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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> La France en Alg&#233;rie : une colonisation de peuplement
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		<description>Si la guerre d'Alg&#233;rie a tant marqu&#233; la soci&#233;t&#233; et la vie politique fran&#231;aise, ce n'est pas seulement parce qu'elle fut la plus sanglante des guerres coloniales de la France : un million de morts dans la population alg&#233;rienne, 1,4 million de jeunes du contingent (le service militaire, obligatoire &#224; l'&#233;poque) envoy&#233;s faire la guerre &#224; un peuple opprim&#233;, en plus des 400 000 militaires de carri&#232;re. La guerre d'Indochine, avant elle, avait dur&#233; huit ans, de 1946 &#224; 1954 et fait 500 000&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-oublie-pas-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton14996-6f939.jpg?1788748217' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la guerre d'Alg&#233;rie a tant marqu&#233; la soci&#233;t&#233; et la vie politique fran&#231;aise, ce n'est pas seulement parce qu'elle fut la plus sanglante des guerres coloniales de la France : un million de morts dans la population alg&#233;rienne, 1,4 million de jeunes du contingent (le service militaire, obligatoire &#224; l'&#233;poque) envoy&#233;s faire la guerre &#224; un peuple opprim&#233;, en plus des 400 000 militaires de carri&#232;re. La guerre d'Indochine, avant elle, avait dur&#233; huit ans, de 1946 &#224; 1954 et fait 500 000 morts, avant que les &#201;tats-Unis prennent la rel&#232;ve pour encore vingt ans de guerre. Mais la guerre d'Alg&#233;rie compte encore aujourd'hui, outre les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques pour la bourgeoisie fran&#231;aise, par le fait que la France avait fait de l'Alg&#233;rie une colonie de peuplement, un million de &#171; Fran&#231;ais d'Alg&#233;rie &#187;, les &#171; Pieds-Noirs &#187;, qui sont rentr&#233;s en France en 1962.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui &#233;taient ces Pieds-Noirs ? Comment la politique coloniale fran&#231;aise les avait-elle amen&#233;s l&#224; ? Devaient-ils, aussi in&#233;vitablement qu'ils l'ont &#233;t&#233; dans les faits, devenir une masse de man&#339;uvre pour l'extr&#234;me droite ? Ce sont des questions qu'il est aujourd'hui encore bon de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, le choix des colonisateurs a &#233;t&#233;, d&#232;s le d&#233;but, d'y envoyer des Fran&#231;ais, venant de campagnes d&#233;sh&#233;rit&#233;es ou des villes apr&#232;s les r&#233;volutions de 1848 et 1871. Pour trouver des terres &#224; cultiver, ces colons europ&#233;ens en ont chass&#233; les Arabes et les Kabyles, de multiples fa&#231;ons, gr&#226;ce &#224; l'appui de l'administration et de l'arm&#233;e fran&#231;aises. La conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie a pris d'entr&#233;e cette forme sp&#233;ciale de d&#233;possession et d'expropriation forc&#233;e de la paysannerie, de confiscation de biens de l'&#201;tat et de terres collectives des villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#171; europ&#233;aniser &#187; l'Alg&#233;rie, on y a aussi accueilli des pauvres originaires d'Italie, d'Espagne et de Malte. Pour la plupart d'entre eux, la fortune qu'on leur avait fait miroiter se r&#233;v&#233;la un mirage. Mais si on compare leurs conditions de vie &#224; celles des populations locales, les petits colons faisaient figure de privil&#233;gi&#233;s. Pour souder tout le monde derri&#232;re des grands colons peu nombreux, la puissance coloniale a su utiliser les diff&#233;rences au sein de la population. En 1870, avec le d&#233;cret Cr&#233;mieux, les Juifs alg&#233;riens se sont vus accorder la nationalit&#233; fran&#231;aise. Puis en 1889, tous les descendants d'Europ&#233;ens n&#233;s en Alg&#233;rie, Italiens, Espagnols et autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les grands colons s'appuyaient sur ces divisions pour maintenir leur domination sociale et politique, mais ils distillaient l'id&#233;ologie raciste qui servait de justification au colonialisme. Et le poison du colonialisme, du m&#233;pris raciste, de l'arrogance des petits-blancs s'infiltra dans toute la soci&#233;t&#233; coloniale, au-del&#224; des grands colons, affectant les Pieds-Noirs. Tout en &#233;tant pauvres, ils pouvaient m&#233;priser plus pauvres qu'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; coloniale &#233;tait de plus en plus domin&#233;e par une oligarchie financi&#232;re richissime. La majorit&#233; des terres fut accapar&#233;e par quelques milliers de familles de grands colons et, parmi ces familles, quelques dizaines seulement finirent par monopoliser aussi les circuits de distribution, le cr&#233;dit agricole, la presse et bien s&#251;r la repr&#233;sentation politique. La vigne, le bl&#233;, les oranges et le tabac, cultiv&#233;s dans leurs immenses domaines, et destin&#233;s &#224; la m&#233;tropole, firent leur fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1920, bien des Pieds-Noirs pauvres furent dans un premier temps s&#233;duits par les perspectives port&#233;es par la r&#233;volution russe et la Troisi&#232;me Internationale. &#192; ceci pr&#232;s que la huiti&#232;me condition d'adh&#233;sion &#224; l'internationale, qui stipulait clairement l'obligation pour des militants communistes de lutter sans r&#233;serve contre toute forme de colonialisme, constituait un pas infranchissable pour des populations install&#233;es en Alg&#233;rie depuis parfois plusieurs g&#233;n&#233;rations. &#192; la suite de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne des partis communistes, le Parti communiste en Alg&#233;rie, constitu&#233; principalement d'Europ&#233;ens, avan&#231;ait des options beaucoup moins internationalistes. Dans le meilleur des cas, les militants communistes se disaient vaguement &#171; assimilationnistes &#187;, c'est-&#224;-dire r&#233;clamaient une &#233;galit&#233; de droit pour les musulmans. Surtout pas l'ind&#233;pendance donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode du Front populaire (1936), puis celle de la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la participation du PCF au gouvernement (1945-1947) furent celles o&#249; ce parti &#233;pousa enti&#232;rement la politique coloniale du gouvernement, prix de ces alliances. Puis, face &#224; la guerre d'ind&#233;pendance, avec l'ind&#233;cision du PCF, c'est-&#224;-dire sa fa&#231;on d'appeler &#224; la paix sans se prononcer pour l'ind&#233;pendance, et surtout sans donner aux contestataires en France ou en Alg&#233;rie les moyens de r&#233;ellement mettre en danger la politique imp&#233;rialiste, les Pieds-Noirs, y compris ceux du bas de l'&#233;chelle sociale, se sont retrouv&#233;s dans les bras de l'extr&#234;me droite. Ce fait qu'une partie consciente et combative des couches populaires d'Alg&#233;rie n'ait pas su s'unir pour une m&#234;me perspective sociale et politique, derri&#232;re un m&#234;me parti contre l'imp&#233;rialisme, laisse un grand sentiment de g&#226;chis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, les Pieds-Noirs pauvres, y compris ouvriers, petits employ&#233;s, artisans ou autres, ont suivi en masse l'extr&#234;me droite faite d'ultras, d'aventuriers, de bandits, de racistes, de militaires, de tout ce beau monde qui se retrouva organis&#233; en 1961 dans l'OAS (Organisation arm&#233;e secr&#232;te), adepte d'op&#233;rations terroristes (une partie de cette extr&#234;me droite n'avait pas attendu cette date-l&#224; pour en mener).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs r&#233;els des chefs de l'OAS n'&#233;taient d&#233;j&#224; plus &#171; l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;, mais de tenter de constituer l'embryon d'un parti fasciste, capable d'op&#233;rer en m&#233;tropole, avec les Pieds-Noirs rapatri&#233;s comme base sociale. L'int&#233;gration des rapatri&#233;s d'Alg&#233;rie en France, que la situation &#233;conomique de l'&#233;poque a permis, n'a pas r&#233;pondu aux calculs et espoirs de l'OAS, fort heureusement. M&#234;me si l'extr&#234;me droite fran&#231;aise d'aujourd'hui en est en partie l'h&#233;riti&#232;re et qu'elle fait toujours syst&#233;matiquement r&#233;f&#233;rence &#224; l'Alg&#233;rie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : Non, on n'oublie pas !
