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Grève du nettoyage au technicentre SNCF de Hellemmes : « Fini l’esclavage ! »

mardi 19 juillet 2022

Depuis le 1er juillet les salariés du nettoyage du technicentre SNCF de Hellemmes ont été transférés à la société Elior Services, qui a remporté l’appel d’offres. Nouveau contrat, nouvel employeur, mais aussi nouvelles conditions de travail puisque le sous-traitant n’a pas hésité à supprimer des postes, faisant passer les effectifs de 22 à 9… Une réduction drastique pour nettoyer une usine qui elle n’a pas changé de taille ! Ce lundi 18 juillet, les salariés ont entamé une grève pour leurs conditions de travail et leurs salaires.

Elior ne fait aucun effort

Dès 4 h 30 les grévistes d’Elior se rassemblent devant l’usine pour tenir le piquet et distribuer un tract à leurs collègues cheminots. Huit des neuf salariés de chez Elior sont en grève, et pour la plupart il s’agit d’une première. « On n’a plus le choix. » Il faut dire qu’avant d’en arriver là, les salariés avaient déjà alerté leur direction à plusieurs reprises lors de réunions avec celle-ci. Neuf personnes pour tout le technicentre, ce n’est pas possible. Ils ont exigé dix embauches supplémentaires. Réponse de la direction : « Dix embauches ? Et pourquoi pas vingt tant qu’on y est ?! »

La seule mesure qu’a prise Elior suite à la première alerte lancée par les salariés a été de les chronométrer pendant l’exécution de leurs tâches et de leur interdire de discuter avec les cheminots de la SNCF qui travaillent sur le site. Les suppressions de postes ont rendu la charge de travail titanesque. « Avant on était crevés le vendredi après une semaine de boulot. Maintenant on n’en peut plus au bout de deux jours. » Alors pas question de tenir plus d’une semaine à ce rythme-là ! « On n’est pas des machines ! »

« Fini l’esclavage ! Elior on veut des embauches »

Face au mépris de leur direction, les salariés du nettoyage ont décidé collectivement de se mettre en grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications : dix embauches immédiates et un 13e mois de salaire pour tous. Sur le piquet, accompagnés de cheminots SNCF et de quelques soutiens, les grévistes ont installé leur banderole et ils distribuent un tract à destination des ouvriers du technicentre qui leur font bon accueil. L’un d’entre eux rapporte même des boissons sur le piquet en geste de solidarité. Et plus tard on apprendra que le tract des grévistes a été affiché en salle de pause par des cheminots. La solidarité compte, car c’est aussi elle qui permettra de faire plier Elior. La SNCF se cache derrière la sous-traitance pour se dégager de toute responsabilité. Mais si la grève fait pression sur Elior, elle la forcera aussi à sortir du bois en tant que donneur d’ordres. La mobilisation des ouvriers du technicentre, salariés de la SNCF, en soutien aux grévistes du nettoyage pourrait accélérer le processus : tous travailleurs du rail, tous cheminots !

Dans la journée les grévistes ont rencontré des représentants de la direction d’Elior pour négocier. Bilan : celle-ci ne lâche rien ! Ou si peu… Une personne et demie en plus pour aider dans l’équipe, en CDD ou en intérim. On est loin du compte. D’après la direction cela suffirait à accomplir le travail, mais « on aimerait bien les y voir ! Je les mets au défi de faire ce que nous on fait. » Qui sait, peut-être que si la grève dure on aura l’occasion de voir quelques chefs mettre la main à la pâte ? Pour l’heure les revendications ne sont pas satisfaites et les grévistes votent la reconduction à l’unanimité pour le lendemain. Et ils invitent les cheminots à se joindre à leur prochaine assemblée générale.

Correspondants, 18 juillet 2022

Mots-clés Entreprises , nettoyage , SNCF
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