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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Les peuples d'Iran, d'Irak et du Liban face aux USA et &#224; leurs propres gouvernants
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		<dc:subject>Iran
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		<description>Le 3 janvier, Donald Trump fait assassiner dans la capitale irakienne, Bagdad, le g&#233;n&#233;ral iranien Ghassem Soleimani d'un tir de drone, lequel, par la m&#234;me occasion, tue son lieutenant en Irak, Abou Mahdi Al-Mohandes. Celui-ci est irakien, homme fort des milices Hachd al-Chaabi, des milices chiites irakiennes proches de l'Iran, cr&#233;&#233;es en 2014 pour mener la lutte contre Daech (de concert avec l'arm&#233;e officielle irakienne donc, et avec les USA&#8230; quel imbroglio !). &lt;br /&gt;Le 8 janvier, en&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 3 janvier, Donald Trump fait assassiner dans la capitale irakienne, Bagdad, le g&#233;n&#233;ral iranien Ghassem Soleimani d'un tir de drone, lequel, par la m&#234;me occasion, tue son lieutenant en Irak, Abou Mahdi Al-Mohandes. Celui-ci est irakien, homme fort des milices Hachd al-Chaabi, des milices chiites irakiennes proches de l'Iran, cr&#233;&#233;es en 2014 pour mener la lutte contre Daech (de concert avec l'arm&#233;e officielle irakienne donc, et avec les USA&#8230; quel imbroglio !).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 8 janvier, en riposte, l'Iran envoie quelques missiles sur une base militaire am&#233;ricaine en Irak, qui font onze bless&#233;s. Peu importe : Donald Trump s'empresse de d&#233;clarer que l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'a eu aucune victime (il n'est pas &#224; un mensonge pr&#232;s), et salue la mod&#233;ration de la riposte iranienne, se f&#233;licitant que l'Iran &lt;em&gt;&#171; semble reculer &#187;&lt;/em&gt; et s'affirmant lui-m&#234;me partisan de la paix. Il est vrai qu'en face, ce m&#234;me 8 janvier, le ministre iranien des Affaires &#233;trang&#232;res d&#233;clarait le m&#234;me jour : &lt;em&gt;&#171; Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre, mais nous nous d&#233;fendrons &#187;&lt;/em&gt;, assurant que les repr&#233;sailles &lt;em&gt;&#171; proportionn&#233;es &#187;&lt;/em&gt; de la nuit &#233;taient &lt;em&gt;&#171; termin&#233;es &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victimes collat&#233;rales de ce petit coup de chauffe entre les USA et l'Iran, les 176 passagers de l'avion de ligne ukrainien abattu le 11 janvier, peu apr&#232;s son d&#233;collage de l'a&#233;roport de T&#233;h&#233;ran, par un tir de missile. Les forces anti-a&#233;riennes iraniennes &#233;taient sur le qui-vive, craignant une riposte am&#233;ricaine &#224; leur riposte et ont tir&#233; par erreur, s'excusent les autorit&#233;s iraniennes (non sans avoir pendant quelques jours ni&#233; le tir de missile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi va la diplomatie au Moyen-Orient !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une guerre d'influence sur le dos des peuples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car, m&#234;me si c'est &#224; coup de drones et de missiles, et au prix de pas mal de cadavres dont les dirigeants de la plan&#232;te n'ont rien &#224; fiche, l'escalade de quelques jours d&#233;clench&#233;e par l'assassinat du g&#233;n&#233;ral iranien ne se voulait qu'un coup de pression exerc&#233; par les USA dans leur guerre diplomatique pour r&#233;duire l'influence de l'Iran dans la r&#233;gion, et surtout son influence grandissante en Irak, dans ce pays que les USA consid&#232;rent comme leur fief depuis qu'ils l'ont envahi en 2003 en renversant le r&#233;gime de Saddam Hussein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette influence croissante de l'Iran en Irak, les USA eux-m&#234;mes sont en grande partie responsables. Car pour contr&#244;ler les richesses p&#233;troli&#232;res d'un pays, il faut aussi en contr&#244;ler le peuple. Et la dictature de Saddam Hussein n'&#233;tait pas si facilement rempla&#231;able par une autre, artificiellement