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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Centre hospitalier de Novillars (Doubs) : la r&#233;signation, c'est fini !
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		<description>&#192; lire sur le site de Convergences r&#233;volutionnaires, un reportage du 16 juin 2022, dont nous publions ici de tr&#232;s courts extraits. Signalons que depuis la parution de l'article, la direction a c&#233;d&#233; : le pavillon menac&#233; ne fermera pas. Elle promet &#233;galement la mise en stage des infirmiers rapidement. Elle a aussi augment&#233; le nombre des contrats d'allocations d'&#233;tudes. Et elle semble revenir sur sa d&#233;cision de supprimer les temps partiels de &#171; non-droit &#187;. &lt;br /&gt;D&#233;but juin, au Centre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-La-casse-de-l-hopital-" rel="directory"&gt;La casse de l'h&#244;pital
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/CHS-Novillars-la-resignation-c-est-fini' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; lire sur le site de Convergences r&#233;volutionnaires, un reportage du 16 juin 2022&lt;/a&gt;, dont nous publions ici de tr&#232;s courts extraits. Signalons que depuis la parution de l'article, la direction a c&#233;d&#233; : le pavillon menac&#233; ne fermera pas. Elle promet &#233;galement la mise en stage des infirmiers rapidement. Elle a aussi augment&#233; le nombre des contrats d'allocations d'&#233;tudes. Et elle semble revenir sur sa d&#233;cision de supprimer les temps partiels de &#171; non-droit &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but juin, au Centre hospitalier de Novillars (CHN), situ&#233; &#224; douze kilom&#232;tres de Besan&#231;on, la direction a annonc&#233; &#224; nouveau des fermetures de lits, 25 lits de moins au b&#226;timent les Tilleuls, une unit&#233; d'admission pour personnes &#226;g&#233;es. Mais l&#224;, elle est tomb&#233;e sur un os : l'&#233;quipe, r&#233;volt&#233;e par la nouvelle, s'est mobilis&#233;e et lui a adress&#233; une lettre ouverte faisant part de son m&#233;contentement. C'&#233;tait le d&#233;but de la mobilisation. [&#8230;] Il manque &#224; ce jour quinze postes d'infirmiers et ce n'est pas comme veut le faire croire la direction &#224; cause du Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de salaire et de travail ont atteint un tel niveau de d&#233;gradation que le manque de personnel s'alimente de lui-m&#234;me. [&#8230;] Et le serpent se mord la queue : faute de personnel, on ferme ! [&#8230;] Alors, la fermeture de 25 lits aux Tilleuls a fait d&#233;border le vase. Apr&#232;s leur p&#233;tition, les coll&#232;gues ont d&#233;cor&#233; l'h&#244;pital et le village de nombreuses banderoles, contact&#233; les m&#233;dias et fait le tour des autres pavillons, entrainant avec eux de nombreux agents. [&#8230;] Mardi 10 juin, un appel &#224; la gr&#232;ve a &#233;t&#233; lanc&#233; par les syndicats et nous &#233;tions encore 80 &#224; manifester devant les grilles de l'h&#244;pital. [&#8230;] Le personnel hospitalier, par son nombre, sa concentration et la sympathie dont il jouit aupr&#232;s de la population, repr&#233;sente une force consid&#233;rable. Et quand les actions encore isol&#233;es se d&#233;velopperont, se rejoindront et embraseront le pays, on les trouvera vite, les solutions &#224; la crise de la sant&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Instituts de formation en soins infirmiers : &#192; l'Ifsi, &#171; on a pris acte qu'on allait devoir faire les choses par nous-m&#234;mes &#187;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/A-l-Ifsi-on-a-pris-acte-qu-on-allait-devoir-faire-les-choses-par-nous-memes</link>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Interview
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		<description>Si, depuis la crise sanitaire, on sait combien sont &#233;prouvantes les conditions de travail et de soin dans les &#233;tablissements de sant&#233;, la situation des &#233;tudiants infirmiers est moins connue. Ceux-ci sont entr&#233;s dans la profession de mani&#232;re consciente, d&#233;termin&#233;e et paradoxale, avec en t&#234;te l'id&#233;e de bien faire leur m&#233;tier dans un contexte d'effondrement de l'h&#244;pital public. Si le gouvernement se targuait l'an dernier d'avoir augment&#233; les places en Ifsi pour faire face au&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Interview-+" rel="tag"&gt;Interview
