<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH18/siteon0-6badf.png?1787993460</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Br&#233;sil : l'&#233;conomie politique de la haine
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Bresil-l-economie-politique-de-la-haine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Bresil-l-economie-politique-de-la-haine</guid>
		<dc:date>2022-11-08T10:08:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil
</dc:subject>

		<description>Bolsonaro et sa base r&#233;actionnaire gagnent sur le plan institutionnel une place d&#233;cisive. S'il est trop t&#244;t pour parler de &#171; bolsonarisme &#187;, comme d'un courant politique stable et ancr&#233;, reste &#224; tenir compte du contexte &#233;conomique de ce pays-continent qui n'a pas r&#233;ussi &#224; passer du statut d'un pays &#233;mergent &#224; celui d'une puissance industrielle pouvant jouer dans la cour des grands. De quoi frustrer une bonne partie de la bourgeoisie br&#233;silienne qui avait trouv&#233; son int&#233;r&#234;t &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bresil-la-victoire-de-la-gauche-a-t-elle-evite-le-pire-607-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil : la victoire de Lula a-t-elle &#233;vit&#233; le pire ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bolsonaro et sa base r&#233;actionnaire gagnent sur le plan institutionnel une place d&#233;cisive. S'il est trop t&#244;t pour parler de &#171; bolsonarisme &#187;, comme d'un courant politique stable et ancr&#233;, reste &#224; tenir compte du contexte &#233;conomique de ce pays-continent qui n'a pas r&#233;ussi &#224; passer du statut d'un pays &#233;mergent &#224; celui d'une puissance industrielle pouvant jouer dans la cour des grands. De quoi frustrer une bonne partie de la bourgeoisie br&#233;silienne qui avait trouv&#233; son int&#233;r&#234;t &#224; propulser et financer le bolsonarisme. Du moins avant de pencher pour un compromis avec Lula, lors de cette derni&#232;re pr&#233;sidentielle, en misant, qui sait, sur une promesse de stabilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la crise politique r&#233;v&#233;l&#233;e par ce r&#233;sultat &#233;lectoral &#8211; une gauche r&#233;formiste fragile adoss&#233;e aux institutions et une extr&#234;me droite muscl&#233;e &#8211; et les pr&#233;visions pessimistes du Fonds mon&#233;taire international (FMI) &#224; propos de l'inflation et du ralentissement des investissements, annoncent les &#233;tapes &#224; venir d'une guerre sociale qui avait d&#233;j&#224; commenc&#233; sous le mandat de Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les frustrations d'un secteur de la bourgeoisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil, pays d&#233;pendant au sein du syst&#232;me imp&#233;rialiste, a opt&#233; dans le pass&#233; pour diff&#233;rentes voies afin de trouver cette place enviable sur le march&#233; mondial que les grandes puissances lui promettaient : exportation de biens agricoles (sucre puis caf&#233;), tentative d'industrialisation pour sortir du sous-d&#233;veloppement dans une courte p&#233;riode des ann&#233;es 1960, une &#233;conomie sous tutelle militaire (1964-1985), puis une p&#233;riode d'&#233;conomie &#171; lib&#233;rale &#187;, terme impropre puisque l'&#201;tat garantissait les investissements strat&#233;giques, et enfin un tournant massif vers un mod&#232;le, l'extractivisme, qu'on peut r&#233;sumer &#224; l'exportation des mati&#232;res premi&#232;res, agricoles, min&#233;rales et p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, entre autres, a permis la stabilisation et la consolidation politique de ce courant r&#233;actionnaire, c'est la frustration et les d&#233;convenues de secteurs cl&#233; de la bourgeoisie : d'abord une stagnation &#233;conomique prolong&#233;e depuis environ 2013, ensuite une d&#233;sindustrialisation relative, enfin un &#233;puisement du cycle politique des alternances, toutes ces politiques de gauche et de droite ne diff&#233;rant que sur un aspect (le traitement de la pauvret&#233;, avec le jeu du PT d'opposer les plus pauvres aux travailleurs salari&#233;s), sans pouvoir tenir les promesses &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins le choix des secteurs moteurs de la bourgeoisie br&#233;silienne, en vue d'enrichissement &#224; court terme, de d&#233;laisser les secteurs technologiques innovants, sans une politique &#233;tatique de d&#233;veloppement capitaliste, a produit un double effet. D'abord en faisant exploser le secteur informel tout en fragilisant le prol&#233;tariat sans organisations syndicales et politiques pour se d&#233;fendre : 80 % des entreprises du pays sont dans la cat&#233;gorie de basse technologie, 60 % du travail est simplifi&#233;, non qualifi&#233; et pr&#233;caris&#233;, (en f&#233;vrier 2022 presque 25 millions de travailleurs sont auto-entrepreneurs, 