b&#226;tie sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Apr&#232;s avoir tent&#233; de s'appuyer sur les divers potentats et chefs de clan sunnites du nord de l'Irak et sur leurs milices, et mis&#233; sur des gouvernements de coalitions entre notables des diverses communaut&#233;s et la mise en place d'une caricature de Constitution bas&#233;e sur le communautarisme (&#224; l'image de la Constitution libanaise, disaient-ils), c'est finalement des gouvernements &#224; majorit&#233; issue des notables de la communaut&#233; chiite (majoritaire dans le pays) que les USA ont mis en place. Et pour cela ils ont tabl&#233; sur une certaine alliance avec l'Iran. D'o&#249; la d&#233;tente des relations des USA avec l'Iran, ces derni&#232;res ann&#233;es, sous le r&#232;gne d'Obama : accord sur le nucl&#233;aire en &#233;change d'une d&#233;tente &#233;conomique. Une d&#233;tente que Trump a d&#233;cid&#233; de stopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat islamique (Daech) est en grande partie sorti des choix am&#233;ricains entre les clans sur lesquels ils s'appuyaient. Daech a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par des chefs de milices sunnites &#233;cart&#233;s du pouvoir, recrutant parmi la jeunesse des populations les plus pauvres du nord du pays, victimes de la r&#233;pression men&#233;e contre eux par le r&#233;gime mis en place par les USA &#224; Bagdad. Avant que Daech ne parte tenter faire fortune en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si les notables qui dominent la communaut&#233; chiite irakienne sont aujourd'hui divis&#233;s entre partisans des USA (dont le chef du gouvernement, bien-s&#251;r) et partisans d'une alliance avec l'Iran, ce sont en partie les milices de ces derniers qui ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es dans l'arm&#233;e gouvernementale irakienne ou en sont devenues les suppl&#233;tifs. Dont cette milice Hachd al-Chaabi, dont Abou Mahdi Al-Mohande, officiellement num&#233;ro 2, &#233;tait le principal chef, et le g&#233;n&#233;ral iranien Soleimani son mentor. Ce qui explique la pr&#233;sence de ce dernier &#224; Bagdad, o&#249; Trump l'a fait assassiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s ce petit coup de grisou militaire entre USA et Iran, savamment minimis&#233; des deux c&#244;t&#233;s, c'est &#224; nouveau sur la pression &#233;conomique exerc&#233;e sur l'Iran que Donald Trump dit aujourd'hui compter. Des sanctions &#233;conomiques qui co&#251;tent bien plus cher au peuple iranien qu'&#224; ses dirigeants, comme toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'unit&#233; nationale ou confessionnelle ne fait plus recette, face &#224; la mont&#233;e du m&#233;contentement social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2017 surtout, l'Iran a connu une certaine remont&#233;e du mouvement ouvrier et des gr&#232;ves, malgr&#233; la dictature f&#233;roce du r&#233;gime, les arrestations des militants, voire la mort de certains en prison. Ce fut notamment une s&#233;rie de gr&#232;ves en 2017 pour demander des primes ou le versement des salaires impay&#233;s et des manifestations contre la vie ch&#232;re et la corruption (voir &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-mouvement-ouvrier-s-organise-malgre-la-repression' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; de f&#233;vrier 2018&lt;/a&gt;). Et au mois de novembre dernier, l'augmentation brutale du prix de l'essence avait provoqu&#233; de grandes manifestations dans les rues de T&#233;h&#233;ran et de plusieurs autres villes, malgr&#233; la r&#233;pression (plus de 300 morts selon Amnesty International) o&#249; s'est exprim&#233;e la col&#232;re contre le ch&#244;mage, les bas salaires et la corruption du r&#233;gime (voir &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Iran-A-bas-la-dictature-la-pauvrete-la-corruption-et-l-injustice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; de d&#233;cembre 2019&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enterrement en grand pompe du g&#233;n&#233;ral Soleimani a donn&#233; au r&#233;gime, en ce d&#233;but janvier, l'occasion