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		<description>Ces textes sont des extraits (parus dans Convergences r&#233;volutionnaires imprim&#233; no 138) des interventions de pr&#233;sentation de la r&#233;union-d&#233;bat organis&#233;e sur Zoom le 18 avril par Convergences r&#233;volutionnaires sur le th&#232;me : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas ! Vous pouvez retrouver les textes complets sur notre site internet. &lt;br /&gt;Le dernier texte est la pr&#233;sentation qu'y avait faite un camarade d'Alg&#233;rie sur l'influence encore aujourd'hui de la m&#233;moire de la guerre de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH126/arton14997-228b3.jpg?1788748217' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces textes sont des extraits (parus dans &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; imprim&#233; n&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; 138) des interventions de pr&#233;sentation de la r&#233;union-d&#233;bat organis&#233;e sur Zoom le 18 avril par Convergences r&#233;volutionnaires sur le th&#232;me : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas ! Vous pouvez retrouver &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-debat-du-18-avril-2021-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les textes complets sur notre site internet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-100-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le dernier texte&lt;/a&gt; est la pr&#233;sentation qu'y avait faite un camarade d'Alg&#233;rie sur l'influence encore aujourd'hui de la m&#233;moire de la guerre de lib&#233;ration dans la vie politique alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les motivations du rapport dit &#171; m&#233;moriel &#187;, command&#233; par Emmanuel Macron &#224; l'historien Benjamin Stora, flairent &#224; plein nez le fuel, et quelques autres int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. On effacerait tout ? On pardonnerait les crimes du colonialisme ? Et vogueraient les affaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire commune des deux pays, tach&#233;e de sang, a commenc&#233; par une conqu&#234;te coloniale, des massacres de populations, des enfumades pour les asphyxier, des expropriations de terres&#8230; Cent-trente ans plus tard, le peuple alg&#233;rien obtient son ind&#233;pendance au prix de sept ans et demi de guerre dont il paiera le prix fort : un million de morts sur une population, &#224; l'&#233;poque, de neuf millions au total sur le sol alg&#233;rien. Si l'Alg&#233;rie est d&#233;sormais ind&#233;pendante, ses liens avec la France demeurent. Des liens entre les exploit&#233;s de part et d'autre de la M&#233;diterran&#233;e, dont le sort est fortement li&#233; et de multiples fa&#231;ons &#224; cette histoire commune. Mais aussi des liens entre deux &#201;tats, et derri&#232;re eux leurs bourgeoisies qui cultivent des relations &#224; la fois &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa campagne &#233;lectorale de 2017, Macron souhaitait faire un geste en qualifiant le syst&#232;me colonial de &#171; &lt;em&gt;crime contre l'humanit&#233;&lt;/em&gt; &#187;. Face aux protestations imm&#233;diates et v&#233;h&#233;mentes de la droite et de l'extr&#234;me droite fran&#231;aises, il faisait marche arri&#232;re sur la pointe des pieds et ne parlait plus de repentance ou de pardon, mais de &#171; m&#233;moire partag&#233;e &#187; : les crimes des uns contrebalan&#231;aient les crimes des autres, et les souffrances des Alg&#233;riens &#233;taient mises sur le m&#234;me pied que le mal de vivre des Pieds-Noirs rapatri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par petits &#171; gestes &#187; successifs, Macron reconnaissait certes l'implication de l'&#201;tat fran&#231;ais dans la mort du militant Maurice Audin, communiste pied-noir tortur&#233; et assassin&#233; pour avoir pris fait et cause pour l'ind&#233;pendance. Il a fini par reconnaitre la torture et l'assassinat de l'avocat alg&#233;rien Ali Boumendjel qu'on pr&#233;tendait &#171; suicid&#233; &#187;. Mais la communication gouvernementale sur le chemin de &#171; l'apaisement &#187; (comme dit Macron en se flattant de ce rapport Stora), ne contient pas de grandes r&#233;v&#233;lations. L'introduction du rapport assure que : &#171; nous n'allons pas renvoyer dos &#224; dos les violences &#187; (des colons et des colonis&#233;s). C'est pourtant ce qu'il fait en les exposant de mani&#232;re parall&#232;le au prisme d'enjeux m&#233;moriels jug&#233;s complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous proposons ci-dessous une autre m&#233;moire de la guerre d'Alg&#233;rie. Et un autre avenir moins amn&#233;sique, dans l'int&#233;r&#234;t des luttes communes, pr&#233;sentes et &#224; venir, des travailleurs de France et d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Entre les lignes du rapport Stora
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Entre-les-lignes-du-rapport-Stora</link>
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		<description>Des trente &#171; pr&#233;conisations &#187; du rapport, la plupart rel&#232;vent du domaine de la comm&#233;moration ou de la cr&#233;ation de &#171; groupes de travail &#187; ou de &#171; commissions &#187;, appuy&#233;s par des acc&#232;s facilit&#233;s aux archives. Mais on est encore loin d'un acc&#232;s libre de l'ensemble des archives polici&#232;res et encore moins &#224; celles de l'arm&#233;e. Sans parler des crimes calcul&#233;s pour ne laisser aucune trace, comme lorsque, sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Bigeard, on jetait d'h&#233;licopt&#232;res dans la mer les cadavres de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-oublie-pas-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des trente &#171; pr&#233;conisations &#187; du rapport, la plupart rel&#232;vent du domaine de la comm&#233;moration ou de la cr&#233;ation de &#171; groupes de travail &#187; ou de &#171; commissions &#187;, appuy&#233;s par des acc&#232;s facilit&#233;s aux archives. Mais on est encore loin d'un acc&#232;s libre de l'ensemble des archives polici&#232;res et encore moins &#224; celles de l'arm&#233;e. Sans parler des crimes calcul&#233;s pour ne laisser aucune trace, comme lorsque, sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Bigeard, on jetait d'h&#233;licopt&#232;res dans la mer les cadavres de militants alg&#233;riens morts sous la torture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Concernant les essais nucl&#233;aires, nous aurions pu &#224; minima attendre une &#171; pr&#233;conisation &#187; d'acc&#232;s aux plans d'enfouissement des d&#233;chets radioactifs qui &#233;mettent encore aujourd'hui. Mais non. Ne parlons pas d'indemnisations des victimes (m&#234;me pas vraiment r&#233;pertori&#233;es !). M&#234;me si ces essais des ann&#233;es 1960 se sont rappel&#233;s &#224; notre m&#233;moire en f&#233;vrier dernier par ces sables radioactifs pouss&#233;s par le sirocco &#8211; remont&#233;s jusqu'en France. Juste retour des choses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Gesticulations m&#233;morielles, mais s&#233;rieux effluves de p&#233;trole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est avant tout, pour les dirigeants politiques et &#233;conomiques de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, un partenaire commercial de premier plan : 8 000 entreprises fran&#231;aises exportent vers ce pays. Un partenaire &#233;conomique surtout par ses ressources de gaz et de p&#233;trole. Et un partenaire g&#233;opolitique par sa fronti&#232;re avec six pays, dont le Mali et le Niger (dont les mines d'uranium de ce dernier pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est aujourd'hui le deuxi&#232;me producteur de p&#233;trole en Afrique et le septi&#232;me exportateur de gaz naturel. Les hydrocarbures repr&#233;sentent 90 % des richesses du pays. Les &#233;volutions de la mainmise des compagnies fran&#231;aises sur cette manne financi&#232;re ont fluctu&#233; au rythme des rapports de force sur place mais remonte &#224; tr&#232;s loin. Le p&#233;trole avait &#233;t&#233; un enjeu majeur des accords d'&#201;vian mettant fin &#224; la guerre, et la raison pour laquelle De Gaulle, arriv&#233; au pouvoir en 1958 pour n&#233;gocier la d&#233;colonisation, a fait durer celle-ci encore quatre ans, avec, au passage, une tentative &#8211; qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e vaine &#8211; d'organiser une s&#233;paration d'un Sahara pro-fran&#231;ais de la future Alg&#233;rie ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les app&#233;tits de Total&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le quasi monopole fran&#231;ais sur les hydrocarbures obtenu &#224; &#201;vian en 1962 a n&#233;anmoins