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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Bolivie : Chute d'Evo Morales : la fin d'un r&#233;gime qui s'&#233;tait lui-m&#234;me d&#233;consid&#233;r&#233; aux yeux des populations pauvres qui l'avaient port&#233; au pouvoir
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		<dc:date>2019-12-10T22:11:08Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 24 novembre, apr&#232;s plusieurs jours de n&#233;gociations, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e de la Bolivie, Jeanine &#193;&#241;ez, ex-vice-pr&#233;sidente (centre-droit) de la chambre des s&#233;nateurs, signait un accord avec les parlementaires du MAS, le mouvement d'Evo Morales, pour mettre en place de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives&#8230; sans l'ancien pr&#233;sident r&#233;fugi&#233; au Mexique. &#192; cette occasion, Bible &#224; la main, elle posait fi&#232;rement devant les cam&#233;ras, en compagnie d'une &#233;lue&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 novembre, apr&#232;s plusieurs jours de n&#233;gociations, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e de la Bolivie, Jeanine &#193;&#241;ez, ex-vice-pr&#233;sidente (centre-droit) de la chambre des s&#233;nateurs, signait un accord avec les parlementaires du MAS, le mouvement d'Evo Morales, pour mettre en place de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives&#8230; sans l'ancien pr&#233;sident r&#233;fugi&#233; au Mexique. &#192; cette occasion, Bible &#224; la main, elle posait fi&#232;rement devant les cam&#233;ras, en compagnie d'une &#233;lue indienne du MAS en brandissant le document sign&#233;. Ces transactions revenaient de fait &#224; l&#233;galiser le coup d'&#201;tat du 10 novembre. L'accord des d&#233;put&#233;s du MAS, majoritaires &#224; l'assembl&#233;e, &#233;tait en effet n&#233;cessaire pour donner un semblant de l&#233;gitimit&#233; au putsch et tenter de mettre fin aux manifestations de protestation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Morales comptait davantage sur l'arm&#233;e que sur la population&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien d'un coup d'&#201;tat dont on peut parler, dans ce pays qui en a d&#233;j&#224; connu 188 depuis sa cr&#233;ation en 1825, Morales ayant &#233;t&#233; fortement incit&#233; &#224; abandonner le pouvoir par son chef d'&#233;tat-major, le g&#233;n&#233;ral Williams Kaliman, qui d&#233;clarait pourtant r&#233;guli&#232;rement &#234;tre &#171; son fr&#232;re &#187;. Le g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me n'en a pas &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; : Jeanine &#193;&#241;ez, la nouvelle pr&#233;sidente par int&#233;rim s'est empress&#233;e de le remplacer par un autre, le g&#233;n&#233;ral Carlos Orellana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales n'avait pourtant pas cess&#233; de choyer l'arm&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morales a notamment offert aux galonn&#233;s un centre de commandement et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, que ce soit par des augmentations de solde, par du mat&#233;riel militaire ou des louanges. Une arm&#233;e sur laquelle il comptait davantage que sur la population pour conserver le pouvoir : le pr&#233;sident n'a pas lanc&#233; le moindre appel &#224; ses partisans pour le soutenir face aux manifestations hostiles qui se multipliaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en est-on arriv&#233; &#224; cette situation, alors que l'&#233;lection de Morales, ancien dirigeant syndicaliste des &#171; cocaleros &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les cocaleros sont des petits paysans cultivateurs de coca, une culture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les cultivateurs de coca, en janvier 2006 avec 53,74 % des voix avait suscit&#233; de grands espoirs dans la population ? Cette victoire &#233;tait survenue apr&#232;s le renversement de son pr&#233;d&#233;cesseur, Gonzalo S&#225;nchez de Lozada, dit Goni, richissime propri&#233;taire d'une mine d'&#233;tain vivant la plupart du temps aux &#201;tats-Unis, par une vigoureuse r&#233;volte ouvri&#232;re et populaire, dont les &#233;tapes marquantes avaient &#233;t&#233; les &#171; guerres &#187; de l'eau et du gaz. La population de El Alto, cit&#233; d'un million d'habitants qui domine La Paz s'opposait alors &#224; la privatisation de l'eau et &#224; la vente des r&#233;serves de gaz &#224; des compagnies &#233;trang&#232;res. Au prix de nombreuses victimes, elle remportait ces conflits et chassait Goni.