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Accueil > Éditos de bulletins > 2002 > juillet > 8

Algérie : bilan de la dépendance !

L’Algérie indépendante a 40 ans. En 1962, après une guerre qui fit plus d’un million de morts, l’Etat français renonça à sa colonie. Cette indépendance, le peuple algérien l’obtint de haute lutte face à un colonialisme prêt à toutes les violences dont la torture systématique. Aujourd’hui pourtant, le peuple algérien n’a pas le coeur à la fête. Pour lui, le bilan, c’est du sang et des larmes.

Le régime militaire prétend éradiquer le terrorisme, mais ce dernier continue de frapper mortellement. La dictature elle aussi répond à la révolte sociale en assassinant, dont des manifestants désarmés. La misère frappe les travailleurs et chômeurs des villes et des campagnes. Pourtant le pays est riche. Ses dirigeants annoncent des rentrées d’argent records, fruit des ventes de gaz et de pétrole. Certains média français, nostalgiques du colonialisme, prétendent que le peuple algérien a été incapable de gérer le pays devenu indépendant. Mensonge ! Le bilan catastrophique est celui de gouvernants algériens qui se sont montrés avides de gouverner en toute indépendance à l’égard des classes travailleuses et contre elles, mais en revanche en toute servilité à l’égard du pouvoir à la solde de l’impérialisme qui a succédé au colonialisme direct.

Bien sûr, l’Etat français prétend qu’il n’est pour rien dans les tortures que subissent aujourd’hui les Algériens. Forces spéciales de l’Etat d’un côté, terroristes intégristes de l’autre, seraient seuls coupables. Les dirigeants français savent pourtant que le régime dictatorial imposé après 1962 a été négocié entre les chefs militaires algériens et la France. L’Etat français prétend encore qu’il n’est pour rien dans la misère du peuple algérien. Pourtant, chacun sait que par les accords d’Evian, la France a sauvegardé son exploitation des richesses du pays, en particulier le pétrole du Sahara.

Aujourd’hui, ce pétrole est entièrement aux mains de trusts occidentaux, au point que la zone pétrolière est une zone à part. Un Algérien doit avoir un passeport spécial. Mais elle est ouverte aux compagnies étrangères. Le terrorisme n’y existe pas alors qu’il frappe durement le reste du pays. L’essentiel des richesses du pays en sort pour enrichir des trusts français et américains, avec l’accord des chefs militaires algériens. Des trusts du pétrole comme Totalfina, du bâtiment comme Bouygues, des banques comme la Société Générale, des vendeurs d’armes, des trusts de la pharmacie, tels sont les vrais propriétaires du pays. Auxquels il faut ajouter les milliardaires algériens amis des premiers et liés aux généraux. Ceux-là engrangent des profits records.

Quant à l’Etat français, il est bien plus mouillé qu’il ne le dit dans les événements actuels. La complicité est profonde et touche à tout.

Les réfugiés politiques algériens sont sans-papiers, car l’Etat français considère qu’ils ne sont pas persécutés par le pouvoir algérien. Les dictateurs, eux, sont reçus en France par les plus hauts dignitaires de l’Etat avec lesquels ils tiennent conseil. Les liens entre les deux armées ne sont plus à démontrer. Le dictateur et général NEZZAR, tortionnaire de la jeunesse algérienne en octobre 1988, a été blanchi par la justice française et a eu le culot d’engager un procès à Paris contre l’auteur d’un livre, « la sale guerre », qui dénonce la dictature. Grâce à de nombreux témoignages de victimes, ce procès s’est néanmoins transformé en procès de la dictature.

Bref, la misère que subit le peuple algérien, sans emploi, sans logement, sans eau, sans routes, sans justice, sans droit à la santé, sans avenir pour sa jeunesse, sans liberté, sans garantie pour sa vie et parfois même sans nourriture, il la doit pour beaucoup à la politique impérialiste de la France pour laquelle l’Algérie reste un territoire à exploiter. Le combat du peuple algérien, et tout d’abord de sa classe ouvrière, nombreuse, pour son bien être et sa liberté, n’est pas fini et mérite notre total soutien. Contre nos ennemis communs, dirigeants politiques au service des industriels et des banquiers.

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