Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2007 > juin > 18

Une « majorité claire »... clairement anti-ouvrière !

Le deuxième tour des législatives clôt la période électorale ouverte depuis plusieurs mois. La victoire de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, ne faisait aucun doute tant le système électoral est fait pour assurer au président élu une majorité à l’assemblée nationale et tous les pouvoirs pour gouverner.

La défaite de la gauche a certes été moindre que prévue. Les dirigeants du Parti Socialiste se sont félicités de « l’équilibre démocratique » que cela assurerait dans l’assemblée. Pourtant, 41 députés socialistes en plus n’empêcheront en rien Nicolas Sarkozy de mener sa politique contre le monde du travail. Cela permet, tout au plus, à quelques éléphants du PS de sauver leur carrière et aux éléphanteaux de lancer la leur. Mais le gouvernement pourra faire voter toutes les lois qu’il souhaitera faire passer, sans que la gauche, si même elle le souhaitait vraiment, ne puisse s’y opposer.

François Fillon a annoncé la couleur dimanche soir. Le gouvernement appliquera sans tarder son programme. Le SMIC ne sera pas augmenté au delà du minimum légal, mais les travailleurs pourront « travailler plus pour gagner plus » : heures sups obligatoires pour les uns, chômage et précarité pour les autres et bas salaire horaire pour tous. Par contre, dès cet été, la nouvelle assemblée pourra voter tous les cadeaux prévus pour les plus riches, comme le bouclier fiscal qui limitera les impôts à 50% des revenus ou la diminution des droits de succession.

Pour financer tout cela, on nous annonce la mise en place d’une « TVA sociale », c’est-à-dire l’augmentation de l’impôt le plus injuste, celui sur la consommation. Et les ministres ont le culot de présenter cela comme une mesure en faveur de l’emploi, voire comme un impôt destiné à limiter les délocalisations. Comme s’il ne s’agissait pas, tout simplement, de prendre une fois encore dans les poches des travailleurs pour verser dans celle des riches.

Le Parti Socialiste a fait toute sa campagne de l’entre deux tours contre cette « TVA sociale ». Pourtant, toutes ces mesures sont dans la droite ligne de la politique menée par les gouvernements précédents, ceux de de Villepin et de Raffarin bien sûr, mais aussi celui de Jospin et de ses prédécesseurs. Et l’augmentation de la TVA pour financer la protection sociale était vue d’un bon oeil il n’y a pas si longtemps par le socialiste Dominique Strauss-Kahn.

Alors il n’y a pas si loin de la politique de Sarkozy/Fillon à celle du Parti Socialiste. C’est bien là-dessus que compte Sarkozy pour faire passer ses sales coups en leur donnant le plus possible l’apparence de mesures consensuelles prises dans « l’intérêt général ». C’est le sens de « l’ouverture » qu’il annonce vouloir continuer. C’est le sens aussi de la « concertation » commencée et annoncée avec les partenaires sociaux.

En rencontrant à plusieurs reprises les syndicats, Sarkozy et Fillon ont montré leur volonté de les associer le plus possible aux attaques qu’ils entendent mener contre les travailleurs. Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont reçu une oreille attentive des dirigeants syndicaux qui se sont déclarés satisfaits d’être reçus et ont clamé leur disponibilité pour discuter.

Pourtant, ce gouvernement est un ennemi déclaré du monde du travail. Attaques contre le droit de grève et les retraites, contre le contrat de travail ou les services public, généralisation de la précarité, les travailleurs n’ont rien à discuter dans toutes ces prétendues « réformes » qui ne visent qu’à satisfaire les appétits du patronat.

Au contraire, c’est à une véritable contre-attaque que nous devons nous préparer. Ce n’est pas au parlement où le PS annonce déjà vouloir être une « opposition constructive », ni dans les salons feutrés des ministères que le monde du travail pourra faire entendre ses exigences. C’est dans les luttes, dans les grèves et dans la rue que la droite victorieuse aujourd’hui à l’Assemblée pourra être battue, sans attendre cinq ans de nouvelles élections. De Villepin avait une majorité encore plus importante à l’Assemblée, ça ne l’a pas empêché de devoir remballer son CPE devant la colère de la jeunesse. C’est de cet exemple que nous devrions nous inspirer.

Imprimer Imprimer cet article