Aux travailleurs de se faire entendre !
11 octobre 2011 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Les manifestations de ce mardi 11 octobre dans de nombreuses villes dans tout le pays, ont été une première occasion de manifester notre colère contre tous les mauvais coups qui se préparent contre le monde du travail : multiplication des nouveaux plans de suppressions d’emplois, nouvelles réductions des remboursements de la Sécurité sociale, hausses des prix et des tarifs avec des salaires bloqués, quand les patrons ne font pas du chantage à l’emploi pour en imposer carrément la baisse. Il faut maintenant préparer la suite.
En attendant, on nous amuse la galerie avec ces primaires socialistes dont la finale se jouera dimanche prochain. Quel que soit le vainqueur au deuxième tour, Martine Aubry ou François Hollande, tous deux s’accordent à dire, comme Sarkozy, que leur priorité est bien le remboursement de la dette de la France… en diminuant les dépenses sociales et publiques. C’est donc à nous qu’ils veulent faire payer la note.
Toutes les vagues promesses qu’ils feront d’ici les présidentielles de 2012, resteront contingentées à cette priorité-là ! Même si, pour l’emporter, l’un ou l’autre reprend certains des thèmes aussi flous que nationalistes d’un Arnaud Montebourg, lequel prône « un capitalisme coopératif », la « démondialisation » et la « mise sous tutelle des banques », sans qu’on sache de quelle tutelle il s’agit dans ce capitalisme dont il voudrait nous faire croire qu’il peut avoir un visage humain. Bref, Hollande ou Aubry, même avec quelques ficelles verbales à la Montebourg, c’est bien la continuité de la politique du gouvernement Sarkozy que le PS nous prépare : plans d’austérité, salaires au rabais, poursuite des licenciements, sauvetage des banques...
On donne aux banques ce qu’on prend aux travailleurs
Le rachat par les États français et Belge de la banque Dexia devrait augmenter un peu plus leur dette qu’on veut nous faire rembourser. Une fois encore, lorsque les banques font des profits, les travailleurs n’en bénéficient pas. Quand elles font des pertes, c’est à nous de les éponger ! En Espagne ou en Grèce, ce sont des gouvernements socialistes qui baissent les salaires, favorisent les licenciements et privatisent. Rien d’étonnant à ce que le PS fasse de même en France une fois revenu aux affaires.
Les patrons n’attendent pas pour licencier, n’attendons pas pour réagir !
Les élections présidentielles n’y changeront rien. Alors n’attendons pas jusqu’en 2012 sans réagir ! Car les patrons, eux, n’attendent pas pour multiplier leurs attaques.
À la SNCF, jeudi dernier, suite à l’agression d’un de leurs collègues, les contrôleurs de la SNCF de tout le pays ont « posé le sac » et fait grève spontanément en exprimant leur ras-le-bol de l’hémorragie des effectifs et du manque de sécurité qui va avec.
Les cheminots ne sont pas les seuls concernés par les suppressions de postes ou les licenciements : c’est le cas des salariés de PSA, mais aussi ceux d’Arcelor-Mittal qui vient d’annoncer la fermeture de son dernier Haut-fourneau en Lorraine ; du groupe Montupet qui fait aux ouvriers de sa fonderie de Châtellerault le chantage : soit 25 % de baisse des salaires soit la fermeture du site. Ce qui a déclenché la grève. Sans parler du projet de fermeture de la raffinerie de LyondellBasell (en « sursis », suite à la grève !), et de bien d’autres. Sans parler des dizaines de milliers de suppressions de postes dans les services publics.
En cette journée d’action du 11 octobre contre les plans d’austérité, les travailleurs les plus combattifs ont exprimé la nécessité pour les travailleurs de riposter tous ensemble, même si les directions des confédérations syndicales n’ont appelé à manifester que timidement.
Il faut nous préparer aux futures échéances de la lutte de classe, à une véritable explosion sociale qui ferait converger toutes les luttes, partielles ou isolées mais nombreuses, qui existent actuellement. Il n’y a qu’ainsi que la classe ouvrière, en créant un nouveau rapport des forces en sa faveur, pourra enfin dicter au patronat comme au gouvernement les exigences du monde du travail.