vol&#233; en &#233;clat en 1971, lorsque Boumediene a d&#233;cid&#233; de nationaliser le p&#233;trole. Au fil des ann&#233;es, d'autres compagnies, am&#233;ricaines notamment, ont pris une bonne part. N&#233;anmoins les soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises (Total et ses sous-traitants) ont retrouv&#233; une place de choix dans les prospections et les exploitations sahariennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2019, alors que l'arm&#233;e bouscul&#233;e par le Hirak pr&#233;parait l'&#233;lection controvers&#233;e d'un nouveau pr&#233;sident, une nouvelle loi sur les p&#233;troles &#233;tait d&#233;cr&#233;t&#233;e, pour &lt;em&gt;&#171; encourager l'investissement dans le secteur des hydrocarbures &#187;&lt;/em&gt;. Elle accordait de nouvelles pr&#233;rogatives aux trusts p&#233;troliers. De quoi raviver les app&#233;tits du groupe Total, en m&#234;me temps que cette nouvelle loi soulevait l'indignation des manifestants du Hirak, qui d&#233;non&#231;aient une fois de plus les voleurs au pouvoir en Alg&#233;rie et les trusts accapareurs de l'argent du p&#233;trole dont la population ne touche pas un sou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc vous voulez savoir la raison pour laquelle Macron veut rendre &#224; l'Alg&#233;rie l'&#233;p&#233;e d'Abd El-Kader, c'est simple : c'est parce qu'elle vaut son pesant d'or noir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Enjeux politiques et guerres en Afrique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute, pour la France, un enjeu politique r&#233;gional. Le chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#233;tait &#224; Alger le 8 avril dernier pour rencontrer son homologue alg&#233;rien. Il s'agissait pour eux de discuter d'un des points marquants de la nouvelle Constitution alg&#233;rienne qu'a fait adopter en novembre dernier le pr&#233;sident Tebboune (ce pr&#233;sident mal &#233;lu de l'apr&#232;s-Hirak), &#224; savoir la possibilit&#233; donn&#233;e officiellement &#224; l'arm&#233;e alg&#233;rienne d'intervenir pour des op&#233;rations de police en dehors de son territoire, dans le cadre de l'ONU notamment. Un &#233;l&#233;ment qui enhardit la France &#224; multiplier les appels du pied pour que l'arm&#233;e alg&#233;rienne participe aux op&#233;rations de police (ou &#224; la guerre !) que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais m&#232;ne au Sahel. Notamment au Mali et au Niger, frontaliers de l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La gangr&#232;ne et ses scories
</title>
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		<description>En juin 1959, un livre &#233;tait publi&#233; par les &#201;ditions de Minuit et imm&#233;diatement interdit, qui s'intitulait La Gangr&#232;ne. C'&#233;taient les d&#233;clarations de cinq d&#233;tenus alg&#233;riens, &#233;tudiants pour la plupart, qui affirmaient avoir &#233;t&#233; tortur&#233;s dans les locaux de la DST, rue des Saussaies &#224; Paris, entre le 2 et le 12 d&#233;cembre 1958. &lt;br /&gt;C'est de cette &#233;poque vieille de soixante ans (et d'autres ant&#233;rieures, car la France avait aussi connu le r&#233;gime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale),&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-oublie-pas-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton14999-daf41.jpg?1788748218' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En juin 1959, un livre &#233;tait publi&#233; par les &#201;ditions de Minuit et imm&#233;diatement interdit, qui s'intitulait &lt;em&gt;La Gangr&#232;ne&lt;/em&gt;. C'&#233;taient les d&#233;clarations de cinq d&#233;tenus alg&#233;riens, &#233;tudiants pour la plupart, qui affirmaient avoir &#233;t&#233; tortur&#233;s dans les locaux de la DST, rue des Saussaies &#224; Paris, entre le 2 et le 12 d&#233;cembre 1958.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est de cette &#233;poque vieille de soixante ans (et d'autres ant&#233;rieures, car la France avait aussi connu le r&#233;gime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale), que nous restent des r&#233;flexes et habitudes de la police fran&#231;aise. C'est de cette &#233;poque aussi que nous restent (m&#234;me si d&#233;j&#224; elles pr&#233;existaient) de sales id&#233;es et pratiques de l'extr&#234;me droite. L&#224; encore domin&#233;es par la gangr&#232;ne du racisme. Avec en h&#233;ritage la dynastie des Le Pen. Et bien s&#251;r, police, extr&#234;me droite, racisme&#8230; les fronti&#232;res sont mouvantes ! De r&#233;centes enqu&#234;tes sociologiques montrent que quelque 50 % des membres de la police voteraient en France pour Marine Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le basculement avec le putsch du 13 mai 1958&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai 1958 a &#233;t&#233; celui d'une immense manifestation en faveur de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#224; Alger, mais un peu plus que &#231;a car le coup de force &#233;tait pr&#233;par&#233;. Le gouvernement g&#233;n&#233;ral est envahi, occup&#233;, un &#171; Comit&#233; de salut public &#187;. Complot dans le complot, le g&#233;n&#233;ral Massu et ses paras arrivent. Et Massu, gaulliste &#224; tout crin, fait acclamer le nom de De Gaulle, qui n'a plus vraiment dans ses projets de garder les colonies, mais seulement d'y n&#233;gocier le maintien des int&#233;r&#234;ts des grands trusts fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt jours plus tard, De Gaulle se fait investir de tous les pouvoirs par le Parlement et met un terme &#224; la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique. Pour bient&#244;t jeter les bases d'une V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique, n&#233;e sur des barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e de De Gaulle au pouvoir, la bourgeoisie fran&#231;aise va chercher un r&#232;glement de l'affaire alg&#233;rienne, et ce r&#232;glement ne pouvait &#234;tre que l'ind&#233;pendance. Mais pour la n&#233;gocier au meilleur prix pour la France, il allait falloir encore quatre ans de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise avaient mis beaucoup d'espoirs en De Gaulle. Mais apr&#232;s son voyage en Alg&#233;rie en juin 1958 et son fameux &#171; Je vous ai compris &#187; et &#171; Vive l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;, la proclamation en 1959 du droit &#224; l'autod&#233;termination fit tomber les incertitudes et entraina les d&#233;sillusions d'une grande partie du milieu pied-noir. L'OAS a alors &#233;merg&#233;, en 1961, comme l'organisation de ceux qui voulaient aller au bout du combat pour l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. Ce millier d'individus, moiti&#233; civils moiti&#233; militaires, &#233;tait &#224; vrai dire un genre de supermarch&#233; de la racaille. Ils ont pourtant durement marqu&#233; la derni&#232;re ann&#233;e de la guerre d'Alg&#233;rie, entre autres avec un putsch de g&#233;n&#233;raux, en 1961, rat&#233; mais n&#233;anmoins notable car dirig&#233; contre un g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des habitudes de violences polici&#232;res qui viennent de loin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme il s'agit de m&#233;moire, on va revenir sur les hauts faits de la police pendant la guerre d'Alg&#233;rie, contre les 300 000 Alg&#233;riens vivant et travaillant en France. C'est un d&#233;nomm&#233; Maurice Papon qui a pris la t&#234;te de la pr&#233;fecture de police &#224; Paris pour diriger la r&#233;pression. Sous-secr&#233;taire d'&#201;tat sous L&#233;on Blum, puis sous-pr&#233;fet en 1940, puis secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;fecture de Gironde, notamment en charge des questions juives sous P&#233;tain et le r&#233;gime de Vichy. Ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; garder sa place dans les hautes sph&#232;res de l'administration &#224; la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 14 mai 1958, au lendemain du coup de force &#224; Alger, que Papon prend sa place &#224; la t&#234;te de la pr&#233;fecture de Paris. Jusqu'&#224; l'ind&#233;pendance, sa volont&#233; sera d'importer les m&#233;thodes du g&#233;n&#233;ral Massu en France, autrement dit : pour lui tout est permis !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le massacre d'octobre 1961&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#232;nement le plus tragique et indigne de cette p&#233;riode en France, c'est bien s&#251;r le massacre par la police des manifestants du 17 octobre 1961. C'est contre l'application d'un couvre-feu ne concernant que la population alg&#233;rienne afin de la contr&#244;ler que le FLN appelle ce jour-l&#224; &#224; une manifestation pacifique. Un quart de la population alg&#233;rienne allait sortir en masse dans les rues de Paris. En quelques heures, 12 000 &#233;taient arr&#234;t&#233;s et amen&#233;s dans les lieux de r&#233;tention : Parc des expos, mais aussi Vincennes, l'h&#244;pital Beaujon, ou encore le stade Coubertin. La police a fait des morts par balle, mais aussi des centaines de noy&#233;s dans la Seine, d'autres &#233;cras&#233;s, d'autres encore &#233;touff&#233;s sous des amas de corps. Violence inou&#239;e partout ! On compte 200 morts et 400 disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, pendant des ann&#233;es la politique de r&#233;pression contre les Alg&#233;riens a &#233;t&#233; quotidienne. D&#232;s 1955 les camps d'internements se sont multipli&#233;s : travailleurs arr&#234;t&#233;s, parqu&#233;s, soumis &#224; des interrogatoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire est celle d'une police &#224; laquelle nous avons encore affaire aujourd'hui&#8230; Pourquoi est-elle gangren&#233;e par le racisme ? Gangren&#233;e par l'extr&#234;me droite ? Pourquoi se sent-elle impunie ? Regardez du c&#244;t&#233; de la guerre d'Alg&#233;rie ! Sans oublier que cette police garde la hargne d'avoir perdu une guerre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Quand la gauche donnait les pleins pouvoirs &#224; l'arm&#233;e en Alg&#233;rie&#8230;