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si, depuis la crise sanitaire, on sait combien sont &#233;prouvantes les conditions de travail et de soin dans les &#233;tablissements de sant&#233;, la situation des &#233;tudiants infirmiers est moins connue. Ceux-ci sont entr&#233;s dans la profession de mani&#232;re consciente, d&#233;termin&#233;e et paradoxale, avec en t&#234;te l'id&#233;e de bien faire leur m&#233;tier dans un contexte d'effondrement de l'h&#244;pital public. Si le gouvernement se targuait l'an dernier d'avoir augment&#233; les places en Ifsi pour faire face au sous-effectif chronique dans les h&#244;pitaux, la r&#233;alit&#233; montre qu'il existe une politique d'intimidation visant &#224; faire taire toute contestation, &#224; s&#233;lectionner les plus dociles et &#224; encourager la d&#233;mission des plus fragiles. Mais les r&#233;actions aux conditions d'&#233;tudes et de travail r&#233;v&#232;lent de nouvelles possibilit&#233;s d'intervention militante. C'est ce que nous voyons avec Camille, d'un Ifsi de Bretagne, qui revient sur l'ann&#233;e que la promotion de premi&#232;re ann&#233;e vient de passer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Si tu pouvais r&#233;sumer en une phrase, les &#233;tudes d'infirmi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille :&lt;/strong&gt; C'est beaucoup de pression, des injonctions morales, de l'infantilisation, des menaces de la direction pour ceux qui s'opposent &#224; elle. La direction qui fait des &#171; exemples &#187; en pourrissant les &#233;tudiants les plus mall&#233;ables. En gros, ils veulent s&#233;lectionner de futurs professionnels qui se plient &#224; n'importe quelle exigence et caprices de la direction. Il faut voir que les &#233;tudes ne sont que le reflet des conditions de travail dans la sant&#233;, elles pr&#233;parent &#224; ce qui nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Tu peux revenir sur ta premi&#232;re impression &#224; la rentr&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la premi&#232;re semaine, la directrice a donn&#233; le ton, elle nous a mis en garde sur le fait de devoir faire attention &#224; notre image, que ce soit dans l'&#233;tablissement, ou &#224; l'ext&#233;rieur, car, &#224; ses dires, nous repr&#233;sentons l'Ifsi m&#234;me en dehors des murs. Qu'il &#233;tait important d'avoir une tenue adapt&#233;e, d'&#233;viter les jupes, crop tops, joggings, et les cheveux gras ! Que l'on doit faire attention &#224; ce qu'on dit sur les r&#233;seaux, qu'il est interdit de se partager les cours sous peine de sanctions disciplinaires. Pendant trois jours, les m&#234;mes redites. &#199;a m'avait d&#233;j&#224; questionn&#233;e, je me demandais o&#249; j'&#233;tais arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et au niveau des conditions mat&#233;rielles d'&#233;tude ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour les locaux, ce n'est pas toujours &#233;vident. Pas assez de tables, certains tentent d'&#233;crire sur leur chaise. Une salle avec des poteaux au milieu qui cachent le tableau, des morceaux de plafond qui tombent, pas de salle de pause, deux toilettes pour 100 &#233;tudiants, sans savon ou papier. Le m&#233;nage n'&#233;tait jamais fait, on nous a m&#234;me demand&#233; de le faire nous-m&#234;me. Beaucoup de camarades de promo ont commenc&#233; &#224; refuser d'y retourner. Le midi, rien n'&#233;tait pr&#233;vu : pas de salle suffisante, quatre micro-ondes pour 500 &#233;tudiants&#8230; On a commenc&#233; &#224; se r&#233;unir pour exiger quelques changements. On s'est servi des &#171; feuilles d'&#233;v&#233;nement ind&#233;sirable &#187;, [c'est la proc&#233;dure pour les d&#233;marches qualit&#233; dans les &#233;tablissements de sant&#233;], et m&#234;me si &#231;a reste insuffisant, on a eu quelques retours et obtenu deux micro-ondes suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Quand vous manquez de tout comme &#231;a, comment &#231;a se passe ? Vous avez r&#233;ussi &#224; vous d&#233;brouiller collectivement ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, on a pris acte collectivement qu'on allait devoir faire les choses par nous-m&#234;mes. Il faut se battre pour tout en fait. Par exemple, au d&#233;but de l'ann&#233;e, pour les stages, on nous a dit que l'&#233;tablissement se chargeait de trouver des lieux de stage pour tout le monde. Puis, &#224; deux semaines du d&#233;but des stages, on nous a dit qu'il manquait encore dix places et qu'il n'y avait pas de solution, que certains allaient se retrouver sans stage. Donc on a fait le boulot &#224; la place de l'&#233;cole, en nous r&#233;unissant pour mettre nos r&#233;seaux en commun. Une semaine apr&#232;s, on avait tous nos affectations. Rebelote pour le troisi&#232;me stage, il manquait vingt places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu aussi l'histoire des remboursements des frais kilom&#233;triques des stages. Ce n'est pas anodin quand on voit le prix de l'essence ! La directrice r&#233;pondait &#224; chaque demande : &lt;em&gt;&#171; on en reparle dans trois semaines ? &#187;&lt;/em&gt; Mais on a fini par imposer nos factures et se faire rembourser. &#192; chaque fois, ce sont des situations qui ont permis &#224; la promo de se retrouver et d'&#234;tre encore plus soud&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et cette ambiance, a-t-elle permis un peu d'&#233;viter des d&#233;missions ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Non, d&#232;s le premier stage il y a eu des abandons. En plus des stages, c'est l'ambiance qu'instaure la direction qui fait que nos camarades quittent la formation, demandent des reports d'&#233;tudes, ou veulent &#234;tre mut&#233;s dans d'autres &#233;coles. Depuis la rentr&#233;e, une dizaine de personnes sont d&#233;j&#224; parties. C'est pareil dans toutes les promotions, chez les L2 (deuxi&#232;me ann&#233;e), ils sont encore plus nombreux &#224; quitter la formation.