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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> R&#233;volte en Kabylie, R&#233;volte en Alg&#233;rie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<dc:subject>Kabylie
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		<description>Un million de manifestants dans les rues d'Alger le 14 juin ont conspu&#233; le r&#233;gime militaire au cri de &#171; pouvoir assassin &#187;. Mais celui-ci, loin d'entendre les revendications de la r&#233;volte, a aggrav&#233; la r&#233;pression : multiplication des arrestations arbitraires, maisons br&#251;l&#233;es dans des quartiers o&#249; la population a pris fait et cause pour les manifestants, etc&#8230; A une centaine de morts et des milliers de bless&#233;s se sont rajout&#233;s des dizaines de disparus, arr&#234;t&#233;s par les forces de l'ordre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un million de manifestants dans les rues d'Alger le 14 juin ont conspu&#233; le r&#233;gime militaire au cri de &#171; pouvoir assassin &#187;. Mais celui-ci, loin d'entendre les revendications de la r&#233;volte, a aggrav&#233; la r&#233;pression : multiplication des arrestations arbitraires, maisons br&#251;l&#233;es dans des quartiers o&#249; la population a pris fait et cause pour les manifestants, etc&#8230; A une centaine de morts et des milliers de bless&#233;s se sont rajout&#233;s des dizaines de disparus, arr&#234;t&#233;s par les forces de l'ordre et dont les familles n'ont toujours aucune nouvelle au moment o&#249; nous &#233;crivons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; cette r&#233;pression f&#233;roce, malgr&#233; l'interdiction des manifestations, celles-ci ont continu&#233;, les &#233;meutes se sont poursuivies. Parties de Kabylie, elles ont gagn&#233; les Aur&#232;s puis d'autres r&#233;gions encore (dans des villes comme Annaba, Skikda, Batna, Constantine, etc.). Partout ce sont les m&#234;mes jeunes r&#233;volt&#233;s par la mis&#232;re, le ch&#244;mage et le m&#233;pris, qui s'affrontent &#224; la m&#234;me violence des gendarmes et des brigades anti-&#233;meutes. La tentative du pouvoir de faire croire &#224; un soul&#232;vement r&#233;gionaliste de Kabylie est un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat dans les locaux de la gendarmerie du jeune Massinissa Guermouh &#224; B&#233;ni Douala (pr&#232;s de Tizi Ouzou) le 18 avril et l'enl&#232;vement de trois coll&#233;giens &#224; Amizour (pr&#232;s de Beja&#239;a) deux jours plus tard ne furent que la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase. Les affrontements qui ont d&#233;but&#233; le 22 avril n'ont plus cess&#233; depuis. Le 21 mai des centaines de milliers de personnes investissaient les rues de Tizi Ouzou et deux jours plus tard celles de Beja&#239;a. Leurs mots d'ordre &#233;taient ceux qui font d&#233;sormais l'unanimit&#233; au sein de la population &#171; pouvoir assassin &#187;, &#171; ulach smah &#187; (pas de pardon), &#171; gendarmes terroristes &#187;. La marche du 14 juin &#224; Alger a fait monter la mobilisation d'un cran encore. Le 25 juin la Kabylie manifestait &#224; nouveau pour le troisi&#232;me anniversaire de l'assassinat de Loun&#232;s Matoub. Et maintenant une nouvelle marche sur Alger est envisag&#233;e pour le 5 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des revendications sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;action des jeunes de Kabylie aux violences des forces de l'ordre qui a donn&#233; le ton et a touch&#233; tout le pays. D&#232;s le d&#233;but les jeunes r&#233;volt&#233;s, de tr&#232;s jeunes lyc&#233;ens, des ch&#244;meurs, clament : &#171; du travail et du pain ! &#187;, &#171; il y en a marre de la mis&#232;re ! &#187;, &#171; des logements ! &#187;, &#171; assez de corruption ! &#187;, &#171; assez du m&#233;pris (la hogra) ! &#187;, &#171; assez de marginalit&#233;, on veut la dignit&#233; ! &#187;, &#171; assez du ch&#244;mage ! &#187;, &#171; pouvoir assassin ! &#187;, &#171; dehors les gendarmes ! &#187;, &#171; &#224; bas la dictature ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les jeunes durement frapp&#233;s par le ch&#244;mage et la mis&#232;re ont mis d'abord en avant des revendications sociales qui concernent tout le pays et non les revendications identitaires , langue tamazight ou autonomie r&#233;gionale. Et ils ont mis en cause la dictature et ses violentes m&#233;thodes de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et leur lutte a d&#233;verrouill&#233; la situation o&#249; le pouvoir avait enferm&#233; la population depuis plus de dix ans. En ce moment ce n'est plus la guerre entre arm&#233;e et groupes islamistes qui tient le devant de la sc&#232;ne mais les luttes contre l'oppression et la r&#233;pression. Et ceux qui revendiquent ne craignent plus de descendre dans la rue que ce soient des femmes, des petits commer&#231;ants, des journalistes, des avocats, des hospitaliers ou des travailleurs licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des jeunes a fait tache d'huile. Il n'y a pas &#224; s'en &#233;tonner puisque la mis&#232;re et les exactions des forces de r&#233;pression ne sont pas une particularit&#233; r&#233;gionale. Elles sont g&#233;n&#233;rales. A Kenchela ou Qa&#239;s la jeunesse r&#233;volt&#233;e est exactement la m&#234;me que celle de Kabylie, comme la violence et la r&#233;action des forces de l'ordre contre les jeunes est aussi exactement la m&#234;me. Le m&#233;contentement qui s'est manifest&#233; contre les licenciements et les fermetures d'usines &#224; B&#233;jaia a embras&#233; de la m&#234;me mani&#232;re Dira, au sud d'Alger. A Annaba ce sont les restrictions de la distribution d'eau qui ont mis le feu aux poudres. Car la r&#233;volte des jeunes n'a pas &#233;clat&#233; pas dans un ciel social serein : partout les travailleurs ont des salaires bloqu&#233;s et sont menac&#233;s par des licenciements, des privatisations qui cachent mal de futures fermetures d'usines et la volont&#233; de la clique au pouvoir de l&#233;galiser son vol des richesses du pays. Et les travailleurs licenci&#233;s de B&#233;ja&#239;a ainsi que les petits commer&#231;ants ont eux aussi &#233;t&#233; attaqu&#233;s par les tueurs &#224; gage du r&#233;gime, tout comme les travailleurs d'Alfasid avaient &#233;t&#233; mitraill&#233;s l'an dernier par les forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;O&#249; va la r&#233;volte ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces r&#233;voltes peuvent-elles converger ? Vont-elles en susciter d'autres ? La population peut-elle prendre en main son sort, comme de toute &#233;vidence elle y aspire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, &#224; la premi&#232;re condition qu'elle ne laisse pas les professionnels de la tromperie, dirigeants de syndicats courroie de transmission du r&#233;gime ou de partis compromis avec celui-ci d&#233;voyer le mouvement vers de fausses &#171; sorties de crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes jusqu'ici le mouvement populaire les a violemment rejet&#233;s. Outre le fait que leurs locaux ont &#233;t&#233; saccag&#233;s et leurs meetings dispers&#233;s, le FFS (Front des Forces Socialistes) et le RCD (Rassemblement pour la Culture et la D&#233;mocratie) apparaissent d&#233;consid&#233;r&#233;s et la politique qu'ils proposent loin d'&#234;tre &#224; la hauteur de la mobilisation populaire. Le premier s'accroche &#224; sa demande de commission internationale. Le second n'a d&#233;missionn&#233; de ce gouvernement d'assassins qu'apr&#232;s douze jours d'&#233;meutes&#8230; et de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les pi&#232;ges tendus par ces partis ou d'autres, et bien s&#251;r le pouvoir en place, sont toujours devant les jeunes r&#233;volt&#233;s de Kabylie et d'Alg&#233;rie. Car la classe ouvri&#232;re alg&#233;rienne n'a toujours pas de parti r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire d'organisation qui d&#233;fende les int&#233;r&#234;ts de tous les pauvres et travailleurs, qui les repr&#233;sente et qui soit reconnue par eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 juin 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