de faire oublier cette vague de contestation par l'organisation d'une grande foire d'unit&#233; nationale dans plusieurs villes du pays, tellement massive que la bousculade dans la foule rassembl&#233;e &#224; cette occasion dans la ville de Kerman (ville de naissance du g&#233;n&#233;ral) a fait plus de 50 morts&#8230; Pour la patrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'unit&#233; nationale derri&#232;re le pr&#233;sident de la r&#233;publique, Hassan Rohani, et le guide supr&#234;me de la r&#233;volution, l'ayatollah Ali Khamenei, n'a pas tenu longtemps. La catastrophe du Boeing ukrainien, dont Khamenei lui-m&#234;me a tenu &#224; s'excuser, a redonn&#233; la parole aux contestataires : depuis le week-end des 11-12 janvier les manifestations se sont multipli&#233;es contre les mensonges du r&#233;gime. Certes des manifestations bien moins nombreuses que celles du mois de novembre, et rassemblant surtout des &#233;tudiants et des manifestants issus de la petite bourgeoisie. Et face &#224; elles la police n'aurait fait, selon les autorit&#233;s iraniennes, qu'un usage mod&#233;r&#233; de la force, se contentant, si on ose dire, de grenades lacrymog&#232;nes, de balles en caoutchouc et de grenaille faisant de nombreux bless&#233;s. Et voil&#224; notre Trump de faire sa morale, demandant au gouvernement iranien de ne pas s'en prendre aux manifestants. Il sera peut-&#234;tre moins &#224; l'aise quand reprendront les manifestations de ch&#244;meurs et d'ouvriers, victimes de la dictature iranienne mais aussi des cons&#233;quences en mati&#232;re de ch&#244;mage, p&#233;nuries et hausses des prix des sanctions &#233;conomiques am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La jeunesse irakienne en r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme il est d&#233;j&#224; moins &#224; l'aise avec la contestation sociale en Irak, dans ce pays dont il soutient le gouvernement et qu'il consid&#232;re comme un fief des USA. L&#224; aussi l'assassinat du g&#233;n&#233;ral Soleimani, et la c&#233;r&#233;monie mortuaire qui en a suivi, avaient eu le m&#233;rite, aux yeux du gouvernement irakien et des USA, de faire taire la contestation sociale qui avait explos&#233; &#224; l'automne dernier, redonnant aux milices chiites et &#224; leurs partisans le devant de la sc&#232;ne. Mais les larmes pour la mort du g&#233;n&#233;ral iranien et de son acolyte irakien n'&#233;taient pas unanimes, puisque, d'apr&#232;s le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 11 janvier, &lt;em&gt;&#171; en marge des cort&#232;ges fun&#233;raires, des sit-in de manifestants anti-pouvoir avaient &#233;t&#233; attaqu&#233;s dans plusieurs villes du sud du pays &#187;&lt;/em&gt;. Car il faut noter que le g&#233;n&#233;ral iranien lui-m&#234;me &#233;tait impliqu&#233; dans la r&#233;pression des manifestations sociales de l'automne dernier en Irak (qui a fait au moins pr&#232;s de 500 morts), s'&#233;tant, d&#233;but octobre, pr&#233;cipit&#233; &#224; Bagdad (selon l'agence Associated Press&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article du 30 octobre d'AP News, cit&#233; dans la biographie du g&#233;n&#233;ral par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) pour participer &#224; une r&#233;union avec les responsables de la s&#233;curit&#233; irakienne et leur offrir son savoir faire et les services de la milice Hachd al-Chaabi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations qui s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es en octobre et novembre derniers rassemblaient surtout des jeunes issus des quartiers pauvres de Bagdad et d'autres villes du sud du pays, protestant contre le ch&#244;mage, la mis&#232;re, la corruption, r&#233;clamant &lt;em&gt;&#171; la chute du r&#233;gime &#187;&lt;/em&gt; au cri de &lt;em&gt;&#171; tous des voleurs &#187;&lt;/em&gt;. Comme crient les manifestants du Hirak alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;crasante majorit&#233; des manifestants qui ont occup&#233; l'espace public en Irak depuis plus d'un mois sont Chiites. Cela ne veut pas dire que leurs revendications, leurs griefs