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Accueil > Éditos de bulletins > 2013 > avril > 1er

L’austérité de la maternelle à l’université !

Le candidat Hollande avait promis la création de 60 000 postes pour l’école pour rattraper les 66 000 suppressions de postes des cinq années Sarkozy. Drôle de promesse, puisqu’il ajoutait que les emplois créés seraient compensés par des suppressions dans le reste de la fonction publique.

Déshabiller Paul pour habiller Jean ? Même pas !

Du coup, dans la fonction publique, des dizaines de milliers d’emplois continuent d’être détruits au gré des départs à la retraite. La situation dans les hôpitaux n’en est que plus dramatique du fait du manque de personnels. Ce qui ne bénéficiera même pas à l’éducation, en dépit des promesses.

Car, pour commencer, le bilan du ministre Vincent Peillon, c’est 13 000 postes d’enseignants en moins à la rentrée 2012, dans la droite ligne du gouvernement précédent. Quant aux embauches promises pour le futur dans l’Education nationale, elles ne feront que compenser le nombre de départs à la retraite.

Ne Peillon pas l’embrouille !

Les promesses de la campagne électorale n’ont pas suffi à engourdir les professeurs des écoles et les parents d’élèves qui ont riposté en janvier et février contre la « réforme Peillon ». Celle-ci vise à étaler les temps de cours des élèves du primaire sur quatre jours et demi au lieu de quatre. En soi, pourquoi pas, sauf que les moyens et les effectifs ne suivent pas, et cela se traduit par plus de travail pour les enseignants, sans que les enfants en retirent de véritables bénéfices faute d’encadrement qualifié. C’est ainsi, par exemple, que l’enveloppe financière promise aux mairies est très insuffisante, et dans bien des communes le temps de classe retiré chaque journée se résumera à de la simple garderie. Une fois de plus, ce seront les enfants des familles les plus modestes qui seront pénalisés.

Par leur mobilisation les professeurs des écoles ont exprimé leur ras-le-bol non seulement contre une réforme sans moyens, mais aussi contre les conditions de travail et d’étude sans cesse dégradées dans les écoles : classes surchargées, professeurs non remplacés, salaires en berne... Et il n’y aura pas de tour de passe-passe ! Sur quatre jours ou sur quatre jours et demi, l’efficacité pédagogique passera par la réduction drastique du nombre d’élèves par classe afin que chacun puisse être accompagné efficacement dans sa scolarité. Ce qui commande la création massive de postes d’encadrement dans les établissements.

Les journées de grève et de manifestations contre cette fausse réforme dite « des rythmes scolaires » ont été bien suivies. Du coup, le ministre Vincent Peillon a autorisé les municipalités à reporter l’application de la réforme en 2014. Sitôt dit, sitôt fait ! Moins d’un quart des jeunes de maternelle et de primaire verront la réforme s’appliquer dès la rentrée prochaine. Un premier camouflet pour le gouvernement.

Après l’austérité de droite, l’austérité de gauche n’épargne ni l’école primaire, ni le secondaire, ni même les universités. Réforme après réforme, le gouvernement Fillon avait désengagé l’Etat du financement de celles-ci. Et la dernière réforme en date du gouvernement socialiste poursuit leur démantèlement. Si bien qu’aujourd’hui, la moitié des facs sont en faillite.

A qui profite la saignée ?

Toutes ces coupes sombres à l’encontre des services publics indispensables à la population servent à compenser les exonérations d’impôt pour les entreprises, qui se montent à 20 milliards d’euros supplémentaires pour le budget de cette année.

Licenciements ou suppressions de postes, la logique est la même dans le privé et dans le public. C’est elle qui pousse les chiffres du chômage au sommet. Travailleurs du public comme du privé, il nous faudra bien nous retrouver sous une même bannière :

Interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois, Partage du travail entre tous.

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