Sami ZAKARIA et Robert PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Chronologie de la r&#233;volte
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<dc:subject>Kabylie
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		<description>18 avril Massinissa Guermah est assassin&#233; dans une gendarmerie &#224; B&#233;ni Douala, pr&#232;s de Tizi Ouzou. &lt;br /&gt;19 avril Manifestation de 10 000 personnes &#224; Tizi Ouzou &#224; l'appel du Mouvement Culturel Berb&#232;re (MCB). &lt;br /&gt;22 avril Suite &#224; l'arrestation de trois lyc&#233;ens, &#233;meutes &#224; Amizour, r&#233;gion de B&#233;ja&#239;a. &lt;br /&gt;23 avril Emeutes &#224; B&#233;ni Douala. &lt;br /&gt;25 au 27 avril Les &#233;meutes font 9 morts. Les forces de l'ordre tirent &#224; balles r&#233;elles. Le FFS annule une marche pacifique con&#231;ue pour calmer les manifestants. Des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH292/art239-1-eb772.gif?1788070876' width='500' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 500 x 292
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 avril&lt;/strong&gt; Massinissa Guermah est assassin&#233; dans une gendarmerie &#224; B&#233;ni Douala, pr&#232;s de Tizi Ouzou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 avril &lt;/strong&gt;Manifestation de 10 000 personnes &#224; Tizi Ouzou &#224; l'appel du Mouvement Culturel Berb&#232;re (MCB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 avril&lt;/strong&gt; Suite &#224; l'arrestation de trois lyc&#233;ens, &#233;meutes &#224; Amizour, r&#233;gion de B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 avril&lt;/strong&gt; Emeutes &#224; B&#233;ni Douala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 au 27 avril &lt;/strong&gt;Les &#233;meutes font 9 morts. Les forces de l'ordre tirent &#224; balles r&#233;elles. Le FFS annule une marche pacifique con&#231;ue pour calmer les manifestants. Des comit&#233;s de villages &#233;chouent &#233;galement &#224; calmer les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 avril&lt;/strong&gt; Le g&#233;n&#233;ral Nezzar, en visite &#224; Paris, s'enfuit avec l'aide du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res. Des familles l'accusant de torture avaient saisi la justice fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 et 29 avril&lt;/strong&gt; 29 morts dans les &#233;meutes. Des locaux de l'Etat, ainsi que ceux du RCD et trois du FFS sont br&#251;l&#233;s par les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;30 avril &lt;/strong&gt;Bouteflika cr&#233;e une commission d'enqu&#234;te sur les violences en Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai &lt;/strong&gt;Le RCD se retire du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 mai &lt;/strong&gt;Une marche pacifique &#224; l'appel du FFS r&#233;unit entre 10 000 et 15 000 manifestants &#224; Alger sans mettre en avant les revendications sociales. Cr&#233;ation de la coordination des comit&#233;s de village et de quartiers de Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 mai&lt;/strong&gt; Manifestation &#224; Batna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 mai &lt;/strong&gt;10 000 personnes d&#233;filent &#224; Alger pour la reconnaissance de la langue berb&#232;re &#224; l'appel du MCB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 mai &lt;/strong&gt;D&#233;but de la coordination des comit&#233;s de villages et de quartiers des r&#233;gions de Tizi Ouzou et B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 mai &lt;/strong&gt;M&#233;morandum du FFS adress&#233; aux g&#233;n&#233;raux et leur demandant d'organiser &#171; une transition d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 mai&lt;/strong&gt; Emeutes &#224; Amizour et B&#233;ni Douala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 mai&lt;/strong&gt; Plus de 20 000 manifestants &#224; Tizi Ouzou &#224; l'appel de la coordination des comit&#233;s de village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 mai&lt;/strong&gt; &#171; Marche noire &#187; de la coordination des comit&#233;s de village et de quartiers : 500 000 personnes &#224; Tizi Ouzou. Violents incidents avec les forces de l'ordre. Emeutes &#224; B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 mai &lt;/strong&gt;Manifestation des femmes &#224; Tizi Ouzou aux cris de &#171; pouvoir assassin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 mai&lt;/strong&gt; Bouteflika d&#233;nonce un complot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 mai &lt;/strong&gt;500 000 manifestants &#224; B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;31 mai&lt;/strong&gt; 200 000 manifestants &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 juin&lt;/strong&gt; La police emp&#234;che une marche &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10-12 juin&lt;/strong&gt; Les &#233;meutes se propagent &#224; l'est et au sud du pays : Annaba, Kenchela, Qa&#239;s, Skikda, Dira...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 juin&lt;/strong&gt; Un million de manifestants &#224; Alger, qui manifestent &#224; l'appel de la coordination des comit&#233;s de Kabylie, violemment r&#233;prim&#233;s (6 morts et 500 bless&#233;s). Plus d'une centaine de manifestants enlev&#233;s par les forces de l'ordre. A B&#233;ja&#239;a, le mouvement s'est &#233;tendu &#224; certaines entreprises : B&#233;ja&#239;a-Emballage (jute), ENIP (p&#233;trochimie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 juin &lt;/strong&gt;Sur RFI, A&#239;t Ahmed appelle &#224; &#171; une transition d&#233;mocratique avec la garantie de l'arm&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 juin&lt;/strong&gt; Les troubles gagnent l'est du pays (Tebessa, Batna,...) et certaines localit&#233;s du sud comme Biskra. Nouveaux affrontements tr&#232;s violents &#224; Tizi Ouzou et B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 juin &lt;/strong&gt;Le pouvoir interdit les manifestations &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 juin &lt;/strong&gt;Comm&#233;moration de l'assassinat de Loun&#232;s Matoub en Kabylie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La guerre d'ind&#233;pendance
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>La guerre d'Alg&#233;rie a dur&#233; de 1954 &#224; 1962, avant d'aboutir &#224; l'ind&#233;pendance en laissant un pays ruin&#233;, 500 000 morts du c&#244;t&#233; alg&#233;rien et 30 000 du c&#244;t&#233; fran&#231;ais. Elle a rev&#234;tu un caract&#232;re assez particulier au sein de la r&#233;volution coloniale car l'Alg&#233;rie &#233;tait une &#171; colonie de peuplement &#187; avec pr&#232;s d'un million de Pieds noirs pour la plupart originaires de la m&#233;tropole et en France une immigration alg&#233;rienne formait une fraction notable de la classe ouvri&#232;re. &lt;br /&gt;Le mouvement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre d'Alg&#233;rie a dur&#233; de 1954 &#224; 1962, avant d'aboutir &#224; l'ind&#233;pendance en laissant un pays ruin&#233;, 500 000 morts du c&#244;t&#233; alg&#233;rien et 30 000 du c&#244;t&#233; fran&#231;ais. Elle a rev&#234;tu un caract&#232;re assez particulier au sein de la r&#233;volution coloniale car l'Alg&#233;rie &#233;tait une &#171; colonie de peuplement &#187; avec pr&#232;s d'un million de Pieds noirs pour la plupart originaires de la m&#233;tropole et en France une immigration alg&#233;rienne formait une fraction notable de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement nationaliste alg&#233;rien est n&#233; en 1926 quand Messali Hadj cr&#233;e parmi les ouvriers &#233;migr&#233;s en France l'&#201;toile nord-africaine qui revendique l'ind&#233;pendance des pays du Maghreb. Elle