Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > mai > 1er

Vivent les travailleurs et vivent les drapeaux rouges

Hollande-Sarkozy : l’affiche du second tour de la présidentielle, dimanche prochain, est sans surprise.

Du côté de Sarkozy, le prétendu « candidat du pouvoir d’achat » et de « la France qui se lève tôt » ne s’est pas contenté d’une fête en 2007 avec ses amis du Fouquet’s – un de ces grands restaurants parisiens qui ne sont pas les derniers à profiter du “vrai travail” de sans-papiers surexploités. Il s’est depuis méthodiquement employé à casser les services publics, à plomber les comptes de l’État à coups d’exonérations fiscales pour le patronat, à mettre à mal les systèmes de retraite et autres entourloupes. Puis il a imaginé la “TVA sociale” pour faire payer par les salariés de nouvelles exonérations patronales, et les “accords compétitivité-emploi” pour faire accepter par des syndicats des baisses de salaires…

Difficile dans ces conditions de faire illusion auprès des travailleurs. Pour ce 1er mai, Sarkozy a donc plutôt choisi d’en rajouter dans la démagogie, étalant son mépris et ses préjugés de classe devant ses partisans rassemblés sur l’Esplanade du Trocadéro : le 16e arrondissement de Paris, bel endroit pour se vanter de parler « devant une marée de drapeaux tricolores » et non de défiler « derrière les drapeaux rouges » ! En prélude, un second couteau s’est chargé d’expliquer qu’il y a d’un côté des fonctionnaires « privilégiés et protégés » et de l’autre « une France, celle du travail, celle qui ne demande jamais rien » et que « nous souhaitons mettre à l’honneur ».

Car c’est bien là le rêve de Sarkozy : des travailleurs soumis et résignés, qui accepteraient leur condition sans jamais rien demander. Sans contester un système qui jette les uns au chômage pendant que les autres sont contraints aux heures supplémentaires ; qui recule l’âge de la retraite et réserve aux jeunes les petits boulots, les stages non payés ou rien du tout. Où on assiste les riches et on fait la morale aux pauvres. Face à ce mépris, il y a bien des raisons de vouloir dégager Sarkozy. Et nous sommes évidemment solidaires de ceux qui voudront le faire dimanche prochain en allant voter Hollande, ou qui voudraient y contribuer bien qu’ils n’aient pas le droit de vote.

Mais l’essentiel serait de dégager vraiment la politique qu’incarne Sarkozy au profit de ceux qui font payer la crise aux classes populaires, en France comme ailleurs en Europe, quelle que soit la couleur du gouvernement. Et pour cela, il n’y aura aucun « vote utile » le 6 mai.

Car Hollande ne compte que sur le rejet de Sarkozy pour se faire élire. Sur les questions essentielles pour le monde du travail, il s’est d’ailleurs gardé de la moindre promesse, pas même celle de revenir sur les mesures les plus impopulaires prises par la droite.

Il s’est contenté d’annoncer aux confédérations syndicales « la mise en place d’une grande conférence sociale », avec pour objectif de relever avec le patronat « le grand défi de la croissance et de la production ». Quelle audace ! Le monde de la finance doit en trembler d’avance.

Après le 6 mai, une chose est d’ores et déjà certaine, comme viennent de l’exprimer les cortèges du 1er mai derrière les drapeaux rouges, bien plus fournis que les années passées : le vrai monde du travail, celui qui ne se résigne pas mais exprime sa colère haut et fort, ne pourra compter que sur ses luttes et ses mobilisations pour ne pas subir l’austérité.

C’est cette perspective qu’ont exprimée au premier tour les suffrages en faveur de l’extrême-gauche, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ; sans doute aussi une bonne partie des votes pour Jean-Luc Mélenchon. Ce courant radicalement opposé à Sarkozy et à l’extrême-droite, sans aucune confiance en la gauche gouvernementale, est certes minoritaire dans les urnes. Mais dans les quartiers, dans les entreprises et dans la rue, il sera décisif demain pour préparer la contre-offensive du monde du travail.

Imprimer Imprimer cet article