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Accueil > Éditos de bulletins > 2007 > octobre > 1er

Retraites, santé, niveau de vie : s’opposer tous ensemble à l’offensive contre les travailleurs

Le gouvernement nous attaque sur tous les fronts.

Les nouvelles franchises médicales qu’il s’apprête à faire voter seront lourdes pour ceux qui ont de petits revenus : 50 centimes par consultation, par acte infirmier et sur chaque boîte de médicaments, sans compter deux euros par transport en ambulance. Le gouvernement prétend que tout sera limité à 50 euros par an. La première année peut-être, mais ensuite ? Comme le forfait hospitalier, commencé modeste et qui atteint aujourd’hui 16 € par jour. Et à cela s’ajoutent le forfait de un euro par consultation (pouvant aller jusqu’à quatre euros), celui de 18 euros par acte dépassant 91 euros, et la liste de plus en plus longue des médicaments moins remboursés ou plus remboursés du tout. Il devient de plus en plus difficile de se soigner correctement pour une fraction de plus en plus grande des classes populaires.

Sarkozy a décidé également de s’en prendre aux retraites. En prétendant d’abord supprimer les régimes dits « spéciaux ». Mais pas tous cependant : il ne touchera pas aux retraites des policiers ni des militaires... Les retraites des cheminots, contre lesquelles il part en guerre, ne sont pourtant déjà pas bien élevées, environ 10 % de moins que celles du privé pour une carrière comparable. Cela n’empêche pas le chef de l’État de se répandre en tirades indignées sur ces régimes spéciaux qui, selon lui, bafoueraient l’égalité et la justice. L’égalité et la justice, ce serait de revenir aux 37,5 annuités pour toucher une retraite complète pour tous, privé comme public.

Mais derrière ses propos démagogiques visant à présenter cheminots, agents d’EDF ou pompiers comme des privilégiés, c’est à nos retraites à tous que le gouvernement veut s’attaquer. Fillon vient d’annoncer que le nombre d’annuités nécessaires pour toucher une retraite complète va passer dès 2008 à 41 voire 42 ans. Vu les difficultés des jeunes à trouver un emploi, qui partira avec une retraite pleine ? Et le gouvernement a l’intention de reculer l’âge légal de la retraite à 62 ans. En attendant pire.

Il montre bien ainsi que les attaques contre les retraites qui ont commencé en 1993 pour le privé, puis 2003 pour les fonctionnaires, visent tous les travailleurs, même si elles ne concernent, à chaque étape, qu’une partie d’entre eux.

Sur les salaires, on a pu entendre Sarkozy dénoncer la « précarité et la pauvreté au travail ». Mais lui-même a refusé de donner le moindre « coup de pouce » au Smic ! Tout ce qu’il propose, c’est de nous faire faire des heures supplémentaires, qui de toute façon restent à la discrétion des patrons et se traduiront pour eux par de nouvelles exonérations de charges sociales. En revanche il a su montrer où allait sa solidarité en faisant voter un « paquet fiscal » pour les riches, 15 milliards d’un coup !

Retraites de plus en plus faibles, système de santé qui écarte toujours plus les plus pauvres, blocage des salaires, suppressions massives d’emplois dans les services publics, ces attaques du gouvernement visent toute la classe ouvrière. Face à son plan, il est nécessaire que les travailleurs présentent leur contre plan.

Il faut imposer une augmentation des salaires de 300 euros minimum, le Smic à 1500 euros nets, transformer tous les contrats précaires en CDI. Il faut également imposer l’interdiction des licenciements, l’embauche dans les services publics et l’annulation de toutes les mesures contre les retraites pour revenir aux 37,5 annuités pour tous.

Les manifestations du 13 octobre contre la détérioration de la santé au travail et les franchises médicales, comme la journée de grève du 18 octobre, à l’appel de six fédérations de cheminots, auxquelles se sont joints des syndicats de la RATP, d’EDF-GDF, d’enseignants et peut-être encore d’autres, peuvent être l’amorce d’une contre-offensive. Il faut que le 18 octobre, aux côtés des cheminots, conducteurs de bus et électriciens, tous ceux, du public et du privé, qui veulent réagir aux provocations du gouvernement et du patronat manifestent massivement.

Une seule journée, même réussie, ne les fera pas reculer. Mais elle peut être une première sommation, qui ne devra pas rester sans suites.

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