Mauvais coups et coups de colère
13 juillet 2009 Éditorial des bulletins L’Étincelle
En profitant de l’été, les députés n’ont trouvé rien de mieux à faire qu’un nouveau cadeau au patronat. Des patrons bafouaient ouvertement la loi en ouvrant leurs magasins le dimanche... En récompense, un projet de loi sur mesure pour eux, voté cette semaine.
L’arnaque du travail du dimanche
Cette loi va concerner les salariés des commerces dans plusieurs cas. D’une part, les zones « touristiques » ou « culturelles ». Autant dire, potentiellement, tout le pays ! Pour l’instant, ce serait au minimum environ 500 communes concernées, mais peut-être dix fois plus. Et d’autre part, des zones dites à « consommation exceptionnelle ». Pour l’instant, cela devrait concerner Paris, Lille, Marseille... et demain ?
Quant aux contreparties tant vantées par la droite, elles sont ridicules : d’autant qu’elles ne concernent ni les « zones touristiques », ni les salariés qui déjà travaillent le dimanche en vertu d’autres dérogations. L’une de ces contreparties, le paiement double du dimanche, pourrait être contournée par un accord d’entreprise. Autant dire à l’avance qu’elle va disparaître ! Au point que les partisans de la loi se taisent maintenant là-dessus...
Le volontariat ? Trois employés de caisse viennent d’être licenciés dans un magasin Dia à Oyonnax. Leur faute : avoir refusé de travailler des dimanches matins pour des raisons familiales... La nouvelle loi n’y aurait rien changé. De toutes façons, avec le chômage et les pressions des patrons, parler de « volontariat » n’a vraiment aucun sens. Tout le monde le sait.
Des attaques tous azimuts
En principe, légalement, le repos dominical est toujours la règle... Mais une règle si grignotée, loi après loi, dérogation après dérogation, qu’elle perd toute sa substance. A terme, ce sera la fin du statut particulier du dimanche, qui pourra être considéré comme n’importe quelle journée de la semaine ! Aussi mal payé. Avec une aggravation de la flexibilité, au seul profit des patrons. En cela, cette loi concerne bien tous les travailleurs. Encore un mauvais coup que le gouvernement cherche à faire passer discrètement pendant l’été.
Des mauvais coups, le gouvernement en a beaucoup en projet, comme la réforme des retraites, avec le départ annoncé à 67 ans... prétendument inévitable. Cela signifie la baisse du montant des retraites, car obtenir une retraite pleine deviendrait de fait impossible. Ce sera là aussi travailler plus... pour gagner moins !
La colère des salariés de New Fabris
La vague de licenciements non plus, ne connaît pas de trêve estivale. On le voit avec l’usine New Fabris, à Châtellerault, où les ouvriers ne sont pas prêts à se laisser faire sans réagir. Ils ont mille fois raison !
Ce sous-traitant automobile, employant 366 salariés, a été mis en liquidation judiciaire en juin. Les ouvriers revendiquent une indemnité de 30 000 €. Et ils frappent à la bonne porte : ils exigent aux donneurs d’ordre, PSA et Renault, de payer. Car ce sont les premiers responsables de la situation, eux qui avaient arrêté de passer commande à cette entreprise. 150 salariés sont venus à Poissy devant le siège de PSA pour se faire entendre. Cette semaine, ils se rendront chez Renault.
Ils menacent de faire sauter le 31 juillet les stocks et les machines de l’usine, d’une valeur dépassant le million d’euros. Si ces patrons ne sont pas prêts à mettre un peu de leur magot pour les salariés licenciés de Fabris, il n’est que justice qu’ils ne remettent pas la main sur ce matériel !
Les mauvais coups du patronat ne restent pas sans réponse et sans ripostes. Tant mieux ! Mais inverser vraiment la vapeur, c’est-à-dire faire remballer au gouvernement ses projets et arrêter net cette vague de licenciements, des luttes isolées n’en ont pas la force. Ce qui serait indispensable, c’est, pour le coup, une véritable explosion : une explosion sociale mettant en mouvement le monde du travail. A la rentrée, ou avant, car c’est urgent !