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Quand tu parles d'ambiance instaur&#233;e par la direction, tu peux nous en dire plus ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Toute l'ann&#233;e a &#233;t&#233; ponctu&#233;e d'une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements d'humiliation, de r&#233;primandes et de r&#233;pression. Mais prenons le dernier exemple, qui date de mi-juin. Avec la fatigue, la pression des partiels, le manque de sommeil, les stages et le fait de travailler le week-end pour payer la formation et remplir les placards, &#231;a devient compliqu&#233; en cette fin d'ann&#233;e scolaire. Du coup, une &#233;l&#232;ve a eu le malheur de s'endormir en cours deux petites minutes, et quand la directrice est pass&#233;e dans le couloir et qu'elle l'a aper&#231;ue, elle a interrompu le cours et a convoqu&#233; sur le champ l'&#233;tudiante. La camarade est revenue en pleurs en cours une demi-heure apr&#232;s. Elle s'&#233;tait fait rabaisser, humilier et r&#233;primander. La directrice a os&#233; lui dire que si elle n'arrivait pas &#224; tenir le rythme, elle &lt;em&gt;&#171; n'arriverait &#224; rien dans la vie &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et comment la promo a r&#233;agi face &#224; tout ce que tu racontes ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a mis du temps pour qu'on r&#233;agisse vraiment parce qu'&#224; chaque fois, il y avait la tentation de baisser la t&#234;te. Mais suite &#224; la derni&#232;re intervention en cette fin d'ann&#233;e, nous nous sommes r&#233;unis un midi pour discuter tous ensemble et contrer les tentatives d'intimidation de la directrice. Nous avons r&#233;dig&#233; une lettre collective pour afficher notre unit&#233; et mettre un stop &#224; cette intimidation. Notre revendication est simple, nous voulons &#234;tre trait&#233;s avec respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs ayant des oreilles, la directrice a convoqu&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233;s et tent&#233; de leur soutirer les &#233;l&#233;ments principaux qui y figuraient, avant m&#234;me qu'on ne lui ait envoy&#233;. Voyant qu'elle paniquait, on l'a fait patienter, profitant de l'inversion du rapport de force. En r&#233;alit&#233;, de notre c&#244;t&#233; dans la promo, c'&#233;tait la course aux signatures. Nous avons eu environ la moiti&#233; de la promo, soit 41 &#233;tudiants, qui ont joint leur nom &#224; la lettre. D&#233;j&#224; une petite victoire. Apr&#232;s l'avoir envoy&#233;e, la directrice a raval&#233; sa fiert&#233; et a adopt&#233; un tout autre ton. Pas d'infantilisation, pas de remarques d&#233;plac&#233;es, pas de menaces. Ce n'est pas grand-chose mais la promo a pu avoir le sentiment d'avoir gagn&#233; le premier bras de fer. Comme quoi, m&#234;me pour les camarades rest&#233;s sur la r&#233;serve, la contestation collective (m&#234;me avec une simple lettre) est apparue pour ce qu'elle est : notre meilleure arme face &#224; une direction abusive et m&#233;prisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, si ceux qui contestaient au d&#233;part &#233;taient tr&#232;s minoritaires &#8211; j'ai &#233;t&#233; tent&#233;e plusieurs fois par la d&#233;mission &#8211;, &#224; force de se regrouper, de discuter ensemble face &#224; ces situations, on finit l'ann&#233;e bien plus soud&#233;s, et plus arm&#233;s pour l'an prochain. Aujourd'hui, les promos de L2 et de L3 nous appellent &#171; la promo kamikaze &#187;&#8230; avec un m&#233;lange d'attraction et d'&#233;tranget&#233;. On a montr&#233; qu'on peut inverser le climat d&#233;l&#233;t&#232;re propice aux d&#233;missions. C'est autant de pierres pos&#233;es pour la suite, quand on int&#233;grera la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 juin 2022, propos recueillis par James L&#233;ger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#171; P&#233;nurie de personnel &#187; ? Le diagnostic des hospitaliers
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Penurie-de-personnel-Le-diagnostic-des-hospitaliers</link>
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		<dc:date>2022-07-05T11:47:48Z</dc:date>
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		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>

		<description>Un mal frappe l'h&#244;pital public, les &#171; p&#233;nuries de personnel &#187;. Politiciens et directions hospitali&#232;res auxquels la presse bourgeoise donne la parole assurent faire tout leur possible. Le ressenti sur le terrain est diff&#233;rent. D'autant que les mini-revalorisations salariales des fonctionnaires entrant en vigueur le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet ne financeront tr&#232;s certainement qu'&#224; peine la moiti&#233; d'un plein d'essence pour les salari&#233;s gagnant 1500 euros. &lt;br /&gt;Un probl&#232;me de r&#233;mun&#233;ration qui remonte &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Hopital-+" rel="tag"&gt;H&#244;pital