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La tentative de construire un capitalisme national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Morales, sur les conseils de son vice-pr&#233;sident, l'ancien gu&#233;rillero &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, s'engagea alors dans une politique visant &#224; construire un capitalisme national. Les axes de cette politique &#233;taient un appui au d&#233;veloppement du &#171; petit capitalisme andin &#187;, selon l'expression de Garc&#237;a Linera, et la nationalisation des hydrocarbures, par le biais de l'YPFB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;YPFB : Yacimientos Petrol&#237;feros Fiscales Bolivianos (en fran&#231;ais Gisements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, une compagnie nationale charg&#233;e de centraliser ces ressources. En fait, il ne s'agissait que d'une nationalisation en trompe-l'&#339;il, dans la mesure o&#249; la Bolivie ne disposait pas des moyens techniques indispensables pour exploiter et commercialiser ces ressources. Il lui fallut passer des compromis avec les compagnies &#233;trang&#232;res comme le g&#233;ant br&#233;silien Petrobras et leur offrir des garanties. Seul le sous-sol fut nationalis&#233;, les installations restant aux mains des compagnies p&#233;troli&#232;res. En pratique, cette politique revenait &#224; obtenir une redistribution plus favorable de la rente gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re en faveur de l'&#201;tat, qui n'en r&#233;cup&#233;rait que 15 % lors de l'arriv&#233;e de Morales. Cette rente augmenta donc r&#233;ellement, toutefois dans des proportions difficiles &#224; &#233;tablir. Mais Morales, gr&#226;ce &#224; cette manne, adopta un certain nombre de mesures sociales telle la mise en place d'un minimum vieillesse et d'un syst&#232;me national de sant&#233;. Lequel est rest&#233; dans bien des r&#233;gions &#224; l'&#233;tat de projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales favorisa aussi le d&#233;veloppement des coop&#233;ratives mini&#232;res regroup&#233;es dans la Fencomin (voir notre encadr&#233;), en r&#233;alit&#233; des entreprises capitalistes avec des participations &#233;trang&#232;res, au d&#233;triment du secteur d'&#201;tat, provoquant ainsi l'hostilit&#233; des syndicats des mineurs d'&#201;tat. Cette orientation devait donner lieu &#224; de nombreux et parfois sanglants conflits entre les deux cat&#233;gories de mineur&lt;em&gt;s,&lt;/em&gt; telle la bataille de Huanuni qui fit 14 morts et 80 bless&#233;s graves en octobre 2006. Morales et Garc&#237;a Linera se trouv&#232;rent donc oblig&#233;s de jouer un jeu d'&#233;quilibre entre la Fencomin et la COB (Central Obrera Boliviana &#8211; Centrale ouvri&#232;re bolivienne). Apr&#232;s avoir donn&#233; un coup de barre &#224; droite, il en donna un &#224; gauche en autorisant les peones (man&#339;uvres) des coop&#233;ratives &#224; se syndiquer &#8211; autorisation toute th&#233;orique vu la nature des relations qui existent dans les mines priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le nouveau pr&#233;sident se lan&#231;ait dans une d&#233;magogie &#171; indianiste &#187; effr&#233;n&#233;e, allant jusqu'&#224; proc&#233;der &#224; des sacrifices de lamas dans le palais pr&#233;sidentiel, selon de vieilles coutumes quechuas et aymaras. Il n'&#233;tait d'ailleurs pas le premier &#224; jouer cette carte : sous Goni, on voyait d&#233;j&#224; la Wiphala, le drapeau aymara, figurer dans de nombreuses manifestations officielles et des jeunes filles r&#233;citer des po&#232;mes &#224; la gloire de Tupac Katari&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chef indien qui dirigea une r&#233;volte contre les Espagnols au xviiie si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; devant des tribunes de militaires. Mais Morales lui donnait davantage de cr&#233;dibilit&#233; en raison de ses origines&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morales est un m&#233;tis aymara originaire de la r&#233;gion mini&#232;re