</title>
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		<description>Lorsque la guerre d'Alg&#233;rie commence, l'arm&#233;e fran&#231;aise sort &#224; peine de la guerre d'Indochine. Elle passe d'une guerre &#224; l'autre. &lt;br /&gt;Trois jours apr&#232;s une s&#233;rie d'attentats initi&#233;s par le FLN le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, le ministre de l'Int&#233;rieur, un nomm&#233; Mitterrand, &#224; l'&#233;poque homme politique du centre, celui que M&#233;lenchon consid&#232;re aujourd'hui comme son mod&#232;le, clamait : &#171; la seule n&#233;gociation c'est la guerre. &#187; Les troupes revenues du Vi&#234;t-Nam sont d&#233;ploy&#233;es en Alg&#233;rie. On rappelle sous&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-oublie-pas-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque la guerre d'Alg&#233;rie commence, l'arm&#233;e fran&#231;aise sort &#224; peine de la guerre d'Indochine. Elle passe d'une guerre &#224; l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois jours apr&#232;s une s&#233;rie d'attentats initi&#233;s par le FLN le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, le ministre de l'Int&#233;rieur, un nomm&#233; Mitterrand, &#224; l'&#233;poque homme politique du centre, celui que M&#233;lenchon consid&#232;re aujourd'hui comme son mod&#232;le, clamait : &#171; la seule n&#233;gociation c'est la guerre. &#187; Les troupes revenues du Vi&#234;t-Nam sont d&#233;ploy&#233;es en Alg&#233;rie. On rappelle sous les drapeaux, pour les envoyer &#224; la guerre, une partie des jeunes qui avaient d&#233;j&#224; fini leur service militaire (obligatoire &#224; l'&#233;poque). Mais le plus gros des troupes, c'est un an plus tard, un gouvernement qui se dit de gauche qui va les envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;lection l&#233;gislative de janvier 1956, le Parti socialiste qu'on appelait alors la SFIO &lt;em&gt;(Section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re)&lt;/em&gt;, se pr&#233;sente &#224; la t&#234;te d'un &#171; Front r&#233;publicain &#187;, alliance de socialistes et de centristes. Cette coalition promet notamment la paix en Alg&#233;rie. Elle fera le contraire. Le PCF s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; seul, les socialistes ne voulant pas de lui : c'&#233;tait encore la p&#233;riode de la &#171; guerre froide &#187;.&lt;strong&gt; &lt;em&gt; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;C'est pourtant gr&#226;ce au vote des d&#233;put&#233;s communistes (150 d&#233;put&#233;s, 26 % des voix aux l&#233;gislatives) que le dirigeant du Parti socialiste, Guy Mollet, dont la coalition n'avait pas la majorit&#233; au Parlement, devient chef du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la campagne &#233;lectorale, Guy Mollet qualifiait le conflit en Alg&#233;rie d'&#171; imb&#233;cile et sans issue &#187;. Il s'empresse de remballer son slogan face &#224; la droite et &#224; l'arm&#233;e. Accueilli &#224; Alger le 6 f&#233;vrier par une pluie de tomates et de pierres lanc&#233;es par les &#171; ultras &#187; de &#171; l'Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187;, il tourne casaque. Puis le 12 mars 1956, il demande au Parlement &#171; les pleins pouvoirs en Alg&#233;rie &#187; en ces termes : &lt;em&gt;&#171; Le gouvernement disposera en Alg&#233;rie des pouvoirs les plus &#233;tendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles command&#233;es par les circonstances, en vue du r&#233;tablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pleins pouvoir lui sont vot&#233;s, l&#224; encore, gr&#226;ce aux voix des d&#233;put&#233;s communistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les pouvoirs sp&#233;ciaux accord&#233;s
par Guy Mollet &#224; l'arm&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'arm&#233;e que Guy Mollet allait transmettre les pouvoirs sp&#233;ciaux qu'il venait de se faire accorder : celle-ci obtenait des pouvoirs de police. Des unit&#233;s de troupes a&#233;roport&#233;es par h&#233;licopt&#232;res allaient &#234;tre form&#233;es pour fondre sur les villages. L'aviation allait utiliser le napalm pour br&#251;ler les r&#233;coltes et for&#234;ts, raser les villages o&#249; l'on suspectait des rebelles de se cacher. Des centaines de milliers d'Alg&#233;riens allaient &#234;tre d&#233;plac&#233;s de leurs villages vers dans des camps de regroupement o&#249; l'on pouvait &#233;troitement les surveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener cette guerre, il fallait des hommes. En 1955 on avait envoy&#233; les &#171; rappel&#233;s &#187;. En 1956 on envoyait tout &#171; le contingent &#187;, c'est-&#224;-dire tous les jeunes du service militaire. La dur&#233;e de ce service passait de 18 &#224; 27 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;quipe gouvernementale de Guy Mollet se trouvait encore Fran&#231;ois Mitterrand au poste, cette fois, de ministre de la Justice. C'est lui qui signait la loi de mars 1956 donnant tout pouvoir aux militaires en mati&#232;re de justice sur le sol alg&#233;rien. Libert&#233; aux parachutistes et autres l&#233;gionnaires d'agir &#224; la fois comme policiers et comme juges vis-&#224;-vis des populations alg&#233;riennes : c'&#233;tait un feu vert &#224; la torture, aux ex&#233;cutions de prisonniers. Et sur quarante-cinq militants alg&#233;riens condamn&#233;s &#224; mort, Mitterrand ne donne un avis favorable &#224; la gr&#226;ce que pour sept d'entre eux. Gr&#226;ce qu'il refuse &#224; Fernand Iveton, un Pied-Noir membre du Parti communiste alg&#233;rien et soutien du FLN, ex&#233;cut&#233; en 1957.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le PCF contre l'ind&#233;pendance et pour la guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour le PCF qui, fin 1955-d&#233;but 1956 r&#233;clamait encore l'ouverture de n&#233;gociations, il n'&#233;tait pas question de g&#234;ner le gouvernement. La d&#233;cision de Guy Mollet d'envoyer les jeunes du contingent &#8211; pour l'essentiel des jeunes travailleurs &#8211; combattre en Alg&#233;rie allait susciter des r&#233;sistances. Un premier mouvement avait d&#233;j&#224; eu lieu durant l'ann&#233;e 1955, avec les refus de partir de &#171; rappel&#233;s &#187;. En 1956, selon une note du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, un train d'&#171; appel&#233;s &#187; du contingent sur cinq faisait l'objet de troubles au printemps 1956 : chahuts, tenues d&#233;braill&#233;es, bagarres, refus de monter dans le train ou d'embarquer &#224; Marseille. Mais en 1956, m&#234;me si de nombreux membres des Jeunesses communistes &#233;taient parmi les protestataires, la direction du PCF les laissa tomber. Au contraire elle d&#233;courageait ses propres militants de participer aux manifestations et leur conseillait de partir &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des manifestations et des r&#233;sistances s'organisent hors du PS et du PCF&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1958, un d&#233;cret du gouvernement supprima toutes les mesures de report d'incorporation militaire &#224; 25 ans dont b&#233;n&#233;ficiaient les &#233;tudiants, ce qui fit basculer une partie d'entre eux du c&#244;t&#233; de ceux, minoritaires jusque-l&#224;, qui s'opposaient &#224; la guerre. Le 27 octobre 1960, le syndicat &#233;tudiant, l'Unef, organisait une grande manifestation au Quartier latin &#224; Paris, r&#233;unissant plusieurs milliers de manifestants aux cris de &#171; Paix en Alg&#233;rie ! On n'ira pas ! &#187; ou encore &#171; Les paras &#224; l'usine &#187; que la police s'effor&#231;a de disperser &#224; coups de matraque. La gauche n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus au pouvoir, De Gaulle avait pris le relais. Mais le Parti communiste a tout fait pour dissuader les &#233;tudiants d'y participer, les Jeunesse communistes organisant de petits rassemblements en banlieue pour emp&#234;cher le rassemblement parisien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons &#224; ce propos que si la guerre d'Alg&#233;rie a marqu&#233; pour des ann&#233;es la faillite de la gauche, m&#234;me de la gauche bourgeoise qu'&#233;tait le Parti socialiste, et le d&#233;but de la d&#233;confiture du PCF, ce fut pour quelques poign&#233;es de militants communistes et socialistes l'heure de v&#233;rit&#233;, qui les a conduits &#224; rompre avec ces partis et qui a marqu&#233; le d&#233;but de l'&#233;mergence d'une gauche communiste r&#233;volutionnaire en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La m&#233;moire du pass&#233;, pour nourrir les luttes du pr&#233;sent