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton18639-45c2b.jpg?1787895151' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mal frappe l'h&#244;pital public, les &#171; p&#233;nuries de personnel &#187;. Politiciens et directions hospitali&#232;res auxquels la presse bourgeoise donne la parole assurent faire tout leur possible. Le ressenti sur le terrain est diff&#233;rent. D'autant que les mini-revalorisations salariales des fonctionnaires entrant en vigueur le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet ne financeront tr&#232;s certainement qu'&#224; peine la moiti&#233; d'un plein d'essence pour les salari&#233;s gagnant 1500 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un probl&#232;me de r&#233;mun&#233;ration qui remonte &#224; quelques ann&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors des mobilisations des derni&#232;res ann&#233;es, comme celles des urgences en 2019 qui s'&#233;tendaient peu &#224; peu &#224; l'ensemble des hospitaliers, les revendications portaient sur l'augmentation des salaires, outre les r&#233;ouvertures de lits, de structures et l'embauche de personnel. Le gouvernement avait alors fait le choix de d&#233;cr&#233;ter des primes par profession, service ou territoire. Une tentative d'&#233;touffer la contestation de sa politique dans laquelle l'ensemble des travailleurs de la sant&#233; se reconnaissaient. Apr&#232;s la premi&#232;re vague de l'&#233;pid&#233;mie, les mobilisations ont repris en se g&#233;n&#233;ralisant &#224; diff&#233;rents services. Le gouvernement a alors annonc&#233; de &#171; grandes discussions &#187; : le &#171; S&#233;gur &#187;. Verdict au niveau des salaires : 183 euros sous forme de &lt;em&gt;&#171; compl&#233;ment de traitement indiciaire &#187;&lt;/em&gt; pour les salari&#233;s des h&#244;pitaux et les travailleuses des Ehpad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le gouvernement se targue d'avoir augment&#233; les salaires comme jamais et d'avoir revaloris&#233; les &#171; grilles indiciaires &#187;, qui d&#233;finissent le salaire pour les fonctionnaires. Les travailleurs de la sant&#233; quant &#224; eux sont d&#233;go&#251;t&#233;s car la r&#233;alit&#233; est autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La compresse de S&#233;gur	&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les 183 euros net et la r&#233;alit&#233; des revalorisations de grilles indiciaires hospitali&#232;res t&#233;moignent d'un m&#233;pris bien ancr&#233;. Les travailleurs du m&#233;dico-social se sont mobilis&#233;s pendant plus d'un an pour arracher les &#171; 183 euros &#187;. Les nouvelles grilles indiciaires sont tr&#232;s loin de b&#233;n&#233;ficier &#224; l'ensemble des professions de l'h&#244;pital. L'ensemble des travailleurs en cat&#233;gorie C en ont &#233;t&#233; exclus. Leur salaire est &#233;quivalent au smic, et cette derni&#232;re ann&#233;e le smic a d&#233;pass&#233; le salaire de la grille, &#224; plusieurs reprises. La situation des aides-soignants et des auxiliaires pu&#233;ricultrices, deuxi&#232;me profession majoritaire &#224; l'h&#244;pital, est aussi r&#233;v&#233;latrice du m&#233;pris politique et d'une volont&#233; ferme de ne pas payer le travail. Leur a &#233;t&#233; vendu un passage de la cat&#233;gorie C &#224; la cat&#233;gorie B&#8230; En octobre 2021, au moment de l'application de ces nouvelles grilles, le constat &#233;tait un gain de salaire effectif par mois de 30 &#224; 100 euros pour les quelques plus &#171; chanceux &#187;. Un changement de lettre, mais le montant en bas de la fiche de paye, pour la majorit&#233; c'est encore walou ! Rien du tout. La preuve, au mois de mai 2022, sept mois plus tard, le gouvernement a ressorti son tipex pour corriger les deux premiers &#233;chelons de cette nouvelle grille, car ils &#233;taient &#224; nouveau en dessous du salaire minimum ! Serait-ce le salaire minimum qui augmente trop vite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas fini ! Au niveau des salaires, reste la fameuse question de la revalorisation de la valeur du point d'indice. Lors de sa derni&#232;re revalorisation en 2016 et 2017, &#224; la suite d'un gel de six ans, la valeur du point &#233;tait pass&#233;e de 4,65 &#224; 4,68 euros, par deux augmentations successives de 0,6 % chacune. Fin 2021, apr&#232;s encore cinq ans de gel, Am&#233;lie de Montchalin, alors ministre de la Fonction publique, martelait que l'augmentation du point d'indice n'&#233;tait pas une solution&#8230; En avril 2022, un mois avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles, une annonce &#233;tait faite par l'&#233;quipe de campagne de Macron de revaloriser le point d'indice avant l'&#233;t&#233;. L'annonce vient d'&#234;tre faite : il sera revaloris&#233; de 3,5 % &#224; partir du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet, c'est-&#224;-dire qu'il passe de 3,68 &#224; 3,85 euros ! De quoi partir en vacances ? Avec une inflation de 5,2 % rien que depuis janvier ? Les d&#233;parts ont bien lieu mais pour chercher un travail ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des d&#233;parts en masse et personne