d'Oruro dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette d&#233;magogie, en m&#234;me temps que ses tirades anti-imp&#233;rialistes, devaient d'ailleurs lui apporter une grande popularit&#233; dans les milieux europ&#233;ens tiers-mondistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales &#233;tait pourtant bien loin d'&#234;tre le repr&#233;sentant des Indiens, qui avec les m&#233;tis constituent 85 % de la population bolivienne. Il n'h&#233;sita d'ailleurs pas &#224; r&#233;primer des populations indiennes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment en 2011, quand de nombreuses organisations indig&#232;nes organis&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;Comme il n'h&#233;sitait pas non plus &#224; envoyer la police contre les mineurs ou des commandos de cocaleros saccager les locaux syndicaux des enseignants en gr&#232;ve en 2008 ou &#224; soutenir le licenciement de 900 salari&#233;s d'une usine textile d'&#201;tat en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un jeu d'&#233;quilibre entre les diff&#233;rentes forces sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La politique de Morales a donc consist&#233; &#224; louvoyer entre diverses forces sociales, notamment entre celles qui composent le MAS (Movimento al socialismo). Le MAS n'est en effet pas un parti politique, mais un regroupement d'une multitude d'organisations et de syndicats, allant des coop&#233;ratives mini&#232;res aux associations paysannes, dont les cocaleros, en passant par toutes sortes de corporations, comme les chauffeurs de taxi, les camionneurs ou les vendeurs de billets de loterie. Tout appui trop prononc&#233; &#224; une cat&#233;gorie risquant de lui faire perdre celui d'une autre. Si modestes soient sa politique sociale et ses vell&#233;it&#233;s de contr&#244;le de l'&#201;tat sur l'&#233;conomie, toujours accompagn&#233;e d'indemnisations aux anciens propri&#233;taires, elles suffirent n&#233;anmoins &#224; irriter la bourgeoisie, en particulier la plus riche, celle qui r&#232;gne sur les quatre provinces&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte dix provinces g&#233;r&#233;es par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de l'Oriente, qui repr&#233;sente pr&#232;s du tiers du pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces quatre provinces constituent l'entit&#233; dite du Media Luna, &#224; la fronti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La crise de 2008&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir de cette bourgeoisie repose &#224; la fois sur la propri&#233;t&#233; terrienne et sur les hydrocarbures. Celle-ci n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; afficher des pr&#233;tentions &#224; la s&#233;cession pour profiter pleinement de ces ressources sans les partager avec ceux qu'elle consid&#232;re comme les &#171; pouilleux des Andes &#187;. Un conflit faillit &#233;clater en 2008, apr&#232;s que des mercenaires au service des propri&#233;taires terriens eurent mitraill&#233; une foule de paysans, avec femmes et enfants, qui marchaient en direction de Cobija, la capitale du Pando&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;pour revendiquer une r&#233;forme agraire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;80 % des terres de cette r&#233;gion sont aux mains de propri&#233;taires repr&#233;sentant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les bandes fascistes des Jeunesses de Santa Cruz, compos&#233;es d'un m&#233;lange de fils de famille, de lumpens et de mercenaires s'attaqu&#232;rent aux militants du MAS et aux syndicalistes, mettant le pays au bord de la guerre civile. Morales, apr&#232;s avoir menac&#233; d'envoyer l'arm&#233;e, temporisa et finit par accorder une autonomie suppl&#233;mentaire aux &#201;tats de l'Oriente. Ce qui revenait &#224; abandonner les paysans pauvres &#224; leur sort. Apr&#232;s cette crise, la popularit&#233; de Morales se maintint pourtant au plus haut. Il obtint ainsi pr&#232;s de 67 % des suffrages quand il remit son mandat en jeu par un r&#233;f&#233;rendum en ao&#251;t 2008.