12 millions sont au ch&#244;mage, sur les 99 millions occup&#233;s). Ensuite, bien des secteurs patronaux ont connu des difficult&#233;s &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; mondial. Enfin, cette d&#233;sindustrialisation forc&#233;e r&#233;sulte bien entendu des rapports de force in&#233;gaux avec les pays imp&#233;rialistes. D'o&#249; cette propension &#224; piller l'Amazonie pour des profits &#224; court terme, &#224; domestiquer la force de travail et &#224; mettre en avant cette violence assum&#233;e des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'amorce d'une guerre de classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec une augmentation de la d&#233;forestation de 70 %, plus de 700 000 victimes de la pand&#233;mie laiss&#233;es d&#233;lib&#233;r&#233;ment sans soins, une polarisation sociale accrue (10 % des plus riches poss&#232;dent pr&#232;s de 60 % des richesses, &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; blancs dans un pays qui ne l'est pas), plus de 31 millions de Br&#233;siliens qui ont faim, un tel bilan ne devrait pas permettre une telle progression &#233;lectorale de Bolsonaro (plus six millions de voix entre le premier et le second tour). Mais son camp y a mis les moyens politiques. Le militantisme de terrain des &#233;vang&#233;listes a su encadrer les peurs sociales, le financement priv&#233; de la campagne aussi. Comme le signale &lt;em&gt;The Economist&lt;/em&gt; du 29 octobre 2022, plus de 80 % des financements priv&#233;s de la campagne politique sont all&#233;s &#224; Bolsonaro, permettant la mise en place d'un rouleau compresseur sur les r&#233;seaux sociaux mais aussi sur le terrain. L'ensemble des formations politiques pr&#233;sentes au premier tour se sont tourn&#233;es vers ce Trump tropical, car il m&#233;nageait un client&#233;lisme envers les pauvres &#8211; prouvant que la gauche n'en avait pas le monopole &#8211; et un client&#233;lisme r&#233;gional permettant, avec un budget pr&#233;sidentiel tenu secret, d'arroser des projets d'&#233;quipements et d'infrastructures pour les plus dociles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro a pr&#233;par&#233; cette configuration en amont d&#232;s le d&#233;but de son mandat. Il a su, au-del&#224; de ses frasques et stupidit&#233;s, amorcer une guerre de classe au b&#233;n&#233;fice des siens avec une certaine efficacit&#233; qui lui vaut du cr&#233;dit aupr&#232;s de secteurs interm&#233;diaires de la bourgeoisie, de l'appareil militaire (qui est une v&#233;ritable caste sociale avec son droit de contr&#244;le partiel des ressources de l'Amazonie), des secteurs strat&#233;giques de l'exportation agricole. Cela &#233;tait visible d&#232;s les r&#233;sultats des &#233;lections municipales de 2020, avec la progression de diverses coalitions d'extr&#234;me droite. Il a permis &#224; ses commanditaires de lutter contre la concurrence des autres puissances commerciales et de s'am&#233;nager une meilleure place sur le march&#233; mondial agraire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La fuite en avant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes au Br&#233;sil est aujourd'hui men&#233;e par des secteurs de la bourgeoisie accul&#233;s sur le march&#233; mondial, qui, d'un c&#244;t&#233;, entra&#238;nent une partie de la petite bourgeoisie en qu&#234;te d'ordre, affol&#233;e par son d&#233;classement &#224; venir, et qui, de l'autre, tient sous tutelle des secteurs parmi les plus pauvres (les budgets des &#201;tats f&#233;d&#233;raux o&#249; les partisans de Bolsonaro d&#233;tiennent la majorit&#233; serviront &#224; cela). Et les gagnants de la politique de Bolsonaro sont finalement suffisamment nombreux pour militer pour le maintien de cette orientation, d'autant que la coalition de Lula ne propose pas de changements majeurs. Cette extr&#234;me droite est forte des renoncements de la gauche au pouvoir, mais elle poss&#232;de aussi une base sociale qui n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne passager, au-del&#224; du destin personnel de Bolsonaro. La diff&#233;rence avec les fascismes des ann&#233;es 1930, est qu'elle ne vise pas &#224; annihiler le mouvement ouvrier (jusqu'&#224; pr&#233;sent !), elle s'appuie sur une bourgeoisie d&#233;pendante broy&#233;e par la mondialisation, tout en profitant d'une absence du mouvement ouvrier sur le plan politique. Une force diff&#233;rente dans sa forme, mais qui est tout aussi dangereuse pour tous les exploit&#233;s et les opprim&#233;s du Br&#233;sil. Ce pays a &#233;t&#233; un temps le laboratoire de la gauche : la cr&#233;ation du Parti des travailleurs qui affichait la promesse d'une ind&#233;pendance de classe, un syndicalisme ind&#233;pendant de l'&#201;tat, l'exp&#233;rience du municipalisme horizontal avec la gestion par la gauche de la gauche de Porto Alegre, les luttes sociales des sans-terre, des sans-toits. Le bilan est s&#233;v&#232;re pour toutes ces exp&#233;riences qui ne sortaient pas du champ de la &#171; gauche du possible &#187;. Mais qui disait &lt;em&gt;&#171; soyons r&#233;alistes, exigeons l'impossible &#187;&lt;/em&gt; ? Au prol&#233;tariat de jouer sa partie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 novembre 2022, Tristan Katz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Retour sur les ann&#233;es Lula