et leur col&#232;re ne sont pas partag&#233;s par les autres composantes de la soci&#233;t&#233; irakienne, les Sunnites comme les Kurdes &#187;, disait, en d&#233;cembre, une chercheuse irakienne dans une interview &#224; la revue Orient XXI. Mais, expliquait-elle, les Sunnites, minoris&#233;s par le pouvoir en place, auraient eu peur &#171; qu'on leur colle un peu h&#226;tivement l'accusation de sympathie pour le terrorisme de Daech &#187;. Justement l'une des caract&#233;ristiques de ces mouvements d'octobre-novembre en Irak est leur caract&#232;re &#233;minemment social et non communautaire. &#171; Je veux un pays meilleur, sans corruption, sans r&#233;partition des postes par quotas confessionnels, des villes propres &#187; expliquait un manifestant au journal Le Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde du 25 octobre 2019.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Je n'esp&#232;re pas beaucoup de ce r&#233;gime dont le niveau de corruption commence &#224; atteindre un niveau fascinant. Nous sommes pr&#234;ts &#224; manifester ind&#233;finiment, car le gouvernement n'a pas fourni de solutions convaincantes aux jeunes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations, un temps sous le boisseau, ont resurgi depuis le vendredi 10 janvier, o&#249; des milliers de protestataires ont d&#233;ferl&#233; sur la place Tahrir de Bagdad et dans d'autres villes aux cris de &lt;em&gt;&#171; Non &#224; l'Iran ! Non &#224; l'Am&#233;rique ! &#187;&lt;/em&gt;. Et encore dimanche dernier, 19 janvier, &#224; Bagdad et dans le sud du pays des manifestants ont durci leur mouvement en bloquant les rues avec des pneus en flamme. Ils demandent, comme lors des manifestations de cet automne, la fin d'un r&#233;gime de corrompus qui auraient englouti en 16 ans au moins deux fois le PIB de l'Irak. Comme ils demandent la fin du syst&#232;me de r&#233;partition des postes entre les cliques au pouvoir, en fonction des ethnies et des confessions, alors qu'eux restent au ch&#244;mage et dans la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des peuples qui n'acceptent plus les dictatures et la mis&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui quelque chose de nouveau, de remarquable, au Moyen-Orient, bien plus que les escalades guerri&#232;res d'un Donald Trump, suivies le lendemain de promesses de paix, voire de retrait des troupes am&#233;ricaines&#8230; que les USA n'ont absolument pas l'intention de retirer. L'Iran comme l'Irak &#233;taient depuis des d&#233;cennies des pays sous les bombes, les ruines caus&#233;es par les embargos &#233;conomiques : depuis 1979 pour l'Iran, depuis la guerre Iran-Irak de 1980-1988 o&#249; les USA ont jet&#233; de l'huile sur le feu, suivie, pour l'Irak, de la guerre men&#233;e par les USA en 1991, puis &#224; nouveau en 2003 avec l'occupation am&#233;ricaine qui a suivi et les guerres confessionnelles men&#233;es par les potentats locaux. Aujourd'hui une nouvelle g&#233;n&#233;ration est en train d'appara&#238;tre, qui n'a pas forc&#233;ment subi toutes les d&#233;faites, qui n'accepte plus les dictatures et la mis&#232;re, et qui semble bien ne plus se laisser pi&#233;ger par les rivalit&#233;s communautaires et religieuses o&#249; on voulait les enfermer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Au Liban&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on les manifestations sociales de 2018 et de l'automne 2019 viennent de rebondir au Liban le week-end dernier, 18 et 19 janvier. Apr&#232;s la violente r&#233;pression des manifestations du samedi, les manifestants sont retourn&#233;s dimanche en direction du parlement d'o&#249; ils avaient &#233;t&#233; refoul&#233;s la veille, au cri de &lt;em&gt;&#171; r&#233;volution, r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt; (selon le reportage de &lt;em&gt;France 24&lt;/em&gt;), jetant des pierres et des p&#233;tards sur les barrages de police. Autres cibles des manifestants, les banques, apr&#232;s l'annonce d'une probable nouvelle d&#233;valuation de la monnaie, qui a d&#233;j&#224; perdu plus de 50 % de sa valeur au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, entrainant