&#224; embaucher ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce tarif et dans des conditions de travail insupportables, beaucoup cherchent autre chose. Fin 2021, sur neuf mois, ce ne sont pas moins de 12 000 infirmiers et aides-soignants qui ont quitt&#233; leur travail. Ce que la presse bourgeoise dit moins, c'est que dans la sant&#233; comme ailleurs, il y a aussi de nombreuses personnes en CDD qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre embauch&#233;es de mani&#232;re p&#233;renne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Centre hospitalier de Saint-Denis, par exemple, les aides-soignants, auxiliaires de pu&#233;riculture, agents de service hospitaliers et bien d'autres, doivent cumuler deux ans de multiples CDD avant d'esp&#233;rer un CDI, au mieux une &#171; mise en stage &#187; pour titularisation effective au bout d'une ann&#233;e suppl&#233;mentaire. Et pourtant les &#171; difficult&#233;s de recrutement &#187; notamment au niveau aide-soignant se font &#233;galement sentir &#224; diff&#233;rents endroits. Il y a &#224; peine six mois, les infirmi&#232;res de Saint-Denis passaient &#233;galement par six mois de CDD cumul&#233;s avant une &#233;ventuelle &#171; mise en stage &#187;. Aux H&#244;pitaux universitaires de Strasbourg, les &lt;em&gt;&#171; difficult&#233;s &#224; embaucher sont moindres &#187;&lt;/em&gt;, il faut encha&#238;ner au minimum trois CDD avant la &#171; stagiairisation &#187;, et il suffit de changer de service, de tenter de n&#233;gocier trop fermement un planning ou de s'engueuler avec un chef pour rester contractuel durant des ann&#233;es. Ce &#171; mode de recrutement &#187; se retrouve dans pratiquement tous les h&#244;pitaux. Qui oserait dire que c'est &#171; attractif &#187; ? Quoique la &#171; mise en stage &#187; directe a derni&#232;rement &#233;t&#233; propos&#233;e pour certaines professions dans certains endroits. L'h&#244;pital de Poitiers a r&#233;cemment os&#233; r&#233;aliser des affiches de campagne de recrutement o&#249; l'on voit une &#171; gentille infirmi&#232;re &#187; s'extasier d'avoir une proposition de recrutement en CDI ! M&#234;me pas une titularisation ! Doit-on rappeler que le salaire annuel est alors amput&#233; de la &#171; prime de service &#187; qui repr&#233;sente 7,5 % du traitement brut annuel (sans le &#171; compl&#233;ment de traitement indiciaire &#187; donc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des luttes ont lieu, trop &#233;parpill&#233;es c'est certain, mais &#224; divers endroits, par service, par profession, des voix s'&#233;l&#232;vent pour d&#233;noncer et revendiquer. Dernier exemple en date dans la r&#233;gion parisienne, aux urgences de Tenon en gr&#232;ve au mois de juin. Rejoignons ces luttes et d&#233;fendons ensemble des embauches p&#233;rennes et des augmentations de salaire &#233;gales pour toutes et tous, ainsi que l'acc&#232;s &#224; la formation financ&#233;e avec salaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La formation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreux agents de l'h&#244;pital demandent &#224; b&#233;n&#233;ficier de formation professionnelle : des agents de service hospitalier qui veulent entrer en &#233;cole d'aides-soignants, des aides-soignantes qui veulent entrer en &#233;cole d'infirmi&#232;re&#8230; Les places de formation financ&#233;e, appel&#233;es &#171; promotions professionnelles &#187; sont extr&#234;mement limit&#233;es faute de suffisamment d'argent allou&#233; pour&#8230; Par exemple, en 2021, &#224; l'AP-HP, ce sont 120 personnes ayant r&#233;ussi le concours pour entrer en Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) qui ont &#233;t&#233; recal&#233;es par manque de financement. Et ceci se reproduit sur tous les h&#244;pitaux du territoire : &#171; manque de financement &#187; et parfois &#171; n&#233;cessit&#233; de service &#187; qui emp&#234;che de quitter son poste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Collectif inter-h&#244;pitaux recense, ne serait-ce qu'au niveau infirmier, un besoin de recruter 100 000 personnes pour combler la p&#233;nurie actuelle, seuls 30 000 jeunes sont entr&#233;s en premi&#232;re ann&#233;e d'Ifsi en 2022, sur pr&#232;s de 680 000 candidatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La casse de l'h&#244;pital : Urgences satur&#233;es : une aubaine pour les fermer ?
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		<dc:date>2022-07-05T11:47:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>H&#244;pital
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		<dc:subject>Politique
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		<description>&#201;lisabeth Borne vient d'annoncer retenir &#171; toutes les propositions &#187; du rapport de la &#171; mission flash &#187; confi&#233;e fin mai &#224; Fran&#231;ois Braun, pr&#233;sident de Samu-Urgences de France, un proche d'Emmanuel Macron. Si la r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des urgences n'est pas explicitement cit&#233;e par la Premi&#232;re ministre, c'est le ma&#238;tre-mot du rapport. Il pr&#233;conise d'&#233;tendre le filtrage de l'acc&#232;s aux urgences, syst&#232;me qui vient d'&#234;tre mis en place au CHU de Grenoble, apr&#232;s ceux de Bordeaux, Rennes et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton18638-c8a2e.jpg?1787895151' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;lisabeth Borne vient d'annoncer retenir &lt;em&gt;&#171; toutes les propositions &#187; &lt;/em&gt;du rapport de la &#171; mission flash &#187; confi&#233;e fin mai &#224; Fran&#231;ois