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-memoire-du-passe-pour-nourrir-les-luttes-du-present-15001</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>



		<description>Comme d'autres, l'&#233;migration alg&#233;rienne a &#233;t&#233; une immigration de prol&#233;taires, assign&#233;s aux t&#226;ches les plus p&#233;nibles. Contre eux s'est dress&#233; un racisme d'&#201;tat nourri jusqu'&#224; aujourd'hui par l'esprit revanchard d'une partie de la bourgeoisie fran&#231;aise contre celles et ceux qui ont eu l'outrecuidance de lui tenir t&#234;te, de chasser les colons et d'arracher leur ind&#233;pendance par un rapport de force courageusement impos&#233;. &lt;br /&gt;L'immigration alg&#233;rienne en France, ancienne et sp&#233;cifique &lt;br /&gt;Jusqu'&#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton15001-3cd7d.jpg?1788748218' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme d'autres, l'&#233;migration alg&#233;rienne a &#233;t&#233; une immigration de prol&#233;taires, assign&#233;s aux t&#226;ches les plus p&#233;nibles. Contre eux s'est dress&#233; un racisme d'&#201;tat nourri jusqu'&#224; aujourd'hui par l'esprit revanchard d'une partie de la bourgeoisie fran&#231;aise contre celles et ceux qui ont eu l'outrecuidance de lui tenir t&#234;te, de chasser les colons et d'arracher leur ind&#233;pendance par un rapport de force courageusement impos&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'immigration alg&#233;rienne en France, ancienne et sp&#233;cifique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin des mal nomm&#233;es &#171; Trente Glorieuses &#187;, plus de 90 % des Alg&#233;riens en France &#233;taient ouvriers, dans le b&#226;timent, l'automobile, la sid&#233;rurgie, ou dans l'agriculture comme ouvriers agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat fran&#231;ais cherchait &#224; contr&#244;ler cette immigration qu'il jugeait trop sauvage, &#224; coups de quotas trimestriels et de certificats de r&#233;sidence. Des circulaires sp&#233;cifiques sur les Alg&#233;riens pleuvent de 1964 &#224; 1970 : ceux qui voulaient faire venir femmes et enfants d'Alg&#233;rie devaient prouver qu'ils disposent d'un logement correct, avec des normes de surface et de confort pr&#233;cises, &#224; une &#233;poque o&#249; la plupart des travailleurs alg&#233;riens habitaient des taudis, des cit&#233;s de transit boueuses, des h&#244;tels-meubl&#233;s insalubres, des foyers de travailleurs ou encore des bidonvilles comme &#224; Nanterre, o&#249; ils furent jusqu'&#224; 14 000 &#224; &#234;tre entass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1974, Val&#233;ry Giscard d'Estaing suspend officiellement l'immigration, fa&#231;on de tenter de l&#233;gitimer le racisme ambiant, de faire un lien entre la crise &#233;conomique et l'immigration, bref de laisser croire que les immigr&#233;s voleraient le boulot des Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans une France qui contr&#244;le s&#233;v&#232;rement l'immigration, des Alg&#233;riens obtiennent encore quelques visas, pour &#233;tudier surtout. D'autres sont des &lt;em&gt;harragas&lt;/em&gt; (litt&#233;ralement ceux qui br&#251;lent leurs papiers), c'est-&#224;-dire des jeunes hommes qui tentent de quitter l'Alg&#233;rie en barque au p&#233;ril de leur vie. Ce mouvement, qui avait ralenti pendant le Hirak, a repris de plus belle depuis mars 2020. Pour le seul mois de janvier 2021, une ONG a comptabilis&#233; 75 disparus en mer venus d'Alg&#233;rie dans six embarcations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une immigration marqu&#233;e par ses luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la question importante des logements, de 1975 &#224; 1980, les foyers Sonacotra, lieu d'encadrement et de surveillance des travailleurs immigr&#233;s quasiment assign&#233;s &#224; un statut de c&#233;libataires, furent le terrain de luttes combatives pour baisser les loyers, exiger des conditions de vie salubres, la reconnaissance des comit&#233;s de r&#233;sidents et la fin des contr&#244;les racistes et m&#234;me, cerise sur le g&#226;teau, le renvoi des directeurs racistes, souvent d'anciens officiers pendant la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre insubordination fut celle des gr&#232;ves en tant qu'OS (ouvriers sp&#233;cialis&#233;s) dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Des gr&#232;ves pour de meilleurs salaires, mais aussi pour la dignit&#233; ouvri&#232;re, pour ne pas &#234;tre condamn&#233;s &#224; vie aux boulots les plus durs et les plus mal pay&#233;s. Ces travailleurs ont marqu&#233; de leur d&#233;termination bien des luttes dans le b&#226;timent, les mines ou l'automobile dans les ann&#233;es 1980 et 1990, o&#249; les socialistes au pouvoir ont tent&#233; de les stigmatiser comme manipul&#233;s par les ayatollahs &#8211; ce qui &#233;tait pure fantaisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Grands-p&#232;res, p&#232;res et fils ou filles, ces prol&#233;taires sont toujours l&#224;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'immigration alg&#233;rienne a chang&#233; de look au fil des d&#233;cennies : on les trouve aujourd'hui davantage dans des boulots pr&#233;caires, dans la sant&#233; ou le social &#8211; ou dans les rangs des ch&#244;meurs &#8211; que dans de grandes concentrations ouvri&#232;res&#8230; qui ont fondu. Entre eux et leurs camarades &#171; Fran&#231;ais de souche &#187; (si &#231;a existe !), il reste bien des barri&#232;res &#224; abattre&#8230; En France d'une part, mais aussi entre les deux rives de la M&#233;diterran&#233;e, pour rapprocher les combats des uns et des autres. Un courant de sympathie r&#233;ciproque s'est manifest&#233; &#224; l'occasion du mouvement des Gilets jaunes et de celui du Hirak. Rapprochements et solidarit&#233; naissent dans les combats communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport, Benjamin Stora propose entre autres &#224; Macron d'encourager la pr&#233;servation des cimeti&#232;res europ&#233;ens en Alg&#233;rie ainsi que des cimeti&#232;res des harkis &#171; morts pour la France &#187;. Pour notre part, nous sommes plut&#244;t int&#233;ress&#233;s par les vivants, et bien &#233;videmment ceux de notre classe. &#192; l'heure de la loi sur le s&#233;paratisme qui, sous ses apparences de chasse aux musulmans, d&#233;signe tous les &#171; musulmans d'apparence &#187; (suppos&#233;s l'&#234;tre) comme des dangers potentiels, notre t&#226;che d'internationalistes est importante pour envoyer au cimeti&#232;re des antiquit&#233;s tous les restes de ce pass&#233; colonial, par l'organisation et la victoire d'une lutte de classe internationale, par-del&#224; les fronti&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> De l'ind&#233;pendance au Hirak : la m&#233;moire de la guerre de lib&#233;ration en Alg&#233;rie
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		<dc:date>2021-05-03T20:21:35Z</dc:date>
