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Accueil > Éditos de bulletins > 2001 > mai > 21

Contre les licenciements et suppressions de postes, soyons aux rendez-vous !

Chaque jour de la semaine passée, des travailleurs touchés par les plans de licenciements ont à nouveau manifesté. Ils ont crié leur indignation et leur colère devant les magasins du groupe Marks & Spencer d’Europe, mais aussi à Londres, sous les fenêtres du siège, où ils sont venus de France, Belgique, Espagne, Irlande… Des salariés de Monoprix, Bouchara, La Samaritaine ou LU-Danone étaient également au rendez-vous. A Alençon, où Moulinex veut fermer une usine de 1100 personnes, ils étaient aussi des milliers venus des quatre coins du pays, parce qu’ils sont salariés de Philips, Marks & Spencer, Valeo, Brandt, LU, et confrontés à ces mêmes plans maudits que les patrons osent appeler « sociaux ». A Belfort, idem, ils ont manifesté à plusieurs milliers contre le licencieur Alstom.

Une protestation collective prend corps. Elle est nécessaire. A l’offensive générale des grands groupes industriels et financiers, qui annoncent des plans de 400, 1000 ou 2000 licenciements, il faut riposter tous ensemble. Car nous sommes tous menacés. Il y a les charrettes de licenciements médiatisées, mais il y a aussi les entreprises sous-traitantes qui ferment à la cloche de bois, et les entreprises qui licencient moins de 10 salariés pour échapper à l’obligation d’un plan social…

Au total dans le pays, ces licenciements collectifs annoncés par des trusts qui font d’énormes profits, représentent au moins 40 000 suppressions d’emplois. Auxquelles il faut ajouter les renvois d’emplois précaires, CDD, intérims, comme ces 1000 ouvriers intérimaires de Citroën à Rennes. Il faut ajouter aussi les suppressions d’emplois qui minent depuis des années les services publics des transports, de la poste, des hôpitaux, de l’éducation. Car c’est un mensonge éhonté de dire que l’éducation nationale ne trouverait pas à embaucher. Des dizaines de milliers de jeunes tout à fait capables se présentent aux concours mais sont refoulés par ceux qui gouvernent et font des économies sur le dos des gosses.

Nous sommes tous menacés par ces licenciements ou suppressions de postes, même ceux qui ne le sont pas directement. Si les patrons réussissent, ils feront davantage pression sur les salaires, ils aggraveront davantage les conditions de travail, accentueront davantage la flexibilité.

Et face à cette politique des patrons et du gouvernement, on ne peut résister avec succès, imposer l’interdiction des licenciements sous peine de réquisition, obliger à embaucher pour répondre aux besoins de la société et à l’amélioration des conditions de travail, qu’en s’y mettant tous ensemble.

Ce n’est pas la volonté de se battre qui manque. On le voit aux réactions nombreuses et vives qui éclatent, comme récemment à Marignac où la fermeture d’une usine Péchiney menace de mort économique toute une vallée des Pyrénées. Mais pour inverser le rapport de force entre patronat et monde du travail, il faut que les combats ne restent pas isolés. Il faut que les réactions convergent. Il faut que toute la vapeur se concentre dans le même cylindre et que nous fassions jouer ensemble notre piston !

Cette semaine, la journée du 22 mai, à l’appel de la CGT, va marquer l’actualité et donner, espérons-le, un coup de semonce au patronat. Elle ne sera pas sans lendemain car un appel pour une nouvelle journée de manifestation nationale, à Paris, le samedi 9 juin, a d’ores et déjà été lancé par des travailleurs et syndicats de LU-Danone, Marks & Spencer, AOM-Air Liberté. De nombreux syndicats d’entreprise, unions locales, associations et partis politiques dont le Parti communiste, Lutte Ouvrière et la LCR militent déjà pour que ce soit un succès.

Travailleurs licenciés ou pas, du privé comme du public, il faut faire reculer le patronat ! On ne peut pas accepter de crever pour leurs profits. Il ne faut pas manquer les rendez-vous qui feront monter d’un cran la mobilisation nécessaire.

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