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Accueil > Éditos de bulletins > 2009 > mai > 4

Lutter tous ensemble, pour ne pas crever !

Au lendemain d’un premier mai qui a rassemblé encore des centaines de milliers de travailleurs dans la rue, le gouvernement nous parle surtout de… grippe porcine. Certes, à partir de quelques foyers d’infection, la pandémie peut se propager à des millions. Comme après des années de licenciements, compression de salaires, financement des caisses patronales par celles de l’Etat, la crise a éclaté tout d’un coup comme une pandémie : 3 000 chômeurs de plus par jour, des milliers de milliards d’aides aux grands patrons et actionnaires…

Pas étonnant que les foyers de colère se multiplient, dans les entreprises, les hôpitaux, les universités. Pas étonnant que les électriciens et gaziers, les médecins aux côtés des enseignants chercheurs, les travailleurs menacés de licenciement de Caterpillar, Molex, Lear, Continental, Freescale et bien d’autres usines plus petites qui n’ont pas la faveur des télés, aient engagé des luttes. La tension monte. Face à la violence des patrons, des travailleurs n’hésitent pas à utiliser leur force collective et commencent à se faire craindre.

Quelques débuts de grève dans des usines PSA pour obtenir une indemnisation du chômage partiel similaire à celle arrachée par la grève à Toyota, ont fait céder. Le gouvernement vient de reporter un volet de sa réforme de l’hôpital pour mettre un pare-feu devant le mécontentement. Et des spécialistes de pérorer sur le « déficit de dialogue social » dont souffrirait le pays. Comme si déjà en France des représentants syndicaux ne passaient pas tout leur temps à courir les tables de négociations pour y accepter les sacrifices imposés aux travailleurs : augmentation du temps de travail, modération des salaires, baisse des retraites… sous prétexte d’éviter les licenciements, pour qu’arrive quand même la fermeture !

Ne nous y trompons pas, c’est la guerre que patronat et gouvernement ont déclenchée contre nous pour que nous soyons les seuls à payer la crise, tandis que dividendes et parachutes dorés remplissent l’escarcelle des exploiteurs. C’est donc la contre-offensive qu’il nous faut développer, à l’exemple et à la suite de ceux qui ont déjà entamé des luttes, encore isolées. Ces luttes doivent se regrouper, se donner des objectifs communs, confluer vers la grève générale pour un programme commun et radical : interdiction des licenciements, paiement à 100 % du chômage partiel, augmentation des salaires et retraites de 300 euros par mois pour tous – et contrôle des travailleurs eux-mêmes sur la gestion patronale.

Les sales coups des grands patrons et du gouvernement ne sont pas les seuls obstacles dressés contre nous. Il y a aussi les voies de garage indiquées par les directions syndicales et politiques qui prétendent défendre nos intérêts.

Depuis janvier 2009, et après avoir laissé passer trois mois de crise sans réaction aucune, les dirigeants des confédérations syndicales se sont unis pour organiser des « journées » de manifestation : 29 janvier, 19 mars, 1er mai. Sur un programme sans contenu ni mordant. C’est la colère du monde du travail qui en a fait des succès. Que vont décider les leaders syndicaux pour la suite, si ce n’est, au mieux, une ou deux nouvelles journées avant l’été ? La tâche que Sarkozy leur a fixée, et dont ils cherchent à s’acquitter, est de « canaliser » la colère.

Pour ce qui est de la gauche politique, on l’a vue fleurir le 1er mai. Tous au rendez-vous : Verts, Parti communiste uni à Mélenchon dans un « Front de gauche », et même le Parti socialiste, leaders en tête. Ils étaient là pour nous proposer… de voter pour eux aux prochaines européennes, dans un mois, banc d’essai pour se placer en vue des futures présidentielles de 2012. Mais évidemment aucun programme pour les travailleurs ni plan de préparation de la riposte générale. Cela frise le grotesque de laisser croire qu’un bulletin de vote pourrait changer quoi que ce soit à nos vies.

Face aux conséquences dramatiques de la crise, il va falloir réagir nous-mêmes, tous ensemble à des millions que nous sommes, sur le seul terrain où nous sommes forts, celui de la lutte d’ensemble. Certains politiciens craignent la « révolution » ? Oui il en reste une à faire.

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