Des dizaines de milliers d’Israéliens – dont au moins 50 000 sur place Habima à Tel Aviv – ont manifesté samedi soir pour clamer leur refus de la politique de la coalition au pouvoir alliant des partis de droite, d’extrême droite et ultra-orthodoxes juifs. Quelques milliers d’autres s’étaient également rassemblés dans les rues de Haïfa et de Jérusalem. Des partis du centre, de gauche et l’alliance des partis arabes Hadash-Taal avaient appelé à descendre dans la rue, en particulier pour protester contre la réforme de la justice présentée le 4 janvier par le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou, poursuivi lui-même dans plusieurs dossiers de corruption. Ces manifestations traduisent l’inquiétude légitime d’une partie de la population laïque, de la communauté LGBT et des Arabes israéliens face aux législations réactionnaires concoctées par le nouveau gouvernement. Mais elles ont aussi été utilisées par des politiciens roués, comme l’ancien Premier ministre Ehud Barak et l’ancien ministre de la Défense Benny Gantz, présents sur place, pour tenter de faire oublier la politique anti-palestinienne de leurs propres gouvernements, leurs attaques contre la population arabe, le feu vert donné aux colons, leurs concessions aux ultra-religieux, etc. C’est cette politique qui a creusé le lit de l’extrême droite aujourd’hui au pouvoir.
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