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Retour-sur-les-annees-Lula</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Retour-sur-les-annees-Lula</guid>
		<dc:date>2022-11-08T10:08:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour comprendre la popularit&#233; dont b&#233;n&#233;ficie Lula dans les milieux populaires, mais aussi ce qui avait permis l'ascension du d&#233;magogue d'extr&#234;me droite, Bolsonaro, pr&#233;sident sortant battu de justesse, il est bon de faire un petit rappel des ann&#233;es de la premi&#232;re pr&#233;sidence de Luiz In&#225;cio Lula da Silva, que tout le monde appelle famili&#232;rement Lula. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bresil-la-victoire-de-la-gauche-a-t-elle-evite-le-pire-607-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil : la victoire de Lula a-t-elle &#233;vit&#233; le pire ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton19523-8c32e.jpg?1787840619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : en 2006, Lula, Clinton et Chirac. Cr&#233;dit photo : Marcello Casal Jr/ABr. Source &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lula,_Jacques_Chirac_and_Bill_Clinton.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wikipedia&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la popularit&#233; dont b&#233;n&#233;ficie Lula dans les milieux populaires, mais aussi ce qui avait permis l'ascension du d&#233;magogue d'extr&#234;me droite, Bolsonaro, pr&#233;sident sortant battu de justesse, il est bon de faire un petit rappel des ann&#233;es de la premi&#232;re pr&#233;sidence de Luiz In&#225;cio Lula da Silva, que tout le monde appelle famili&#232;rement Lula.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un leader des gr&#232;ves devenu pr&#233;sident&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lula, ouvrier dans l'industrie automobile de la r&#233;gion de S&#227;o Paulo, fut le leader charismatique des luttes ouvri&#232;res qui ont &#233;branl&#233; la dictature &#224; la fin des ann&#233;es 1970. L'inflation galopante de cette p&#233;riode et la dette du pays au nom de laquelle le FMI avait impos&#233; une politique d'aust&#233;rit&#233;, avaient abouti &#224; des vagues de gr&#232;ves monstres en 1978 puis en 1984. Au c&#339;ur industriel du Br&#233;sil &#8211; la r&#233;gion ABC, la zone industrielle de S&#227;o Paulo &#8211; des centaines de milliers de travailleurs avaient balay&#233; les syndicats impos&#233;s par la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH327/lula_discursando_para_metalurgicos_em_1979-d2ed3.jpg?1787840619' width='500' height='327' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo : Lula en 1979. Source : &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lula_discursando_para_metal%C3%BArgicos_em_1979.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'est n&#233; le PT (Parti des travailleurs), dirig&#233; par des syndicalistes combatifs, dont Lula, des intellectuels de gauche, des catholiques progressistes, et qui a entra&#238;n&#233; toute une base militante nouvelle mais aussi beaucoup d'organisations de gauche, dont le Parti communiste br&#233;silien (tr&#232;s faible, r&#233;prim&#233; pendant la dictature), le mouvement catholique progressiste, les organisations trotskistes et les associations de paysans sans terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux plans d'aust&#233;rit&#233;, privatisations et scandales de corruption qui ont marqu&#233; le Br&#233;sil des ann&#233;es 1980 et 1990, le PT va gagner des &#233;lections locales, des mairies de grandes villes comme Porto Alegre ou S&#227;o Paulo, faire &#233;lire des d&#233;put&#233;s, etc. Il s'y est modifi&#233; : du parti de 1982 qui pr&#233;sentait des ouvriers aux &#233;lections, il va devenir un parti de notables, avec une politique r&#233;formiste assum&#233;e, brimant ou expulsant des militants r&#233;volutionnaires ou simplement trop &#171; lutte de classe &#187;. Quand, &#224; la t&#234;te du PT, Lula finit par gagner l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en 2002, c'est avec une image rassurante pour la bourgeoisie, affichant l'objectif de gouverner pour tous, riches et pauvres, avec un slogan qu'il reprend aujourd'hui &#171; Lulinha Paz e Amor &#187; (Petit Lula paix et amour). Mais Lula, homme issu des masses pauvres du Nordeste, syndicaliste, ayant fait de la prison sous la dictature, a soulev&#233; un immense espoir et garde encore aujourd'hui un peu de cette aura.