De 2003 à 2022, près de 1 700 journalistes ont été tués dans le monde dans l’exercice de leur métier, soit 80 par an en moyenne, selon un bilan publié par Reporters sans frontières. L’Irak et la Syrie dominent le classement des pays les plus dangereux pour la profession avec un total de 578 tués. Ces deux pays rassemblent à eux seuls « plus d’un tiers des reporters tués », devant le Mexique (125), les Philippines (107), le Pakistan (93), l’Afghanistan (81) et la Somalie (78). En 2022, 58 journalistes ont été tués dans l’exercice de leur fonction, contre 51 l’année précédente, du fait notamment de la guerre en Ukraine. Huit journalistes y ont perdu la vie depuis l’invasion russe de février, s’ajoutant aux douze journalistes qui y avaient été tués « au cours des 19 années précédentes ». L’Ukraine figure ainsi en deuxième place du classement des pays les plus dangereux en Europe, derrière la Russie (25 tués en vingt ans). À l’échelle mondiale, si la couverture des conflits armés explique beaucoup de décès, il y a eu, ces 20 dernières années, « plus de journalistes tués en zones de paix qu’en zones de guerre du fait de leurs enquêtes sur le crime organisé et la corruption ». Concentrant près de la moitié des journalistes tués en 2022, le continent latino-américain (Mexique, Brésil, Colombie, Honduras, etc.) s’avère ainsi « aujourd’hui incontestablement le plus dangereux pour les médias ». En un mot les mafias tuent parfois plus que les guerres.
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