Quel que soit l’élu ou l’élue, c’est par les luttes qu’il faudra imposer nos revendications !
9 avril 2007 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Les camelots que sont les candidats ayant une chance de l’emporter à la présidentielle, font mine de proposer des solutions aux problèmes qui concernent les salariés : le chômage, l’emploi et les salaires. Pour cela, ils ne sont pas à court de gadgets en tout genre.
Pour Sarkozy, c’est la TVA sociale, qui n’a de social que le nom bien sûr : il s’agit tout simplement d’abaisser encore les charges des entreprises en les reportant sur la consommation populaire, par le biais d’une hausse de la TVA ! Il fallait oser, il l’a fait. Cet impôt est le plus injuste qui soit, puisqu’il frappe de la même façon les riches et les pauvres. Et son effet est beaucoup plus important sur les salariés, qui épuisent vite leur salaire en biens de première nécessité !
Quant à Ségolène Royal, elle nous sort de son chapeau le « Contrat Première Chance », un mauvais remake du Contrat Première Embauche que Villepin a été contraint de remballer devant les manifestations de la jeunesse. Plus fort même que le CPE, car l’Etat paierait à la place des patrons pendant un an le salaire et les cotisations sociales d’un jeune embauché dans une entreprise privée. Une première en France ! La proposition est tellement proche du CPE, qu’elle reste en travers de la gorge des adhérents du PS.
Bayrou, le troisième larron, propose depuis quelque temps d’exonérer de charges sociales pendant cinq ans deux emplois créés par les entreprises. Il ose appeler, humour involontaire, ce nouvel assistanat au patronat, des mesures d’urgence pour l’emploi !
Aucun ne se risque à s’attaquer à la cause réelle du chômage et des bas salaires : la rapacité toujours plus grande des entreprises, qui licencient à tour de bras, alors qu’elles engrangent des profits fabuleux.
Oui, il faut des mesures d’urgence sociale, et en premier imposer l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, et imposer l’embauche des contrats précaires
Quant aux salaires, ils se situent à des niveaux si bas qu’ils en deviennent insupportables : la France n’arrive qu’en 14e position européenne derrière des pays comme l’Italie ou la Belgique pour les salaires. On compte de plus en plus de smicards, puisque 17% de salariés sont payés au Smic, soit 984 euros nets ; sept millions de personnes se trouvent en dessous du seuil de pauvreté dans ce pays qui se targue d’être la 5e puissance mondiale !
De nombreux conflits ont lieu ou ont eu lieu en ce moment sur les salaires, comme à PSA Aulnay sous Bois, ou chez les salariés de l’afficheur officiel de la campagne électorale Clear Channel, les agents d’entretien dans les trains, ou encore parmi des caissières de Monoprix. Ces salariés manifestent tous ainsi leur ras le bol de ces bas salaires.
Il nous faut 300 euros d’augmentation mensuelle pour tous et un Smic à 1 500 € nets immédiatement. Ce qui ne serait d’ailleurs qu’un modeste rattrapage de notre pouvoir d’achat !
Un autre problème qui préoccupe les salariés : le logement. Parce que les salaires sont incroyablement à la traîne, et que les loyers n’arrêtent pas d’augmenter, le problème du logement ouvrier devient crucial : il n’est que de voir le nombre de sans-abri parmi des gens qui travaillent, sans pouvoir se loger. De véritables bidonvilles resurgissent aux portes des grandes villes.
Il faut construire massivement des logements à des loyers accessibles aux classes populaires.
L’argent existe, il coule même à flots chez les actionnaires des grandes entreprises. Il est possible d’imposer, par nos luttes, toutes ces mesures vitales pour la classe ouvrière, et pour cela, obliger les entreprises à prendre sur leurs profits.
Dans les élections qui approchent, il existe une manière d’affirmer que nous en avons assez de prendre des coups et qu’il est temps de les rendre. D’affirmer qu’il faut de toute urgence faire passer les intérêts des travailleurs avant ceux des actionnaires et des financiers.
Voter pour Arlette Laguiller, c’est montrer que les travailleurs se préparent à imposer par la lutte ce que la droite leur a toujours refusé et que la gauche ne leur a jamais accordé.