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le PT au pouvoir et les d&#233;ceptions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jamais le Br&#233;sil, ou plut&#244;t sa bourgeoisie, en ces ann&#233;es 2000, n'a &#233;t&#233; aussi prosp&#232;re ! &#192; tel point qu'&#224; la fin de ses deux mandats, Lula &#233;tait la coqueluche de la Banque mondiale, du FMI et de tous les dirigeants du monde, &#233;lu homme de l'ann&#233;e &#224; Davos en 2010. Le Br&#233;sil avait un taux de croissance de 7 %. Les ann&#233;es Lula ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par un contexte &#233;conomique favorable au niveau mondial, des fortunes ont &#233;t&#233; b&#226;ties dans l'agrobusiness, le BTP, des centaines de milliards ont &#233;t&#233; investis dans les forages p&#233;troliers. La bourgeoisie br&#233;silienne, qui voulait faire ses valises en 2002 et traitait Lula de &#171; crapaud barbu &#187;, a &#233;t&#233; tr&#232;s vite rassur&#233;e et m&#234;me enchant&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que, d&#232;s le d&#233;part, Lula s'&#233;tait entour&#233; de ministres sociaux-d&#233;mocrates ou de partis bourgeois comme le PMDB (Partido do Movimento Democr&#225;tico Brasileiro, devenu MDB en 2017, dont la candidate Simone Tebet, arriv&#233;e troisi&#232;me au premier tour de 2022 l'a soutenu au second et pourrait avoir un poste de ministre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son tour de force a &#233;t&#233; &#224; la fois de ne mettre aucun frein au capital financier, de rembourser la dette au FMI et m&#234;me de se payer le luxe de lui pr&#234;ter six milliards de dollars ! Il n'a jamais remis en cause les privatisations des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, a arros&#233; de milliards le patronat de l'agrobusiness, n'a mis quasiment aucun frein &#224; la d&#233;forestation (si frein il y a eu, ce fut surtout gr&#226;ce &#224; l'acharnement d'associations militantes). Quant &#224; la r&#233;forme agraire que r&#233;clamaient des centaines de milliers de paysans sans terre combattant &#224; mort pour occuper des lopins et survivre, elle n'a jamais eu lieu : la promesse d'&#233;tablir 500 000 paysans pauvres a accouch&#233; d'une souris, Lula a plac&#233; moins de familles que son pr&#233;d&#233;cesseur Fernando Henrique Cardoso, pas m&#234;me un tiers de ce qu'il avait promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il a engag&#233; des r&#233;formes contre les retraites des fonctionnaires f&#233;d&#233;raux, consid&#233;r&#233;es trop &#233;lev&#233;es. Il a r&#233;form&#233; le Code du travail en faveur des patrons et bloqu&#233; les salaires des travailleurs les mieux pay&#233;s du Br&#233;sil, allant des ouvriers qualifi&#233;s des grandes entreprises aux fonctionnaires : si le but affich&#233; &#233;tait de &#171; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s &#187; salariales (des travailleurs qualifi&#233;s pouvaient gagner dix fois le smic qui &#233;tait mis&#233;rable) en augmentant le smic dans le m&#234;me temps (il a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois en sept ans), le fait est que des millions de travailleurs se sont retrouv&#233;s avec de plus petits revenus. Les grands groupes ont pratiqu&#233; l'aust&#233;rit&#233; salariale avec l'aide de la centrale syndicale li&#233;e au PT, la CUT (Central &#218;nica dos Trabalhadores &#8211; Centrale unique des travailleurs) qui prenait ses ordres au gouvernement et dont le dirigeant, Luiz Marinho, a &#233;t&#233; ministre du Travail de Lula. R&#233;sultat : les in&#233;galit&#233;s entre le patronat, qui a b&#233;n&#233;fici&#233; d'aides et exon&#233;rations d'imp&#244;ts, et les revenus du monde du travail n'ont jamais &#233;t&#233; aussi &#233;normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, les classes populaires ont v&#233;cu un mieux ces ann&#233;es-l&#224;. Il y avait une sorte de plein emploi (mais toujours beaucoup d'emplois informels), le travail des enfants avait un peu recul&#233; alors qu'il augmente &#224; nouveau aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula avait promis d'&#233;radiquer la faim au Br&#233;sil (programme &lt;em&gt;Fome Zero &#8211; &lt;/em&gt;faim z&#233;ro) et a instaur&#233; en 2007 des allocations aux familles les plus pauvres, la &lt;em&gt;Bolsa Familia&lt;/em&gt; (bourse familiale) &#8211; une trentaine d'euros &#8211;, conditionn&#233;es &#224; l'envoi des enfants &#224; l'&#233;cole. C'&#233;tait peu mais a permis &#224; des millions de travailleurs pauvres, notamment dans la r&#233;gion du Nordeste, de manger &#224; leur faim. Il a aussi instaur&#233; des retraites minimum pour tous, y compris pour les petits paysans qui n'avaient jamais cotis&#233; &#224; rien. La &lt;em&gt;Bolsa familia&lt;/em&gt;, par exemple, co&#251;tait de 8 &#224; 12 milliards de dollars &#224; l'&#201;tat, donc peu au regard des centaines de milliards qui servaient &#224; financer les patrons, l'industrie p&#233;troli&#232;re ou &#224; payer l'int&#233;r&#234;t de la dette. Son programme de logement populaire, &#171; Minha Casa, Minha Vida &#187;, en 2009, est rest&#233; lui aussi limit&#233; (cinq millions de logements alors qu'aujourd'hui on d&#233;nombre onze millions de personnes qui vivent dans les favelas&#8230;). Si bien qu'&#224; la fin de son premier mandat, 36 % du budget allait au service de la dette au profit des financiers internationaux, 5 % pour la sant&#233; et 3 % pour l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me Lula, qui a achet&#233; la paix sociale &#224; moindre co&#251;t tout en brimant la combativit&#233; des classes populaires, n'a pas arm&#233; la population contre la rapacit&#233; d'une bourgeoisie br&#233;silienne dont l'enrichissement tapageur, le m&#233;pris social et le racisme sont une marque de fabrique. Les responsables du PT ont eux aussi baign&#233; dans le syst&#232;me de corruption politique qui s&#233;vissait au Br&#233;sil depuis bien longtemps. Ce qui a permis &#224; la population de vivre l&#233;g&#232;rement mieux, c'est surtout la croissance &#233;conomique dont le &#171; cercle vertueux &#187; a pris fin en 2013-2014.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'usure du r&#233;gime &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, sous le gouvernement de Dilma Rousseff, pr&#233;sidente du PT qui a succ&#233;d&#233; &#224; Lula, les choses n'ont fait qu'empirer, avec des restrictions dans les budgets des services publics, des suppressions de postes, une privatisation croissante du syst&#232;me de sant&#233;. Dans le m&#234;me temps, les milliards coulaient pour l'organisation du mondial de foot de 2014 (11 milliards) puis pour les Jeux olympiques de 2016. Dilma Rousseff a fait d&#233;barquer la police anti-gangs dans les favelas de Rio pour &#171; pacifier &#187; la zone avant les JO (sous Bolsonaro ces gangs ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des milices du r&#233;gime tout aussi violentes). 250 000 personnes ont &#233;t&#233; expuls&#233;es de certaines favelas pour faire de nouveaux quartiers plus pr&#233;sentables dont n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; les plus pauvres. Les mouvements de contestation et de gr&#232;ves ont &#233;t&#233; nombreux, notamment un grand mouvement contre l'augmentation du prix du ticket de bus en 2013. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que la destitution en 2016 de Dilma Rousseff, victime de la cabale anti-PT men&#233;e par la droite &#224; l'occasion d'une op&#233;ration dite &#171; mains propres &#187; n'ait pas soulev&#233; les foules populaires.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH357/posse_dilma_2010_8-613e7.jpg?1787840619' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo : en 2011, Dilma Rousseff succ&#232;de &#224; Lula. Cr&#233;dit : &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Posse_Dilma_2010_8.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fabio Rodrigues Pozzebom/ABr - Ag&#234;ncia Brasil&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; l'occasion d'une mont&#233;e en puissance de tous les tenants de la droite qui ont men&#233; une campagne anti-PT, contre le &#171; communisme &#187;. La jeunesse d'extr&#234;me droite a d&#233;fil&#233; et celui qui n'&#233;tait alors qu'un d&#233;put&#233; inconnu, Jair Bolsonaro, s'est fait remarquer pour la premi&#232;re fois en d&#233;diant son vote pour la destitution de Dilma au militaire qui avait tortur&#233; celle-ci sous la dictature. Bolsonaro remporte la pr&#233;sidentielle de 2018 et est investi en janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le balancier &#233;lectoral vient de pencher &#224; nouveau en faveur de Lula. Mais l'extr&#234;me droite br&#233;silienne est toujours l&#224;. Les d&#233;ceptions soulev&#233;es par la premi&#232;re pr&#233;sidence de Lula ont favoris&#233; sa renaissance, trente ans apr&#232;s la chute de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 novembre 2022, Anne Hansen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil : Lula &#233;lu, les travailleurs restent d&#233;sorganis&#233;s face &#224; l'offensive de la bourgeoisie et aux menaces de l'extr&#234;me droite
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Lula-elu-les-travailleurs-restent-desorganises-face-a-l-offensive-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Lula-elu-les-travailleurs-restent-desorganises-face-a-l-offensive-de-la</guid>
		<dc:date>2022-11-04T11:19:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil
</dc:subject>

