Ils nous imposent ? Imposons nos revendications !
16 septembre 2013 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Au moment où chacun reçoit sa feuille d’impôt et constate que, si le salaire n’a pas bougé, l’impôt sur le revenu, lui, a augmenté de 100 ou 200 euros, voire plus, Hollande a tenté, dimanche soir sur TF1, de faire avaler la pilule en annonçant qu’il devrait s’en arrêter là. Enfin, pas tout à fait.
Il reconnait avoir augmenté de 30 milliards d’euros les impôts et taxes payés par les ménages, qui s’ajoutent aux 30 milliards déjà mis en place par Sarkozy. Et la « pause » qu’il a annoncée est toute relative. La nouvelle réforme des retraites prévoit une batterie de cotisations et taxes supplémentaires pour les salariés et les retraités. Au 1er janvier 2014, la TVA va encore augmenter de 19,6 % à 20 % : 6 milliards d’euros de plus prélevés principalement dans la poche des travailleurs.
Mais, explique Hollande, il aurait pu faire pire, puisque Sarkozy avait prévu une TVA à 21,2 % !
Attaques contre les travailleurs…
Alors que salaires et retraites sont loin de suivre l’inflation, le gel du barème de l’impôt a augmenté de 940 000 le nombre de foyers à faibles revenus qui sont devenus imposables et redevables de la taxe d’habitation.
À cela s’ajoutent d’autres mesures : abaissement du quotient familial, suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, etc.
La seule des mesures fiscales de son prédécesseur qu’Hollande ait abrogée est la défiscalisation des heures supplémentaires, ce qui accroît l’impôt pour ceux qui en étaient à boucler leurs fins de mois à coup d’heures supplémentaires. Certes, les travailleurs n’ont pas à regretter cette défiscalisation : elle n’avait pour but que d’aider les patrons à faire travailler plus longtemps, plutôt que d’embaucher et d’augmenter les salaires.
… Cadeaux fiscaux aux patrons
Vis-à-vis du patronat, c’est exactement le contraire. On envisage de baisser de 33 % à 30 % l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Pourtant les grosses entreprises sont déjà loin de payer tout cet impôt puisque les plus grosses, celles du Cac 40, ne payent en moyenne que 8 % d’impôts sur les bénéfices grâce aux combines d’« optimisation fiscale » tout à fait légales. Sans parler d’Orange, dont on a appris récemment qu’il n’avait payé aucun impôt sur les sociétés entre 2000 et 2010 ! Pour ces sociétés, même « l’évasion fiscale » n’est pas de la fraude : c’est en toute légalité qu’elles peuvent « domicilier » leurs bénéfices où bon leur semble pour ne rien payer.
Le faux prétexte des déficits publics…
Le gouvernement se justifie de faire les poches des travailleurs au nom du déficit public à combler. Mais les impôts et taxes supplémentaires ne vont pas servir à financer les hôpitaux, les retraites, la sécurité sociale, à embaucher des enseignants pour décharger les classes saturées ou encore à financer l’aide sociale. Au contraire, on continue les coupes sur les budgets publics : 15 milliards de dépenses en moins prévues, dont près de la moitié en réduction de crédits pour les services sociaux.
Un exemple des plus choquants vient d’être livré à Clermont-Ferrand où 352 sans domicile, dont 150 enfants, ont été mis à la rue du jour au lendemain parce que le financement public de l’association qui payait leur hébergement a été coupé.
À qui vont donc servir ces hausses d’impôts ?
La hausse de la TVA doit compenser en partie les 20 milliards de « crédits d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » offerts aux patrons. Alors que le patronat y gagne déjà par le gel des salaires et les suppressions d’emplois, traduction de cette « compétitivité » que Hollande souhaite promouvoir dans les entreprises en imposant des sacrifices supplémentaires aux salariés.
Face à ces attaques contre notre niveau de vie, il va falloir que nous imposions nos revendications !

