Se débarrasser des terroristes... et de ceux qui les produisent
18 juillet 2005 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Le bilan toujours provisoire des attentats qui, le 7 juillet dernier, ont frappé la ville de Londres, s’élève à 55 morts et 700 blessés. Leurs auteurs présumés seraient des Britanniques d’origine pakistanaise, ayant peut-être des complices en Egypte ou au Pakistan. Ce serait donc un attentat commis par des islamistes au nom de la lutte contre la politique de Blair, notamment son engagement dans les guerres en Irak ou en Afghanistan qui ont eu pour résultat de faire des dizaines de milliers de victimes civiles tombées sous les balles ou sous les bombes des armées occidentales.
Pourtant les centaines de victimes londoniennes ne sont en rien responsables de la politique de leurs dirigeants. Parmi les morts il y a même peut-être de ceux qui manifestèrent par centaines de milliers dans les rues de Londres au moment du déclenchement de la guerre en Irak pour montrer leur opposition aux aventures guerrières dans lesquelles s’engageait Blair. Les terroristes en tout cas en ont pris le risque en se livrant à des attentats aveugles qui visait la population... et pas du tout les vrais responsables de la guerre.
En frappant ainsi les populations, ces attentats, comme avant eux ceux du World Trade Center et de Madrid, ne font que montrer que leurs auteurs se placent en fait dans le même camp, celui de la barbarie, que les politiques qu’ils prétendent combattre. Rien d’étonnant : même s’ils se présentent aujourd’hui comme des ennemis inconciliables, ils furent en d’autres temps des amis, lorsque Ben Laden lui-même servait d’agent à la CIA pour distribuer l’aide américaine aux groupes islamistes qui luttaient contre les troupes russes en Afghanistan ! La prétention des terroristes à aider par leurs attentats les peuples arabes ou musulmans, est aussi mensongère que celle de Bush ou Blair à « libérer » le peuple irakien en bombardant des civils.
La politique guerrière des grandes puissances et les bombardements et occupations en Irak et en Afghanistan ne visent pas à éradiquer le terrorisme. La preuve : Saddam Hussein était certes un dictateur sanglant... mais lui-même était un ennemi d’Al-Qaida ! Derrière les prétextes officiels, il y a seulement la défense des intérêts des grands trusts, notamment pétroliers. En revanche, c’est bien cette politique semant la misère et la mort, qui suscite et entretient les vocations terroristes. Dans l’Irak occupé par les troupes de la coalition impérialiste, gouverné par un gouvernement fantoche à la botte de Washington, les attentats et les prises d’otages se multiplient. Et c’est d’abord la population qui est victime des exactions des différents groupes terroristes comme des troupes d’occupation.
Alors, si on ne peut que partager l’indignation suscitée par les attentats de Londres, les larmes des fauteurs de guerre Bush, Blair, ou même Chirac (n’oublions pas qu’un contingent français est engagé dans l’occupation de l’Afghanistan), sont révoltantes d’hypocrisie. Ils osent poser en garants de la sécurité des populations du monde, alors que c’est leur politique de guerre et de rapine qui, à la fois, cause des milliers de morts en Irak ou Afghanistan et suscite le terrorisme international.
Et l’indécence atteint son paroxysme quand aux larmes de crocodile s’ajoute la démagogie sécuritaire. Sous prétexte de mesures contre les terroristes Blair en Angleterre, tout comme chez nous, Chirac, Villepin ou Sarkozy entendent multiplier les mesures... contre les travailleurs immigrés, avec ou sans papiers.
Ne tombons pas dans le panneau ! Comment l’unité contre les étrangers et derrière nos gouvernants, permettrait-elle d’en finir avec le terrorisme que produit justement... la politique de ces gouvernants ? Au contraire, la sécurité du monde ne sera réellement possible qu’en se débarrassant des poseurs de bombes à l’aveugle qui massacrent la population, en attendant de l’asservir s’ils venaient au pouvoir, en Irak par exemple, mais aussi en Angleterre ou en France, de dirigeants dont la politique dans l’intérêt des grands trusts, sème la guerre et nourrit le terrorisme.