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		<description>En Alg&#233;rie, le pass&#233; colonial, et particuli&#232;rement la s&#233;quence de la guerre de lib&#233;ration, n'a jamais cess&#233; de s'ins&#233;rer dans le d&#233;bat politique et l'actualit&#233; du moment. Et cela, bien que cette p&#233;riode soit relativement lointaine pour une population tr&#232;s jeune dont l'&#233;crasante majorit&#233;, 70 %, n'a v&#233;cu ni la guerre ni le moment de l'ind&#233;pendance. Les relations avec les puissances &#233;trang&#232;res, et la France en particulier, sont souvent l'objet de d&#233;bats enflamm&#233;s et houleux. Ces&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-oublie-pas-" rel="directory"&gt;DOSSIER : La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton15002-16ec7.jpg?1788748218' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, le pass&#233; colonial, et particuli&#232;rement la s&#233;quence de la guerre de lib&#233;ration, n'a jamais cess&#233; de s'ins&#233;rer dans le d&#233;bat politique et l'actualit&#233; du moment. Et cela, bien que cette p&#233;riode soit relativement lointaine pour une population tr&#232;s jeune dont l'&#233;crasante majorit&#233;, 70 %, n'a v&#233;cu ni la guerre ni le moment de l'ind&#233;pendance. Les relations avec les puissances &#233;trang&#232;res, et la France en particulier, sont souvent l'objet de d&#233;bats enflamm&#233;s et houleux. Ces questions souvent pol&#233;miques &#233;taient jusque-l&#224; port&#233;es par des partis, des intellectuels, des journalistes. Elle a pris cependant une dimension nationale populaire gr&#226;ce au Hirak, qui a vu le surgissement massif des masses sur la sc&#232;ne politique, lorsqu'il a &#233;clat&#233; le 29 f&#233;vrier 2019 pour contester le cinqui&#232;me mandat du pr&#233;sident Bouteflika. Ce fut la goutte qui a fait d&#233;border le vase, l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur d'une bien plus vaste contestation dans un contexte de crise &#233;conomique et de mise en place graduelle de mesures d'aust&#233;rit&#233; (notamment &#224; partir de 2015, et dans les ann&#233;es 2016, 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Quand la m&#233;moire des luttes pass&#233;es s'invite au Hirak&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak a vu r&#233;appara&#238;tre des figures de la guerre de lib&#233;ration. Le Hirak a pos&#233; aussi, lors de sa phase ascendante, plusieurs questions, la plus essentielle &#233;tant la question d&#233;mocratique. S'insurgeant contre l'autoritarisme et la corruption du r&#233;gime, il a aussi pos&#233; la question du contr&#244;le des richesses en brocardant les voleurs, les corrompus, qu'il a d&#233;nonc&#233;s dans plusieurs slogans, ainsi que la n&#233;cessaire rupture avec les politiques de soumission aux puissances &#233;trang&#232;res. Le Hirak rappelle souvent la mainmise de ces puissances &#233;trang&#232;res, tant&#244;t la France, tant&#244;t les &#201;tats-Unis, sur les richesses du pays. C'est pour donner plus de poids &#224; cette contestation que les manifestants convoquent les figures de la guerre de lib&#233;ration. Ils brandissent leurs portraits pour s'inscrire en droite ligne de leur combat pour l'ind&#233;pendance totale que les tenants du pouvoir avaient frein&#233;e ou fourvoy&#233;e. Dans le contexte de mobilisation du Hirak, on a pu entendre qu'il faudrait &#171; parachever la guerre d'ind&#233;pendance &#187; ou &#171; reprendre le fil de 1962 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation aux manifestations de quelques moudjahidine et moudjahidate (combattants et combattantes de la guerre de lib&#233;ration, au masculin et f&#233;minin) a renforc&#233; le lien avec cette p&#233;riode de guerre de lib&#233;ration et rappel&#233; la n&#233;cessit&#233; de la parachever. D'ailleurs, des figures de la guerre comme Lakhdar Bourega&#226;, Djamila Bouhired, une ancienne condamn&#233;e &#224; mort, ou Louisette Ighilahriz participent aux manifestations et y sont accueillis comme des h&#233;ros, &#224; qui on t&#233;moigne reconnaissance et respect. Ils sont vraiment bien entour&#233;s par les manifestants qui prennent des photos avec eux, discutent et &#233;changent avec eux sur l'avenir, sur le Hirak. M&#234;me le carr&#233; f&#233;ministe, qui s'est constitu&#233; en tant que tel pour poser la question de l'&#233;galit&#233; des sexes, a aussi brandi des figures f&#233;minines, telles la r&#233;sistante du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle Fatma N'Soumer, ou des militantes de la guerre de lib&#233;ration gr&#226;ce auxquelles les premiers noyaux f&#233;ministes avaient vu le jour apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Une remarque : si vous lisez les d&#233;clarations des f&#233;ministes, vous verrez qu'elles font des r&#233;f&#233;rences aux moudjahidate, elles disent que c'est gr&#226;ce &#224; elles que la question de l'&#233;galit&#233; a &#233;t&#233; pos&#233;e en Alg&#233;rie apr&#232;s l'ind&#233;pendance. La premi&#232;re manifestation pour l'&#233;galit&#233; des sexes a eu lieu en 1965 exactement. Les r&#233;f&#233;rences &#224; ces figures et le rappel des crimes de la France coloniale, sur un ton qui n'est ni de victimisation ni de pleurnicherie, est fait dans l'optique d'accompagner cette exigence de combat contre la domination de l'imp&#233;rialisme et les voleurs locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cort&#232;ges du Hirak, surtout aux d&#233;buts, dans les premi&#232;res semaines, les slogans hostiles &#224; toute ing&#233;rence &#233;trang&#232;re &#233;taient bien pr&#233;sents, m&#234;me s'ils l'&#233;taient sur un mode mineur. Des rumeurs avaient circul&#233; comme une train&#233;e de poudre sur le fait que l'Alg&#233;rie octroyait des parts de gaz &#224; la France &#224; titre gracieux. C'&#233;tait une fausse information, mais elle avait &#233;t&#233; lanc&#233;e dans un contexte o&#249; la question de la domination imp&#233;rialiste &#233;tait pos&#233;e, ce qui explique qu'elle ait rapidement circul&#233;. Il y a eu la manifestation d&#233;non&#231;ant la loi des hydrocarbures, un dimanche cette fois en plus des manifestations des vendredis. Elle a t&#233;moign&#233; de ce sentiment anti-imp&#233;rialiste parmi les masses, sentiment qui n'a malheureusement pas trouv&#233; de traduction politique claire et cons&#233;quente, dans une perspective internationaliste, pour afficher souvent une tonalit&#233; nationaliste et chauvine. Cette absence de perspectives &#224; la hauteur des aspirations soulev&#233;es par les masses constitue l'une des faiblesses du Hirak.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ga&#239;d Salah : invoquer le pass&#233; pour maintenir le statu quo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la politique, comme la nature, a horreur du vide, et il y a toujours quelqu'un pour essayer de combler ce vide. C'est l&#224; que, par exemple, intervient le r&#233;gime en la personne de Ga&#239;d Salah, le g&#233;n&#233;ral qui a succ&#233;d&#233; &#224; Bouteflika quand celui-ci a &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions. Le g&#233;n&#233;ral Ga&#239;d Salah, qui a g&#233;r&#233; cette p&#233;riode du Hirak, a tent&#233; de charmer les manifestants en reprenant certains slogans. Il a multipli&#233; les d&#233;clarations rassurantes &#224; leur &#233;gard en disant que &lt;em&gt;&#171; je suis avec vous&lt;/em&gt;&#8230;&lt;em&gt; on va militer ensemble contre les corrompus &#187;&lt;/em&gt;. Il a emprisonn&#233; certains de ses rivaux, qui &#233;taient aussi ses anciens alli&#233;s, parce que la rue demandait la t&#234;te des oligarques et des anciens du r&#233;gime. Il a emprisonn&#233; Toufik, l'ancien chef de la puissante DRS (la direction des renseignements et de la s&#233;curit&#233;). Il a aussi emprisonn&#233; son successeur Bachir Tartag, comme il a emprisonn&#233; des chefs d'entreprise corrompus, comme Rebrab ou les fr&#232;res Kouninef. La rue a revendiqu&#233;, a r&#233;clam&#233; la t&#234;te de ces gens en continuant &#224; dire &lt;em&gt;&#171; Bien, il faut aussi emprisonner telle ou telle personne&#8230; &#187;&lt;/em&gt;. Le g&#233;n&#233;ral a &#233;galement repris le discours sur les dangers de l'ing&#233;rence &#233;trang&#232;re et la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server la stabilit&#233;, la souverainet&#233; acquise gr&#226;ce aux sacrifices des masses. Si l'&#233;vocation de ce pass&#233; par les manifestants se faisait dans une perspective de changement, le g&#233;n&#233;ral Ga&#239;d Salah, lui, y faisait r&#233;f&#233;rence pour d&#233;fendre son r&#232;gne et le statu quo. Donc deux perspectives compl&#232;tement diff&#233;rentes, mais qui interviennent sur le m&#234;me terrain, &#224; savoir le danger des ing&#233;rences et la n&#233;cessit&#233; d'avoir une autonomie ou une ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La lutte d'un peuple revue et corrig&#233;e par ses dirigeants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois d'ailleurs que le r&#233;gime utilise cette ficelle et instrumentalise la lutte historique pour l&#233;gitimer son pouvoir. Ce fut le cas d&#232;s le lendemain de l'ind&#233;pendance, marqu&#233;e par la course au pouvoir entre les diff&#233;rentes fractions concurrentes. &#192; l'&#233;poque, dans la lutte pour accaparer le pouvoir, et pour simplifier, deux fractions essentiellement s'affrontaient : d'un c&#244;t&#233; l'&#233;tat-major g&#233;n&#233;ral ou l'arm&#233;e des