Le 9 juin, tous ensemble contre les licenciements et les suppressions d’emplois !
28 mai 2001 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Avec son projet de loi sur la « modernisation sociale » qui doit être soumis ce mardi au vote des députés, le gouvernement Jospin montre qu’il ne veut en rien empêcher les licenciements.
Le gouvernement voudrait doubler les indemnités ? Même en multipliant par 5 ou 6 le montant, cela n’atteindra pas ce que Danone et d’autres sont prêts à lâcher à leurs salariés-kleenex, sans leur épargner d’ailleurs un avenir de misère. Et puis comment croire que les patrons pourraient être dissuadés en perdant le dixième de ce que le gouvernement leur a déjà fait comme cadeau sous forme d’allégements d’impôts et de charges sociales, ou de subventions pour les 35 H ?
Les patrons savent compter, et ce ne sont pas des mesurettes qui vont les effrayer. Ils sont même passés maîtres dans l’art de provisionner leurs soi-disant « plans sociaux » sur une année pour faire passer les comptes dans le rouge… et doubler, tripler les bénéfices l’année suivante ! A ce petit jeu, ils sont gagnants à tous les coups.
Il ne s’agit pas de faire semblant de réglementer les licenciements. Il faut les interdire. C’est justement ce que le gouvernement refuse. Guigou l’a d’ailleurs répété au parlement mercredi dernier : pas question d’introduire des « autorisations ou interdictions préalables et suspensives avant un licenciement ». Aucune mesure donc, même… suspensive ! Par contre le gouvernement serait favorable à un « débat contradictoire sur le bien-fondé du projet de l’employeur ». Mais pour quoi faire ? Pour que les représentants syndicaux repartent bredouilles, ou pire, reprennent à leur compte certains arguments de la direction qui seule décide ?
Entre le droit de propriété c’est à dire le droit des actionnaires à s’enrichir sur notre dos, et le droit à l’existence des travailleurs jetés à la rue, le gouvernement a choisi, et depuis longtemps.
Tous les travailleurs sont visés par cette déferlante des licenciements. Car depuis des années, les patrons profitent de la peur du chômage pour rogner nos salaires, augmenter les cadences et le stress au travail, développer la précarité et aggraver ainsi nos conditions d’existence. Leur cynisme est sans borne, comme ce patron de Marks & Spencer qui trouve qu’il n’est pas assez rémunéré pour le travail qu’il fait, tailler dans les effectifs et piétiner la vie des gens ! Eh bien il est possible de reprendre l’offensive et de faire changer la peur de camp !
Car ce qui est nouveau pour les travailleurs de Danone, Marks & Spencer, AOM- Air Liberté, Moulinex, Motorola, Pechiney, Aventis, Alstom, Delphi, Valéo, Usinor, etc., pour les travailleurs de centaines d’entreprises plus petites et moins connues, pour nous tous qui ne sommes à l’abri d’aucun plan de licenciement demain ou après-demain, c’est la possibilité de réagir tous ensemble, et non plus isolément pour être battus ensuite séparément.
En lançant leur appel pour une grande manifestation nationale unitaire le samedi 9 juin à Paris, les salariés et les syndicats de LU/Danone, Marks & Spencer, AOM-Air Liberté… ont rencontré un large écho parmi les militants de la classe ouvrière, dans les syndicats du privé comme du public, dans les associations (de chômeurs notamment), dans les partis politiques aussi comme le PCF, la LCR et LO qui soutiennent et participent à l’organisation de cette manifestation.
L’enjeu est de taille : unis, nous pouvons changer le rapport de forces en notre faveur. C’est justement ce qu’impose la situation, et il serait bien sûr irresponsable de ne pas répondre tous présents à cet appel.
Or après les succès des diverses manifestations qui ont déjà eu lieu, à Calais puis autour des entreprises qui licencient comme celle de Moulinex à Alençon (avec la présence des LU, Valéo, Brandt, Philips etc.), après les manifestations régionales organisées par la CGT le 22 mai, il est possible - tous ensemble - de franchir une nouvelle étape le 9 juin à Paris.
Pendant des années, les patrons avec l’aide des gouvernements qui se sont succédés ont organisé méthodiquement leur offensive. Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est bien d’y répondre de la même façon, afin de préparer une riposte générale à des attaques qu’il n’est plus possible de tolérer !

