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Accueil > Éditos de bulletins > 2009 > février > 23

Tous ensemble, avec nos camarades de Guadeloupe et Martinique !

Après cinq semaines de grève générale, et son extension en Martinique, la mobilisation continue en Guadeloupe. Rien pour le moment n’est venu l’endiguer, ni les interventions policières ni les négociations en cours entre le gouvernement, le patronat et le LKP (le collectif d’organisations et d’associations qui organise la mobilisation).

Les forces de police sont intervenues à diverses reprises, multipliant les tabassages et les interpellations de militants et dirigeants du mouvement sur les barrages. Sarkozy et son gouvernement ont choisi le bras de fer plutôt que de léser le patronat local, ces « Békés » descendants d’esclavagistes blancs, qui colonisent toujours ces prétendus départements d’outre-mer et amassent des fortunes.

Gouvernement et patronat portent pleinement la responsabilité des scènes de violence survenues par la suite, qui sont la manifestation de la colère des jeunes pauvres face aux provocations policières. La mort d’un militant syndical reste entourée d’une zone d’ombre, car le type d’arme utilisé n’exclut pas que la victime ait été la cible de nervis patronaux.

L’intimidation n’a pas marché. Et pour cause, la lutte contre la vie chère engagée par les travailleurs antillais est une nécessité criante. Les travailleurs grévistes restent fermes sur leur revendication : augmentation de 200 euros net des salaires.

Les négociations entamées vendredi dernier n’ont pour l’instant mené à rien. Le gouvernement, plutôt que de céder sur cette revendication qui risquerait de faire des émules par-delà l’Atlantique ici en France, a préféré tricoter un dispositif complexe : un système de bonus payé par les patrons et exonéré par l’Etat. Jusqu’ici les porte-paroles des grévistes, demeurent inflexibles sur cette revendication. Pas question d’accepter une prime, dérisoire en regard des 200 euros mensuels demandés, et surtout provisoire et variable selon la situation familiale. 200 euros supplémentaires, c’est bien le minimum dont les travailleurs, aux Antilles comme en France, ont besoin aujourd’hui pour terminer le mois. Les représentants des grévistes ont donc raison de rester fermes au cours de ces négociations.

On ne peut en dire autant des palabres entre le pouvoir et les dirigeants syndicaux qui se sont tenues en métropole. Sentant que le vent de la contestation pourrait s’y étendre, Sarkozy avait réuni mercredi un « sommet social ». Quelle mesure essentielle en est sortie ? Des augmentations de salaires ? Que non ! C’est une diminution de l’impôt sur le revenu. Une mesure qui ne va évidemment pas toucher les plus démunis qui ne paient que peu ou pas du tout cet impôt. L’Etat est bien moins prêt à mettre la main au portefeuille quand il s’agit d’aider les particuliers que quand il s’agit de faire des cadeaux au patronat et aux banques. La baisse de l’impôt sur le revenu coûtera 1,1 milliard d’euros à l’Etat. Bien peu comparé aux 8 milliards au moins qu’il devra trouver pour supprimer la taxe professionnelle.

Pourtant l’argent existe. Les banques et les entreprises annoncent des profits : 3 milliards d’euros de profits pour BNP en 2008, 2 milliards pour la Société Générale, 14 milliards de bénéfices pour Total et 85 milliards pour les entreprises du CAC 40. Sarkozy a fanfaronné qu’un tiers des profits devraient revenir aux salariés. Cela représenterait une prime d’intéressement de 115 000 euros pour chacun des salariés de Total ! De la parole à l’acte, il y a un pas que ni Sarkozy ni le MEDEF ne sont prêts à franchir. Jusque-là !

Les directions syndicales, même si elles appellent toujours à la mobilisation le 19 mars, ont réagi bien timidement à ce sommet social. Il y aurait des « mesures positives » même si «  c’est encore insuffisant  ». Mais les travailleurs attendent une suite à la journée du 29 janvier dernier, d’autant que les revendications des grévistes antillais trouvent de l’écho en France. En témoigne la manifestation de solidarité à la grève générale en Guadeloupe et en Martinique qui a rassemblé samedi près de 10 000 manifestants à Paris, et des milliers aussi à Toulouse, Marseille et ailleurs. Ici également, la lutte contre vie chère, bas salaires et chômage, est à l’ordre du jour. Il est urgent que nous marchions dans les traces des grévistes antillais.

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