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Accueil > Éditos de bulletins > 2008 > avril > 28

Avec ou sans Rolex, même baratin

La seule nouveauté du discours de Sarkozy, jeudi dernier, a été le financement du revenu social d’activité (RSA) par la diminution de la prime pour l’emploi. Ce qui revient à prendre aux plus modestes pour donner – un tout petit peu – aux encore plus pauvres.

Quant à toucher aux privilèges des patrons, des actionnaires, des riches et des vrais profiteurs, il n’en a évidemment pas été question. Sarkozy confirme toutes les attaques lancées ces derniers mois contre le monde du travail. Dans l’éducation, le gouvernement va supprimer des postes massivement même si cela veut dire des classes surchargées et une éducation au rabais pour les enfants des classes populaires. Pour les retraites, ce sera 41 ans de cotisations pour tout le monde. On pourrait continuer l’énumération, pour la santé, les salaires. Il a convenu avoir fait une erreur pour « le paquet fiscal », mais en se gardant bien de revenir sur les mesures offrant 15 milliards aux riches.

Un printemps de grèves

Les bonnes nouvelles viennent des réactions que le monde du travail oppose à sa politique. Depuis deux semaines, des travailleurs sans papier sont en grève pour exiger la régularisation de leur situation. Dans les ports autonomes, que le gouvernement voudrait privatiser, les travailleurs ont montré leur intention de ne pas se laisser faire. Dans l’éducation, lycéens et enseignants étaient dans la rue ces dernières semaines.

Sur les salaires, les grèves se multiplient. Depuis les mouvements à Air France et dans la grande distribution au mois de février, il n’y a guère de semaine où il n’y a, ici ou là, d’entreprise en grève pour des augmentations de salaires. Dans un certain nombre d’endroits, les travailleurs ont pu faire reculer leur patron, comme il y a dix jours chez Alstom Hydro à Belfort qui ont obtenu 4% d’augmentation avec un minimum de 70€ en deux jours de grève. Dans les usines de la métallurgie en Haute Savoie, 3 jours de grève ont permis d’obtenir entre 75 et 100€ d’augmentation.

Chez Coca Cola, le chiffre d’affaires et les bénéfices explosent, respectivement de 24 et 18% pour 2007. Pour les salaires, le patron proposait 3% en 2008, soit même pas l’inflation qui, en mars, était déjà de 3,2% sur un an. C’est une provocation et les salariés se sont mis en colère sur tous les sites français du groupe. A Marseille, ils ont obtenus 80€ de prime mensuelle après 5 jours de blocage du site. L’usine de Grigny, dans l’Essonne est en grève depuis le 17 avril, rejointe par les sites de Dunkerque et de Clamart.

Dans les centres de vente par correspondance des 3 Suisses et de la Redoute à Wattrelos et à Roubaix dans le Nord, les grèves, les manifestations et les débrayages continent pour 150€ d’augmentation et l’embauche de 300 intérimaires.

La solution au pouvoir d’achat : la généralisation des grèves pour les salaires

De Carrefour à la Mutuelle mondiale en passant par STM Rousset dans les Bouches du Rhône, les magasins Tati ou la Fnac, toutes ces luttes pour les salaires n’ont pas été gagnantes, mais elles sont en tout cas bien plus efficaces que la politique de Sarkozy pour s’attaquer au « problème du pouvoir d’achat ». Les salaires, c’est le problème dramatique de l’ensemble des travailleurs aujourd’hui, alors que les prix flambent, que les profits s’envolent. Les luttes de ces dernières semaines montrent que la combativité existe. Mais pour faire plier tout le patronat, il nous faudra faire converger les luttes existantes vers un mouvement d’ensemble.

Cette semaine, le 1er mai marquera le début du 40e anniversaire de mai 68, qui vit la plus grande grève ouvrière en France avec 10 millions de grévistes. Ce qui avait fait suffisamment peur au patronat pour qu’il ait accepté une augmentation immédiate de 30 % des bas salaires. De quoi, aujourd’hui, imposer au moins 300 euros mensuels pour tous, et bien d’autres revendications.

Pour commencer, joignons-nous tous à la journée de grève de la fonction publique du 15 mai, appelée par la plupart des syndicats des enseignants et des services publics. Les vaines paroles de Sarkozy n’annoncent rien de bon pour les travailleurs. Mais souhaitons que le mois de mai annonce, lui, le retour d’un printemps de luttes. Avec une bonne grève générale par exemple !

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