est dissoute sous le Front populaire et remplac&#233;e par le Parti Populaire Alg&#233;rien (PPA) lui aussi interdit. Le 8 mai 1945, le soul&#232;vement de S&#233;tif est r&#233;prim&#233; avec une terrible brutalit&#233; (entre 10 000 et 45 000 morts selon les estimations) par le gouvernement issu de la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la r&#233;volte &#224; l'insurrection arm&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau statut voit le jour en 1947, mais il n'est question ni d'ind&#233;pendance ni d'autonomie. Deux organisations nationalistes coexistent d&#233;sormais : l'Union D&#233;mocratique du Manifeste Alg&#233;rien (l'UDMA dirig&#233;e par Ferhat Abbas, mod&#233;r&#233;e), et le Mouvement pour le Triomphe des Libert&#233;s D&#233;mocratiques (le MTLD dirig&#233; par Messali Hadj). D&#232;s 1947 le MTLD cr&#233;e une organisation para-militaire, l'Organisation Sp&#233;ciale (l'OS). Ce sont les activistes de l'OS qui entament la lutte arm&#233;e sur tout le territoire alg&#233;rien le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, apr&#232;s avoir rompu avec le MTLD. Un nouveau mouvement voit le jour : le Front de lib&#233;ration nationale (FLN) dont le programme r&#233;clame l'ind&#233;pendance nationale. Mitterrand, alors ministre de l'int&#233;rieur, organise activement la r&#233;pression au nom de &#171; l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection finit par embraser toute l'Alg&#233;rie. Le gouvernement fran&#231;ais, qui a &#233;t&#233; contraint d'octroyer l'autonomie interne &#224; la Tunisie et au Maroc en 1953, ne veut rien l&#226;cher en Alg&#233;rie. A partir de 1956, le socialiste Guy Mollet y exp&#233;die les soldats du contingent. La guerre et la r&#233;pression, dont les aveux du g&#233;n&#233;ral Aussaresse ont confirm&#233; r&#233;cemment le caract&#232;re barbare, s'intensifient. En 1958 De Gaulle prend le pouvoir et se voit contraint d'engager des n&#233;gociations &#224; Evian en 1961 avec le GPRA (Gouvernement Provisoire de la R&#233;publique Alg&#233;rienne). L'OAS, organisation fran&#231;aise d'extr&#234;me-droite, se d&#233;cha&#238;ne. La France ayant renonc&#233; en partie au p&#233;trole du Sahara, un cessez-le-feu est sign&#233; le 19 mars 1962, alors que commencent l'exode des Pieds noirs vers la France et le massacre des harkis en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gauche fran&#231;aise et l'extr&#234;me-gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Socialiste est l'un des responsables de la r&#233;pression alors que le PCF ne m&#232;ne qu'une lutte assez molle pour la &#171; &lt;em&gt;Paix en Alg&#233;rie&lt;/em&gt; &#187; apr&#232;s avoir d&#233;sapprouv&#233; en novembre 1954 &#171; &lt;em&gt; le recours &#224; des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si m&#234;me ils n'&#233;taient pas foment&#233;s par eux&lt;/em&gt; &#187;, et surtout apr&#232;s avoir vot&#233; les pouvoirs sp&#233;ciaux &#224; Guy Mollet en 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques militants parmi les courants chr&#233;tiens de gauche, les dissidents du PCF et l'extr&#234;me gauche trotskiste et anarchiste font le choix de soutenir le FLN. Les membres des r&#233;seaux clandestins qui fonctionnent autour du philosophe Francis Jeanson et du communiste &#233;gyptien Henri Curiel seront baptis&#233;s les &#171; &lt;em&gt;porteurs de valises&lt;/em&gt; &#187;. Certains sont jug&#233;s en septembre 1960. Au m&#234;me moment est lanc&#233; le &#171; &lt;em&gt;Manifeste des 121&lt;/em&gt; &#187; sign&#233; par les intellectuels et les artistes les plus prestigieux, d&#233;fendant l'insoumission pendant la guerre d'Alg&#233;rie. Un autre proc&#232;s aura lieu en juin 1963 &#224; Amsterdam pour juger 2 dirigeants trotskistes, Pablo et Santen, pour fabrication de fausse monnaie &#224; l'usage du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui a manqu&#233; au peuple alg&#233;rien pour que sa lutte aboutisse non seulement &#224; l'ind&#233;pendance mais &#224; donner le pouvoir aux opprim&#233;s ce n'est pas tellement les aides mat&#233;rielles au FLN mais l'absence d'un parti qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> FLN : du parti unique &#224; la dictature militaire
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>M&#234;me s'il proclame dans la constitution de 1962 la &#171; R&#233;publique alg&#233;rienne d&#233;mocratique et populaire &#187;, d&#232;s le d&#233;but le pouvoir du FLN a &#233;t&#233; une dictature. C'est la cons&#233;quence logique de ce qu'&#233;tait le FLN, d&#232;s sa fondation en 1954, quand il lance l'insurrection arm&#233;e contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est dans la droite ligne de sa politique pendant la lutte d'ind&#233;pendance qu'il a dirig&#233; de fa&#231;on dictatoriale sans tol&#233;rer d'opposition ni chercher &#224; donner le moindre droit de contr&#244;le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me s'il proclame dans la constitution de 1962 la &#171; R&#233;publique alg&#233;rienne d&#233;mocratique et populaire &#187;, d&#232;s le d&#233;but le pouvoir du FLN a &#233;t&#233; une dictature. C'est la cons&#233;quence logique de ce qu'&#233;tait le FLN, d&#232;s sa fondation en 1954, quand il lance l'insurrection arm&#233;e contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est dans la droite ligne de sa politique pendant la lutte d'ind&#233;pendance qu'il a dirig&#233; de fa&#231;on dictatoriale sans tol&#233;rer d'opposition ni chercher &#224; donner le moindre droit de contr&#244;le &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un programme nationaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants du FLN &#233;taient des nationalistes, certes radicaux dans leurs m&#233;thodes, la lutte arm&#233;e. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce sens qu'ils se disaient &#171; r&#233;volutionnaires &#187;. Il &#233;tait parfois question aussi, dans leurs discours, d'une future r&#233;publique sociale, voire &#171; socialiste &#187;. Mais il n'etait en rien un parti de la lutte sociale. M&#234;me si l'immense majorit&#233; des combattants &#233;taient des paysans pauvres, il n'avan&#231;ait aucun programme social, ni agraire ni autre. Il rejetait m&#234;me explicitement la lutte des classes, coupable selon lui d'exprimer des int&#233;r&#234;ts particuliers, corporatistes, au d&#233;triment de l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme nationaliste radical, mais pas du tout socialiste, trouvait aussi sa traduction dans les m&#233;thodes du FLN. La lutte arm&#233;e et le terrorisme permettaient de justifier l'absence d'expression de divergences politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appareil clandestin organisa et prit la t&#234;te de la r&#233;volte du peuple alg&#233;rien, mais ce n'&#233;tait pas pour lui laisser prendre l'initiative, encore moins exprimer des int&#233;r&#234;ts de classe. Il voulait contr&#244;ler la population tout en restant lui-m&#234;me incontr&#244;lable. Et bien s&#251;r, il n'&#233;tait pas question de tol&#233;rer la moindre concurrence politique. Le FLN assassina syst&#233;matiquement les militants du MNA de Messali Hadj, le parti nationaliste rival, mais aussi certains des siens comme Abane Ramdane, coupable de contester la primaut&#233; du militaire sur le politique. Quant au PCA (le Parti Communiste Alg&#233;rien), il fut somm&#233; de se dissoudre et ses militants d'int&#233;grer individuellement le FLN ou dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'arm&#233;e au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1962, la population alg&#233;rienne f&#234;te dans l'enthousiasme l'ind&#233;pendance. Mais le nouvel Etat alg&#233;rien mis en place par le FLN n'est pas le sien. Il n'est m&#234;me pas celui des combattants contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Les maquisards qui ne l'auraient pas compris assez vite sont &#233;cras&#233;s