Annie Ernaux, qui vient de recevoir le prix Nobel de littérature, est l’autrice de plusieurs dizaines de romans et pièces de théâtre. C’est une femme engagée qui, depuis toujours, se place du bon côté de la barricade. Pionnière, avec d’autres, de la lutte pour le droit à l’avortement dans les années 1970, elle dénonce, à travers son œuvre comme dans ses prises de position publiques, la domination de classe et le patriarcat. Elle a aussi affirmé son soutien aux Palestiniens : elle s’était ainsi prononcée pour le boycott de la « saison culturelle » France-Israël de 2018, organisée par Emmanuel Macron et son compère Benjamin Netanyahou, et de l’Eurovision à Tel-Aviv l’année suivante. Elle a également appelé, avec des centaines de personnalités, telles que Noam Chomsky et Angela Davis, à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, un communiste libanais, enfermé en France depuis bientôt 37 ans et qui se trouve aujourd’hui dans la prison de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées. Enfin, en mai 2021, après les bombardements et les massacres à Gaza perpétrés par l’armée israélienne, elle avait signé « Une lettre contre l’apartheid » qui affirmait : « Présenter cela comme une guerre entre deux parties égales est faux et trompeur. Israël est la puissance colonisatrice. La Palestine est colonisée. Ce n’est pas un conflit : c’est un apartheid. » Bien dit.
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