Une journaliste placée en garde à vue pour avoir dénoncé les magouilles de l’armée
La journaliste Ariane Lavrilleux a été perquisitionnée et placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violation du secret de la défense nationale ». et « divulgations d’identité de militaires ». Elle avait révélé en 2021, dans le média en ligne Disclose, que la mission de renseignement française « Sirli », débutée en février 2016 au profit de l’Égypte au nom de la lutte antiterroriste, avait été détournée par l’État égyptien qui se servait des informations collectées pour effectuer des frappes aériennes sur des véhicules de contrebandiers présumés, à la frontière égypto-libyenne, en faisant de nombreuses victimes au cours d’au moins 19 bombardements de civils, entre 2016 et 2018. Des médias et des journalistes, notamment plusieurs Sociétés de journalistes (SDJ) et Reporters sans frontières (RSF), ont manifesté leur indignation sur les réseaux sociaux, évoquant une « entrave inacceptable à la liberté d’informer » et un « déni de démocratie » à quelques semaines des États généraux de l’information promis par l’Élysée. Quant aux militaires impliqués dans ces opérations criminelles, ils n’ont pas été inquiétés.