par l'arm&#233;e des fronti&#232;res (un appareil militaire cantonn&#233; jusque l&#224; &#224; l'abri de coups des troupes fran&#231;aises, mais destin&#233; &#224; jouer un r&#244;le capital au moment de la victoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t les rivalit&#233;s pour le pouvoir s'exacerbent au sommet du FLN. Le GPRA de Mohammed Khedah s'oppose &#224; Ben Bella soutenu par Boumedienne, le chef de cette &#171; arm&#233;e des fronti&#232;res &#187;. La population n'est pas l'arbitre de cette rivalit&#233;, et d'ailleurs aucun dirigeant nationaliste ne l'invite &#224; s'en m&#234;ler ! C'est la force arm&#233;e qui tranche : Boumedienne impose Ben Bella. Par la suite, la plupart de chefs historiques du FLN sont &#233;cart&#233;s et arr&#234;t&#233;s : Keddah, Khidder, A&#239;t Ahmed, Boudiaf&#8230; Jusqu'&#224; ce qu'en 1965, l'arm&#233;e d&#233;cide de mettre son chef directement &#224; la t&#234;te de l'Etat : les blind&#233;s investissent les rues d'Alger, Boumedienne jette Ben Bella en prison, pour 15 ans. La dictature montre son vrai visage : la domination d'un appareil militaire, construit &#224; l'&#233;poque de la guerre d'ind&#233;pendance, sur une population sans droits ni libert&#233;s politiques. Depuis, c'est la m&#234;me dictature militaire qui d&#233;tient totalement et exclusivement les r&#234;nes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un socialisme contre les travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau r&#233;gime b&#233;n&#233;ficie pourtant d'un r&#233;el soutien populaire &#224; ses d&#233;buts. Les atrocit&#233;s commises par l'arm&#233;e coloniale fran&#231;aise, le courage des combattants de l'ALN (l'arm&#233;e du FLN) y sont pour beaucoup. De fait le r&#233;gime du FLN n'est pas de m&#234;me nature que les Etats croupions laiss&#233;s derri&#232;re lui par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dans le reste de l'Afrique. Il est issu d'une guerre de lib&#233;ration et la nationalisation du p&#233;trole en 1971 est aux yeux de la population le symbole d'une relative ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les dirigeants nationalistes n'en sont pas moins m&#233;fiants et la classe ouvri&#232;re est sp&#233;cialement surveill&#233;e. Le syndicat fond&#233; par les nationalistes en 1956, l'UGTA, r&#233;clame d&#233;sormais son autonomie. Pour Ben Bella qui s'exprime lors de son premier congr&#232;s en 1962, c'est de &#171; l'ouvri&#233;risme &#187; ! Au 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s l'ann&#233;e suivante, les gr&#232;ves sont interdites&#8230; Le syndicat est rapidement transform&#233; en courroie de transmission du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti unique, repr&#233;sentant de &#171; toute la nation &#187;, le FLN reprend la politique de bien d'autres dictatures &#171; socialistes &#187; de l'&#233;poque : industrialiser sur le dos de la population. En fait de socialisme, il y a seulement une propagande pour demander des sacrifices aux travailleurs des villes comme des campagnes, pour pr&#233;tendre que les efforts d'aujourd'hui serviront &#224; donner un avenir aux g&#233;n&#233;rations suivantes et pour encadrer cette population par des organisations dites de masse, femmes, jeunes, paysans&#8230; Mais le r&#233;gime n'est pas seulement la dictature d'un parti unique, le FLN. C'est bien celle d'une classe dirigeante bourgeoise, essentiellement la caste militaire, li&#233;e &#224; l'imp&#233;rialisme qui maintient de fait sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les ann&#233;es 1980 : la contestation populaire
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-annees-1980-la-contestation-populaire</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Au tournant des ann&#233;es 1980, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante va vers ses vingt ans. Deux d&#233;cennies durant lesquelles la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne a connu des bouleversements sans pr&#233;c&#233;dents. Entre 1962 et 1988, la population a presque tripl&#233;, pour atteindre 23 millions d'habitants. L'Alg&#233;rie paysanne de l'ind&#233;pendance est devenue majoritairement urbaine, et le poids de la classe ouvri&#232;re s'est consid&#233;rablement alourdi : le nombre d'ouvriers industriels passe de 110 000 en 1962 &#224; 750 000 en 1980,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1980, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante va vers ses vingt ans. Deux d&#233;cennies durant lesquelles la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne a connu des bouleversements sans pr&#233;c&#233;dents. Entre 1962 et 1988, la population a presque tripl&#233;, pour atteindre 23 millions d'habitants. L'Alg&#233;rie paysanne de l'ind&#233;pendance est devenue majoritairement urbaine, et le poids de la classe ouvri&#232;re s'est consid&#233;rablement alourdi : le nombre d'ouvriers industriels passe de 110 000 en 1962 &#224; 750 000 en 1980, puis un million en 1988. A cette date pr&#232;s de 70 % des habitants ont moins de vingt ans : une jeunesse massivement frapp&#233;e par le ch&#244;mage, r&#233;duite &#224; &#171; tenir les murs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la r&#233;volte en Kabylie&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans, la population est &#233;cras&#233;e par la chape de plomb de la dictature du parti unique, le FLN. Cela n'emp&#234;che pas plusieurs vagues de gr&#232;ves dans les grands complexes industriels et d'agitation dans les universit&#233;s, &#224; la fin des ann&#233;es 60 et surtout en 1977. Pourtant, c'est en avril 1980 que va &#233;clater la premi&#232;re grande contestation du r&#233;gime en Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la r&#233;volte de 1980 n'a pas vraiment d&#233;bord&#233; la Kabylie et le cadre de revendications d&#233;mocratiques, mais elle a laiss&#233; entrevoir la vuln&#233;rabilit&#233; du pouvoir, alors que la contestation sociale va en s'amplifiant. La situation des masses populaires s'aggrave dans la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980. Jusqu'alors, la &#171; manne p&#233;troli&#232;re &#187; avait permis le d&#233;veloppement rapide d'une bourgeoisie alg&#233;rienne, mais aussi un d&#233;but d'industrialisation et une certaine am&#233;lioration du niveau de vie g&#233;n&#233;ral. Mais l'&#233;conomie alg&#233;rienne, avec 95 % de ses exportations en hydrocarbures, reste celle d'un pays du tiers-monde producteur de mati&#232;res premi&#232;res, &#233;troitement d&#233;pendante de l'imp&#233;rialisme, et la chute des cours du p&#233;trole en 1986 renverse dramatiquement la situation. La jeunesse &#233;tudiante, mais aussi celle des quartiers pauvres, provoque de nouvelles &#233;meutes &#224; Constantine et &#224; S&#233;tif cette ann&#233;e-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230;A l'explosion de 1988&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'inflation atteint alors 100 % en rythme annuel, alors que les salaires sont bloqu&#233;s depuis des ann&#233;es. En six ans, les importations de produits alimentaires ont chut&#233; de 40 %. Il y a p&#233;nurie de tout : semoule, sucre, caf&#233;&#8230; Mais le pouvoir veut se rassurer. Un responsable militaire d&#233;clare en janvier 1988 : &#171; &lt;em&gt;Nous ne craignons personne. Les communistes et les syndicalistes sont nos seuls ennemis, et nous les avons mat&#233;s. Il n'y a aucun risque d'Intifada en Alg&#233;rie. &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : les gr&#232;ves ouvri&#232;res se multiplient &#224; partir de septembre, en particulier &#224; l'&#233;norme centre de la SNVI (Soci&#233;t&#233; nationale de v&#233;hicules industriels) &#224; Rouiba, pr&#232;s d'Alger, qui compte pr&#232;s de 10 000 travailleurs, mais aussi en Kabylie, &#224; Annaba, dans toute l'agglom&#233;ration alg&#233;roise... Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est pr&#233;vue pour le 5 octobre. La police intervient alors avec une violence particuli&#232;re, et &#224; Rouiba, elle cerne l'usine et tabasse les gr&#233;vistes. Cette brutalit&#233; met le feu aux poudres dans les cit&#233;s alentour, puis dans toutes les villes du pays : des milliers de jeunes se soul&#232;vent &#224; nouveau. Les lieux de provocation de la richesse comme les magasins de luxe et les grands h&#244;tels sont saccag&#233;s, de m&#234;me que les symboles du pouvoir (commissariats, si&#232;ges du FLN&#8230;). Le 6 octobre, le pouvoir d&#233;cr&#232;te l'&#233;tat de si&#232;ge. Les villes sont &#224; nouveau envahies par les blind&#233;s, l'arm&#233;e tire sur la foule &#224; la mitrailleuse, et les arrestations se font par milliers, de jeunes r&#233;volt&#233;s mais aussi d'opposants politiques, souvent suivies de torture. Le pouvoir avoue 110 morts ; les h&#244;pitaux alg&#233;rois parleront de 500 ; la r&#233;alit&#233; est sans doute plus proche du double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mois d'octobre 1988, ce n'est pas seulement la &#171; guerre des pierres &#187; dont les militaires &#233;cartaient tout risque quelques mois auparavant. Dans les usines, les gr&#232;ves continuent et se durcissent, pendant plusieurs semaines. Les travailleurs m&#234;lent revendications &#233;conomiques et politiques, r&#233;clamant des augmentations de salaires (ou simplement leur versement&#8230;), mais aussi le d&#233;part de directeurs plus ou moins haut plac&#233;s, c'est-&#224;-dire souvent, dans une &#233;conomie encore largement nationalis&#233;e, de bureaucrates mis en place par le FLN. Ailleurs, c'est le renouvellement des &#233;quipes syndicales de l'UGTA qui est exig&#233;. Le syndicat unique est pourtant parvenu &#224; emp&#234;cher la convergence des gr&#232;ves ouvri&#232;res et surtout les travailleurs de se joindre &#224; la jeunesse r&#233;volt&#233;e dans la rue, la hantise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons comme le pouvoir doivent cependant c&#233;der du terrain. Et le pr&#233;sident Chadli promet une lib&#233;ralisation du r&#233;gime, la fin du r&#232;gne du parti unique et une &#171; r&#233;novation &#187; du FLN. Le 3 novembre 1988, un r&#233;f&#233;rendum sanctionne un projet de refonte de la Constitution. D&#232;s lors, l'arm&#233;e prend quelques distance avec le FLN.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quel d&#233;bouch&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; multipartisme &#187; alg&#233;rien est donc le signe de l'&#233;branlement de la dictature par le mouvement de 1988. Mais il est aussi celui de l'impasse dans lequel ce mouvement a &#233;t&#233; enferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes organisations politiques bourgeoises tentent de jouer leur jeu, comme le RCD, parti dont les dirigeants sont issus du mouvement de 1980, ou le FFS li&#233; aux partis social-d&#233;mocrates occidentaux. Mais ni les programmes ni l'action de ces partis n'en font les partis que la jeunesse r&#233;volt&#233;e cherche. Le PAGS, communiste, appelle lui &#224; &#171; la r&#233;conciliation du peuple et de l'arm&#233;e &#187;. C'est finalement le FIS (Front islamique du salut), avec son discours populiste, radical en parole contre le pouvoir, et dans les faits contre les femmes ou le mouvement d&#233;mocratique, qui va parvenir &#224; canaliser la r&#233;volte des cit&#233;s, sinon de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 d&#233;cembre 1991, le FIS remporte le premier tour des &#233;lections l&#233;gislatives. L'arm&#233;e organise alors un coup d'Etat. Chadli d&#233;missionne le 14 janvier 1992. L'&#233;tat d'urgence est d&#233;cr&#233;t&#233; le 9 f&#233;vrier. Le 4 mars, le FIS est dissous. La guerre civile, qui va faire plus de 100 000 victimes, commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La guerre civile : une guerre contre les civils
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-guerre-civile-une-guerre-contre-les-civils</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Islamisme
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Dix ans de terreur. De un &#224; deux cent mille morts. Une population sans cesse menac&#233;e par les tueries, les viols et les violences. Voil&#224; ce que vient de subir le peuple alg&#233;rien. Et ce qu'il subit encore, dans certaines r&#233;gions en tout cas, car si la guerre est officiellement termin&#233;e, les attentats continuent. &lt;br /&gt;Une multitude de bandes arm&#233;es a particip&#233; &#224; ce massacre alors que la population, qui en a &#233;t&#233; la principale victime, n'&#233;tait d'aucun c&#244;t&#233; dans cette guerre civile m&#234;me si des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dix ans de terreur. De un &#224; deux cent mille morts. Une population sans cesse menac&#233;e par les tueries, les viols et les violences. Voil&#224; ce que vient de subir le peuple alg&#233;rien. Et ce qu'il subit encore, dans certaines r&#233;gions en tout cas, car si la guerre est officiellement termin&#233;e, les attentats continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une multitude de bandes arm&#233;es a particip&#233; &#224; ce massacre alors que la population, qui en a &#233;t&#233; la principale victime, n'&#233;tait d'aucun c&#244;t&#233; dans cette guerre civile m&#234;me si des jeunes desperados de milieu pauvre ont &#233;t&#233; embrigad&#233;s dans les bandes int&#233;gristes. La population de ces m&#234;mes quartiers populaires en votant pour le FIS (Front Islamique du Salut) n'avait pas approuv&#233; un projet ultra-r&#233;actionaire mais d&#233;nonc&#233; le pouvoir militaire. Elle n'a pas rejoint les maquis mais subi directement la violence de ceux-ci car ce sont les quartiers pauvres et les campagnes les plus d&#233;sol&#233;es qui ont &#233;t&#233; la cible des groupes islamistes. Alors que ceux-ci pr&#233;tendaient combattre le pouvoir, ce n'est jamais les g&#233;n&#233;raux qui &#233;taient pris pour cible des attentats ! Et pas seulement parce que c'&#233;tait plus difficile. Mais parce que les islamistes ont toujours &#233;t&#233; d'abord et avant tout des ennemis d&#233;clar&#233;s des travailleurs. Alors que le FIS &#233;tait l&#233;gal, dans la p&#233;riode 1990-91, il d&#233;non&#231;ait le gr&#232;ves, approuvait le d&#233;but des privatisations et du d&#233;mant&#232;lement du secteur industriel. Et plus tard les islamistes du Hamas ont repris le flambeau en collaborant de nouveau avec le pouvoir militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre civile l'affrontement a sembl&#233; se r&#233;sumer &#224; celui de deux seuls camps, l'arm&#233;e et les islamistes. Elle occultait la vraie division, la vraie opposition de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne : celle qui s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233;e en 1988 entre les exploit&#233;s et la classe dirigeante pourrie et corrompue li&#233;e aux chefs militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de la r&#233;volte de 1988 et la multiplication des gr&#232;ves qui s'est produite conjointement avaient amen&#233; la dictature militaire au bord du gouffre. L'arm&#233;e qui avait directement agi dans la r&#233;pression de la r&#233;volte, tu&#233; et tortur&#233; la jeunesse &#233;tait massivement ha&#239;e par la population. Elle a choisi de quitter le devant de la sc&#232;ne, de renoncer au parti unique, de laisser s'&#233;tablir le multipartisme tout en favorisant le parti int&#233;griste, le FIS, le premier l&#233;galis&#233;, le premier re&#231;u par le pr&#233;sident Chadli. Avec le discr&#233;dit des partis d&#233;mocratiques bourgeois et la haine du pouvoir, il y a eu un raz de mar&#233;e de votes pour le FIS. Et si le parti int&#233;griste &#233;tait une force r&#233;actionnaire qui pouvait &#234;tre utile contre la classe ouvri&#232;re, ses succ&#232;s, par exemple aux &#233;lections municipales de 1990, lui donnant la gestion de