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Accueil > Éditos de bulletins > 2003 > février > 3

Raffarin persiste et signe, donnons une suite au 1° février

Samedi dernier, pour défendre les retraites des centaines de milliers de manifestants se sont retrouvés dans la rue. Mieux que le 25 janvier 2001, quand le Medef avait annoncé une première fois la couleur.

Preuve, s’il en fallait encore, que les travailleurs ont bien compris la nécessité de ne pas laisser passer ces projets dont le seul but est de diminuer le niveau des retraites en allongeant le temps de cotisation, aussi bien du privé que du public. Et s’il est évident que pour contraindre le pouvoir à renoncer à sa prétendue réforme il ne faut pas s’en arrêter là, cette première mobilisation ne manque pas déjà d’inciter Raffarin et consorts à la prudence. D’où leur volonté d’échelonner les mesures dans le temps. Le recul puis l’éviction de Juppé, contraint de remballer ses projets après une vague de grèves et de manifestations en 1995, hantent le souvenir du nouveau gouvernement. Au soir même du 1° février, Fillon le ministre des affaires sociales - et Raffarin l’a répété lundi - affirmait avoir bien reçu le message des manifestants, voulant lui donner la signification d’une volonté de « réforme », sous-entendu une approbation de sa politique. Il ne lui reste plus qu’à le prouver…

La méthode du gouvernement reste analogue à celle employée pour EDF-GDF au lendemain de la manifestation du 3 octobre. Il affirme être à l’écoute des intéressés… tout en se préparant à passer par-dessus leur tête pour imposer ses volontés. Il compte sur l’aide des dirigeants syndicaux auxquels il offre le hochet de la « négociation ». La déclaration commune des confédérations pour appeler au 1° février n’ayant ni affirmé l’objectif de 37 ans et demi pour tous, ni précisé le niveau minimum de retraite à 60 ans, alors qu’elles affichent toutes leur bonne volonté de discuter des projets gouvernementaux, permet à Raffarin et Fillon de cultiver encore quelques espoirs de ce côté.

Fillon a ainsi promis aux syndicats qu’ils auraient « leur mot à dire »… en fixant par avance les limites de la négociation à des problèmes comme « les moyens de maintenir les salariés âgés dans l’emploi ou la question de la pénibilité ». Au moment même où une vague de licenciements va jeter de nouveaux contingents de travailleurs bien avant 60 ans en dehors de l’activité - Metaleurop, Daewoo, Matra, ACT Manufacturing, Aluminium Pechiney, Philips, Wanadoo, GIAT, Air Lib, etc., sans compter Lu-Danone qui avance de plus d’un an son plan de fermeture d’usines - que fait ce gouvernement qui prétend que les travailleurs doivent travailler plus longtemps pour cotiser d’avantage ?

Fillon répond : « vouloir empêcher les licenciements, c’est comme vouloir empêcher la maladie ». Ce gouvernement qui n’a que le mot « équité » à la bouche, ne soigne que les riches. En même temps qu’il s’attaque aux retraites, il laisse les patrons licencier en toute liberté après avoir empoché l’argent public - comme Daewoo - ou compromettre en plus, en toute impunité, la santé de la population d’une région entière après le saccage de l’environnement, comme Metaleurop à Noyelles Godault.

Ce gouvernement a même le culot de déposer un projet de loi pour diminuer encore l’ISF, l’impôt sur les grandes fortunes - déjà plus que symbolique : il rapporte moins que la redevance télé - exonérant toujours davantage les propriétaires d’entreprises au prétexte de « favoriser l’emploi ». Après tout ce qui a déjà été distribué au patronat à ce titre et malgré le chômage qui grimpe en flèche, il n’est pas gêné !

Raffarin se donne plusieurs mois pour mettre son plan en œuvre et faire avaler morceau par morceau des couleuvres aux dirigeants syndicaux. L’affaires des retraites est une question trop sérieuse pour la laisser entre les mains de ces gens-là. Nous travailleurs, nous avons les moyens de faire remballer ses sales projets au gouvernement. Par un mouvement d’ensemble, pour l’interdiction des licenciements, pour l’augmentation de tous les salaires de 300 €, et pour imposer le maximum de 37,5 ans annuités de cotisation pour tous, calculé sur les 10 meilleures années dans le privé ou le dernier mois dans le public.

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