modestie : si la gauche ex-gouvernementale est si discrète sur ces sujets, c’est qu’elle a mené en son temps une politique ayant préparé les réformes actuelles. Et si elle revenait aux affaires, elle reprendrait, même si c’est avec un emballage différent, le travail là où la droite l’aurait laissé. Exactement comme elle a fait lors des 20 dernières années d’alternance.

Oui, il faut lutter contre le chômage en interdisant les licenciements, supprimer les subventions au patronat et avec les économies ainsi réalisées créer massivement des emplois utiles à la population dans les services publics. Il faut augmenter les salaires et les minima sociaux. Il faut revenir à 37,5 ans de cotisation pour le droit à la retraite dans le privé comme dans le public.

S’il y a dans les prochaines élections une façon de le dire clairement, et de préparer ainsi les luttes pour imposer un tel programme d’urgence sociale, c’est en votant pour les listes communes Lutte Ouvrière-Ligue communiste révolutionnaire.

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