		<description>Au Br&#233;sil, &#224; l'issue d'un scrutin extr&#234;mement serr&#233;, Lula a &#233;t&#233; &#233;lu au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle par 50,9 % des suffrages exprim&#233;s contre 49,1 % &#224; son adversaire d'extr&#234;me droite, le pr&#233;sident sortant, Jair Bolsonaro. Lula, qui a gagn&#233; de l'ordre de deux millions de voix entre les deux tours, reste aur&#233;ol&#233;, aupr&#232;s des classes populaires, de son pass&#233; de militant syndicaliste contre la dictature f&#233;roce des ann&#233;es 1980, prestige personnel qui a r&#233;sist&#233; aux mesures en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bresil-la-victoire-de-la-gauche-a-t-elle-evite-le-pire-607-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil : la victoire de Lula a-t-elle &#233;vit&#233; le pire ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton19500-bf745.jpg?1787840619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, &#224; l'issue d'un scrutin extr&#234;mement serr&#233;, Lula a &#233;t&#233; &#233;lu au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle par 50,9 % des suffrages exprim&#233;s contre 49,1 % &#224; son adversaire d'extr&#234;me droite, le pr&#233;sident sortant, Jair Bolsonaro. Lula, qui a gagn&#233; de l'ordre de deux millions de voix entre les deux tours, reste aur&#233;ol&#233;, aupr&#232;s des classes populaires, de son pass&#233; de militant syndicaliste contre la dictature f&#233;roce des ann&#233;es 1980, prestige personnel qui a r&#233;sist&#233; aux mesures en faveur du patronat et &#224; celles prises contre les travailleurs lorsqu'il &#233;tait au pouvoir et aux scandales de corruption. Mais Bolsonaro, lui, a gagn&#233; quelque six millions de voix, soit trois fois plus. De plus, mis &#224; part ce dernier scrutin, Bolsonaro est en fait le grand gagnant de toutes les &#233;lections qui se sont d&#233;roul&#233;es ces derniers temps au Br&#233;sil : s'il a &#233;chou&#233; sur le fil &#224; la pr&#233;sidentielle, son parti est le premier &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s et au S&#233;nat et c'est un de ses anciens ministres qui l'a emport&#233; &#224; l'&#233;lection du gouverneur dans l'&#201;tat de S&#227;o Paulo, le poumon &#233;conomique du pays, produisant un quart de ses richesses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'extr&#234;me droite &#224; l'offensive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro &#8211; qui reste en fonction jusqu'au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2023, date de la passation de pouvoir &#8211; est rest&#233; silencieux jusqu'au mardi suivant le scrutin, laissant planer le doute sur ses intentions &#224; l'issue du scrutin. Tout le monde avait bien s&#251;r en t&#234;te le comportement de celui qui est un mod&#232;le pour Bolsonaro, Trump, &#224; l'issue de sa d&#233;faite aux &#233;lections pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines face &#224; Joe Biden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en a pas fallu davantage pour que l'extr&#234;me droite dont Bolsonaro &#233;tait devenu le porte-parole organise des manifestations massives &#224; travers tout le pays, avec blocage du r&#233;seau routier et autoroutier par de nombreux camionneurs. Depuis, Bolsonaro a donn&#233; le feu vert &#224; ses &#233;quipes pour pr&#233;parer la transition avec celles de Lula. Celui qui dirigera ces derni&#232;res est le vice-pr&#233;sident &#233;lu, Geraldo Alckmin, longtemps un des leaders de la droite lib&#233;rale br&#233;silienne, un homme que peu de choses s&#233;parent politiquement des &#233;quipes de Bolsonaro. Tout un symbole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, il semble que la police et l'arm&#233;e aient fait lever les barrages routiers, suivant en cela la demande de Bolsonaro lui-m&#234;me. Depuis le r&#233;sultat des &#233;lections, de tr&#232;s nombreux rassemblements avaient converg&#233; vers les casernes de l'arm&#233;e, r&#233;clamant une intervention de celle-ci pour r&#233;tablir &lt;em&gt;&#171; la loi et l'ordre &#187;&lt;/em&gt;, entendez par l&#224; balayer Lula en organisant elle-m&#234;me de nouvelles &#233;lections&#8230; ou pas. Changement de strat&#233;gie, selon un article du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; publi&#233; le 3 novembre : &lt;em&gt;&#171; Dans les rassemblements de mercredi, interdiction avait &#233;t&#233; faite d'&#233;voquer un quelconque &#8220;coup d'&#201;tat&#8221;. Le mot d'ordre est pass&#233; : il s'agit de rester pacifique et d'&#233;viter &#224; Jair Bolsonaro toute poursuite judiciaire. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Droite et extr&#234;me droite majoritaires dans les institutions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'achemine-t-on vers une transition qui m&#232;nerait tranquillement Lula au pouvoir ? Peut-&#234;tre. