Depuis le 26 novembre dernier, les paysans indiens sont en révolte. Installés dans deux gigantesques campements, ils bloquent les accès autoroutiers de la capitale, New Delhi. Ils réclament le retrait de trois lois qui mettent fin au système d’encadrement public des prix agricoles. Ce système garantissait aux paysans des prix fixes pour la vente de leurs produits, mais aussi la distribution à bas prix de denrées de première nécessité, dont dépendent de nombreuses familles.
Le premier ministre Modi veut en finir avec ce système subventionné par l’État, pour le plus grand profit de ses amis milliardaires et des grands groupes indiens qui espèrent ainsi lancer leurs propres circuits de distribution.
Les paysans indiens ont donc visé juste en s’installant dans la capitale. Devant leur menace de manifester le 26 janvier (jour de la fête nationale), la Cour suprême indienne a décidé de suspendre les trois lois incriminées pour mettre en place une énième « médiation ». Mais la ficelle est un peu grosse pour les paysans, et les organisateurs de la manifestation ont réitéré leur volonté de défier le pouvoir. Souhaitons que cette révolte, déjà exceptionnelle par son ampleur, fasse tache d’huile et donne envie à tous les travailleurs de cet immense pays d’en découdre avec le gouvernement réactionnaire du sinistre Modi.
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