mairies, donnaient de l'app&#233;tit &#224; ses dirigeants et pouvait menacer les hommes au pouvoir. En d&#233;cembre 1991, ces derniers ont choisi d'interrompre les &#233;lections l&#233;gislatives dont le FIS venait de gagner le premier tour, de l'interdire et de lui faire la guerre, afin de polariser toute la soci&#233;t&#233; entre islamistes et arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Toutes les bandes arm&#233;es contre la population&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre civile, la population a &#233;t&#233; prise en &#233;tau entre des bandes arm&#233;es dont aucune n'&#233;tait plus proche d'elle que les autres, aucune n'avait plus de respect des vies humaines, toutes se livrant au massacre des hommes, femmes et enfants, &#224; la violence la plus brutale. Le but des uns et des autres n'&#233;tait pas de gagner la sympathie mais de terroriser. Apr&#232;s 1988, la haine de la population pour le pouvoir militaire &#233;tait si violente que la classe dirigeante alg&#233;rienne ne voyait pas d'autre mani&#232;re d'&#233;teindre le feu que par le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il y avait les forces terroristes du r&#233;gime militaire agissant sous les ordres directs de ce pouvoir ou en marge de celui-ci, pour des int&#233;r&#234;ts particuliers ou &#224; la solde des g&#233;n&#233;raux assassins qui gouvernent l'Alg&#233;rie dont les principales figures politiques sont les g&#233;n&#233;raux Nezzar, Lamari et Mediene. On y trouve ceux qui d&#233;barquaient dans les quartiers ouvriers, enlevant des syndicalistes, terrorisant des familles, kidnappant les jeunes que l'on ne retrouvait plus jamais : les ninjas, les forces sp&#233;ciales, les services sp&#233;ciaux de la s&#233;curit&#233; militaire, les bandes de tueurs en civil ou en uniforme sold&#233;es par le pouvoir, parfois des assassins sortis de prison sp&#233;cialement pour cette t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part si certains des groupes &#171; d'autod&#233;fense &#187; furent mis en place pour se d&#233;fendre par les villageois eux-m&#234;mes, d'autres ne furent en r&#233;alit&#233; que des milices proches du pouvoir. Car la population n'a jamais &#233;t&#233; arm&#233;e par celui-ci, m&#234;me et surtout pas pour se d&#233;fendre contre les terroristes. Au contraire, le pouvoir a volontairement livr&#233; des r&#233;gions aux groupes terroristes pour qu'ils y fassent le m&#233;nage, calment la population r&#233;volt&#233;e par la violence. Les t&#233;moignages se multiplient aujourd'hui selon lesquels les grands massacres de 1994, comme &#224; Bentalha, pourraient tr&#232;s bien avoir &#233;t&#233; le fait du pouvoir lui-m&#234;me, &#224; la fois pour impressionner la population et pour discr&#233;diter l'int&#233;grisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices locales ont expuls&#233; des paysans pour le compte de grands propri&#233;taires pour lib&#233;rer les terres et construire des villas ou agrandir des terres agricoles ou viticoles. Elles ont vol&#233; les usines d'Etat ou d&#233;truit celles-ci, le tout sous couvert de la guerre civile. Toute une bourgeoisie s'est ainsi enrichie sur le vol et la rapine pendant ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres bandes qui ont assassin&#233; la population sont les bandes int&#233;gristes : l'AIS, l'arm&#233;e du FIS et, concurremment, les GIA (groupes islamiques arm&#233;s) ainsi que quelques groupes terroristes de moindre importance. Ces bandes arm&#233;es n'ont &#233;t&#233; une force militairement dangereuse que pendant deux, trois ans. Ensuite elles servirent avant tout de justification au pouvoir dictatorial et ses violences. C'est ce que l'on a appel&#233; la politique d'&#233;radication, la pr&#233;tendue d&#233;fense de la d&#233;mocratie avec les chars et les mercenaires de la junte militaire. Bien apr&#232;s la capitulation de l'AIS, le pouvoir a maintenu les troupes de celle-ci dans le maquis. Plusieurs ann&#233;es au moins avant que Bouteflika ne lance finalement la politique dite de concorde nationale et annonce la fin de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci un peu calm&#233;e, des mouvements de gr&#232;ves ont repris, parfois durement r&#233;prim&#233;s, notamment dans les secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie alg&#233;rienne, p&#233;trole et m&#233;tallurgie, ou encore celui de l'&#233;ducation et de l'enseignement. Et surtout, aujourd'hui, c'est la r&#233;volte de la jeunesse de Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R. P.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Aux origines du 20 Avril
</title>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>
		<dc:subject>Kabylie
</dc:subject>

		<description>Le 10 mars 1980, l'universit&#233; de Tizi Ouzou a invit&#233; l'&#233;crivain Mouloud Mammeri &#224; tenir une conf&#233;rence sur la po&#233;sie kabyle ancienne. Le FLN interdit cette conf&#233;rence. &lt;br /&gt;Le lendemain une manifestation est organis&#233;e pour dire non &#224; l'arbitraire, premi&#232;re du genre de l'histoire de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. Le pouvoir laisse faire. Cette effervescence &#224; Tizi Ouzou est au centre de tous les d&#233;bats et de toutes les discussions dans les universit&#233;s du pays. Les &#233;tudiants de l'Institut&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 10 mars 1980, l'universit&#233; de Tizi Ouzou a invit&#233; l'&#233;crivain Mouloud Mammeri &#224; tenir une conf&#233;rence sur la po&#233;sie kabyle ancienne. Le FLN interdit cette conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain une manifestation est organis&#233;e pour dire non &#224; l'arbitraire, premi&#232;re du genre de l'histoire de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. Le pouvoir laisse faire. Cette effervescence &#224; Tizi Ouzou est au centre de tous les d&#233;bats et de toutes les discussions dans les universit&#233;s du pays. Les &#233;tudiants de l'Institut National des Hydrocarbures (INH) pr&#232;s d'Alger diffusent une d&#233;claration de soutien &#224; la marche de Tizi Ouzou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mars, Kamel Belkacem alors r&#233;dacteur en chef &#224; El Moudjahid, le quotidien du FLN, d&#233;clare : &#171; Le d&#233;veloppement de la culture berb&#232;re est incompatible avec les valeurs arabo-islamiques et l'ind&#233;pendance culturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mars, About Arezki, un syndicaliste et militant de la cause berb&#232;re est arr&#234;t&#233;. Quatre jours apr&#232;s cette arrestation, le 28 mars les &#233;tudiants de l'INH tentent de se rassembler devant le si&#232;ge du FLN &#224; Alger. Ils sont emp&#234;ch&#233;s par la police. Les universit&#233;s d'Alger et Tizi Ouzou, les lyc&#233;es de Kabylie entrent en contestation. Une manifestation est organis&#233;e &#224; Alger, le 7 avril. Trois revendications sont avanc&#233;es : reconnaissance des langues populaires (tamazight mais &#233;galement arabe populaire oppos&#233; &#224; l'arabe classique), libert&#233;s d&#233;mocratiques, vrai socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le Printemps Berb&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette mobilisation, les cellules du FLN lancent des messages de condamnation des manifestants, en demandant des sanctions exemplaires contres les organisateurs des marches. Le 11 avril, un gala de Ferhat M'henni, chanteur et aujourd'hui partisan de l'autonomie kabyle, &#224; B&#233;ja&#239;a est interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les animateurs du mouvement appellent &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 16 avril &#224; Tizi Ouzou, B&#233;ja&#239;a et Alger. Ferhat est arr&#234;t&#233; le lendemain. Dans la nuit du 19 avril les CRS envahissent la cit&#233; universitaire de Tizi-ouzou faisant des centaines de bless&#233;s. Toute l'Alg&#233;rie est sous le choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 25 et 26 avril, la ville se couvre de barricades, et les symboles du pouvoir comme le si&#232;ge du parti sont attaqu&#233;s. L'arm&#233;e intervient mais le r&#233;gime est contraint &#224; faire quelques concessions, comme la cr&#233;ation de chaires de langue berb&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis chaque ann&#233;e, la Kabylie se mobilise pendant une semaine d'activit&#233; (le Printemps Berb&#232;re), des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, sit-in, conf&#233;rences, meetings, avec un grand gala central la veille du 20 avril &#224; Tizi Ouzou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat du jeune Massinissa le 18 avril dernier, est survenu justement pendant la comm&#233;moration de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Azal CRY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La responsabilit&#233; de la France
