Faire de 2004 l’année de la riposte
5 janvier 2004 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Tout va très bien, a dit Chirac. Grâce à « vos efforts » … « l’horizon s’éclaircit ». Nos efforts s’entend. Quant à l’horizon des patrons, l’année 2003 avec son lot de cadeaux et subventions supplémentaires, l’avait déjà rendu faste.
Bonne année, bonne santé… pour la Bourse. Avec 16 % de progression du CAC 40 sur l’année 2003, les actionnaires ont pu fêter le nouvel an !
Et Chirac de confirmer la prochaine attaque d’envergure qu’il prépare contre nous tous, la réforme de la Sécurité sociale, prévue pour le mois de juin. Il aimerait bien sûr obtenir, au nom de la « responsabilité de tous », la complicité de directions syndicales, comme il a eu celle de la CFDT pour s’attaquer aux retraites.
Mais le plus marquant des vœux de Chirac a cependant paraît-il été sa promesse d’une « grande loi de mobilisation pour l’emploi ».
Sa politique pour l’emploi, on connaît.
On compte aujourd’hui 140 000 chômeurs de plus qu’au début 2003.
En ce premier janvier 2004, 180 000 chômeurs, au moins ont perdu leur droit à l’assurance chômage, en vertu d’un accord signé, il y a un an, entre le Medef et les syndicats CFDT, CGC et CFTC réduisant la durée d’indemnisation. La proportion des chômeurs ayant droit à une allocation chômage chutera. Elle passera de 53,7 % en 2003 (ce qui laissait déjà 47 % de chômeurs sur le pavé) à 45,3 % en 2004.
En ce même premier janvier entre en vigueur la réforme de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), que vient de décider le gouvernement et qui réduit aussi la durée de versement de cette allocation destinée aux chômeurs en fin de droit. Dès le 1er juillet 2004, 130 000 bénéficiaires de cette maigre allocation en seront privés.
Beaux cadeaux de nouvel an, destinés à grossir les rangs des exclus, des sans logis, et à faire déborder de demandes les restaurants du cœur.
Et en quoi consiste la nouvelle « mobilisation pour l’emploi » annoncée ? A satisfaire encore les nouveaux appétits du Medef, qu’avec ou sans appareil auditif, Chirac entend toujours 5 sur 5.
Il se propose d’alléger les « procédures inutiles » et les « charges excessives » qui feraient, prétend-il, hésiter les patrons à embaucher. Son ministre Fillon a déjà prévu, en ce sens, d’instaurer une procédure, dite de « licenciements négociés », facilitant les licenciements dits « économiques », et de légaliser de nouveaux types de contrats d’emplois précaires, dits contrats « de mission », pires que les actuels CDD.
Davantage de libertés donc pour licencier et multiplier les emplois précaires, voilà le programme de Chirac et Raffarin. Comme si les patrons ne prenaient pas déjà toutes les libertés !
Ils ne se sont pas gênés en 2003 pour multiplier les plans de licenciements : Metaleurop, Daewoo, Arcelor, Giat-industrie, Alcatel, Alstom, Air-Liberté, Aventis et bien d’autres. Et pas de trêve des confiseurs en ce domaine, avec de nouvelles annonces de suppressions d’emplois à Alcatel ou Bosch-France à la veille des fêtes. Sans oublier les milliers de suppressions d’emplois plus discrets, par non-remplacement des départs, à France-Télécom ou à la Poste. L’Etat lui-même donne l’exemple.
Face au paquet cadeau que nous préparent pour l’année 2004 Chirac, Raffarin et Seillière - de nouvelles vagues de licenciements, l’accroissement de la précarité, la réduction des minima sociaux, les attaques contre la Sécurité sociale - nous pouvons et devons leur préparer une riposte d’ensemble du monde du travail. Le mouvement de mai-juin 2003 contre la réforme des retraites en a donné un petit avant goût, même s’il n’a pas été assez fort pour les faire reculer. Il faut une riposte où l’on soit cette fois tous ensemble, travailleur du public comme du privé, et qui aille jusqu’au bout.
Pour que 2004 mette un coup d’arrêt à l’offensive menée ces dernières années par le patronat et les gouvernements successifs contre la classe ouvrière !
Plus qu’un bon vœu, c’est un objectif.

