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Accueil > Éditos de bulletins > 2003 > juin > 23

Les retraites, ce n’est pas fini et les attaques continuent !

Le profond mouvement de l’Education Nationale qui s’est à un moment donné étendu aux travailleurs des transports, de l’équipement et des hôpitaux, n’a pas eu raison des lois Fillon et Ferry, malgré le soutien de l’opinion populaire. Raffarin a beau se vanter de sa victoire (provisoire !), il sait qu’il doit compter avec des enseignants toujours en colère, toujours déterminés à refuser les projets de décentralisation comme celui des retraites. Il le sait d’autant mieux que des profs ont continué de le contester lors de ses déplacements, comme en Corse où il n’a pas hésité à faire matraquer des manifestants décidés. Mais les braises peuvent vite se rallumer, et pas seulement chez les enseignants, et le gouvernement reste sur ses gardes : il annonce de nouvelles négociations et met un peu d’eau dans son vin sur les retenues de journées de grève, tout en n’ayant rien cédé sur le fond.

La stratégie syndicale de journées d’action étalées dans le temps pour obtenir de prétendues négociations n’a eu pour seul résultat que de montrer ouvertement le manque de détermination des directions confédérales tout en effritant un mouvement qui pouvait se généraliser. C’est ce qui a permis à Raffarin, Ferry et Sarkozy de se tirer à si bon compte de leur première grande épreuve de force avec les salariés.

Reste que la propagande du gouvernement sur les retraites vient d’en prendre un sacré coup. La plupart des travailleurs savent désormais que le financement des retraites est une question de partage des richesses entre exploiteurs et exploités, et non pas un prétendu problème de démographie. Que c’est un problème de rapport de force entre le monde du travail et un gouvernement au service du patronat. Une épreuve de force qui a commencé à s’engager et qui n’est pas terminée.

Cette première grande vague de grève n’a pas réussi à faire capituler le gouvernement et le patronat, mais a créé des liens entre des dizaines de milliers de grévistes très déterminés de différentes professions, qui ont appris beaucoup de choses au cours de cette première bataille : à s’organiser et se coordonner eux-mêmes, à s’adresser aux autres travailleurs, à ridiculiser la propagande gouvernementale, à passer outre les barrières corporatistes, à pousser les appareils syndicaux sans se fier au baratin des dirigeants confédéraux timorés ou pour certains carrément traîtres. Bref, à se préparer à la prochaine épreuve de force.

Car elle aura lieu… puisque Raffarin n’a pas reculé. Il maintient pour l’essentiel son projet de décentralisation de l’Education Nationale : pour les 90 000 agents de service, les ouvriers et les techniciens, c’est-à-dire l’énorme majorité des personnels concernés. Il n’a pas reculé non plus sur les retraites. Et tous ses autres projets, comme l’autonomie des universités, ne sont que remis à plus tard.

Bien plus, libéré momentanément du mouvement sur les retraites, le gouvernement reprend ses attaques anti-sociales. Il y a les déremboursements de plusieurs centaines de médicaments dont la liste ne fait que s’allonger, même si le Conseil d’Etat a récusé la baisse de remboursement de... deux médicaments. Il y a surtout la nouvelle attaque en règle qui se dessine contre la Sécurité Sociale. Encore une fois, en prétendant qu’il n’y a pas d’argent en caisse, il s’agit de faire payer les pauvres et pas les riches ! Avec ouvertement l’objectif de privatiser partiellement la Sécurité Sociale en contraignant les assurés à s’affilier à une assurance privée pour remplacer la Sécu. Et ce n’est pas tout : Raffarin veut privatiser l’EDF-GDF et La Poste. Il veut remettre en cause le salaire minimum, le droit de grève et ainsi de suite.

C’est lui qui se charge de nous montrer que la lutte n’est pas finie. Comme le criaient les manifestants : « on n’est pas essoufflés ! on ne se laissera pas faire ! »

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