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L480xH796/carte_bolivie-393c7.png?1788078835' width='480' height='796' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un d&#233;veloppement &#233;conomique qui n'a pas profit&#233; &#224; tout le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es qui suivirent, Morales se lan&#231;a dans une politique &#233;conomique &#171; extractiviste &#187; reposant avant tout sur la vente des mati&#232;res premi&#232;res. Le dernier &#233;pisode de cette politique fut, &#224; partir de 2012, la signature de contrats avec des compagnies chinoises et allemandes pour exploiter les gisements de lithium d&#233;couverts dans le d&#233;sert d'Uyuni, apr&#232;s une tentative infructueuse de mettre sur pieds une usine de traitement purement bolivienne.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exp&#233;rience de l'exploitation du lithium au Chili (par une entreprise dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; C'est cette politique extractiviste et la hausse des cours des mati&#232;res premi&#232;res sur le march&#233; mondial qui ont permis, selon les chiffres officiels, de faire passer le PIB de la Bolivie de 9 milliards de dollars en 2006 &#224; 41 milliards de dollars en 2019, le salaire minimum officiel de 60 dollars mensuels &#224; 310 dollars et de r&#233;duire le taux d'extr&#234;me pauvret&#233; de 38 % &#224; 15 %. Mais, derri&#232;re ces chiffres que mettent en avant les admirateurs de Morales, la r&#233;alit&#233; est certainement moins reluisante. D'une part toute une partie de la population, notamment paysanne, vit en auto-subsistance, tandis qu'une autre vit de travaux &#171; informels &#187; et ne sont pas concern&#233;es par les minimas sociaux. Sans compter les employeurs qui ne les respectent pas. Un exemple est frappant. Comment expliquer que, dans un tel contexte d'enrichissement de l'&#201;tat, pour satisfaire les patrons et actionnaires des coop&#233;ratives mini&#232;res, Morales ait l&#233;galis&#233; le travail des enfants &#224; partir de dix ans en 2014&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/05/la-bolivie-autorise-le-travail&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Promotion d'une nouvelle bureaucratie et petite bourgeoisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est certain qu'une couche sociale petite bourgeoise et bureaucratique s'est d&#233;velopp&#233;e autour de l'appareil d'&#201;tat, notamment gr&#226;ce &#224; une politique client&#233;liste syst&#233;matique. Une grande partie des dirigeants d'associations locales ont ainsi &#233;t&#233; coopt&#233;s avec leurs familles et leurs proches &#224; des postes divers souvent cr&#233;&#233;s &#224; leur intention. L'un des symboles de cette promotion sociale est le centre commercial aux normes internationales ouvert &#224; La Paz et reli&#233; &#224; El Alto par un t&#233;l&#233;ph&#233;rique construit par une entreprise autrichienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle petite bourgeoisie ne semble pas avoir &#233;t&#233; plus reconnaissante envers Morales que ne l'a &#233;t&#233; l'arm&#233;e. C'est une partie de ses enfants qui est descendue dans la rue, en compagnie de jeunes plus modestes et de ch&#244;meurs, pour contester le refus du Pr&#233;sident de reconna&#238;tre le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum qui lui interdisait de briguer un troisi&#232;me mandat, puis les r&#233;sultats des r&#233;centes pr&#233;sidentielles qui lui accordaient 47 % des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le discr&#233;dit de Morales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes qui ont conduit au coup d'&#201;tat ne sont en effet pas parties des r&#233;gions o&#249; les forces r&#233;actionnaires sont les plus puissantes, comme Santa Cruz, mais bien de La Paz et m&#234;me de Cochabamba, pourtant fief des cocaleros. Que les derniers scrutins aient &#233;t&#233; truqu&#233;s ou non, le m&#233;contentement de la population et le discr&#233;dit de Morales parmi des couches sociales qui l'avaient soutenu peut difficilement &#234;tre contest&#233;. &#192; l'origine de ce rejet, il y a une stagnation de l'&#233;conomie li&#233;e &#224; la chute des cours des mati&#232;res premi&#232;res, le ch&#244;mage d'une partie importante de la jeunesse et aussi la corruption qui ronge le MAS depuis longtemps et a &#233;clabouss&#233; des proches de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite r&#233;actionnaire de l'Oriente, &#224; laquelle la pr&#233;sidente par int&#233;rim &#193;&#241;ez et l'ultra religieux Luis Fernando Camacho&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luis Fernando Camacho, surnomm&#233; le &#171; Bolsonaro bolivien &#187; est un ancien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; appartiennent, n'a donc fait que surfer sur cette r&#233;volte et en profiter pour occuper la place, avec la complaisance des &#233;lus du MAS.