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Accueil > Éditos de bulletins > 2013 > avril > 8

Cahuzac ? Un ministre exemplaire de la bourgeoisie

Nous sommes « trahis, bafoués, dévastés, ulcérés… » ont déclaré Hollande et ses ministres, suite à l’aveu de Cahuzac, lequel leur avait « menti les yeux dans les yeux ». On ne pensait pas les membres du gouvernement si sensibles.

Varin, le patron de Peugeot, a pu mentir pendant des mois sur la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay-sous-Bois sans que les mêmes n’y voient un scandale et ne se sentent trahis. De même, quand l’homme d’affaire américain Gary Klesch, comme bien d’autres patrons voyous de France ou d’ailleurs, a repris plusieurs usines du groupe chimique Arkema pour pas un sou, avant de déposer le bilan 8 mois plus tard. Là non plus, ni émois ni sentiments de trahison parmi les caciques gouvernementaux de gauche comme de droite. Pour ces gens-là, mentir aux travailleurs, c’est normal. Frauder légalement pour empocher des millions et virer des salariés, c’est acceptable. Cela fait partie des règles mensongères mais légales de leur république bourgeoise, quel qu’en soit le numéro.

Un serviteur du système

Le parcours de ce monsieur Cahuzac est une belle illustration de ce que sont les serviteurs du capitalisme. Formé à la chirurgie cardiaque, il la délaisse pour la chirurgie esthétique, pompe à fric bien plus rentable. Sans parler de quelques allers retours entre les cabinets du ministère de la Santé et le « conseil » privé à l’industrie pharmaceutique. De quoi lui faire ouvrir un compte en Suisse par son pote de parties de golf, un avocat d’extrême droite proche de Marine le Pen. C’est donc avec un tel pedigree qu’on est nommé ministre du budget !

L’ex ministre du budget, chasseur de fraude fiscale, fraudait donc lui-même le fisc, sur les conseils de son « gestionnaire de fortune » et autres avocats spécialisés dans « l’optimisation fiscale »… légale ou illégale. Comme ces nombreux poissons qui naviguent dans les eaux troubles du capitalisme où la frontière entre le légal et l’illégal est très floue. Il s’agit-là des pratiques habituelles des grandes sociétés du CAC40, qui savent utiliser tous les dispositifs légaux nécessaires pour n’être imposées qu’à hauteur de 8 % de leurs bénéfices en moyenne, et se passer de la légalité pour le reste.

Leur morale et la nôtre

L’affaire Cahuzac montre simplement que ce n’est pas le fric qui manque, planqué ou non. Ces gens-là ne connaissent pas la crise. Le gouvernement qui annonce régulièrement des mesures d’austérité n’aurait qu’à se servir dans les poches de la grande bourgeoisie, mais ce n’est pas sa volonté. Alors ils font celles des travailleurs.

La bourgeoisie se divise le travail : le patronat pleure la bouche pleine et licencie à tout va au nom de la compétitivité, pendant que ses hommes de main au gouvernement, formés à son image cynique et mensongère, font passer dans la loi toutes ses volontés. C’est le fonctionnement normal du capitalisme. De plus en plus insupportable en effet. De quoi renverser ce vieil ordre obsolète.

Leur loi et la nôtre

Oui, il faudra bien que le monde du travail, celui dont on baisse les salaires, qu’on exploite plus durement au travail ou qu’on jette à la rue, lui qui n’a pas de gestionnaire de fortune (et pour cause !) pour mieux contourner le fisc, se retrouve à un moment donné, massivement, dans la rue.

Mais certainement pas pour quémander un remaniement ministériel, ou une sixième république aussi exemplaire que les précédentes de ce sale système. Mais en se donnant les moyens d’imposer la loi des travailleurs, d’une toute autre nature que celle de ces hypocrites républiques bourgeoises qui appliquent avec zèle la dictature du capital.

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