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Une assemblée générale à Lille

samedi 8 décembre 2018

En cette veille du 1er décembre, à Lille, nouvelle assemblée générale des Gilets jaunes. Au moins 200 présents dans une salle municipale accordée par la mairie. Discussions sur le mouvement, ses perspectives, pourquoi on se mobilise, puis sur l’organisation concrète. La composition de l’assemblée toujours très populaire. Ont pris la parole, entre autres : des retraités, un ouvrier de l’industrie du verre, une assistante sociale, une chômeuse...

Pour débuter, tour de présentation des « organisateurs », le groupe des huit élus à la dernière AG. Un cheminot se présente en tant que « travailleur du Rail » ayant fait la grève d’avant l’été. Bon accueil. Explication sur l’implication de lui et certains de ses collègues dans le mouvement des Gilets jaunes en parlant de se qu’ils ont tenté de faire dans leur secteur, la tentative de cortège aux Champs-Élysées, la préparation de la journée du lendemain, etc.

Quelqu’un rappelle le fait que l’un des Gilets jaunes reçu dans l’après-midi par Édouard Philippe était parti au bout de vingt minutes car il demandait à ce que la séance soit filmée pour parler de la grève générale en Guadeloupe en 2009 sur les salaires, qui avait démarré de façon semblable à ce qui se passe ici. En fait, c’est sur le contrôle par la base, « l’auto-organisation », que les interventions du cheminot sont le plus appréciées.

S’ensuit une série d’interventions positives de militants syndicaux ou ex-militants syndicaux. Notamment un ouvrier qui bosse dans une usine de l’industrie du verre qui dit que le problème c’est le Medef ; un autre explique qu’il faut bloquer les supermarchés pour s’en prendre à Mulliez. L’essentiel du débat tourne sur le rapport aux syndicats et aux partis, avec parfois beaucoup « d’hostilité » (ce qui a fait partir deux militantes CGT de l’hôpital) mais aussi de vraies discussions sur la différence entre les sommets syndicaux et les militants ouvriers de base.

Une tonalité bien plus « travailleuse » que la précédente assemblée. D’ailleurs, les Gilets jaunes qu’on sait être au FN n’ont pas du tout parlé. Tout est bien sûr très compliqué et les militants d’extrême gauche ont parfois le sentiment de marcher sur des œufs. Mais les gens ne sont pas hostiles aux militants syndicaux ou politiques, à la condition expresse qu’ils mettent leur étiquette dans leur poche, qu’ils interviennent comme « citoyen ». Mais pas de problème d’intervenir en tant que travailleur.

Globalement, plutôt une réussite et ressentie comme telle même si certains disaient que le débat avait trop porté sur les syndicats, les partis, etc.

À la sortie, des discussions se sont engagées avec un ouvrier d’une boîte de transport, une infirmière, une secrétaire au chômage, un opticien demandeur d’emploi, un VTC, un étudiant et une fille du secteur médical. Tous ont apprécié la discussion, ont à cœur de s’organiser « en utilisant les compétences de chacun ». La grève n’est pas perçue comme un moyen à portée. L’infirmière parle « des suppressions de postes, de la maltraitance au taf ». Une autre personne dit qu’elle aurait voulu faire une intervention sur les propos racistes auxquels elle est confrontée sur les pages Facebook des Gilets jaunes... Une discussion sur les revendications : baisse des taxes ou hausse des salaires...

À la sortie, échanges entre différents travailleurs faisant leur première expérience militante mais très révoltés. Une travailleuse dans l’aide à domicile, qui se dit révolutionnaire, a voté Mélenchon. Quelqu’un dit qu’il a voté pour un ouvrier, elle répond : « Ah oui, Poutou, moi j’ai hésité, mais il est très bien. Il faudrait qu’il nous représente. » Un ouvrier de l’industrie du verre raconte toute son expérience dans la boîte et les magouilles syndicales dont il a été victime. Tout s’enchaîne, des numéros s’échangent.

Correspondant local

Mots-clés Gilets jaunes , Politique
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