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les manifestations anti-putschistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est pourtant r&#233;gl&#233;. En d&#233;pit des consignes des dirigeants du MAS et de la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne), les manifestations hostiles aux putschistes ont &#233;t&#233; puissantes. Reprenant les traditions des guerres de l'eau et du gaz, des dizaines de milliers de travailleurs de El Alto ont bloqu&#233; la raffinerie de Senkata qui alimente la r&#233;gion de La Paz. Il a fallu l'intervention de l'arm&#233;e, avec tanks et h&#233;licopt&#232;res pour les d&#233;loger. Les combats ont fait huit morts. Et lorsque la foule a tent&#233; de descendre sur La Paz en portant les cercueils, elle a &#233;t&#233; mitraill&#233;e par la police. Des paysans ont tent&#233; de marcher sur la capitale et des &#233;meutes ont &#233;clat&#233; dans diff&#233;rentes r&#233;gions. Seuls les mineurs ne se sont pas ou peu mobilis&#233;s pour le moment. Contrairement &#224; ce qu'a pu &#233;crire la presse occidentale, ces manifestants, sauf dans quelques secteurs, ne revendiquaient pas le retour de Morales mais le d&#233;part des putschistes. C'est donc bien une alternative, &#224; la fois aux &#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires qui se sont empar&#233;s du pouvoir et au r&#233;gime client&#233;liste mis en place par Morales qui est &#224; l'ordre du jour. Et aussi la jonction de ces luttes avec celles des pays d'Am&#233;rique latine voisins, comme le Chili et l'Argentine. Car, &#224; l'&#233;chelle de la seule Bolivie, pays le plus pauvre de la r&#233;gion en d&#233;pit de ses richesses mini&#232;res, les perspectives restent in&#233;vitablement limit&#233;es. Le courage et la combativit&#233; que la classe ouvri&#232;re de Bolivie a montr&#233;s par le pass&#233; permet de penser que la clique des putschistes n'aura pas la t&#226;che facile, m&#234;me si les partis qui expriment les int&#233;r&#234;ts des travailleurs sont faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 d&#233;cembre 2019, Georges Riviere&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pour en savoir plus&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles tr&#232;s document&#233;s du chercheur Claude le Gouil :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Sur la crise du r&#233;gime Morales :&lt;/em&gt; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/La-crise-politique-bolivienne-vue-depuis-le-bas&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lundi.am/La-crise-politique...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Sur la politique mini&#232;re de Morales : &lt;/em&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/cal/4337&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ca...&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ideas/1695&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/id...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Article de &lt;em&gt;La Izquierda diario&lt;/em&gt;, li&#233;e au courant trotskiste PTS-LOR-CI : &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.laizquierdadiario.com/Bolivia-abajo-el-golpe-de-Estado-de-la-Policia-y-la-derecha-avalado-por-las-FF-AA&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.laizquierdadiario.com/Bo...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Article de Pablo Sol&#243;n&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ancien trotskiste et ancien partisan de Morales, Sol&#243;n souligne notamment que les manifs contre Morales n'ont pas &#233;t&#233; lanc&#233;es par l'extr&#234;me droite. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://systemicalternatives.org/2019/11/11/est-ce-quil-y-a-eu-un-coup-detat-en-bolivie-et-quelle-est-la-situation-actuelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://systemicalternatives.org/20...