Samedi 9 juin, tous dans la rue à Paris contre les licenciements !
4 juin 2001 Éditorial des bulletins L’Étincelle
La vague actuelle de licenciements et de suppressions d’emplois exige une riposte d’envergure de l’ensemble des salariés. Les premiers visés, ceux des entreprises qui ont déjà annoncé des plans comme LU-Danone, Marks & Spencer, AOM, Moulinex, Valeo, Bull, Dim et bien d’autres, ont fait savoir qu’ils voulaient faire monter d’un cran la mobilisation de l’ensemble des travailleurs et faire converger les différentes luttes déjà engagées. Ils appellent à une grande manifestation unitaire de tous les travailleurs ce samedi 9 juin à Paris. « Il s’agit désormais de réagir tous ensemble afin de ne pas être battus les uns après les autres » et ils s’adressent à tous les salariés.
Le problème ne se pose effectivement pas seulement dans les grandes entreprises qui ont fait parler d’elles. Il se pose aussi dans toutes les entreprises, grandes ou petites, qui suppriment des emplois en se débarrassant des travailleurs sous statut précaire comme dans l’automobile par exemple, ou encore dans celles qui licencient par paquets de 9 pour contourner la loi sur les plans dits « sociaux ». Il se pose dans les entreprises du secteur public où sous prétexte des 35 heures ou pas, les effectifs sont réduits pour une charge de travail toujours en augmentation.
Tous les salariés sont des licenciés en puissance. Et tous les travailleurs sont visés car la pression du chômage signifie les bas salaires et les cadences infernales pour ceux qui gardent leur emploi.
Si les patrons prétendaient déjà avec cynisme, comme Danone, que c’était justement en période d’augmentation des profits qu’il fallait restructurer, autant dire qu’ils ne vont pas se gêner pour justifier demain de nouvelles vagues de licenciements si « la conjoncture », comme ils disent, est plus défavorable. Cadre, employé, technicien ou ouvrier de fabrication, un salarié reste pour eux, quoi qu’il en soit, un objet à produire des profits, par tous les temps, quelles que soient les variations, les secousses ou les crises de la machine économique capitaliste.
Rien ne les arrête et surtout pas Jospin. Certes face à l’émotion et la réprobation soulevée par la déferlante des licenciements, les politiciens du gouvernement craignent aussi pour leur place et voudraient faire croire qu’ils ne restent pas immobiles devant l’offensive des patrons. Mais ils se refusent à interdire les licenciements, Jospin ou Guigou l’ont dit et redit. Certes le gouvernement a reculé la date du vote sans avoir renoncé à sa la loi bidon dite « de modernisation sociale », mais il ne suffit pas de doubler l’indemnité légale de licenciement, alors que Danone se vante déjà d’offrir 5 fois plus aux travailleurs qu’il jette comme des « Kleenex »… Certes la ministre du travail Guigou parle maintenant d’instituer des « médiateurs », comme en Allemagne, des personnalités prétendues neutres, chargées quand un patron annonce 1000 licenciements d’en faire avaliser 500 comme solution médiane, auquel cas il suffira de doubler la mise au départ pour parvenir au même résultat. Ou encore, le gouvernement se dit favorable à faire entrer les syndicats dans les conseils d’administration des entreprises pour qu’ils soient « consultés », ou plus exactement « mouillés », dans des décisions qui ne dépendront de toutes façons pas d’eux et sur lesquelles ils n’auront pas davantage un droit de veto.
Pas d’illusion. Si nous ne montrons pas notre détermination, la nouvelle mouture de la loi que le gouvernement veut faire voter le 13 juin ne permettra pas l’interdiction des licenciements.
Les seuls moyens réels d’empêcher les licenciements dont disposent les travailleurs, c’est de faire la loi ensemble, dans la rue et dans les entreprises. Seule la crainte de déclencher un mouvement d’envergure, un nouveau mai 68 ou un nouveau Juin 36, peut inspirer « la sagesse » au patronat et au gouvernement et les faire reculer jusqu’à interdire les licenciements.
En répondant à l’appel à la manifestation unitaire dans Paris de ce samedi 9 juin des travailleurs des entreprises déjà en lutte, ainsi que d’un grand nombre d’organisations syndicales ou d’associations et partis politiques comme le PCF, LO et la LCR, nous ferons un pas important dans cette voie.

