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De la crise économique... à la mobilisation sociale ?

Après le secteur bancaire et l’immobilier, c’est l’automobile et d’autres secteurs qui sont touchés par la crise. Sur le dernier trimestre de l’année Renault va réduire sa production de 20%, PSA de 30%, d’où la fermeture temporaire de quasiment toutes les usines. Celles de Renault à Flins, Douais, et Le Mans vont fermer durant 2 semaines, celles de Maubeuge, Batilly, Dieppe, Cléon et Sandouville pendant une semaine. Même traitement chez PSA : 8 jours de fermeture à Rennes, au moins 10 jours à Mulhouse, 13 jours à Sochaux, 16 jours à Hordain, alors que l’usine de Poissy tourne déjà à mi-cadence depuis septembre. Ces annonces s’ajoutent aux plans de suppressions de postes qui se succèdent depuis des mois : 4 900 emplois en moins sur les sites français de Renault, 1 090 suppressions dans le dernier plan de PSA annoncé en janvier dernier, sans parler des fermetures d’usines chez les sous-traitants. À quoi il faut encore ajouter les suppressions massives de postes en intérim, comme les 2 000 contrats non reconduits dans les usines françaises de PSA.

Pas de fatalité, mais le choix de nous faire payer leur crise

Oui, les patrons comme le gouvernement sont bien décidés à faire payer la crise aux travailleurs en accélérant la politique des plans de licenciements et autres suppressions d’emplois qu’ils mènent depuis des années, en aggravant aussi la pression sur les salaires. C’est bien un choix de leur part, pas une fatalité qui découlerait automatiquement de la récession économique. Au premier semestre 2008, Renault annonçait encore 1,5 milliard d’euros de profits, largement de quoi préserver les emplois et non seulement maintenir, mais augmenter les salaires !

C’est ce même choix politique de faire payer les travailleurs que Sarkozy a encore exprimé la semaine dernière. Alors qu’il est prêt à s’engager pour 360 milliards d’euros dans le plan de sauvetage des banques, il fait encore des cadeaux fiscaux aux patrons comme l’exonération pure et simple de la taxe professionnelle sur tous leurs investissements jusqu’en 2010 !

La colère sociale

Mais avec les effets de la crise du capitalisme, c’est aussi la colère sociale qui peut monter. Et la riposte pourrait partir de l’automobile. À Renault Sandouville, l’annonce du chômage technique a été accueillie vendredi matin par le blocage du site par les salariés. Après la manifestation réussie des travailleurs de l’automobile au Salon de l’auto le 10 octobre, des manifestations locales se préparent comme à Strasbourg ce mardi à l’appel des travailleurs de General Motors, eux aussi victimes de chômage partiel. Au Havre, les salariés de Sandouville mais aussi ceux de l’hôpital de la ville où 544 emplois sont supprimés, appellent à manifester le samedi 8 novembre. Ces initiatives doivent être les premières étapes vers une riposte d’ensemble pour interdire les licenciements, pour des augmentations générales de 300€ de tous les salaires, pour exproprier toutes les banques et les mettre sous le contrôle des travailleurs. Car seul un plan de mobilisation générale pourra nous permettre de ne pas payer leur crise.

Leur monde et le nôtre, celui que nous voulons

Dans son grand discours de jeudi dernier, Sarkozy a déclaré : « Que des gens viennent me demander en réponse à la crise d’embaucher davantage de fonctionnaires et davantage d’emplois publics, je me demande s’ils ont bien compris dans quel monde nous vivons. » On a compris qu’on vit dans un vieux monde capitaliste qui a fait son temps, organisé autour de l’exploitation des travailleurs et de la recherche des profits patronaux. Un monde qui croule sous les richesses que nous avons produites tout en réduisant la grande majorité à la pauvreté et la misère. Un monde que la mobilisation générale des travailleurs pourra débarrasser de sa minorité exploiteuse en l’empêchant de nuire, pour bâtir une organisation sociale et économique qui répondra, enfin, aux besoins de l’humanité.

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