On n’a pas été le cauchemar de Sarkozy, pour céder aux berceuses de Hollande !
29 mai 2012 Éditorial des bulletins L’Étincelle
« On avait dit qu’on serait le cauchemar de Sarkozy. On espère ne pas devenir celui de Hollande », avait dit un syndicaliste d’Arcelor Mittal à Florange. Il n’avait pas tort de s’inquiéter car tout indique que les plans de licenciements vont se succéder après les élections législatives. Ils avaient été plus ou moins gelés pendant la campagne présidentielle. Mais les voilà qui dégringolent en cascades dans toutes les branches. Le Parisien en dresse la liste : banques, automobile (fermeture des sites d’Aulnay-sous-bois et Rennes), téléphonie (SFR), grande distribution (Auchan, Carrefour, Conforama), transports (avec Air-France, SNCM), services (avec Nouvelles Frontières, Hersant Média), chimie (Pétroplus), sans parler de La Poste et d’une multitude de petites entreprises partout dans le pays, sous-traitantes ou pas de plus grosses.
Redresser la production… ou mettre à la redresse les patrons ?
Premier volet du spectacle : la création d’un nouveau ministère dit du « redressement productif ». C’est la trouvaille ronflante pour le titulaire du poste, Arnaud Montebourg : « Le ministère que j’ai en charge est un ministère de mobilisation générale des Français, autour de la renaissance de l’industrie », dit-il, mais il précise : « Il se peut que nous encaissions des échecs (…) nous les encaisserons aux côtés des salariés et des territoires ». Pour le moment, le redresseur Montebourg s’illustre en promettant aux « Fralib » à Marseille, en lutte depuis 600 jours… une table ronde avec la multinationale Unilever. Et d’annoncer avec fracas qu’il allait falloir « qu’Unilever mette de l’eau dans son vin ». Si ça veut dire quelque chose, c’est que les travailleurs, de leur côté, vont devoir aussi en mettre dans le leur ?
Table ronde au sommet, avec les syndicats ?
Mais une « grande conférence économique et sociale » est surtout prévue, pour la fin juin, avec les chefs syndicaux, intéressés par cette grand messe, bien plus que par la préparation de la nécessaire riposte du monde du travail. François Chérèque, au nom de la CFDT, prend même les devants en parlant d’« infaisabilité du Smic à 1700 euros » ! Il n’est malheureusement pas le seul, dans les hautes sphères syndicales, à n’être pas à l’écoute de la colère et des revendications.
Se préparer sur le terrain des luttes et d’elles seules
Il va pourtant falloir réagir, car la facture en dizaines de milliers de licenciement supplémentaires qu’on présente maintenant, une fois la page électorale tournée, est plus que salée. C’est celle que partout en Europe, en Grèce comme en Espagne ; partout dans le monde, les industriels et les banquiers, aidés des gouvernants, présentent aux travailleurs et aux peuples. Pour y résister et reprendre l’offensive, les travailleurs et les jeunes ne peuvent compter que sur leurs propres forces, immenses s’ils les mettent en branle et rompent l’isolement. Ce qui va compter, c’est la jonction des secteurs qui ne manqueront pas de se battre dans les mois qui viennent.
Reste ici en France, l’épisode des législatives. La gauche voudrait nous faire croire qu’il serait décisif que Hollande ait une majorité à la chambre des députés. Pour y décider séance tenante l’interdiction des licenciements, l’augmentation des salaires, le Smic à 1700 euros, entre autres ? Ou pour continuer à nous lanterner en nous faisant croire que notre avenir dépendrait d’on ne sait quelle « croissance » qui au mieux sera celle des seuls profits ?
Il n’y a rien à attendre de ces élections. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de montrer notre colère et notre méfiance en votant pour les candidats d’extrême gauche là où ils se présentent, se réclamant de notre camarade Philippe Poutou, candidat du NPA aux présidentielles, ou de Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière. Et en votant ainsi pour un programme de défense des intérêts du monde du travail, que nous imposerons tous ensemble par nos luttes.

