Mardi 4 avril, tous en grève et dans la rue, le 5 on continue !
2 avril 2006 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Chirac pensait-il sérieusement que proposer de réduire la période d’essai à un an et demander aux patrons d’avoir la bonté de donner le motif du licenciement, cela suffirait à calmer la colère de tous ceux qui depuis deux mois, de plus en plus nombreux, ont manifesté, fait grève ou bloqué universités et lycées ?
En tout cas c’est raté. La réponse de tous les acteurs du mouvement a été cinglante et unanime. Dès la fin de son discours les jeunes manifestaient toute la nuit à Paris et dans bien d’autres villes. La coordination nationale étudiante, réunie ce week-end, a appelé à l’intensification du mouvement, en proposant d’aller vers les entreprises pour préparer avec les salariés la grève reconductible. Tous les syndicats ont réaffirmé leur rejet et maintenu leur appel à la grève et à la manifestation pour le 4 avril.
Rien donc n’y a fait, ni les vacances, ni les appels du pied du gouvernement aux syndicats, ni les provocations policières, ni bien sûr la pantalonnade de la promulgation de la loi sans son application ! L’opinion est toujours majoritairement contre le CPE et soutient le mouvement des jeunes qui ne veulent plus de la précarité.
Il nous faut être plus nombreux encore que mardi dernier en grève et dans la rue pour montrer au gouvernement et aux patrons que notre détermination va en s’amplifiant. Et puis surtout, préparer la suite, l’après 4 avril. Il y a déjà de nombreux endroits où les travailleurs et les organisations syndicales envisagent de continuer sur la lancée. Ici et là des préavis ou des appels à la grève reconductible ont été déposés.
Les jeunes mobilisés exigent non seulement le retrait du CPE (qui prévoit une période d’essai de 2 ans pour tous les moins de 26 ans) mais aussi celui du CNE (qui l’a déjà instaurée pour TOUS les travailleurs quel que soit leur âge dans les entreprises de moins de 20 salariés) et l’abrogation de la loi sur « l’égalité des chances » (qui décrète l’apprentissage dès 14 ans et le travail de nuit dès 15 ans). Ils ont raison. C’est bien tous les travailleurs qui sont victimes de la précarité comme des bas salaires, du chômage et de la pauvreté ; qui subissent depuis des années des attaques incessantes sur les conditions de vie et de travail. Et ce sont bien tous les travailleurs, du public comme du privé, qui sont visés par la remise en cause du code du travail, entamée avec le CPE et le CNE.
Bien sûr, une grève générale, cela ne se fait pas en appuyant sur un bouton. Mais cela se prépare, cela grandit ! Le mouvement étudiant non plus n’est pas parti d’un seul coup, sur un simple appel. Il a fallu pour cela que des facultés commencent à se mobiliser comme à Rennes par exemple, et tiennent bon, seules au début mais en entraînant chaque jour d’autres, jusqu’à toucher l’ensemble du pays. Et à son tour le mouvement des universités s’est étendu aux lycéens, et maintenant jusqu’aux collégiens !
Nous, salariés, nous avons été solidaires de nos enfants qui se battaient pour leur avenir. Nous avons été à chaque fois plus nombreux à participer aux manifestations auxquelles nous étions appelés. Avec le succès que l’on a pu voir mardi dernier, où nous étions au moins deux millions dans la rue.
Aujourd’hui, ce n’est plus seulement de solidarité qu’il s’agit. Si certains d’entre nous continuent la grève après mardi 4 avril, cela pourrait sans doute s’étendre comme cela s’est passé pour la jeunesse scolarisée. Car la colère est profonde, et l’enthousiasme, c’est contagieux !
En nous y mettant tous ensemble, avec toute la jeunesse, nous avons aujourd’hui la possibilité de faire reculer le gouvernement et les patrons : sur le CPE, le CNE, la précarité mais aussi bien d’autres revendications comme l’augmentation des salaires ou l’interdiction des licenciements, dont l’obtention est tout aussi nécessaire pour lutter contre la précarité.
Alors, tous en grève le 4 avril, pour préparer la suite, qui doit être le début de la contre offensive ouvrière !