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Morales a notamment offert aux galonn&#233;s un centre de commandement et de surveillance ultra moderne construit par la firme fran&#231;aise Thal&#232;s. https://bo.ambafrance.org/La-Bolivie-inaugure-son-premier-systeme-de-radars&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les cocaleros sont des petits paysans cultivateurs de coca, une culture traditionnelle de cette plante dont les feuilles, m&#226;ch&#233;es, sont un puissant &#233;nergisant et trompe la faim des populations des Andes. Dans les ann&#233;es 1980, en Bolivie, la crise de l'&#233;tain et la fermeture des mines ont provoqu&#233; un retour &#224; la terre et un d&#233;veloppement consid&#233;rable de la culture du coca dont le produit, pour des usages pharmaceutiques, mais surtout pour le trafic de la coca&#239;ne, &#233;tait devenu pour les paysans l'activit&#233; d'exportation la plus rentable. &#171; Nous avons non seulement d&#233;fendu la feuille de coca mais aussi la souverainet&#233; nationale &#187; d&#233;clarait encore en 2017 Evo Morales apr&#232;s avoir, au nom de la d&#233;fense des petits paysans et de la tradition, augment&#233; une nouvelle fois la surface l&#233;gale attribu&#233;e &#224; cette culture. L'ann&#233;e 2018 a notamment vu le d&#233;veloppement d'affrontements entre cultivateurs de coca d'un c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e et la police de l'autre venues faire appliquer les limites impos&#233;es aux surfaces de culture par le gouvernement Morales lui-m&#234;me, ainsi que des rivalit&#233;s entre paysans des deux principales r&#233;gions productrices.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;YPFB : Yacimientos Petrol&#237;feros Fiscales Bolivianos (en fran&#231;ais Gisements p&#233;trolif&#232;res fiscaux boliviens) consacr&#233;e &#224; l'exploration, &#224; l'exploitation, au raffinage et &#224; la vente de p&#233;trole, du gaz et de ses produits d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chef indien qui dirigea une r&#233;volte contre les Espagnols au xviiie si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Morales est un m&#233;tis aymara originaire de la r&#233;gion mini&#232;re d'Oruro dans l'Altiplano.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment en 2011, quand de nombreuses organisations indig&#232;nes organis&#232;rent des manifestations pour s'opposer &#224; la construction d'une route dite &#171; bi-oc&#233;anique &#187;, financ&#233;e par le Br&#233;sil, et destin&#233;e &#224; relier le Br&#233;sil au Chili au travers de l'Amazonie, au d&#233;triment de 100 km de r&#233;serves prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte dix provinces g&#233;r&#233;es par des gouverneurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces quatre provinces constituent l'entit&#233; dite du Media Luna, &#224; la fronti&#232;re du Br&#233;sil. Leur richesse repose &#224; la fois sur le p&#233;trole et sur une agriculture industrielle, avec de grands domaines produisant notamment du soja.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;80 % des terres de cette r&#233;gion sont aux mains de propri&#233;taires repr&#233;sentant 10 % de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'exp&#233;rience de l'exploitation du lithium au Chili (par une entreprise dont la famille Pinochet est actionnaire !), dans des conditions &#233;quivalentes, montre que cette activit&#233; est peu cr&#233;atrice d'emplois. En revanche, les conditions de travail dans un d&#233;sert glac&#233; o&#249; la temp&#233;rature descend en dessous de &#8722;20 &#176;C sont &#233;pouvantables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/05/la-bolivie-autorise-le-travail-des-enfants-des-10-ans_4451592_3244.html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luis Fernando Camacho, surnomm&#233; le &#171; Bolsonaro bolivien &#187; est un ancien dirigeant des Jeunesses cruc&#233;nistes. Pour se pr&#233;senter &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle, il s'est alli&#233;... &#224; un leader indien de Potosi, catholique comme lui. &#193;&#241;ez est une ancienne pr&#233;sentatrice TV. Dans le gouvernement provisoire, on trouve aussi l'homme d'affaires Arthur Murillo, s&#233;nateur et gros propri&#233;taire h&#244;telier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le secteur minier : de l'&#233;tatisation au capitalisme sauvage