Braun, pr&#233;sident de Samu-Urgences de France, un proche d'Emmanuel Macron. Si la r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des urgences n'est pas explicitement cit&#233;e par la Premi&#232;re ministre, c'est le ma&#238;tre-mot du rapport. Il pr&#233;conise d'&#233;tendre le filtrage de l'acc&#232;s aux urgences, syst&#232;me qui vient d'&#234;tre mis en place au CHU de Grenoble, apr&#232;s ceux de Bordeaux, Rennes et Toulouse. Seules les urgences vitales sont prises en charge, &#224; condition d'avoir &#233;t&#233; envoy&#233;es par le Samu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Officiellement, ce ne sont pas des fermetures, mais le barrage est tel et le reste de l'h&#244;pital si exsangue que l'acc&#232;s aux soins d'urgence, d&#233;j&#224; fortement d&#233;grad&#233;, est fondamentalement remis en cause. Et pour longtemps. Pr&#233;sent&#233; comme solution temporaire pour faire face &#224; un &lt;em&gt;&#171; &#233;t&#233; &#224; haut risque &#187;&lt;/em&gt;, ce fonctionnement est en r&#233;alit&#233; l'occasion de ce &lt;em&gt;&#171; changement de paradigme &#187; &lt;/em&gt;dont r&#234;vent les gestionnaires publics. Les urgences hospitali&#232;res ont depuis longtemps &#233;t&#233; con&#231;ues comme dernier recours et manne d'actes rentables pour l'h&#244;pital. Aujourd'hui que des lits ont &#233;t&#233; ferm&#233;s dans tous les services et que les urgences s'en trouvent submerg&#233;es, elles sont appel&#233;es &#224; &#234;tre r&#233;duites &#224; peau de chagrin, quitte &#224; amputer largement l'acc&#232;s aux soins. Et le priv&#233; ne sera pas loin&#8230; La crise de l'h&#244;pital, qu'ils ont eux-m&#234;mes cr&#233;&#233;e en organisant depuis des ann&#233;es un manque criant de personnel, et dont le Covid n'a &#233;t&#233; que le r&#233;v&#233;lateur, est donc instrumentalis&#233;e pour achever la casse de l'h&#244;pital public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures annonc&#233;es le 8 juin par l'&#233;ph&#233;m&#232;re ministre de la Sant&#233;, Brigitte Bourguignon, &#233;taient d&#233;j&#224; cosm&#233;tiques : rappeler les soignants retrait&#233;s, permettre aux infirmiers et aides-soignants en fin de formation d'aller travailler sans attendre leur dipl&#244;me &#8211; alors que des attestations provisoires le permettaient d&#233;j&#224; ! &#8211; et doubler la r&#233;mun&#233;ration des heures suppl&#233;mentaires. Mais qui pourra assurer ces heures ? &#201;tant donn&#233; le sous-effectif, les agents, ext&#233;nu&#233;s, peinent d&#233;j&#224; &#224; prendre leurs cong&#233;s. Fin mai, 120 services d'urgence connaissaient de graves probl&#232;mes de fonctionnement. La &#171; mission flash &#187; en d&#233;nombre aujourd'hui 133. &lt;em&gt;&#171; Un service d'urgence sur cinq est en danger de fermeture cet &#233;t&#233; ; il y aura donc des morts &#187;&lt;/em&gt;, a soulign&#233; le chef des urgences de l'h&#244;pital Avicenne &#224; Bobigny.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Derri&#232;re la &#171; crise des urgences &#187;, le braquage de l'h&#244;pital public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais les urgences ne sont que le point de cristallisation du manque de lits d'aval &#171; dans les &#233;tages &#187;. C'est bien tout l'h&#244;pital qui est priv&#233; des moyens de fonctionner. Les fermetures de lits atteignent des niveaux historiques sans qu'aucune solution ne soit envisag&#233;e : &lt;em&gt;&#171; on a simplement re&#231;u un mail de la direction annon&#231;ant la fermeture de 200 lits tous services confondus cet &#233;t&#233; &#187;&lt;/em&gt;, racontent les urgentistes de Chamb&#233;ry, atterr&#233;s. Dans douze d&#233;partements, il y a moins de 50 infirmiers salari&#233;s hospitaliers pour 10 000 habitants, et sur tout le territoire on compte moins d'une sage-femme salari&#233;e &#224; l'h&#244;pital pour 10 000 habitants. Entre 2015 et 2020, le nombre d'&#233;quivalents temps plein dans les h&#244;pitaux n'a augment&#233; que de 1 % pour le personnel non m&#233;dical des services de soins, infirmiers et aides-soignants inclus. Une chute vertigineuse du ratio de soignants par patient vu l'augmentation naturelle de la fr&#233;quentation ! Et le personnel administratif, technique, ouvrier &#8211; que la presse n'&#233;voque jamais &#8211; n'est pas en reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'h&#244;pital ne manque pas seulement de budget, il fait l'objet d'un v&#233;ritable braquage. Martel&#233;s dans la presse depuis la crise sanitaire, les lits supprim&#233;s en raison du manque de personnel se comptent en dizaines de milliers, sur des d&#233;cennies. Mais tout est bon pour ignorer l'&#233;vidence. Martin Hirsch, directeur des h&#244;pitaux parisiens, y est all&#233; de sa copie, juste avant de d&#233;missionner, esp&#233;rant sans doute un poste apr&#232;s les l&#233;gislatives. Idem pour Fran&#231;ois Cr&#233;mieux, qui dirige depuis un an les h&#244;pitaux de Marseille. Tous deux pr&#233;conisent de &#171; r&#233;organiser &#187; l'h&#244;pital, mais pas un mot quant &#224; son financement. Au programme, mettre fin aux &#171; rigidit&#233;s &#187;, en particulier le syst&#232;me de r&#233;mun&#233;ration national en introduisant des &#171; variables &#187; au m&#233;rite, si ch&#232;res au priv&#233;, ou encore les 35 heures, que Martin Hirsch a torpill&#233;es &#224; l'AP-HP au prix du vol de dizaines de jours de cong&#233;s par agent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, c'est la vieille rengaine du recours abusif aux urgences qui revient, avec l'avantage de faire porter la responsabilit&#233; de la congestion sur les patients. &lt;em&gt;&#171; Il faut aller vers une hi&#233;rarchisation de l'acc&#232;s au soin : le bon patient au bon endroit &#187;&lt;/em&gt;, exhorte le professeur Nicolas Grenier, pr&#233;sident de la commission m&#233;dicale d'&#233;tablissement du CHU de Bordeaux. Alors la submersion des urgences, due &#224; un usage abusif ? Si c'&#233;tait le cas, le probl&#232;me serait circonscrit &#224; ces services. Or, c'est tout l'inverse. La surcharge n'est pas tant due au &#171; flux &#187; &#8211; arriv&#233;es de patients &#8211; qu'aux &#171; stocks &#187;, c'est-&#224;-dire le manque de lits d'aval disponibles dans les autres services pour accueillir les malades qui stagnent sur les brancards. &#192; Grenoble, &lt;em&gt;&#171; chaque matin, on a 50 patients qui restent aux urgences faute de lits d'aval&#8230; des patients psychiatriques restent parfois cinq, voire huit jours &#187;&lt;/em&gt;, racontent des soignants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mission Braun : le mirage du renfort par la m&#233;decine de ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la r&#233;alit&#233; que nie le rapport de la mission Braun. Floril&#232;ge de rustines, les 41 recommandations alternent vieilles recettes inefficaces et reculs in&#233;dits. La mention des sempiternels &#171; bed managers &#187; ou des &#171; politiques z&#233;ro-brancard &#187;, alors qu'on manque cruellement de lits ouverts, a fait bondir. Mais beaucoup de ces mesures, donc reprises par le gouvernement, pr&#233;tendent r&#233;partir la charge sur la m&#233;decine de ville. Un objectif vain tant que le choix n'est pas fait de contraindre les m&#233;decins lib&#233;raux. Il est question de renforcer les &#171; t&#233;l&#233;consultations &#187; (pourtant propices &#224; la sur-prescription comme l'a d&#233;nonc&#233; le congr&#232;s des g&#233;n&#233;ralistes), d'envoyer des unit&#233;s mobiles r&#233;duites pour les consultations en visio avec un m&#233;decin lib&#233;ral, de favoriser le cumul emploi-retraite pour les m&#233;decins, de revaloriser la r&#233;gulation par les m&#233;decins lib&#233;raux &#224; 100 euros de l'heure, et de majorer de 15 euros tout acte effectu&#233; &#224; la demande du Samu. Ces mesures rel&#232;vent du pur affichage : le renfort par la m&#233;decine de ville, d&#233;j&#224; d&#233;faillante ou surcharg&#233;e, n'aura pas lieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;P&#233;renniser la fermeture d&#233;guis&#233;e des urgences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est que la r&#233;gulation des admissions aux urgences, r&#233;volution silencieuse consacr&#233;e par ce rapport, se fera sans compensation. L'acc&#232;s aux soins d'urgence en sera amput&#233;, et non pas mieux r&#233;parti. Le mod&#232;le propos&#233; g&#233;n&#233;ralise ce que les CHU de Bordeaux ou encore de Grenoble ont mis en &#339;uvre faute de personnel suffisant : la fermeture des urgences le week-end et apr&#232;s 20 heures en semaine. &lt;em&gt;&#171; Il aurait fallu faire 200 % de notre temps de travail pour faire tourner le service &#187;&lt;/em&gt;, r&#233;sument les urgentistes grenoblois. Au lieu d'embaucher, les autorit&#233;s ont d&#233;cid&#233; de fermer. D&#233;sormais, le soir et le week-end, seules les urgences vitales seront prises en charge, &#224; condition d'avoir &#233;t&#233; envoy&#233;es par le Samu ou de passer le barrage install&#233; &#224; l'entr&#233;e des urgences et op&#233;r&#233; soit par des m&#233;decins (d&#233;peuplant ainsi le service &#224; l'int&#233;rieur !), soit par des secouristes (eux-m&#234;mes pas assez nombreux) qui appellent ou font appeler le 15 &#224; la porte de l'h&#244;pital !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La &#171; r&#233;gulation &#187; ou comment d&#233;placer le probl&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comble de l'ineptie : les r&#233;gulateurs des Samu-centres 15 se retrouvent confront&#233;s &#224; une forte augmentation du nombre d'appels alors qu'ils sont eux-m&#234;mes en sous-effectif sur tout le territoire (au moins 10 % des postes d'assistants de r&#233;gulation m&#233;dicale (ARM) sont vacants). Contraint de le constater, le rapport invite &#224; &lt;em&gt;&#171; financer la mise &#224; niveau des effectifs &#187;&lt;/em&gt;. Mais il pr&#233;conise &#233;galement de d&#233;velopper les Services d'acc&#232;s aux soins (SAS), dispositifs qui sont &#224; l'origine m&#234;me des burn-out de ces r&#233;gulateurs ! Au CHU de Grenoble, 50 % des ARM sont en arr&#234;t maladie suite &#224; l'introduction des SAS. Ces plateformes t&#233;l&#233;phoniques, exp&#233;riment&#233;es depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, visent &#224; &lt;em&gt;&#171; faciliter l'orientation des patients vers la m&#233;decine de ville &#187; &lt;/em&gt;mais