Alors qu’une avalanche de suppressions d’emplois est en cours, sous forme de plans sociaux annoncés par de très grands groupes, départs en retraite non remplacés, départs volontaires, fin de contrats intérimaires et précaires, il y a comme un grand trou dans la raquette : la réaction, ou l’absence de réactions des directions syndicales. Au mieux chaque syndicat réagit au pied du mur, entreprise par entreprise, bien ou mal, avec parfois plutôt plus d’affluence que moins à des rendez-vous donnés. Parfois beaucoup de monde même, comme cet été à Renault Maubeuge. L’émotion et la colère sont là. Mais les solutions mises en avant par des structures syndicales locales prises de court et auxquelles les instances syndicales nationales n’offrent aucune perspective ni plan de mobilisation générale, sont des « plans industriels » pour tel secteur, des demandes illusoires de « relocalisations » pour contrer la concurrence étrangère, ou encore des suppliques pour obtenir des « contreparties » aux centaines de milliards accordés au patronat – qui valent acceptation de ces plans. Rien qui arme les travailleurs pour lutter contre les licenciements et le chômage.