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-secteur-minier-de-l-etatisation-au-capitalisme-sauvage</link>
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		<dc:date>2019-12-10T22:11:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie
</dc:subject>

		<description>&#192; la suite de la r&#233;volution de 1952, qui expropria les barons de l'&#233;tain, les mines furent nationalis&#233;es et g&#233;r&#233;es par la Comibol (Corporaci&#243;n Minera de Bolivia). Les mineurs, fer de lance de la r&#233;volution, impos&#232;rent des r&#233;formes sociales importantes, notamment en mati&#232;re de droit du travail, de sant&#233;, de logement et de scolarisation des enfants. Les mineurs et leur puissant syndicat, la F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), qui appartient &#224; la Centrale&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bolivie-463-" rel="directory"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite de la r&#233;volution de 1952, qui expropria les barons de l'&#233;tain, les mines furent nationalis&#233;es et g&#233;r&#233;es par la Comibol (Corporaci&#243;n Minera de Bolivia). Les mineurs, fer de lance de la r&#233;volution, impos&#232;rent des r&#233;formes sociales importantes, notamment en mati&#232;re de droit du travail, de sant&#233;, de logement et de scolarisation des enfants. Les mineurs et leur puissant syndicat, la F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), qui appartient &#224; la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB), jou&#232;rent un r&#244;le cl&#233; jusque dans les ann&#233;es 1980 o&#249; la baisse du cours de l'&#233;tain affaiblit ce secteur. Une politique de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie fut alors entreprise avec objectif de liquider la Comibol dont les effectifs pass&#232;rent de 30 000 &#224; 7 000 aujourd'hui. Son poids a donc consid&#233;rablement baiss&#233; par rapport au secteur coop&#233;ratif et priv&#233; qui emploie plus de 70 000 mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#171; coop&#233;ratives &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Morales ne mit pas un terme &#224; cette politique, mais il encouragea les coop&#233;ratives mini&#232;res regroup&#233;es au sein de la Fencomin. On comptait ainsi 1 642 coop&#233;ratives en 2014, soit une augmentation de 700 % depuis 2006. Ces coop&#233;ratives, poss&#233;d&#233;es par une minorit&#233; de &#171; socios &#187; (associ&#233;s) emploient des peones (man&#339;uvres), parfois &#224; la journ&#233;e, dont de nombreux adolescents et enfants, pour des salaires d&#233;risoires dans des conditions terribles. En une seule ann&#233;e, on a par exemple compt&#233; 120 morts dans les seules mines du Cerro Rico de Potos&#237;, o&#249; il n'existe quasiment aucun &#233;quipement m&#233;dical. Les cadres, contrema&#238;tres et mineurs qualifi&#233;s sont g&#233;n&#233;ralement des m&#233;tis, alors que les peones viennent de villages indiens et parlent parfois &#224; peine l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mines n'ont de coop&#233;ratives que le nom. Bien souvent, des investissements capitalistes nationaux ou &#233;trangers entrent dans leur capital. La politique de leurs patrons consiste &#224; lancer des ch&#244;meurs mis&#233;rables &#224; l'assaut de terres riches en minerais (&#233;tain, or, argent) appartenant au secteur d'&#201;tat ou &#224; des communaut&#233;s villageoises, ce qui donne parfois lieu &#224; des batailles sanglantes. Ces patrons utilisent aussi &#171; leurs &#187; mineurs comme masse de man&#339;uvre pour faire pression sur le gouvernement quand celui-ci parle d'imposer des r&#233;glementations. C'est ainsi par exemple qu'en ao&#251;t 2016, Rodolfo Illanes, vice-ministre de l'Int&#233;rieur fut lynch&#233; par des mineurs de coop&#233;ratives de Panduro qui s'opposaient &#224; des projets d'encadrement de leurs activit&#233;s. La l&#233;galisation du travail des enfants &#224; partir de dix ans r&#233;sulte d'ailleurs tr&#232;s probablement de la pression de la Fencomin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me minier de la Bolivie est donc beaucoup plus proche du capitalisme sauvage que de l'&#233;conomie &#233;tatis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Une revanche de la bourgeoisie blanche raciste ?