sont en pratique g&#233;r&#233;es par les ARM du Samu, contraints de multiplier les proc&#233;dures de r&#233;ponse au t&#233;l&#233;phone en diff&#233;rents niveaux &#8211; ce qui d&#233;cuple leur travail. Avec le passage &#224; la r&#233;gulation, &lt;em&gt;&#171; il y aura 24 millions d'appels suppl&#233;mentaires sur les plateformes de r&#233;gulation des centres 15, donc il faudra doubler au minimum le nombre de permanenciers et des m&#233;decins qui y travaillent &#187;&lt;/em&gt;, r&#233;sume Patrick Pelloux, pr&#233;sident de l'Association des m&#233;decins urgentistes de France, &lt;em&gt;&#171; et la seule alternative que l'on aura, ce sera de dire aux gens d'aller&#8230; aux urgences, voire d'appeler les pompiers. Cela ne changera rien. On est en train de mettre en place une barri&#232;re kafka&#239;enne &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le priv&#233; de sortir gagnant : &#171; Oui, il y a une diminution mod&#233;r&#233;e des entr&#233;es des patients ambulatoires &#187;, pr&#233;cise le chef du Samu bordelais, &#201;ric Tentillier, &#171; ce sont les patients qui arrivent spontan&#233;ment sur leurs pieds et dont les &#233;tablissements priv&#233;s raffolent, car ils sont les plus rentables&#8230; &#187;. Lamine Gharbi, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des cliniques et h&#244;pitaux priv&#233;s de France, multiplie d'ailleurs les offres de service au gouvernement, vantant la marge de man&#339;uvre qu'aurait le priv&#233; pour accueillir ces patients.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'accueil des &#171; urgences vitales &#187; loin d'&#234;tre &#233;pargn&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, ce qu'on appelle par euph&#233;misme les &#171; pertes de chance &#187; donneront lieu &#224; de vrais drames. &#171; Il faut comprendre une chose : le tri entre ce qui est grave ou pas, on le fait d&#233;j&#224; (en gros, 30 patients r&#233;orient&#233;s par jour, sur 180), en revanche ce n'est pas notre m&#233;tier de refuser l'acc&#232;s aux urgences &#224; ceux qui en auraient besoin &#187;, explique une urgentiste du CHU de Grenoble, &#171; la r&#233;gulation, jusqu'ici, ce n'&#233;tait pas l'exclusion&#8230; &#231;a va le devenir. &#187; Nombre de malades seront d&#233;courag&#233;s de venir, d'autres renvoy&#233;s &#224; tort. Et pour cause, limiter l'accueil aux &#171; urgences vitales &#187; au moment de l'arriv&#233;e du patient est une ineptie. &#171; D&#233;compensation cardiaque, douleur abdominale &#233;voluant en p&#233;ritonite&#8230; Combien de pathologies &#233;voluent en quelques heures ? Et pour combien de patients, m&#234;me sans danger de mort, les urgences sont-elles le seul recours ? &#187; Du reste, le report de ces prises en charge ne fera que surcharger davantage les &#233;quipes du lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau mod&#232;le est d'autant plus pr&#233;occupant que le rapport Braun sugg&#232;re la &lt;em&gt;&#171; suspension d'activit&#233; partielle &#187;&lt;/em&gt; de certains services d'urgence &lt;em&gt;&#171; dans une logique territoriale &#187;&lt;/em&gt;. Au pr&#233;texte de mutualiser les moyens de plusieurs h&#244;pitaux sur un seul site, dans certains horaires, on justifie ainsi la fermeture de bien des urgences p&#233;riph&#233;riques. En Is&#232;re par exemple, deux services d'urgence sur quatre sont totalement ferm&#233;s soir et week-end. &lt;em&gt;&#171; On pr&#233;tend accueillir les urgences vitales, mais de fait tout est renvoy&#233; par la r&#233;gulation au CHU de Grenoble, donc c'est totalement ferm&#233; &#187;&lt;/em&gt;, raconte un infirmier des urgences de Voiron. &lt;em&gt;&#171; Un patient souffrant de la poitrine depuis trois jours, c'est-&#224;-dire une potentielle crise cardiaque, sera donc renvoy&#233; &#224; des kilom&#232;tres. &#187;&lt;/em&gt; Derni&#232;rement, la presse a relat&#233; le drame de ce gar&#231;on de quatre ans qui a failli perdre son pied, ab&#238;m&#233; par une tondeuse, faute de prise en charge avant des heures : &lt;em&gt;&#171; Angers a d'abord refuse&#769; parce que les urgences chirurgicales p&#233;diatriques &#233;taient ferm&#233;es. Tours a refuse&#769; aussi, comme Nantes et Poitiers &#187;&lt;/em&gt;, t&#233;moigne sa m&#232;re. Les fermetures de maternit&#233; en cascade laissent, elles aussi, entrevoir de sombres heures cet &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission Braun, commandit&#233;e pour gagner du temps face &#224; une col&#232;re qui monte chez des &#233;quipes &#233;puis&#233;es, ne fait pas illusion. Plusieurs services d'urgence sont entr&#233;s en gr&#232;ve, comme &#224; Toulouse ou &#224; Rennes. &#192; Grenoble, les &#233;quipes ont arr&#234;t&#233; d'accepter les heures suppl&#233;mentaires et menacent d'un arr&#234;t collectif si les conditions de travail ne s'am&#233;liorent pas. La mobilisation collective reste le seul moyen de se faire entendre et l'exp&#233;rience accumul&#233;e lors des gr&#232;ves de 2019 est &#224; cet &#233;gard un pr&#233;c&#233;dent non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 juillet 2022, Joan Arnaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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