Une large majorité de l’Assemblée nationale a voté l’exclusion et la retenue de la moitié de son salaire pendant quinze jours du député Rassemblement national Grégoire de Fournas, à la suite du scandale soulevé par ses propos racistes. Celui-ci avait en effet lancé : « Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique » à un autre député, dont la peau est de couleur noire, qui évoquait la question d’un bateau de migrants. Pour se défendre, il avait prétendu qu’il parlait des migrants et non du député noir. Ce qui ne changeait rien au caractère raciste de ses propos. On peut sans doute se réjouir que ces déclarations racistes, dont de Fournas est d’ailleurs coutumier, ne soient pas passées sans réaction, même si cette sanction, la plus lourde prévue pour un parlementaire, est tout de même dérisoire. Mais une bonne partie des députés, notamment les amis de Darmanin, se donnent tout de même un brevet d’antiracisme à peu de frais. Car, si des individus comme de Fournas se permettent d’afficher un racisme décomplexé, c’est tout de même en raison de la surenchère xénophobe permanente à laquelle se livrent nombre de politiciens de droite, voire de gauche.
S’ils voulaient véritablement combattre le racisme et la xénophobie, ils devraient commencer par défendre la libre circulation et installation des migrants. Mais ceux qui nous gouvernent, et bon nombre de ceux qui espèrent gouverner un jour, ne veulent pas renoncer à cette arme démagogique destinée à diviser les travailleurs et à servir de dérivatif à leurs vrais problèmes.
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