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que, dans le meilleur des cas pour lui, Lula sera un otage, volontaire il est vrai, aux mains des partis de droite et d'extr&#234;me droite, majoritaires dans les institutions du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Bolsonaro a fini par se r&#233;soudre &#224; passer la main, c'est apr&#232;s avoir constat&#233; que ses principaux appuis, dans son propre parti, avaient reconnu la victoire &#233;lectorale de Lula. Et ces derniers ont tr&#232;s certainement &#233;t&#233; sensibles &#224; la prise de position unanime reconnaissant la victoire de Lula des dirigeants des grandes puissances, y compris la Russie et la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro, et derri&#232;re lui tout ce que le Br&#233;sil compte de r&#233;actionnaires ont de fait toutes les cartes en main pour peser lourdement sur la vie politique. Techniquement, s'il acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence, Lula devra n&#233;gocier chaque vote &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s et au S&#233;nat. Ce qui, d&#233;j&#224;, n'augure rien de bon pour les travailleurs. De toute fa&#231;on, lors de son premier mandat, en 2003, une des premi&#232;res mesures prises par Lula avait &#233;t&#233; de&#8230; repousser de cinq ans l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite ! Une mesure qu'il avait bien entendu combattue auparavant dans l'opposition. Car, si, de 2003 &#224; 2010, Lula avait pris quelques mesures en faveur des plus pauvres, sortant pr&#232;s de 30 millions de Br&#233;siliens du d&#233;nuement complet, il s'en est pris aux travailleurs qualifi&#233;s, ceux qui l'avaient &#233;lu et dont le pouvoir d'achat a r&#233;gress&#233; sous ses mandats, tandis que l'embellie &#233;conomique qu'avait connue le Br&#233;sil jusqu'en 2011 avait surtout profit&#233; au patronat, tr&#232;s largement arros&#233; par l'administration de Lula. Ce n'est pas pour rien que cet ancien m&#233;tallo, ancien dirigeant syndical aur&#233;ol&#233; du prestige acquis &#224; la t&#234;te de luttes importantes, est devenu un des chouchous des dirigeants imp&#233;rialistes et de fractions notables de la bourgeoisie br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comment Bolsonaro a-t-il pu conserver un tel niveau d'adh&#233;sion populaire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il gouverne demain, Lula le fera contre les travailleurs, en pr&#233;textant qu'il est pieds et poings li&#233;s par les assembl&#233;es et les gouverneurs. Comme tant d'autres gouvernements l'ont fait et le font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus grave est le d&#233;sarroi dans lequel lui et la gauche br&#233;silienne ont plong&#233; les classes populaires. On peut tout de m&#234;me l&#233;gitimement s'interroger sur le fait que Bolsonaro ait capt&#233; tant de voix dans ces m&#234;mes classes populaires, y compris parmi les travailleurs qualifi&#233;s &#8211; S&#227;o Paulo est une des plus grandes concentrations ouvri&#232;res du monde, fer de lance des luttes ouvri&#232;res au Br&#233;sil et l'&#201;tat dont elle est la capitale vient donc d'&#233;lire un gouverneur, ancien ministre de Bolsonaro et membre de son parti. Tous les t&#233;moignages sur les manifestants de ces derniers jours en soutien &#224; Bolsonaro montrent des petites gens persuad&#233;s que leur salut tient &#224; la reconduction de l'ex-pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Bolsonaro et ses soutiens n'ont pas l&#233;sin&#233; sur les moyens pendant la campagne du second tour, distribuant de l'argent pris sur les fonds publics dans les villes o&#249; Lula &#233;tait arriv&#233; en t&#234;te. Des patrons n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; faire pression sur leurs salari&#233;s, allant jusqu'&#224; licencier ceux qui disaient vouloir voter pour Lula.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans l'&#201;tat de Bahia, le chef d'une exploitation agricole a &#233;t&#233; enregistr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'explique pas la situation. Comment un homme apparu comme grossier, impr&#233;visible, complotiste, d'une incomp&#233;tence crasse face &#224; la pand&#233;mie de Covid-19 dont il a purement et simplement ni&#233; la gravit&#233;, refusant de prendre des mesures sanitaires contre elle, comment se fait-il qu'il a termin&#233; &#224; un cheveu de l'&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence et l'a emport&#233; dans les autres ? Pourquoi une partie de la bourgeoisie, largement arros&#233;e par Lula quand il &#233;tait en poste, lui a-t-elle pr&#233;f&#233;r&#233; un tel individu ? Comment se fait-il qu'un individu ayant pris d'innombrables mesures anti-ouvri&#232;res pendant son mandat puisse b&#233;n&#233;ficier du soutien d'une bonne partie des milieux populaires, d'une ferveur m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la bourgeoisie, face aux menaces de r&#233;volte des classes populaires confront&#233;es &#224; une mis&#232;re croissante, le poids des appareils syndicaux et des partis