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-responsabilite-de-la-France</link>
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Jeudi 14 juin, &#224; Alger, Fran&#231;ois Huwart secr&#233;taire d'Etat au commerce ext&#233;rieur visitait la Foire internationale d'Alger o&#249; 260 PME fran&#231;aises &#233;taient pr&#233;sentes, &#224; deux pas du lieu de rassemblement de la manifestation. Il a d&#251; &#233;courter son voyage en d&#233;guerpissant jeudi apr&#232;s-midi, pendant que les services de s&#233;curit&#233; de l'Ambassade de France &#233;quipaient les entrepreneurs fran&#231;ais de talkies-walkies pour les maintenir en liaison radio permanente. &lt;br /&gt;Ce m&#234;me jeudi 14, le groupe Citro&#235;n&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 14 juin, &#224; Alger, Fran&#231;ois Huwart secr&#233;taire d'Etat au commerce ext&#233;rieur visitait la Foire internationale d'Alger o&#249; 260 PME fran&#231;aises &#233;taient pr&#233;sentes, &#224; deux pas du lieu de rassemblement de la manifestation. Il a d&#251; &#233;courter son voyage en d&#233;guerpissant jeudi apr&#232;s-midi, pendant que les services de s&#233;curit&#233; de l'Ambassade de France &#233;quipaient les entrepreneurs fran&#231;ais de talkies-walkies pour les maintenir en liaison radio permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me jeudi 14, le groupe Citro&#235;n annon&#231;ait son intention de s'implanter en Alg&#233;rie.Son objectif est modeste, dans un premier temps 3% du march&#233; automobile, mais avec la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie alg&#233;rienne, la course est ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie a connu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es une hausse vertigineuse des prix. Un tiers des salari&#233;s gagnent l'&#233;quivalent de moins de 600 F par mois. 23% de la population vit avec moins d'un dollar de revenu par jour. Le ch&#244;mage atteint plus d'un tiers de la population active. Hormis les hydrocarbures, les secteurs industriels ont p&#233;riclit&#233; au fur et &#224; mesure des grandes op&#233;rations de restructurations et de privatisations engag&#233;es par le r&#233;gime sur les consignes du FMI et des banques cr&#233;anci&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les affaires ne vont pas mal pour les entreprises qui cherchent &#224; s'installer sur place en profitant des bas salaires ou qui travaillent en liaison avec les nouvelles entreprises priv&#233;es alg&#233;riennes. Elles vont encore mieux pour les compagnies p&#233;troli&#232;res fran&#231;aises, am&#233;ricaines, italiennes, ou britanniques qui courent derri&#232;res les nouvelles concessions d'exploitation et de prospection.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les responsabilit&#233;s fran&#231;aises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ancienne puissance coloniale et l'un des principaux partenaire &#233;conomique de l'Alg&#233;rie, la France porte une lourde part de responsabilit&#233; de l'aggravation de la mis&#232;re et de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'a cess&#233; depuis 40 ans de soutenir le r&#233;gime alg&#233;rien. En gardant ses distances et mesurant ses pressions si n&#233;cessaire, car c'est de la stabilit&#233; du r&#233;gime, de sa capacit&#233; &#224; contenir le m&#233;contentement de la population pauvre que le gouvernement fran&#231;ais est soucieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit encore dans les d&#233;clarations de V&#233;drine &#224; la suite des &#233;v&#233;nements de Kabylie, conseillant au gouvernement alg&#233;rien de rechercher une solution &#171; politique &#187;, c'est &#224; dire un accord avec les partis d'oppositions permettant de faire illusion. On avait vu, apr&#232;s la victoire du FIS au premier tour des &#233;lections de 1991, Mitterrand affirmer qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; travailler avec le futur gouvernement alg&#233;rien quel qu'il soit. Puis le gouvernement fran&#231;ais s'&#233;tait ralli&#233; au choix fait par l'arm&#233;e alg&#233;rienne et le g&#233;n&#233;ral Nezzar d'arr&#234;ter le processus &#233;lectoral, lorsqu'il eut l'impression que ce pari &#233;tait r&#233;ussi. Puis la France a applaudi tous les renouvellement de fa&#231;ade du r&#233;gime, l'arriv&#233;e au pouvoir de Boudiaf, le retour sur le devant de la sc&#232;ne des g&#233;n&#233;raux, avec Z&#233;roual, et ses tentatives de n&#233;gocier avec les dirigeants du FIS, puis le retour d'un pouvoir &#171; civil &#187; avec Bouteflika. Derri&#232;re ces m&#233;andres, c'est le pouvoir r&#233;el, celui de l'arm&#233;e plus que telle ou telle &#233;quipe gouvernementale qui lui sert momentan&#233;ment de paravent, qu'elle soutient sans faille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les liens de la France avec l'Alg&#233;rie ne se limitent pas &#224; ceux des gouvernants et hommes d'affaires fran&#231;ais avec les militaires et poss&#233;dants alg&#233;riens. Ils sont aussi les multiples liens des travailleurs fran&#231;ais et alg&#233;riens qui se c&#244;toient ici dans les m&#234;me usines, qui ont donc toutes les raison de se sentir proches des ouvriers de l&#224;-bas, dont une partie d'ailleurs a travaill&#233; successivement en France et en Alg&#233;rie. Et il est de la responsabilit&#233; du mouvement ouvrier fran&#231;ais, des organisations politiques qui se r&#233;clament de lui, et en premier lieu des communistes r&#233;volutionnaires, d'apporter non seulement leur soutien au peuple, mais de contribuer &#224; faire que la classe ouvri&#232;re d'Alg&#233;rie se sente encourag&#233;e, ait sa propre politique pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et donner &#224; la jeunesse r&#233;volt&#233;e une perspective sur le terrain de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Vers le renversement de la dictature ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>D&#232;s le d&#233;but, les manifestants de Kabylie, des jeunes coll&#233;giens, lyc&#233;ens, ch&#244;meurs et travailleurs, ont pos&#233; les revendications de toute la population d'Alg&#233;rie contre la dictature militaire. Bien que la seule r&#233;ponse du pouvoir &#224; toutes ces revendications ait &#233;t&#233; une r&#233;pression qui vise &#224; impressionner et emp&#234;cher tous ceux qui ont un travail et une famille de se joindre au soul&#232;vement des jeunes, la d&#233;termination de ceux-ci a suscit&#233; la sympathie de tous. La r&#233;volte a cass&#233; le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, les manifestants de Kabylie, des jeunes coll&#233;giens, lyc&#233;ens, ch&#244;meurs et travailleurs, ont pos&#233; les revendications de toute la population d'Alg&#233;rie contre la dictature militaire. Bien que la seule r&#233;ponse du pouvoir &#224; toutes ces revendications ait &#233;t&#233; une r&#233;pression qui vise &#224; impressionner et emp&#234;cher tous ceux qui ont un travail et une famille de se joindre au soul&#232;vement des jeunes, la d&#233;termination