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Éditorial

Hollande persiste et signe

samedi 14 juin 2014

Au lendemain du scrutin, François Hollande a annoncé l’air contrit que sa « ligne de conduite ne peut dévier ». Son parti paye l’addition électorale de sa politique entièrement au service du patronat, mais il ne bougera pas. En bon petit soldat du capital, il est prêt à sacrifier sa carrière politique pour servir les intérêts de son commanditaire, le Medef. Personne ne le pleurera.

Un gouvernement paillasson du Medef

Illustration : le surlendemain, le ministre du Travail, François Rebsamen, a proposé de geler pour trois ans les obligations pour les entreprises de plus de 10 salariés d’organiser l’élection de délégués du personnel, et pour celles d’au moins 50 d’avoir un CE et un CHSCT. Question, dit-il, d’aider les PME. Cette mesure ne coûte pourtant presque rien aux patrons et déjà plus de la moitié des entreprises ne l’appliquent pas.

En cédant à cette vieille revendication anti-syndicale, le gouvernement montre une nouvelle fois qu’il devance les désirs du Medef. Il a d’ailleurs reçu les félicitations de Patrick Devedjian, ténor de l’UMP, qui rappelle que le ministre du Travail fait « ce que la droite n’a jamais osé » : le parti de Sarkozy n’a plus rien à dire car le PS au pouvoir applique sa politique. Voilà une vraie difficulté pour l’UMP, qui dépasse largement les règlements de comptes entre eux au sujet de Bygmalion, une petite affaire à dix millions d’euros.

Le FN en bonne position dans la lutte des places

Le « séisme » électoral du dimanche 25 mai n’aura aucune conséquence sur la politique menée. Il ne chamboule que le monde politicien qui n’a plus qu’une chose en tête : 2017. Hollande pourra-t-il se représenter ? Sarkozy reviendra-t-il ? Côté PS, si quelques députés critiquent timidement le gouvernement, ce n’est certainement pas pour encourager la mobilisation contre les mesures anti-ouvrières qu’ils ont cautionnées jusque-là, mais pour ménager leurs chances aux prochaines législatives.

Marine Le Pen, grande gagnante du scrutin, ne fait pas exception. Pas un mot sur les problèmes du monde du travail, dont elle revendique pourtant les votes. Elle s’est contentée de proclamer le FN « premier parti de France » et de réclamer de nouvelles législatives, tout en visant la présidentielle. Tout pour elle et le FN, rien pour ceux qui lui ont donné leur voix. Pas l’ombre d’un programme contre les « parasites » et les « assistés » que sont ces grands patrons français, qui touchent les milliards d’aides de l’État et licencient tous azimuts. Ceux-là mêmes que Marine Le Pen n’accuse jamais. Les travailleurs qui ont cru aux sirènes de la « préférence nationale », en votant pour le FN, ont finalement voté pour les patrons français, et donc contre eux-mêmes.

Ni rire, ni pleurer : combattre

Derrière la scène politicienne se joue le véritable drame social, celui des licenciements dans le privé et des suppressions de postes dans le public. L’arrogance du patronat est encouragée par la servilité du PS et la promesse que l’alternance à venir, qu’elle profite à l’UMP ou au FN, préservera ses intérêts. Ainsi les dirigeants de la Seita se sont permis d’exiger une hausse de 50 % de la productivité dans l’usine de Carquefou, près de Nantes, alors qu’ils venaient d’annoncer sa fermeture !

Mais ces attaques répétées provoquent des coups de colère, et pas seulement des protestations électorales sans lendemain. Les ouvriers de la Seita ont retenu cinq dirigeants pendant 24 heures. Des postiers du 92 sont en grève depuis quatre mois contre les suppressions de postes. Dans la restauration, les Buffalo Grill se battent contre une dégradation de leurs conditions de travail. Même la manucure est touchée, où des travailleuses sans-papiers parisiennes exigent leur régularisation.

Ce n’est pas le moment de se résigner. À nous, salariés français ou immigrés, de montrer que la toute-puissance patronale, dont Marine Le Pen est le fer de lance, n’est pas une fatalité. À nous de donner envie de reprendre le chemin des luttes qui, en se coordonnant, feront reculer les licenciements et les bas salaires. C’est la seule voie pour éviter la catastrophe annoncée.

Éditorial des bulletins d’entreprise de la Fraction L’Étincelle, du lundi 2 juin 2014

Mots-clés François Hollande , Politique