fronti&#232;res, qui se parait de l'aura de Ben Bella, et &#233;tait soutenue par certaines wilayas (comme on appelait &#224; l'&#233;poque les organisations r&#233;gionales des maquis du FLN) ; de l'autre, et soutenu par d'autres, le GPRA (gouvernement provisoire de la r&#233;volution alg&#233;rienne), repr&#233;sentation officielle du mouvement pour l'ind&#233;pendance, qui avait eu &#224; charge de n&#233;gocier l'ind&#233;pendance et de signer les accords d'&#201;vian. Boumediene et sa clique ont gagn&#233; la bataille et ont pris le pouvoir, m&#234;me si c'est seulement quelques ann&#233;es plus tard, en 1965, que Boumediene, l'homme fort du nouveau r&#233;gime, s'est d&#233;barrass&#233; de Ben Bella par un coup d'&#201;tat pour prendre en main directement les r&#234;nes du pouvoir. Et d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es, un discours fut impos&#233; sur cette p&#233;riode et sur la guerre de lib&#233;ration (qui datait &#224; peine d'hier) : un discours nouveau, empreint d'un imaginaire uniquement guerrier, occultant le r&#244;le du travail d'organisation, de collecte d'argent, d'informations ou l'action diplomatique, et assimilant le r&#244;le des maquis au r&#244;le de l'arm&#233;e officielle qu'on venait de cr&#233;er &#224; partir de l'arm&#233;e des fronti&#232;res de Boumediene. C'est ainsi que le nouveau pouvoir avait choisi de ne pas c&#233;l&#233;brer la date du 19 mars, la date du cessez-le-feu et des accords d'&#201;vian dont les signataires &#233;taient devenus des rivaux politiques. Et Boumediene de souligner que ces accords &#233;taient des accords n&#233;ocoloniaux. Quand on &#233;tudie d'un peu pr&#232;s le contenu de ces accords d'&#201;vian, force est de constater que beaucoup de concessions sont faites &#224; la partie fran&#231;aise. Que ce soit le contr&#244;le sur le foncier, dans les postes, dans l'administration, l'exploitation du p&#233;trole, la pr&#233;sence de bases militaires en Alg&#233;rie. Mais occulter ces accords &#233;tait surtout, pour Boumediene, une fa&#231;on de se d&#233;douaner et de laisser &#224; ses rivaux politiques la responsabilit&#233; du compromis que le FLN dans son ensemble avait d&#251; conc&#233;der &#224; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, c'est en repr&#233;sentant d'une bourgeoisie nationaliste alg&#233;rienne cons&#233;quente que le r&#233;gime Boumediene a ensuite remis en cause une partie des concessions faites &#224; &#201;vian, notamment en d&#233;cidant en 1971 de nationaliser les hydrocarbures. Et rappelons que les essais nucl&#233;aires fran&#231;ais au Sahara se sont poursuivis jusqu'en 1966, avec une collaboration du jeune &#201;tat alg&#233;rien, le colonel Boumediene en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque de la nationalisation du p&#233;trole et du gaz, il y a encore, en Alg&#233;rie, cet esprit de lutte d'ind&#233;pendance. L'aura de Boumediene en a b&#233;n&#233;fici&#233;, en m&#234;me temps qu'elle lui a procur&#233; de l'argent pour lancer sa politique d'industrialisation. D'o&#249; quelques progr&#232;s, &#233;videmment, pour la population : il y a eu construction d'usines, il y a eu du travail pour les ch&#244;meurs, il y a eu des projets de d&#233;veloppement, des &#233;coles et une scolarisation massive. Tout ce projet ayant &#233;t&#233; chapeaut&#233; et dirig&#233; par en haut. La centrale syndicale alg&#233;rienne, l'UGTA , avait &#233;t&#233; caporalis&#233;e, le contr&#244;le de sa direction pris d&#232;s le premier congr&#232;s apr&#232;s l'ind&#233;pendance, en janvier 1963. Et le r&#233;gime de Boumediene n'a tol&#233;r&#233; aucune marge de man&#339;uvre pour les travailleurs et les masses. C'&#233;tait une sorte de Bonaparte qui s'est install&#233;, et a impos&#233; avec lui sa version de l'histoire. Une version sur la guerre de lib&#233;ration qui commen&#231;ait &#224; se fissurer, d&#233;j&#224; contest&#233;e par certains courants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Vive l'ind&#233;pendance&#8230; pour le monde des affaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mort de Boumediene, en 1978, le g&#233;n&#233;ral Chadli, que l'arm&#233;e choisit pour le remplacer, va infl&#233;chir la politique alg&#233;rienne. Il va s'inspirer en quelque sorte de l'&#201;gypte. Tout comme Sadate, qui a succ&#233;d&#233; en &#201;gypte &#224; Nasser, Chadli ne jurait que par &#171; l'ouverture &#187; (en Alg&#233;rie on dit &lt;em&gt;Infitah&lt;/em&gt;), c'est-&#224;-dire l'ouverture &#224; l'&#233;conomie de march&#233; : il ne fallait plus investir dans l'&#233;tatisme. Cela correspondait aussi aux exigences de l'imp&#233;rialisme, et en premier lieu du FMI. Chadli abandonna les projets d'industrialisation. On d&#233;cida de restructurer les entreprises pour pr&#233;parer leur &#233;ventuelle privatisation. Et au niveau du discours sur la guerre de lib&#233;ration, il y eut des modifications. La date du 19 mars fut &#224; nouveau c&#233;l&#233;br&#233;e, des figures de la guerre de lib&#233;ration qui &#233;taient emprisonn&#233;es, furent lib&#233;r&#233;es, d'autres dont le nom avait disparu des versions officielles, &#224; nouveau &#233;voqu&#233;es, circulant d&#233;sormais le plus naturellement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la politique de Chadli va produire son lot de ch&#244;meurs et de mis&#232;re en Alg&#233;rie. Une classe bourgeoise qui s'&#233;tait enrichie pendant la p&#233;riode de l'&#233;tatisme de Boumediene et avait accumul&#233; ses capitaux, se disait dans les ann&#233;es 1980 que le moment &#233;tait venu de s'impliquer davantage dans la gestion du pays lui-m&#234;me, de prendre de l'initiative politique. L'&#233;tatisme &#171; nous &#187; aurait &#233;puis&#233;s ou&#8230; ne leur suffisait plus. La population alg&#233;rienne avait &#233;t&#233; habitu&#233;e au discours &#171; nous sommes tous des fr&#232;res &#187;. C'&#233;tait l'id&#233;ologie du FLN nationaliste, laissant croire que la soci&#233;t&#233; &#233;tait homog&#232;ne, qu'il n'y avait pas de classes, pas d'int&#233;r&#234;ts contradictoires. La population a vu pourtant qu'une partie des fr&#232;res s'&#233;tait s'enrichie et qu'une autre, une majorit&#233;, restait dans la pauvret&#233;. Et elle a commenc&#233; &#224; remettre en cause ce discours port&#233; par le FLN, seul parti autoris&#233; &#224; l'&#233;poque, et jusqu'en 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1988 va pr&#233;cis&#233;ment marquer le couronnement de plusieurs luttes des ann&#233;es 1980, et donner naissance au multipartisme. En octobre 1988, ce furent des &#233;meutes immenses au niveau d'Alger et des grandes villes, r&#233;prim&#233;es dans le sang par l'arm&#233;e : cette arm&#233;e nationale populaire, consid&#233;r&#233;e comme amie du peuple, qui a pourtant tir&#233; &#224; balles r&#233;elles sur les manifestants, les a assassin&#233;s &#224; Alger, faisant 500 morts. &#192; quoi il faut ajouter la r&#233;pression, les tortures dans les commissariats. Cette situation nouvelle a fait se fissurer le discours officiel du FLN sur la guerre de lib&#233;ration, sur la soci&#233;t&#233;, sur l'id&#233;e que nous serions &#171; tous fr&#232;res &#187;, etc. Cela a lib&#233;r&#233; le discours des uns et des autres. Et chacun en fonction de ses objectifs, en fonction de son id&#233;ologie, de chercher dans l'histoire ce qui le confortait et allait dans son sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Arm&#233;e et islamistes : &#224; chacun sa version de l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est cette col&#232;re de 1988 que les islamistes ont r&#233;cup&#233;r&#233;e &#8211; des islamistes qui n'&#233;taient pas aussi forts auparavant. Ils &#233;taient pr&#233;sents dans la soci&#233;t&#233;, mais &#224; c&#244;t&#233; d'autres courants, d&#233;mocrates, communistes ou trotskystes (malheureusement peu nombreux), tous dans la clandestinit&#233;. Ce sont les islamistes qui ont capt&#233; cette col&#232;re pour lui offrir un drapeau, pourtant pas le drapeau des pauvres. Ils ont gagn&#233; de l'audience avec leur discours radical, avec leurs pr&#234;ches dans les mosqu&#233;es, avec un populisme qui promettait une certaine &#233;galit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours du FIS (Front islamique du salut) n'&#233;tait pas le discours officiel sur la guerre de lib&#233;ration. Il allait m&#234;me le remettre en cause, y compris dans ses fondements. Le FIS ne voulait pas s'inscrire dans un &#201;tat-nation, il voulait s'inscrire dans un ensemble appel&#233; &#171; Oumma &#187; musulmane ou islamique, donc une th&#233;ocratie en Alg&#233;rie qui prendrait contact avec d'autres th&#233;ocraties pour ressusciter le Khalifat. Le FIS et les islamistes critiquent d'ailleurs l'hymne national qu'ils jugent &#171; blasph&#233;matoire &#187; du fait qu'il ne comporte aucune r&#233;f&#233;rence ni &#224; Dieu, ni &#224; mille formules religieuses, ni rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les islamistes n'ont pas gagn&#233;, car l'&#201;tat, pour tout dire l'arm&#233;e, a arr&#234;t&#233; le processus &#233;lectoral. Et ce furent &#224; nouveau les m&#226;nes de la guerre de lib&#233;ration et de l'arm&#233;e qui furent invoqu&#233;es et convoqu&#233;es pour couvrir un pouvoir d&#233;consid&#233;r&#233; par la r&#233;pression d'octobre 1988. Mohamed Boudiaf, un des fondateurs du FLN &#224; la r&#233;putation socialiste, dirigeant de la guerre de lib&#233;ration mais &#233;limin&#233; du pouvoir d&#232;s l'&#233;t&#233; 1962 et r&#233;fugi&#233; au Maroc, a &#233;t&#233; rappel&#233; pour &#234;tre port&#233; provisoirement &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. Avant que, quelques mois plus tard, ce pr&#233;sident, jug&#233; probablement indocile, ne soit assassin&#233; par l'un de ses gardes du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, apr&#232;s cette p&#233;riode transitoire, l'arm&#233;e choisissait &#224; nouveau l'un des siens, le g&#233;n&#233;ral Z&#233;roual, pour le faire &#233;lire pr&#233;sident de la R&#233;publique. Liamine Z&#233;roual reprenait le discours nationaliste classique de l'arm&#233;e alg&#233;rienne, &#224; la t&#234;te de ceux qu'on appelait &#224; l'&#233;poque les &#171; &#233;radicateurs &#187;, menant la guerre aux islamistes. Il r&#233;habilitait en quelque sorte, en se posant en protecteur du peuple, le combat nationaliste, qui avait pris un coup dur pendant les ann&#233;es 1980 et les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la &#171; d&#233;cennie noire &#187; et de la guerre avec les islamistes, l'Alg&#233;rie a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le rappel au pouvoir, par l'arm&#233;e, d'un ancien ministre de Boumediene, Abdelaziz Bouteflika, qui pouvait se parer de son r&#244;le de chef de la diplomatie alg&#233;rienne du temps o&#249; l'Alg&#233;rie semblait braver quelque peu le diktat des grandes puissances. La r&#233;f&#233;rence &#224; un certain pass&#233; a compt&#233;, m&#234;me si les ann&#233;es du r&#232;gne Bouteflika, comme d&#233;j&#224; des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, ont &#233;t&#233; celles de privatisations et de l'&#233;mergence de grands hommes d'affaires alg&#233;riens, de zones franches et d'accords sur l'exploitation des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le pr&#234;che de la stabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette p&#233;riode, les masses populaires du pays ont lutt&#233; pour am&#233;liorer leurs conditions de vie. Tout en refusant d'adh&#233;rer &#224; toute proposition de changement. Le changement &#233;tait associ&#233; &#224; ce qui s'&#233;tait pass&#233; dans les ann&#233;es 1980. Ce qui se disait, en substance, c'est que &#171; nous avons essay&#233; le changement et &#231;a a donn&#233; le terrorisme et la d&#233;cennie noire qui a caus&#233; des milliers et des milliers de morts et de bless&#233;s &#187;. Les couches populaires se sont content&#233;es de se battre sur la question sociale, sur des questions imm&#233;diates, d'une fa&#231;on pragmatique, sans adh&#233;rer &#224; un quelconque projet. Pour beaucoup, il valait mieux le statu quo qu'un changement incertain. Ce qui va &#234;tre d&#233;terminant lors du &#171; printemps arabe &#187; de 2011. Face &#224; ces &#171; r&#233;volutions arabes &#187;, le r&#233;gime qui avait l'habitude d'instrumentaliser la question de la guerre et la l&#233;gitimit&#233; historique, a eu recours cette fois &#224; un discours sur la stabilit&#233; et le danger de l'ing&#233;rence. Il a dit : &lt;em&gt;&#171; regardez ce qui se passe en Syrie, regardez ce qui se passe en Libye, c'est le chaos. Donc &#231;a ne sert &#224; rien de vouloir changer la situation, puisque l'issue n'est que pire. &#187;&lt;/em&gt; Le pouvoir essaiera aussi de calmer et de satisfaire certaines revendications des travailleurs. Car il y a eu des centaines de gr&#232;ves tout au long des ann&#233;es 2011-2012. Donc le pouvoir &#224; la fois c&#232;de sur le terrain social, donne des logements pour des familles en r&#233;action souvent &#224; des luttes, mais &#233;galement instrumentalise le discours sur la stabilit&#233; et le chaos v&#233;cus en Libye et en Syrie, afin de reprendre l'initiative politique et faire durer le statu quo. C'est ce qui explique que Bouteflika, m&#234;me affaibli, ait b&#233;n&#233;fici&#233; de cette image d'un pr&#233;sident qu'on associe &#224; la paix, qu'on associe &#224; l'aisance financi&#232;re. Bien s&#251;r, il y a eu de la corruption, mais on pr&#233;tendait que ce n'&#233;tait pas lui, que c'&#233;tait son entourage&#8230; C'est ce qui explique que le r&#233;gime ait pr&#233;f&#233;r&#233; reconduire ses mandats, son quatri&#232;me, puis son cinqui&#232;me mandat, malgr&#233; l'&#233;tat de sant&#233; catastrophique d'un pr&#233;sident qui ne marchait pas, ne parlait pas et dont les apparitions m&#233;diatiques devenaient de plus en plus rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette image d'un Bouteflika social, favorable &#224; la paix et &#224; l'aisance financi&#232;re, n'a pas r&#233;sist&#233; au temps. &#192; partir de 2015-2016, des mesures d'aust&#233;rit&#233; sont tomb&#233;es. C'est que les ressources de l'&#201;tat avaient baiss&#233; avec la chute du prix du p&#233;trole. En m&#234;me temps, la Libye et la Syrie, comme les printemps arabes &#233;taient loin derri&#232;re. Les gens n'y pensaient plus directement, en m&#234;me temps que la situation &#233;tait devenue une impasse. Il y a eu des luttes, mais politiquement c'&#233;tait une situation de blocage. Et la question du cinqui&#232;me mandat a fait d&#233;border la coupe et a donn&#233; le Hirak et le surgissement massif des masses sur la sc&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'internationalisme &#224; l'ordre du jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le Hirak a chang&#233;. Il n'est plus dans la phase ascendante. Il a chang&#233; au niveau quantitatif, il n'y a plus autant de personnes &#224; sortir dans la rue, ce n'est pas dans les m&#234;mes villes, ce n'est plus vraiment &#224; l'&#233;chelle nationale. Il a chang&#233; aussi qualitativement : des forces politiques nouvelles apparaissent, dont les voix croisent en quelque sorte celle du Hirak, pour porter un autre discours. Au d&#233;but du Hirak, ce qui marquait, c'&#233;tait l'anti-ing&#233;rence, le fait que c'&#233;tait une affaire locale alg&#233;rienne, &#171; entre nous &#187;. Maintenant des voix en appellent &#224; l'ONU, &#224; intervenir pour faire pression sur le r&#233;gime alg&#233;rien. Il y a ce genre de discours, en m&#234;me temps que les clivages des ann&#233;es 1990 remontent &#224; la surface. Mais &#231;a ne prend pas beaucoup. Heureusement d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que jusqu'&#224; maintenant, c'est en quelque sorte une impasse au niveau politique. Le Hirak n'a pas de perspectives. Mais ceux qui continuent &#224; sortir, &#224; manifester, &#224; braver les interdits, maintiennent quelque chose d'extraordinaire. La long&#233;vit&#233; du Hirak, personne ne l'avait pr&#233;vue, et elle a impressionn&#233; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la question de l'anti-ing&#233;rence, de l'anti-imp&#233;rialisme, sont rel&#233;gu&#233;es &#224; l'arri&#232;re-plan aujourd'hui, d'autres questions reviennent. Parce que si on reste sur ce premier terrain, soit c'est le r&#233;gime qui peut &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187;, soit ce sont d'autres forces r&#233;actionnaires et chauvines. On a vu d'ailleurs pendant le Hirak le d&#233;veloppement d'une mouvance, pas franchement fascisante mais qui en pr&#233;sente certaines caract&#233;ristiques &#8211; dont un discours anti-France sur un terrain tr&#232;s chauvin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ont beaucoup de choses &#224; faire sur ce terrain. Il y a d&#233;j&#224; besoin de se d&#233;marquer des nationalistes et de r&#233;affirmer la solidarit&#233; avec les travailleurs fran&#231;ais qui luttent contre le capitalisme fran&#231;ais. Besoin de r&#233;affirmer notre solidarit&#233; avec nos voisins marocains et tunisiens qui luttent contre les injustices et contre les in&#233;galit&#233;s sociales. Donc besoin de r&#233;affirmer le caract&#232;re internationaliste de nos perspectives et combats. L'issue d&#233;pendra &#233;videmment de l'existence d'une organisation r&#233;volutionnaire cons&#233;quente sur ce terrain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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