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Accueil > Éditos de bulletins > 2001 > janvier > 8

Salariés, chômeurs, jeunes, vieux, tous ensemble face à l’offensive du Medef !

Dernière provocation en date du syndicat patronal, le Medef a confirmé pour la nouvelle année sa volonté de remettre en cause la retraite à 60 ans. Les organisations syndicales ont unanimement dénoncé son projet et appellent à une journée d’action et de manifestation le 25 janvier.

Le patronat veut dans un premier temps allonger les durées de cotisations pour la retraite complémentaire. Un plan progressif serait enclenché en 2003 et à raison d’un trimestre supplémentaire chaque année, il conduirait en 2023 à... une durée minimale de 45 ans de travail, et un âge minimum de 65 ans pour obtenir la retraite à taux plein. Pour quelqu’un qui aurait commencé à travailler à 25 ans, ce serait ainsi la retraite... à 70 ans !

En fait, en reculant l’âge de la retraite, les patrons comptent surtout baisser le montant des pensions. Le patronat a beau jeu de mettre en avant l’allongement de l’espérance de vie, il trouvera toujours plus rentable de mettre à la porte les travailleurs usés avant l’âge requis pour les remplacer par des jeunes.

Pour justifier sa « réforme » et nous l’imposer, le patronat ressert un air connu : la population vieillissant, les cotisations des salariés en activité ne pourraient plus à terme suffire à financer la pension des retraités.

Mais ce qu’on nous présente comme une fatalité démographique, n’est que le résultat d’une politique délibérée du patronat et du gouvernement. La preuve, ce sont tous ces « inactifs » forcés, qui s’appellent les chômeurs, ou ces « inactifs » intermittents que sont les intérimaires et les CDD. Eux sont les victimes, non pas de l’allongement de l’espérance de vie, mais des plans de licenciements massifs de ces 20 dernières années.

La propagande patronale n’est d’ailleurs pas à une contradiction près. Pourquoi la reprise économique et la baisse du chômage dont elle nous rebat depuis peu les oreilles ne permettraient-elles pas maintenant de renflouer les caisses ?

Ces 20 dernières années, chômage et dégrèvement de charges sociales aidant, les patrons ont réussi à réduire la part des salaires dans la valeur ajoutée de 10%... De quoi grever sérieusement les caisses de protection sociale ! Et reprise ou pas, le patronat compte bien maintenant conserver ses « acquis », voire même gagner du terrain en termes de bas salaires, de flexibilité, et de précarité du travail. Voilà pourquoi le Medef, mène une offensive planifiée, avec la complicité du gouvernement et trop souvent avec la passivité des centrales syndicales.

La récente attaque contre les retraites fait suite au PARE - le « Plan d’Aide au Retour à l’Emploi » - ce dispositif qui oblige les chômeurs à accepter n’importe quel emploi et autorise les CDD de 18 mois à 5 ans comme contrats de travail. Le patronat n’a pas rencontré de résistance acharnée de la part des directions syndicales, quand il n’a pas bénéficié du soutien de certaines.

Quant au gouvernement Jospin, il lui a apporté son agrément pour conclure l’affaire. D’ailleurs, celui-ci n’est pas en reste pour prendre des initiatives bénéfiques au patronat. Car c’est sa la loi sur les 35 heures qui a permis de justifier rien moins que le blocage des salaires dans nombre d’entreprises.

Fort de ces premiers succès, le patronat poursuit son offensive. Quant aux directions syndicales, pourtant opposées au projet sur les retraites, elles n’offrent comme perspective pour la journée du 25 janvier que le retour à la table de négociations avant la date du 1er avril, fixée comme ultimatum par le patronat. Mais il n’y a rien à négocier dans ces projets patronaux. Il faut leur barrer la route !

En décembre 95, la remise en cause de la retraite des cheminots avait provoqué une grève à la SNCF qui s’était étendue aux autres services publics. Et le projet avait été remballé. Cette fois, il faudra être nombreux, à répondre à l’appel le 25. Pas pour « mieux négocier » sur le terrain choisi par le patronat, mais pour en faire le début d’une lutte générale des travailleurs de tous âges : bien sûr pour le maintien de la retraite à 60 ans, mais aussi pour l’augmentation des salaires d’au moins 1500F, pour une vraie diminution du temps de travail sans flexibilité avec des embauches et la suppression de la précarité.

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