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GRÈCE : Extrême ponction sur le peuple, avec l’onction des popes !

jeudi 24 novembre 2011

L’Europe du fric respire. Un nouveau premier ministre grec a prêté serment au nom de la « sainte et indissoluble Trinité », comme le prévoit la Constitution, devant le chef de l’Église orthodoxe !

Ce Lucas Papademos a bricolé une coalition gouvernementale, à laquelle participent les socialistes (largement majoritaires), le grand parti de la droite grecque et jusqu’à l’extrême droite invitée à la noce ! Seul le parti communiste campe aux côtés des classes populaires, mais sur des positions très étatistes et protectionnistes. Cette coalition qui prétend sortir le pays d’une semaine d’affolement des états-majors politiques européens et de leurs « marchés », à la seule idée lancée par l’ex-premier ministre Papandréou que la population pourrait être consultée par référendum, a donc reçu l’onction de la Sainte Trinité ! Mais celle surtout de la Troïka (Union européenne, FMI, Banque centrale européenne) qui en attend effectivement une confirmation par le parlement, le jeudi 17 novembre, du plan d’austérité concocté au dernier sommet de Bruxelles.

Ouf, donc ! L’Europe de la finance tient son Lucas Papadémos : un personnage rassurant, « économiste d’expérience », formé et enseignant dans des universités américaines, qui a été président de la banque nationale du pays, vice-président de la banque centrale européenne, acteur du passage de la drachme à l’euro, fervent des mesures de rigueur.

Mais c’est pour la population grecque que rien ne va plus. Une nouvelle manifestation se prépare pour ce 17 novembre où le parlement doit entériner la rigueur scélérate. Les notables politiques grecs s’allient, s’inclinent et s’alignent, mais les forces vives du pays, les travailleurs et les jeunes es classes populaires, continuent à voter dans la rue. Ce sont eux, et eux seuls qui casquent et le devraient encore par ces nouvelles mesures, dont certaines ont été annoncées dès septembre, appelées « contributions exceptionnelles » :

Trop dépensiers et coûteux pour l’Europe, les Grecs ?

Malgré cette guerre contre les classes populaires, la fable venimeuse continue à circuler que la faute de la crise reviendrait à ces Grecs qui ne paieraient pas d’impôts, seraient trop dépensiers… et dont on allégerait encore la dette de 50 % ! (l’arnaque de cette prétendue ristourne est décortiquée ci-après).

Pas d’impôts ? C’est vrai des armateurs grecs, détenteurs de la première flotte mondiale, exonérés. Tout comme l’est depuis 2003 l’Église orthodoxe, premier propriétaire foncier du pays.

Trop dépensiers ? Les banques oui, dont des filiales de banques françaises ou allemandes, qui ont été renflouées à hauteur de 28 milliards d’euros. L’armée aussi, puisque le budget militaire a atteint entre 1998 et 2010 un total de 95 milliards d’euros, soit presque un tiers de la dette grecque engloutie dans les coffres des marchands de canons… français et allemands. Et ne parlons pas des sommes colossales – 12 milliards disent certains, mais 20 à 30 milliards disent d’autres – passées aux profits des marchands de béton et autres affairistes, à l’occasion des jeux olympiques de 2004. C’est alors que le déficit de l’Etat est devenu phénoménal.

Les travailleurs et la jeunesse du pays nous montrent en tout cas la voie de la résistance aux sales coups et aux mensonges. Même si pour le moment, ils n’ont pas gagné.

14 novembre 2011

Michelle VERDIER

Mots-clés Grèce , Monde
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