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Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > octobre > 8

Des Pigeons-la-Terreur ?

La semaine dernière, donc, un petit gang de pigeons-postiches attaquent sur internet. Panique au gouvernement. Tous à plat-ventre ! Le ministre délégué au budget, tout tremblant, leur tend la caisse. Et voilà comment, avec une simple pétition sur le web, des patrons millionnaires de start-up très prospères, prétendant être plumés par la hausse de la taxation des plus-values sur la revente spéculative d’entreprises, ont réussi à faire reculer piteusement le gouvernement.

Et qui sont-ils, ces malheureux « pigeons » ? Parmi eux, un certain Xavier Niel, fondateur de Free (8e fortune française). Entre autres volatiles pleins aux as qui menacent même de jouer les pigeons voyageurs en s’expatriant en Suisse ou en Belgique afin de payer moins d’impôts.

Pitié pour les patrons voyous, mais « budget de combat » contre la population

Bien entendu, la présidente du Medef, Laurence Parisot, s’est félicitée de la déballonnade du gouvernement. Il faut dire que tous les voeux du patronat sont exaucés. Voilà que, la même semaine, le gouvernement Hollande mène la charge contre les salariés : il veut « abaisser le coût du travail » (vieille revendication patronale) par une diminution des charges patronales de 40 milliards, qui serait compensée par une hausse de la CSG.

Pendant que l’on distribue les cadeaux aux patrons, les impôts vont augmenter, et pas seulement pour les plus favorisés comme on voudrait nous le faire croire : du simple fait du maintien du gel du barême d’imposition sur le revenu (non réévalué en fonction de l’inflation), 10 millions de foyers fiscaux verront leur impôts augmenter l’an prochain.

Quant aux restrictions budgétaires, les fonctionnaires continueront à voir leurs salaires bloqués, et les économies réalisées sur les services publics et les prestations sociales vont d’abord frapper la population la plus démunie. C’est ce que Hollande a appelé un « budget de combat », mais ses attaques c’est aux travailleurs qu’il les réserve.

Il a suffi d’un buzz sur le net pour que le gouvernement plie devant les patrons. Mais les salariés de Sanofi, Arcelor, Doux, PSA... et tous les autres doivent se contenter de belles paroles. Terminées, les rodomontades d’un Montebourg. Selon Le Parisien, il aurait évoqué à propos de la fermeture de l’usine d’Aulnay « un mal nécessaire pour permettre au groupe de se remettre sur de bons rails ». Un « mal nécessaire », pour le plus grand bien de la famille Peugeot ! Bref, le gouvernement socialiste compte bel et bien accompagner les plans de licenciements.

Dans le même temps, gouvernement et patrons ont lancé des discussions avec les confédérations syndicales pour leur faire avaler des « Accords-compétitivité-emploi », par lesquels les salariés devraient accepter le blocage de leurs salaires, la réduction des jours de congés et des horaires de travail plus flexibles. Des accords d’entreprise type Sevelnord dont tant de travailleurs ces dernières années se sont mordu les doigts avant de se révolter.

Face à l’entente Patrons-gouvernement, aux travailleurs de se coordonner

Chaque jour nous apprend que telle ou telle entreprise va licencier ou est menacée de fermeture. Dans le secteur public également des emplois sont supprimés. Les luttes ne doivent pas rester isolées, chacun se battant dans son entreprise, le dos au mur.

Il est vital que la classe ouvrière se donne pour objectif l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous, une augmentation de 300 euros mensuels minimum, la défense des services publics. Cela nécessite de coordonner les luttes, car c’est cela la grande trouille du patronat et du gouvernement : que les réactions ne restent pas isolées, mais se transforment en une contre-offensive d’ensemble.

Voilà pourquoi la journée de manifestations de ce 9 octobre ne doit pas rester une simple protestation contre l’austérité et les licenciements, mais être une étape pour engager tous ensemble de vraies batailles.

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