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		<dc:subject>Monde
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		<description>De nombreux commentateurs ont mis en avant les d&#233;clarations racistes de Jeanine &#193;&#241;ez, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e, et celles de Luis Fernando Camacho, ancien dirigeant des Jeunesses Cruc&#233;nistes, et les drapeaux aymaras, les wiphalas, br&#251;l&#233;s publiquement. Certains n'h&#233;sitent pas &#224; en tirer la conclusion qu'on risquerait d'assister au retour d'un pouvoir raciste blanc &#224; caract&#232;re colonial comme celui qui a s&#233;vi jusqu'au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. On assisterait donc &#224; un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreux commentateurs ont mis en avant les d&#233;clarations racistes de Jeanine &#193;&#241;ez, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e, et celles de Luis Fernando Camacho, ancien dirigeant des Jeunesses Cruc&#233;nistes, et les drapeaux aymaras, les wiphalas, br&#251;l&#233;s publiquement. Certains n'h&#233;sitent pas &#224; en tirer la conclusion qu'on risquerait d'assister au retour d'un pouvoir raciste blanc &#224; caract&#232;re colonial comme celui qui a s&#233;vi jusqu'au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. On assisterait donc &#224; un affrontement entre une population indienne dirig&#233;e par Morales et une bourgeoisie blanche revancharde. La r&#233;alit&#233; est beaucoup plus complexe. Dans un pays o&#249; 85 % de la population est m&#233;tis ou indienne, l'&#233;tablissement d'un pouvoir ouvertement raciste, hors la r&#233;gion de Santa Cruz o&#249; la domination d'une bourgeoisie blanche n'a jamais cess&#233;, parait tout &#224; fait invraisemblable. Jeanine &#193;&#241;ez, face aux r&#233;actions hostiles, s'est d'ailleurs empress&#233;e d'embrasser la wiphala devant les cam&#233;ras. Fernando Camacho quant &#224; lui, dit Macho Camacho, le &#171; Bolsonaro bolivien &#187;, pour briguer la pr&#233;sidence de la r&#233;publique aux prochaines &#233;lections, a choisi comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence un &#233;lu municipal indien de Potos&#237;, Marco Pumari. Cette association en bin&#244;me n'est pas une nouveaut&#233;. Le pr&#233;sident Gonzalo S&#225;nchez de Lozada, dit Goni, avait lui-m&#234;me comme vice-pr&#233;sident Victor Hugo Cardenas, ancien dirigeant katariste (nationaliste indien). Et Garc&#237;a Linera, le vice-pr&#233;sident de Morales, est aussi&#8230; un ancien gu&#233;rillero katariste. Le katarisme, on le voit, m&#232;ne &#224; tout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On compte en Bolivie 36 nations indig&#232;nes reconnues par la Constitution mise en place par Morales et disposant th&#233;oriquement de droits sur leurs territoires. Cette population indienne et ses tr&#232;s nombreuses organisations sont tr&#232;s divis&#233;es, en premier lieu en fonction d'int&#233;r&#234;ts locaux, mais aussi de rivalit&#233;s client&#233;listes. La d&#233;signation des futurs notables, sources de pr&#233;bendes, compte souvent bien davantage que les enjeux nationaux. En jouant syst&#233;matiquement sur la corde de &#171; l'indianisme &#187;, du moins en paroles, tout en entrant en conflit avec des communaut&#233;s indiennes en raison de sa politique &#171; extractiviste &#187; d'exploitation maximum des richesses mini&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2012, par exemple, un conflit &#233;clatait &#224; Mallku Khota, dans la r&#233;gion de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Morales a largement contribu&#233; &#224; exacerber ces contradictions, &#224; diviser sa base sociale et &#224; en jeter une partie dans les bras de divers d&#233;magogues de droite. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 2012, par exemple, un conflit &#233;clatait &#224; Mallku Khota, dans la r&#233;gion de Potos&#237;, entre des communaut&#233;s mobilis&#233;es contre une entreprise mini&#232;re canadienne et les futurs b&#233;n&#233;ficiaires de ce projet. Ces communaut&#233;s revendiquaient la cr&#233;ation d'une entreprise communautaire g&#233;r&#233;e selon les &#171; us et coutumes &#187;. Les affrontements firent un mort, de nombreux bless&#233;s, des prises d'otages. L'arrestation du principal leader des opposants, Cancio Rojas, pourtant personnalit&#233; officielle du MAS, fut ressentie comme un &#171; emprisonnement politique &#187; d&#233;cid&#233; par le gouvernement Morales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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