de la gauche institutionnelle risque fort de ne pas suffire. D'o&#249; le succ&#232;s grandissant au sein la droite br&#233;silienne d'un personnage plus que douteux comme Bolsonaro. Une situation gu&#232;re diff&#233;rente de celle qui voit un Trump maintenir ses positions au sein du Parti r&#233;publicain aux &#201;tats-Unis, malgr&#233; sa d&#233;faite &#224; la derni&#232;re pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Lula avait manifestement les faveurs de la grande bourgeoisie br&#233;silienne et des dirigeants des grandes puissances, son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te du pays ne se fera pas dans le m&#234;me contexte qu'au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Le monde est entr&#233; dans des convulsions qui rendent les politiques de faux-semblants de la gauche institutionnelle non seulement illusoires &#8211; elles l'ont toujours &#233;t&#233; &#8211;, mais dangereuses pour le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gauche laisse les travailleurs d&#233;sarm&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quant aux travailleurs, ils ont &#233;t&#233; pri&#233;s de se taire durant la campagne, sous pr&#233;texte d'&#233;viter toute provocation. De fait, ils ont &#233;t&#233; absents des propositions de Lula. Par refus de donner un quelconque espoir &#224; ses partisans, Lula est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; expliquer qu'il &#233;tait personnellement oppos&#233; &#224; l'avortement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro a donc peut-&#234;tre donn&#233; le feu vert &#224; la transition vers l'&#233;quipe de son rival Lula. Mais d'un Lula flanqu&#233; d'un vice-pr&#233;sident de droite, avec des chambres qui, demain, peuvent tr&#232;s bien le destituer comme elles l'ont fait pour l'ancienne ministre de Lula, Dilma Rousseff, qui lui avait succ&#233;d&#233; &#224; la pr&#233;sidence de 2011 &#224; 2016. D'un Lula qui ne disposera d'aucune marge de man&#339;uvre puisqu'il est hors de question pour lui de mobiliser les travailleurs, si tant est qu'il le puisse tant il les a d&#233;&#231;us et trahis. Et dont la pr&#233;sidence, si tant est qu'il y acc&#232;de, pourrait se terminer dans l'&#233;mergence d'un r&#233;gime f&#233;roce contre les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation actuelle, lourde est la responsabilit&#233; de la gauche qui a remis son sort dans le bon-vouloir de la bourgeoisie br&#233;silienne, dans ses institutions et dans les mains des dirigeants des grandes puissances. Durant la campagne, elle a enjoint les travailleurs de tout miser sur l'&#233;limination de Bolsonaro. Mais la droite et l'extr&#234;me droite restent une r&#233;alit&#233;, l'&#233;troitesse de la marge au second tour est l&#224; pour le rappeler &#224; ceux qui se soulagent en regardant qui a gagn&#233;. &#192; aucun moment, les travailleurs n'ont &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#224; combattre l'offensive du patronat, &#224; s'organiser pour &#234;tre &#224; m&#234;me de faire face &#224; tous ceux qui sont pr&#234;ts &#224; faire le coup de poing, voire le coup de feu, contre les travailleurs en lutte &#8211; et le Br&#233;sil n'en manque pas, on en a vu la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg avec la police des routes emp&#234;chant les partisans de Lula d'aller voter, avec les militaires applaudissant les manifestants venus r&#233;clamer l'intervention de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En laissant les classes populaires sans autre perspective qu'institutionnelle, cette gauche ne pr&#233;pare pas les travailleurs aux in&#233;vitables combats qu'ils devront mener face &#224; une bourgeoisie &#224; l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que le Br&#233;sil est un pays fort de traditions ouvri&#232;res. La situation actuelle montre que, comme ailleurs, l'&#233;mergence d'un regroupement des militants r&#233;volutionnaires est urgente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 novembre 2022, Tristan Katz et Jean-Jacques Franquier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/lulaard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH295/lulaard-be2b5.jpg?1787840619' width='500' height='295' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; Dans l'&#201;tat de Bahia, le chef d'une exploitation agricole a &#233;t&#233; enregistr&#233; en train de dire &#224; d'autres hommes d'affaires de suivre son exemple en ordonnant &#224; ses employ&#233;es de cacher des t&#233;l&#233;phones portables dans leur soutien-gorge afin de photographier ill&#233;galement leur vote pour M. Bolsonaro. Il a d&#233;clar&#233; avoir licenci&#233; des travailleurs qui avaient dit vouloir voter pour Lula. &#187;&lt;/em&gt;, explique une enqu&#234;te de &lt;em&gt;The Economist&lt;/em&gt; du 29 octobre 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