la chute du pouvoir d'achat des salari&#233;s, alors que deux monnaies circulent en parall&#232;le au Liban : la livre libanaise pour les uns, le dollar pour ceux qui en ont en poche. Les banques, elles, s'assurent d&#233;j&#224; un revenu confortable rien qu'avec les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;norme dette de l'&#201;tat dont elles d&#233;tiennent 80 %. Aux frais des contribuables et gr&#226;ce aux plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s par le gouvernement, dans ce pays de six millions d'habitants, o&#249; une bonne partie de la population vit dans la pauvret&#233;, o&#249; se retrouvent plus d'un million et demi de r&#233;fugi&#233;s syriens (la plupart dans des camps), mais o&#249; la riche bourgeoisie a son casino de luxe, de r&#233;putation mondiale, sur les monts au-dessus de Beyrouth. En octobre 2019 c'&#233;tait ainsi l'annonce d'une nouvelle taxe qui avait d&#233;clench&#233; les manifestations. Au Liban o&#249; le communautarisme religieux est une institution constitutionnelle, et o&#249; il a aliment&#233; la guerre civile de 1975 &#224; 1990, les manifestants d'aujourd'hui se retrouvent souvent ensemble pour d&#233;noncer un r&#233;gime corrompu. &lt;em&gt;&#171; Notre col&#232;re nous rapproche, on se retrouve &#224; discuter avec des gens &#224; qui l'on n'aurait jamais adress&#233; la parole en temps normal, on a fait tomber le mur des peurs confessionnelles &#187;&lt;/em&gt; d&#233;clarait une jeune manifestante de Beyrouth, en octobre dernier, cit&#233;e par le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde du 21 octobre 2019.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces r&#233;voltes que r&#233;side l'espoir au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 janvier 2020, Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article du 30 octobre d'AP News, cit&#233; dans la biographie du g&#233;n&#233;ral par Wikipedia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde du 25 octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde du 21 octobre 2019.&lt;/p&gt;
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		<title>Alg&#233;rie : Nouveau pr&#233;sident ou pas, le Hirak est toujours l&#224;
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		<dc:date>2020-01-21T22:18:24Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Ce vendredi 17 janvier les manifestants &#233;taient encore l&#224; dans les rues d'Alger et de nombreuses autres villes, insensibles &#224; l'appel au dialogue bidon du nouveau pr&#233;sident, Abdelmadjid Tebboune, que l'arm&#233;e a enfin r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire il y a un mois par une minorit&#233; de votants (60 % d'abstentions). De m&#234;me que le mardi pr&#233;c&#233;dent, les &#233;tudiants avaient repris leurs propres manifestations, comme depuis des mois. Certes les manifestations de ces derniers vendredis sont moins&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce vendredi 17 janvier les manifestants &#233;taient encore l&#224; dans les rues d'Alger et de nombreuses autres villes, insensibles &#224; l'appel au dialogue bidon du nouveau pr&#233;sident, Abdelmadjid Tebboune, que l'arm&#233;e a enfin r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire il y a un mois par une minorit&#233; de votants (60 % d'abstentions). De m&#234;me que le mardi pr&#233;c&#233;dent, les &#233;tudiants avaient repris leurs propres manifestations, comme depuis des mois. Certes les manifestations de ces derniers vendredis sont moins nombreuses que celle du printemps et de l'automne 2019. Et &#224; Alger, ce vendredi 19 janvier, la police avait toute la matin&#233;e quadrill&#233; le centre-ville, arr&#234;tant arbitrairement des manifestants potentiels. La manifestation n'&#233;tait autoris&#233;e qu'&#224; partir de l'apr&#232;s-midi, ou des milliers de participants ont pu enfin se rassembler, criant notamment, d'apr&#232;s le reportage du journal alg&#233;rien &lt;em&gt;El Watan&lt;/em&gt;, &#171; &lt;em&gt;Tebboune est un pr&#233;sident fantoche ramen&#233; par les militaires. Il n'a pas de