de ceux-ci a suscit&#233; la sympathie de tous. La r&#233;volte a cass&#233; le pi&#232;ge dans lequel la dictature tenait enferm&#233;e la population, prise entre deux bandes de tueurs, ceux des terroristes islamistes et ceux du pouvoir avec ses escadrons de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui dans tous les milieux, les revendications sont pos&#233;es, y compris dans la rue. Bien que la violence du pouvoir soit plus grande que jamais, les gens ne craignent plus de s'exprimer ou de se rassembler. La peur a fait place &#224; la col&#232;re. D'abord contre les assassinats des jeunes et des manifestants. Ensuite contre ce que l'on appelle &#171; la terreur de la mis&#232;re &#187; caus&#233;e par le ch&#244;mage, les licenciements, l'absence de logements, d'&#233;lectricit&#233; ou m&#234;me simplement d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'entr&#233;e en sc&#232;ne de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re social de la r&#233;volte ne cesse de s'approfondir. Dans plusieurs villes des groupes de sans logis occupent des centaines d'immeubles vides ou qui viennent d'&#234;tre construits. Les travailleurs ont particip&#233; aux mobilisations dans les quartiers populaires. A B&#233;ja&#239;a le syndicat local s'est associ&#233; au mouvement, d&#233;savouant la centrale, appelant notamment &#224; la manifestation du 14 juin, participant &#224; la mise sur pied des comit&#233;s et des coordinations qui fleurissent semble-t-il dans toute la Kabylie. Mais, pour le moment la centrale syndicale UGTA est parvenue &#224; emp&#234;cher la classe ouvri&#232;re en tant que telle d'intervenir dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'un des points d&#233;terminant pour l'avenir du r&#233;gime pourrait bien &#234;tre l'entr&#233;e en lutte de cette classe ouvri&#232;re. Dans les grands centres p&#233;troliers et industriels comme Rouiba ou El Hadjar, malgr&#233; des licenciements massifs, les travailleurs sont encore nombreux et concentr&#233;s. Ils repr&#233;sentent une force sociale et &#233;conomique bien plus importante que leur nombre. Une gr&#232;ve qui couperait les robinets du p&#233;trole et du gaz couperait la rentr&#233;e des devises du pouvoir. Dans l'Iran des ann&#233;es soixante-dix, on a vu le r&#244;le d&#233;cisif dans le renversement du r&#233;gime du Shah des gr&#232;ves des travailleurs du p&#233;trole, pourtant tout aussi minoritaires dans le pays. Et on a vu aussi que ce ne sont pas les militaire qui peuvent remplacer les ing&#233;nieurs et les techniciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs le pouvoir semble avoir quelques craintes du c&#244;t&#233; de la fid&#233;lit&#233; des soldats et policiers du rang, m&#234;me si rien ne nous indique jusqu'ici que le mouvement appara&#238;t assez fort et d&#233;termin&#233; pour retourner ces pauvres sous l'uniforme ou en tout cas les pousser &#224; la neutralit&#233;. Le bruit court (inv&#233;rifiable pour nous) qu'il aurait enlev&#233; leurs armes &#224; des soldats kabyles dans un premier temps puis renvoy&#233; un grand nombre d'appel&#233;s avant la fin de leur service.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le leurre de la transition d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'essentiel demeure que la r&#233;volte, pour qu'elle ne soit pas d&#233;tourn&#233;e, devra &#233;viter de tomber dans le panneau et accepter de faux objectifs qui permettraient de faire croire qu'elle a gagn&#233; alors que rien n'est chang&#233;. L'Alg&#233;rie a d&#233;j&#224; connu ce genre de situation apr&#232;s la r&#233;volte de 1988 lorsque le pouvoir a renonc&#233; au parti unique, instaur&#233; le multipartisme, instill&#233; un peu de libert&#233; d'association ou de libert&#233; de la presse, et pratiqu&#233; des &#233;lections dites plus libres. Cette &#171; transition d&#233;mocratique &#187; n'a &#233;t&#233; qu'un leurre pour obtenir le retour au calme. Elle n'a fait que pr&#233;c&#233;der le bain de sang de la guerre civile. La population a pay&#233; tr&#232;s cher d'avoir cru &#224; l'autor&#233;forme du r&#233;gime, confiante en ce que disaient tous les partis soi-disant d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le m&#234;me type d'op&#233;ration politique, menant aux m&#234;me impasses sanglantes, menace. Le pouvoir peut choisir d'arr&#234;ter momeltan&#233;ment la r&#233;pression, condamner quelques gendarmes qui paieront pour les g&#233;n&#233;raux. Il peut pr&#233;tendre qu'il a entendu les revendications populaires et faire sauter quelques fusibles. Il peut ainsi remplacer le pr&#233;sident Bouteflika par une personnalit&#233; plus populaire, A&#239;t Ahmed par exemple. Il peut aller jusqu'&#224; &#233;carter quelques g&#233;n&#233;raux parmi les plus d&#233;test&#233;s, y compris les plus puissants comme Mohamed Lamari et Toufik M&#233;diene. Si les r&#233;volt&#233;s s'en contentent ce serait un moyen pour la classe dirigeante alg&#233;rienne li&#233;e &#224; la caste militaire de sauver l'essentiel, c'est-&#224;-dire sa mainmise sur toutes les richesses du pays, sa domination sur l'arm&#233;e et les forces de l'ordre lui garantissant de pouvoir r&#233;tablir la situation et son autorit&#233; d&#232;s que la situation serait calm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de &#171; sortie de crise &#187; est exactement ce que propose le parti social-d&#233;mocrate alg&#233;rien, le FFS d'A&#239;t Ahmed. Il a rendu public un m&#233;morandum adress&#233; aux g&#233;n&#233;raux et qui va dans le m&#234;me sens. Des &#233;lections libres, une r&#233;forme constitutionnelle, un retrait des chefs militaires du devant de la sc&#232;ne suffiraient selon A&#239;t Ahmed &#224; permettre de faire les r&#233;formes n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'&#233;ventuelle assembl&#233;e constituante &#233;tait destin&#233;e &#224; changer la soci&#233;t&#233;, &#224; enlever aux g&#233;n&#233;raux toutes les richesses qu'ils ont vol&#233;es, &#224; rendre au peuple les fruits de son travail, les richesses du pays, les revenus du gaz et du p&#233;trole notamment, le FFS s'adresserait-il au r&#233;gime militaire pour la mettre sur pied ? Ne proposerait-il au contraire &#224; la population elle-m&#234;me d'imposer et contr&#244;ler ces changements ? Comment penser que la classe des profiteurs alg&#233;riens peut accepter de se suicider ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de m&#234;me ce n'est certainement pas non plus sur la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, c'est-&#224;-dire la France ou les USA, qu'il dirait compter. Comment l'imp&#233;rialisme qui d&#233;tourne l'essentiel des richesses du pays pourrait-il accepter de s'en priver volontairement ? Il ne s'agit donc que d'un stratag&#232;me pour d&#233;tourner la r&#233;volte et la tromper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, tous ces d&#233;mocrates pr&#233;tendent que la d&#233;mocratisation est une &#233;tape n&#233;cessaire pour r&#233;aliser toutes les autres aspirations populaires, sociales comme politiques. Certes le peuple alg&#233;rien a besoin de d&#233;mocratie et de libert&#233;. Mais celles-ci peuvent-elles exister durablement tant que les g&#233;n&#233;raux et les cliques bourgeoises qui leur sont li&#233;es auront le pouvoir ? Pouvoir sur l'essentiel des richesses pour continuer &#224; piller et &#224; priver la population du n&#233;cessaire, et pouvoir sur leurs soldats pour organiser le massacre de ces m&#234;mes pauvres quand ils se r&#233;voltent ? La lutte d&#233;mocratique ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de la r&#233;volution politique pour renverser le r&#233;gime actuel et de la lutte sociale pour se d&#233;barrasser des exploiteurs, alg&#233;riens ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 juin 2001, &lt;strong&gt;Robert PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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