l&#233;gitimit&#233;. Le peuple s'est lib&#233;r&#233;, c'est lui qui d&#233;cide. Gouvernement civil ! &#187;&lt;/em&gt;, ou r&#233;clamant la lib&#233;ration des manifestants arr&#234;t&#233;s au cri de &lt;em&gt;&#171; Rel&#226;chez les d&#233;tenus, ils n'ont pas vendu de coca&#239;ne &#187;&lt;/em&gt;. Une ironie perfide envers le nouveau pr&#233;sident, dont le fils a &#233;t&#233; jet&#233; en prison en juin 2018 pour participation &#224; un trafic (surnomm&#233; le scandale coca&#239;ne, m&#234;lant trafic de drogue et immobilier) impliquant plusieurs notables ou fils de notables du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Faire du neuf avec du vieux ne trompe pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident, si mal &#233;lu, n'est pas un inconnu : il sort tout droit du s&#233;rail. Membre de la direction du FLN (l'ancien parti unique) il fait partie de ces hommes du r&#233;gime dont les manifestants demandent depuis des mois &lt;em&gt;&#171; qu'ils partent tous &#187;&lt;/em&gt;, puisqu'il a &#233;t&#233; plusieurs fois ministre, et m&#234;me premier ministre (certes vir&#233; au bout de quelques mois &#224; peine) sous Bouteflika. Comme n'&#233;taient pas plus nouveaux les autres candidats qui s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s au scrutin pr&#233;sidentiel du 12 d&#233;cembre. Il &#233;tait seulement, parmi eux, celui qui avait le soutien de l'arm&#233;e, le candidat choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait promis de renouveler la politique par un gouvernement de technocrates. Un tiers des ministres qu'il a nomm&#233;s sont d'anciens ministres de l'&#233;poque Bouteflika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qui va croire aux annonces qu'il vient de faire, samedi 19 janvier, lors du deuxi&#232;me r&#233;union du Conseil des ministres de son gouvernement, et surtout &#224; leur effet b&#233;n&#233;fique sur le niveau de vie de la population et le ch&#244;mage : du blabla sur un plan d'urgence pour les h&#244;pitaux et la lutte contre les importateurs qui pratiquent des surfacturations, la promesse de mettre en place un guide statistique pour promouvoir le production nationale et de tenir des assises nationales pour l'&#233;laboration d'une politique industrielle nationale r&#233;pondant aux besoins. Des assises avec les patrons on pr&#233;sume. Et il est vrai que parmi les signes d'ouverture qu'il a donn&#233;s en lib&#233;rant un certain nombre de prisonniers, il a fait lib&#233;rer l'un des plus grands patrons d'Alg&#233;rie, Issad Rebrab, le patron du groupe Cevital bas&#233; essentiellement en Kabylie, et poss&#233;dant quelques entreprises en France, dont le groupe Brandt. L'alter ego de Rebrab, l'autre grand patron Ali Haddad &#233;galement arr&#234;t&#233; par le g&#233;n&#233;ral Ga&#239;d Salah, est, lui, maintenu en prison : dans le monde des puissants d'Alg&#233;rie, on n'est pas tous du m&#234;me clan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi de neuf, franchement ? Quant &#224; l'appel qu'a lanc&#233; Tebboune aux autres forces politiques, aucun des partis dits &#171; d&#233;mocrates &#187; n'a eu envie d'y r&#233;pondre de peur de se d&#233;consid&#233;rer. Ceux-ci, en tout cas les deux principaux partis s'affirmant d&#233;mocrates, le RCD (Rassemblement pour la culture et le d&#233;mocratie) et le FFS (Front des forces socialistes, tr&#232;s divis&#233; de fait depuis la mort de son chef historique A&#239;t Ahmed) se sont regroup&#233;s avec la Ligue alg&#233;rienne des droits de l'homme et quelques autres petits partis dans un &lt;em&gt;Pacte de l'alternative d&#233;mocratique&lt;/em&gt; (PAD) qui appelle pour le 25 janvier prochain &#224; des &lt;em&gt;Assises de la d&#233;mocratie,&lt;/em&gt; ouvertes &lt;em&gt;&#171; &#224; tous ceux qui adh&#232;rent au projet de l'incontournable transition d&#233;mocratique et l'imp&#233;ratif historique d'un processus constituant souverain, d'une part, et qui rejettent, d'autre part, la mascarade de la derni&#232;re pr&#233;sidentielle &#187;&lt;/em&gt;. Pas de quoi passionner ni les jeunes qui participent aux manifestations du Hirak pour en finir avec la politique qui se d&#233;cide en dehors du peuple, ni les travailleurs qui n'ont rien &#224; attendre de d&#233;mocrates chauds partisans du lib&#233;ralisme &#233;conomique &#224; tout crin, comme ceux du RCD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Col&#232;re sociale et revendications &#233;conomiques &#233;troitement li&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak est loin d'&#234;tre termin&#233;. Car le rejet du r&#233;gime dans son ensemble est toujours l&#224;, et les manifestants aussi. C'&#233;tait Bouteflika qui incarnait le r&#232;gne des voleurs et &#233;tait au centre des slogans des manifestants. D&#233;gag&#233; de la sc&#232;ne, c'&#233;tait au chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, Ga&#239;d Salah, nouvel homme fort du r&#233;gime, de faire l'objet des &lt;em&gt;&#171; d&#233;gage, d&#233;gage &#187;&lt;/em&gt;. Il est mort fin d&#233;cembre, apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; organiser cette &#233;lection pr&#233;sidentielle. L'arm&#233;e, toujours ossature du pouvoir alg&#233;rien, n'a semble-t-il eu aucune peine &#224; le remplacer. Et dans les quolibets des manifestants, c'est aujourd'hui le nouveau pr&#233;sident, Tebboune, fa&#231;ade publique du r&#233;gime, qui tient la vedette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de ce mois de janvier sont peut-&#234;tre moins nombreuses. Mais la d&#233;fiance vis-&#224;-vis du r&#233;gime est visiblement toujours aussi grande. Et les centaines de milliers, voire les millions de jeunes, de travailleurs ou de ch&#244;meurs qui y ont pris part n'ont pas chang&#233;, voulant plus de d&#233;mocratie, de libert&#233; et de moyens de vivre. Comment faire pour qu'ils s'organisent eux-m&#234;mes, pour devenir une v&#233;ritable force politique ? Comment faire pour regrouper sur une politique ouvri&#232;re de classe tous ceux qui, au travers de ce mouvement toujours en cours, sont devenus &#224; leur fa&#231;on des militants. C'est bien plus facile &#224; dire qu'&#224; faire. Surtout vu les faibles forces du mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la col&#232;re est toujours l&#224;, qui se mesure non seulement &#224; la persistance des manifestations mais aussi aux luttes sociales qui se sont multipli&#233;es ces derniers temps en Alg&#233;rie, tout au moins si on en juge par les quelques exemples que l'on a pu lire dans les r&#233;cents reportages en la mati&#232;re des journaux alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 janvier, par exemple, les travailleurs du groupe de travaux publics ETRHB appartenant au magnat Ali Haddad (celui qui est toujours en prison) faisaient un sit-in devant le tribunal d'Alger auquel ils demandent d'imposer le versement de leurs arri&#233;r&#233;s de salaire. Car depuis sept mois l'administrateur nomm&#233; par l'&#201;tat pour remplacer le patron emprisonn&#233; ne leur a pas vers&#233; un sou. &lt;em&gt;&#171; O&#249; sont les promesses de l'&#201;tat ? &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; les salaires sont une priorit&#233; sur les autres dettes &#187;,&lt;/em&gt; pouvait-on lire sur leurs pancartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but janvier, c'&#233;tait dans une entreprise de fabrication et de commercialisation d'engins de manutention, dans la banlieue de Constantine (&#224; l'ouest du pays) que les ouvriers se sont mis en gr&#232;ve pour exiger l'augmentation de salaire qu'on leur avait pourtant promise depuis d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour la pr&#233;servation de 800 emplois menac&#233;s par un projet de restructuration que les travailleurs du complexe de mat&#233;riel agricole de la ville de Sidi Bel-Abes (dans l'est alg&#233;rien, au sud d'Oran) sont entr&#233;s en lutte la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour les travailleurs, revendications d&#233;mocratiques et revendications sociales sont &#233;troitement li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 janvier 2020, O.B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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